Analyses

Elections francaises italiennes

Cluster17 sur le podium des meilleurs instituts aux élections françaises et italiennes 2022

Fondé en décembre 2021, Cluster17 a produit des sondages d’intention de vote en France pour l’élection présidentielle et les législatives tout au long de l’année 2022 ainsi qu’en Italie dans le cadre des élections générales. L’institut s’est démarqué par la qualité de ses résultats.

  • 2eme meilleur institut français sur la présidentielle 2022 selon DataPolitics

Le site d’expertise politique Datapolitics a classé Cluster17 sur la 2eme marche du podium des instituts de sondage concernant la qualité de ses estimations lors de l’élection présidentielle.

https://datapolitics.fr/presidentielle-retour-sur-la-performance-des-differents-sondeurs/

  • Une des meilleures estimations en sièges aux législatives 2022

Dans le cadre des élections législatives, Cluster17 a publié son estimation de la répartition des sièges dans l’hémicycle à l’issue du 1er tour :

Analyse1
  • Sur le podium des élections générales italiennes 2022

Estimations des principaux instituts en septembre :

Analyse2

Résultats finaux :

Analyse3
Resaux sociaux

Etude pour la Fondation Jean Jaurès : Comment le climato-complotisme envahit l’opinion publique ?

L’importance des réseaux sociaux dans la grande bataille de l’attention ne fait aujourd’hui plus de doute, mais une question demeure : comment ces narratifs qui semblent prendre naissance sur la place numérique impactent-ils et infléchissent-ils les croyances des Français ? Sont-ils de simples bulles numériques entretenues de manière artificielle, ou ont-ils une réelle capacité de pénétration et de diffusion ? C’est ce qu’interrogent pour la Fondation Jean Jaurès, Jean-Yves Dormagen et Stéphane Fournier (Cluster 17, laboratoire d’étude de l’opinion), Justin Poncet, Anastasia Stasenko et Pierre-Carl Langlais (Opsci, institut spécialisé dans l’analyse socio-numérique), avec une méthodologie inédite visant à déterminer si les signaux identifiés en ligne éclairent et anticipent les phénomènes d’opinion qui traversent la société française.

Assistons-nous à la fin du macronisme ?

Le niveau de soutien et de sympathie au Président de la République est en chute libre ces deux derniers mois. Une impopularité qui croît aussi bien sur son flanc droit que sur son flanc gauche. Alors que le Président de la République a occupé 6 fois la tête du classement sur nos 12 derniers baromètres, il coalise en cette fin mars uniquement 11% de soutien et 9% de sympathie dans l’électorat, chutant à la 4eme place du classement.

Rappelons que le succès électoral d’Emmanuel Macron repose sur sa capacité à allier des segments de l’opinion aux positionnements très hétérogènes sur de nombreux clivages. Parmi ces 16 segments (ou « clusters) que nous avons identifiés, 5 ont largement participé à sa réélection : Deux au centre-gauche (les Sociaux-Démocrates et les Progressistes), deux au centre (les Sociaux-Républicains et les Centristes), et un dernier se situant nettement à droite (les Libéraux).

Cet alliage est aujourd’hui en train de se défaire en particulier à cause de la réforme des retraites mais aussi à cause de la méthode et du contexte dans lequel cette réforme est adoptée.

Evolution de la popularité d’Emmanuel Macron (cluster Sociaux-Démocrates)

Popularite emmanuel macron

L’insatisfaction progresse particulièrement chez les Sociaux-Démocrates et les Progressistes. Deux familles qui ont voté à plus de 40% pour Emmanuel Macron au 1er tour de l’élection présidentielle et qui formaient une part très importante de son cœur électoral dès 2017. Depuis sa réélection, le Président connaît une érosion lente de sa base électorale en particulier à cause du contexte social. Au sein de ces deux clusters, son niveau de soutien a été divisé par trois depuis sa réélection en avril 2022 tandis que son niveau de rejet a plus que triplé.

Si ce n’est pas au sein de ces deux clusters que la réforme suscite le plus d’insatisfaction, elle y est tout de même très majoritairement rejetée. Les Sociaux-Démocrates et les Progressistes s’y opposent à environ 60% et soutiennent en parallèle le mouvement social à plus de 60%.

Ce qui semble ce mois-ci entraîner une chute plus importante de la popularité du Président, c’est l’usage du 49-3 et la situation de tension qui en découle.

Ces deux clusters sont : 1) attachés à l’ordre économique et social et 2) attachés à la démocratie.

Or, l’ordre économique et social est bouleversé par une réforme perçue comme « injuste » et penchant très largement « à droite » dans la perception qu’en ont les Français.

Ainsi, le sentiment que cette réforme est injuste est largement partagé, entraînant une première altération majeure de la base électorale présidentielle.

Retraites

En outre, les manifestations, les tensions, les violences sont autant d’éléments que cet électorat modéré rejette. Or, celui-ci identifie le Président et son gouvernement comme les principaux responsables de ces manifestations. En particulier parce que la CFDT et Laurent Berger s’opposent fermement à la réforme depuis le début.

L’attitude ferme de Laurent Berger, perçu ordinairement comme un homme de consensus y est pour beaucoup dans le désamour du centre-gauche à l’égard du Président de la République.

En effet, c’est au sein de ces clusters et en particulier chez les Sociaux-Démocrates que le leader de la CFDT est le plus apprécié, comme le démontre notre sondage pour Le Point réalisé début mars.

Laurent philippe

L’absence de soutien de la CFDT à la réforme et donc l’impossibilité de brandir le « drapeau » du dialogue social ne laissait qu’une possibilité au Gouvernement pour maintenir un semblant « d’ordre » politique et social : un vote majoritaire au Parlement. Or celui-ci n’a pas eu lieu.

Le « macronisme » est né du compromis, du dépassement du clivage gauche-droite pour faire adhérer l’ensemble de l’arc modéré issu des électorats PS et UMP dans une vaste coalition. Le succès d’Emmanuel Macron en 2017 et 2022 repose en premier lieu sur cette capacité à mettre en avant des clivages qui lui étaient favorables pour fédérer l’ensemble des clusters demandeurs d’ordre et de stabilité. Tel fut le cas avec la crise des Gilets jaunes, la campagne de vaccination, la guerre en Ukraine… Cette « prouesse » est aujourd’hui largement remise en cause par l’adoption de cette réforme des retraites.

Car non seulement le fond de la réforme est dissonant avec les aspirations profondes de l’hémisphère gauche de son électorat, mais la forme vient totalement trancher avec le « macronisme » originel. Les Sociaux-Démocrates et les Progressistes s’auto-positionnent très majoritairement « à gauche » ou « plutôt à gauche » lorsqu’on les interroge. A ce titre, ils sont mis en porte-à-faux par une réforme soutenue et défendue historiquement par la Droite. En plus de son impopularité massive dans l’opinion, la réforme des retraites entraîne une résurgence du clivage gauche-droite sur l’axe socio-économique ; un clivage mortifère pour le macronisme.

Enfin, l’usage du 49-3 semble avoir entériné le divorce entre le centre-gauche et le Président de la République. 70 à 80% des Sociaux-Démocrates et des Progressistes jugent l’usage de cette procédure « inacceptable ».

Recours 49

En somme, on assiste bel et bien à une érosion du macronisme principalement sur son côté gauche et dans une moindre mesure au centre et sur sa droite : notons ainsi que dans le cluster des « Centristes » qui est le cœur névralgique du macronisme, le niveau de soutien au Président baisse drastiquement (-20 points) ce mois-ci.

Toutefois, la « tripartition » du champ politique résiste pour l’heure, car l’électorat Social-Démocrate et Progressiste, qui pèse environ 10% est dans une sorte « d’apesanteur ». Il est à la fois insatisfait par l’offre « Mélenchon-NUPES » et par la politique du Président de la République.

Nul doute cependant que cet électorat sera décisif dans les recompositions du champ électoral d’ici à la prochaine élection présidentielle.

Est-ce que le « macronisme » peut renaître de ses cendres et reconquérir ces électeurs ou bien rebasculeront-ils vers une offre de gauche entraînant le retour à une bipartition du champ politique ?

Cluster17 cta

Come si struttura l’elettorato italiano? 16 carte e 34 grafici per capirlo meglio

Domenica, la coalizione guidata da Giorgia Meloni dovrebbe vincere le elezioni legislative, spingendo la leader post-fascista alla testa del paese. Per capire come l’elettorato si è trasformato dal 2018, bisogna interessarsi ai suoi segmenti politico-ideologici.
Uno studio inedito di Jean-Yves Dormagen che analizza i gruppi che compongono le coalizioni italiane, ma che possono anche dividerle.

Cluster17 cta

Comment se structure l’électorat italien

Ce dimanche, la coalition menée par Giorgia Meloni devrait remporter les élections générales italiennes, propulsant une dirigeante post-fasciste à la tête du pays. Pour saisir comment l’électorat a pu tant se transformer depuis 2018, il faut s’intéresser à ses grands segments politico-idéologiques. Dans cette étude inédite pour Le Grand Continent, Jean-Yves Dormagen livre une analyse des groupes qui compose les coalitions italiennes, ce qui les unit mais également ce qui est susceptible de les diviser.

Cluster17 cta

Sport, Football, Joueurs : qu’en pensent les Français ?

Sport et clivages idéologiques : Qui regarde quoi ? Qui supporte qui ?

  • Le football demeure le sport le plus populaire avec 42% de répondants qui disent le suivre « de temps en temps » ou « régulièrement » dans les media. Le rugby et le tennis arrivent juste derrière avec 39% de fans. On trouve de fortes disparités locales liées aux histoires et aux traditions de chaque Région. Ainsi le foot est le sport le plus suivi dans le Grand-Est, les Hauts-de-France et en Normandie mais il est largement devancé par le rugby en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine.
  • En termes d’appartenance idéologique, les amateurs de foot sont les plus transversaux : on y retrouve 47% de Sociaux-Démocrates et 48% de Libéraux : deux clusters modérés de centre-gauche et centre-droit. Le foot est le sport favori des Multiculturalistes, cluster radical de gauche avec 44% de fans. Le Rugby a une répartition moins transversale avec moins de citoyens de gauche qui déclarent le regarder. Les clusters les plus friands de rugby sont les Centristes, les Libéraux, les Conservateurs, les Réfractaires et les Eurosceptiques. Les trois premiers sont plutôt des clusters modérés pro-Macron et les deux derniers des clusters très populaires qui votent Marine Le Pen.
    En termes d’électorat, les électeurs d’E. Macron et ceux de V. Pécresse sont ceux qui déclarent le plus suivre le sport quel qu’il soit. Cela dénote un clivage générationnel : ce sont les plus âgés qui suivent le plus le sport dans les media.
  • Le suivi médiatique du sport demeure genré : les hommes suivent à 58% le foot contre « seulement » 29% de femmes. Seul le tennis est à peu près égalitaire (42% d’hommes vs 36% de femmes). De même, demeure un clivage d’âge, les plus de 65 ans restent les premiers spectateurs de sport, hormis pour le football, qui est également bien suivi chez les jeunes. Socialement, le foot est également le plus homogène : 54% des ouvriers disent le suivre, tout comme 46% de cadres et professions intellectuelles. Le rugby est davantage suivi par les retraités et le tennis par les cadres et professions intellectuelles supérieures.

PSG : club préféré des français (surtout des plus aisés)

  • Parmi ceux qui déclarent avoir un club de foot préféré, le Paris-Saint-Germain arrive en tête avec 21% de supporters juste devant l’Olympique de Marseille avec 19%. L’Olympique Lyonnais arrive 3eme avec 9% de supporters.
  • Le PSG rassemble des supporters très opposés idéologiquement mais assez homogènes sur le plan économique. Club préféré des Sociaux-Démocrates, des Centristes et des Libéraux, ces trois clusters rassemblent les français les plus aisés de notre clusterisation et sont très favorables au Président de la République. Le PSG est également le club préféré des Anti-Assistanat et des Identitaires, deux clusters qui se revendiquent de droite, très opposés à l’immigration avec des positionnements plutôt élitaires et libéraux sur le plan économique.
  • L’OM a un socle plus populaire. Tout d’abord l’OM est le club préféré de trois clusters de gauche sur quatre : les Multiculturalistes, les Solidaires et les Progressistes. Les deux premiers clusters sont très radicaux, très « anti-système » et favorable à la redistribution économique. Une grande majorité d’entre eux a voté pour Jean-Luc Mélenchon. L’OM est également le club préféré des trois clusters qui comportent le plus d’ouvriers et d’employés non diplômés : les Eurosceptiques, les Réfractaires et les Sociaux-Patriotes. Trois clusters très anti-élites, très sociaux et plutôt anti-immigration. Une partie sensible d’entre eux votent Rassemblement National. Une partie moins importante s’est tournée vers la NUPES aux législatives. Enfin, l’OM est également le club préféré des Conservateurs, cluster plus âgé et plus rural de classe moyenne qui vote plutôt à droite.
  • Enfin, on perçoit la filiation entre certains clubs et leur territoire consacrant ainsi des enjeux de suprématie locale. L’OM est ainsi le club préféré des habitants de PACA avec 62% de supporters. Le PSG bien qu’il ait un ancrage géographique moindre, dispose de 42% de supporters chez les habitants d’Ile de France. Dans les Hauts-de-France, Lens devance Lille de deux points : 27% de supporters contre 25%. En Auvergne Rhône-Alpes, les Lyonnais dont le palmarès récent a conquis le cœur de nombreux français devancent leurs rivaux Stéphanois avec 39% de supporters contre 14%.

Les français votent « Zizou » à l’unanimité

  • Interrogés sur leurs trois joueurs préférés, les Français ont placé Zinédine Zidane largement en tête, loin devant Platini, Pelé et M’Bappé (joueur en activité préféré des français). Sans surprise, c’est surtout chez les plus de 50 ans que Michel Platini recueille de nombreux soutiens, faisant presque jeu égal avec Zizou chez les retraités. Killian M’Bappé est lui plébiscité par les moins de 35 ans qui le placent 2eme derrière Zidane.
  • Les tensions identitaires qui traversent le pays se retrouvent dans ce classement. On voit notamment que Karim Benzema est très soutenu dans des clusters « mélenchonnistes » (Multiculturalistes, Révoltés) ou de gauche culturelle (Progressistes) avec un taux de soutien entre 10 et 20%. Il est beaucoup moins apprécié par les clusters plus hostiles aux immigrés et à l’islam : les Sociaux-Patriotes, les Anti-Assistanat et les Identitaires qui sont à peine 4% à le citer parmi leurs trois joueurs préférés. A l’inverse, Olivier Giroud qu’on a longtemps opposé à Karim Benzema dans le débat public, peut compter sur une base de soutien forte dans les groupes identitaires : il obtient ainsi 18% de soutient chez les Sociaux-Patriotes et 16% chez les Identitaires. On retrouve donc logiquement un fort niveau de soutien à Benzema parmi les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron : 32% et 31% et a contrario un fort niveau de soutien en faveur Giroud chez les électeurs de Marine Le Pen et d’Eric Zemmour : 38% et 23%.
    Notons que le joueur préféré des électeurs de Jean-Luc Mélenchon est N’Golo Kanté qui récolte 42% de soutien parmi eux.

Cluster17 est le résultat d’un travail scientifique de plusieurs années qui a permis de créer un outil de sondages et une méthode d’analyse testée auprès de dizaines de milliers de personnes sur l’ensemble du territoire. Cette approche repose sur une segmentation inédite de la société française en 16 groupes homogènes : les Clusters. Ces derniers permettent une analyse plus fine de la société et sont au centre de notre production d’études d’opinion. Pour tout comprendre aux clusters et faire le test : https://cluster17.com/

Travail, salaire, assistanat, quels sont les clivages RL

Travail, salaire, assistanat : quels sont les clivages qui traversent l’opinion ?

Alors que le Gouvernement prépare une réforme de l’assurance-chômage à la rentrée, nous avons interrogé les Français sur leur rapport au travail et à l’argent.

  • Travail nécessité VS Travail liberté : la permanence d’un clivage de classe

Le rapport au travail est fortement déterminé par la situation économique des répondants. Les clusters les plus aisés : Sociaux-Démocrates, Centristes et Libéraux, qui forment un axe modéré favorable au Président, sont les trois clusters qui partagent le plus l’affirmation selon laquelle « Le travail est une valeur essentielle permettant aux individus de s’épanouir ». Les Anti-Assistanat et les Identitaires, deux clusters de droite conservatrice partagent également pour une relative majorité d’entre eux cette idée. A l’inverse les électeurs plus radicaux et/ou populaires de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen qu’on retrouve dans les clusters Multiculturalistes, Révoltés, Eurosceptiques et Sociaux-Patriotes sont une large majorité à affirmer que « Le travail est juste un moyen pour subvenir à ses besoins ».

Si cette question fait ressortir un clivage de classe, les autres questions de notre enquête font davantage ressortir un clivage de nature idéologique.

  • Travail VS coût de la vie : un déséquilibre qui confine à l’urgence

Tout d’abord, la quasi-totalité de notre échantillon (93%) est d’accord avec le fait que « Le travail ne paie pas assez par rapport au coût de la vie ». Un tel score montre les difficultés que traverse la plupart des Français pour assurer un niveau de vie en lien avec leurs revenus. Les clusters populaires, qu’ils votent plutôt Jean-Luc Mélenchon (Multiculturalistes, Révoltés, Solidaires) ou plutôt Marine Le Pen (Réfractaires, Eurosceptiques, Sociaux-Patriotes) sont logiquement ceux qui semblent le plus en attente de hausses de salaire. On peut parler pour ces clusters d’urgence sociale, comme le laissait déjà voir notre étude sur l’inflation au mois de juillet (https://cluster17.com/les-francais-face-a-linflation/).

  • Salaire VS allocations : Une ligne de clivage idéologique et des clusters populaires divisés

L’affirmation « En France, on s’en sort plus facilement avec les revenus des allocations qu’avec un salaire » clive parfaitement l’opinion en deux blocs : 50% sont d’accord et 50% sont en désaccord. Les électeurs d’Éric Zemmour, de Marine Le Pen et de Valérie Pécresse partagent cette affirmation à plus de 69%. Les plus de 75 ans et les retraités également à plus de 60%. En termes de clusters, on voit se dessiner un clivage de nature idéologique fracturant le pays en deux. Les Multiculturalistes, les Sociaux-Démocrates, les Progressistes, les Solidaires, les Centristes, les Révoltés, les Apolitiques sont dans leur majorité en désaccord. En face, les Conservateurs, les Libéraux, les Réfractaires, les Eurosceptiques, les Sociaux-Patriotes, les Anti-Assistanat et les Identitaires sont majoritairement d’accord.

On voit que l’électorat du Président de la République est clivé sur cette question : les Centristes, les Sociaux-Républicains et les Sociaux-Démocrates, soit le flanc modéré de centre et centre-gauche, ne partagent pas les mêmes positions que les Libéraux et les Conservateurs qui constituent la fraction de droite de sa coalition.

Au contraire, l’électorat de Jean-Luc Mélenchon et plus généralement la gauche est tout à fait rassemblée contre cette affirmation qui peut être perçue comme une dénonciation de l’«assistanat ».

L’électorat de Marine Le Pen est quant à lui clivé. Les trois clusters populaires (Réfractaires, Eurosceptiques, Sociaux-Patriotes), composés de nombreux ouvriers et d’employés peu diplômés qui votent massivement pour elle (et qui sont une majorité dans nos enquêtes à ne pas se reconnaître dans le clivage gauche / droite) se positionnent ici avec la « droite » mais dans une majorité très relative. Cela peut être interprété en deux sens : à la fois leur salaire est trop bas et à la fois les allocations sont trop hautes, donc trop peu différenciantes de leur niveau de vie. Il s’agit sans doute autant d’un manque de reconnaissance du travail par le salaire que d’une forme d’injustice ressentie vis-à-vis des bénéficiaires des allocations, dans des groupes où le niveau de salaire est parfois inférieur à un SMIC à temps plein.

Nous avons testé deux autres mesures volontairement clivantes pour mettre en exergue ces clivages :

1/ « Il faut supprimer les allocations chômage au bout de 6 mois sans activité » : 32% des français interrogés sont d’accord et 68% en désaccord.

Nous retrouvons ici la même répartition que dans la question précédente. Seuls les clusters qui se positionnent à droite et qui votaient jadis pour l’UMP et LR sont majoritairement d’accord : les Conservateurs, les Libéraux, les Anti-Assistanat et les Identitaires. L’ensemble des autres clusters sont assez largement en désaccord, y compris les Centristes, ce qui démontre à quel point il serait difficile pour Emmanuel Macron de préserver l’équilibre de sa coalition si des mesures trop « radicales » venaient à être prises.

2/ « Supprimer le RSA aux allocataires s’ils ne travaillent pas 12h par semaine en contrepartie » : 56% des français interrogés sont d’accord et 44% sont en désaccord

Cette mesure fait davantage consensus et fait apparaître une majorité d’opinion. Les Centristes sont ici majoritairement d’accord. Les Apolitiques et les Sociaux-Républicains, deux clusters modérés, sont également majoritairement d’accord avec cette mesure.
De même, les Réfractaires basculent avec la majorité. Les Sociaux-Patriotes et les Eurosceptiques sont quant à eux très clivés, quasiment à 50-50. Le clivage qui traverse ces trois clusters populaires montre qu’il existe à la fois un risque pour Emmanuel Macron à cliver fortement sur des mesures qui peuvent paraître impopulaires mais également les difficultés pour Marine Le Pen à se positionner dans la mesure où sa base est profondément clivée sur ces enjeux. Les électorats d’Éric Zemmour et de Valérie Pécresse sont quant à eux très favorables à un durcissement des conditions d’attribution du RSA et des allocations.

Pour la gauche, les choses sont plus « simples » : l’ensemble de sa base électorale – qu’elle soit radicale (Multiculturalistes, Solidaires, Révoltés) ou modérée (Sociaux-Démocrates, Progressistes) – est en opposition avec la mise en place de telles mesures. Les débats qui s’amorcent au Parlement constituent ainsi l’occasion pour les partis membres de la NUPES de tenter de « récupérer » une partie des Sociaux-Démocrates et des Progressistes qui continuent d’adhérer sensiblement à l’action du Président de la République mais pourraient se trouver en porte-à-faux si des mesures perçues comme « anti-redistributives » ou « anti-assistanat » venaient à être adoptées.

Cluster17 cta

De l’élection présidentielle aux élections législatives : pourquoi il n’y a pas de majorité politique dans le pays ?

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La séquence électorale qui s’achève accouche d’une situation inédite : un président réélu hors situation de cohabitation – une première sous la Ve République – mais se retrouvant sans majorité absolue à la suite de son élection – une première depuis l’instauration du quinquennat.

Nous posions à l’issue du 1er tour de la présidentielle le constat dans le Monde Diplomatique que la consécration d’une tripartition de l’électorat, avec de profonds clivages entre les trois « pôles » de la vie politique, entrainerait le gagnant de la présidentielle dans une inéluctable mécanique minoritaire. Dans ce cadre tripolaire, le second tour de la présidentielle repose inéluctablement de plus en plus sur une logique de vote par défaut : l’électeur y procède plus par élimination du candidat le « pire », que par réelle adhésion au vainqueur. Dans ce contexte, l’élection législative laisse à voir davantage la réalité du paysage électoral : un pays éclaté autour de trois pôles largement incompatibles.

Emmanuel Macron affaibli sur sa droite et sur sa gauche

La coalition électorale d’Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle reposait sur un alliage inédit avec pour barycentre les Centristes autour desquels il avait su rassembler les clusters de gauche Sociaux-Démocrates et Progressistes (ancien cœur électoral du PS) et les clusters de droite Conservateurs et Libéraux (ancien cœur électoral de l’UMP). Lors de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron avait triomphé de ses adversaires pour constituer ce bloc du « en même temps » que l’on peut comparer au bloc qui avait voté « Oui » au référendum sur le traité constitutionnel européen de 2005. A sa gauche, il avait capté presque 50% des Sociaux-Démocrates, reléguant Jean-Luc Mélenchon presque 30 points derrière lui. A sa droite, il avait réuni également 50% des Libéraux, en parvenant à susciter une logique de vote utile au détriment de Valérie Pécresse, reléguée sous les 20% dans un cluster qui en 2017 avait voté aux deux tiers pour François Fillon…

Si Emmanuel Macron n’a pas pu reproduire cette opération lors des législatives, c’est en partie dû à la nature de l’élection, moins personnalisée et plus tributaire des marques politiques ainsi que de l’ancrage de chaque candidat. Mais c’est également dû à l’évolution de l’offre électorale entre les deux scrutins.

L’union de la gauche – coalisant l’ensemble des partis du PS à LFI – a permis à la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale (NUPES) de mieux concurrencer Emmanuel Macron dans les clusters Sociaux-Démocrates et Progressistes que ne le fit Jean-Luc Mélenchon lors de l’élection présidentielle. Cette résurgence d’un bloc de gauche « plurielle » a en effet permis à la NUPES de faire jeu égal avec la majorité présidentielle au sein de ces deux clusters modérés, bien insérés dans la mondialisation et pour lesquels la radicalité de Jean-Luc Mélenchon sur l’axe peuple-élite et sur l’axe économique opère comme un repoussoir. Ces électeurs mal représentés par l’offre actuelle – en raison de l’absence d’une offre sociale-démocrate forte – se sont finalement partagés à parts égales aux législatives entre la NUPES et la majorité présidentielle.

Sur sa droite, le faible ancrage territorial de Renaissance a permis aux candidats Les Républicains, qui sont mieux implantés, de « récupérer » une partie de leur électorat traditionnel : les Conservateurs et les Libéraux. Chez ces derniers, LR fait même jeu égal avec la majorité présidentielle, là où Valérie Pécresse avait été largement distancée.

C’est toutes les limites du « en même temps » : fédérer ces clusters de gauche et de droite est un équilibre subtil que le Président avait réussi à tenir grâce aux crises successives des gilets jaunes, du Covid et de l’Ukraine, en endossant le costume de la stabilité et de l’ordre, rassurant par là même cet électorat diplômé et aisé, hostile aux « extrêmes », au « dégagisme » et à toutes les formes de « populisme ». Pour cette coalition des modérés, Emmanuel Macron était indiscutablement plus crédible et attractif que Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon.

Mais les messages contradictoires envoyés pour séduire la gauche dans l’entre-deux-tours ainsi qu’à l’issue du second (« planification écologique », « nos vies valent mieux que leur profit », nomination de Pap N’Diaye à l’Education Nationale…) ont pu refroidir l’électorat conservateur qui s’est portée vers LR et, pour une part non négligeable en particulier au second tour, vers le RN, notamment dans un contexte où la thématique sécuritaire reprenait le dessus avec les incidents du Stade de France. Trop à droite pour la gauche, qui a sanctionné sa volonté de porter l’âge de départ à la retraite à 65 ans et trop à gauche pour la droite en particulier sur les enjeux sociétaux, voici ce qui a probablement causé la désarticulation de l’électorat « macroniste » en juin dernier.

La NUPES a réuni un bloc de gauche traditionnel

La NUPES a réalisé un bon score lors de ces législatives et, surtout, est parvenue à faire élire un nombre important de candidats : 151. Le contexte a fortement contribué à une perception globalement positive de ce résultat : la gauche était faiblement représentée dans l’ancienne Assemblée, nombre de commentateurs considéraient comme acquise une victoire de la majorité présidentielle aux législatives et la gauche était considérée comme moribonde voire en danger de disparition il y a encore 6 mois, au début de la campagne présidentielle. Mais ce résultat démontre également que la gauche unie sous la forme de la NUPES reste loin de la majorité électorale. Et la dynamique de campagne n’a pas été aussi porteuse que ne pouvaient l’espérer les leaders de la gauche. L’élan initial de la NUPES était pourtant bien réel. L’union, très attendue par l’électorat de gauche, a suscité un enthousiasme qui a permis à la NUPES d’imposer initialement le rythme de la campagne et de construire l’élection sur le mode d’un duel avec le Président. Si bien que l’alliance de gauche dépassait les 30% dans nos intentions de vote fin avril et début mai. La force de l’alliance reposait notamment sur le fait que le Parti Socialiste fasse partie de cet accord. Cela a permis dans un premier temps de créer un sursaut dans l’électorat de gauche, y compris au sein de ses segments modérés : la NUPES est même parvenue en début de campagne à dépasser, assez largement, la majorité présidentielle chez les Progressistes, ce que La France Insoumise, seule, ne pouvait aucunement espérer.

Mais cette dynamique s’est affaiblie au fil de la campagne. La NUPES s’est, en effet, révélée dans l’incapacité de conquérir les clusters de gauche modérée : en l’occurrence, les Progressistes et, plus encore, les Sociaux-Démocrates. En difficulté au début de la campagne, la majorité présidentielle est, en effet, parvenue à conserver une bonne part de son électorat au sein de ces deux clusters décisifs et les candidatures divers gauche, en particulier les dissidences socialistes, ont, elles aussi, obtenu de bons résultats sur ce segment de l’électorat. On le constate dans le tableau ci-dessous : les candidatures divers gauche sont parvenus à réunir 10% des Sociaux-Démocrates – mais aussi 10% des Sociaux-Républicains – soit une précieuse réserve de voix qui coûtera de nombreux sièges à la NUPES.

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Le récit de la campagne et les quelques dissonances internes à la NUPES peuvent bien sûr tenir lieu de justification à cette dynamique négative de fin de campagne. Mais la clusterisation permet d’identifier des logiques plus profondes. En réalité, la dynamique baissière de la fin de la campagne relève d’un désajustement structurel entre la demande de ces deux clusters de gauche modérée et l’offre politique incarnée aujourd’hui par la NUPES. Cet électorat Progressiste et Social-Démocrate se positionne certes à gauche sur les valeurs et sur les questions culturelles, mais c’est sur le clivage peuple VS élite et économie de marché VS économie régulée que ces électeurs peinent à s’identifier dans les positions de la NUPES. En effet, ces électeurs sont plutôt élitaires et en demande de stabilité politique et économique. Pour cette raison, la personnalité de Jean-Luc Mélenchon suscite un rejet important au sein de ces deux clusters. En témoigne notre dernier baromètre de personnalité dans lequel les Sociaux-Démocrates et les Progressistes déclarent « rejeter » à plus de 50% la personnalité de Jean-Luc Mélenchon. Dans ce contexte, faire campagne sur le thème « Mélenchon premier Ministre » ne pouvait que conduire à la défection d’une partie des électeurs Sociaux-Démocrates et Progressistes, qui ont alors préféré rester fidèles à la majorité présidentielle ou ont choisi les candidatures « divers gauche ».

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Du fait de cette relative incapacité à élargir significativement sa base de soutien, la structure sociologique et politique de l’électorat de la NUPES demeure la même que celle de la coalition qui a voté Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle : elle réunit l’intégralité de la gauche « radicale » (clusters Multiculturalistes, Solidaires et Révoltés). Elle réunit la jeunesse diplômée, une bonne partie des employés et des ouvriers, une petite bourgeoisie citadine et arrive en tête chez les professions intermédiaires au sein desquels on retrouve tout le corps des professeurs des écoles. La fonction publique diplômée a largement plébiscitée l’alliance de la gauche. Demeure la difficulté à reconquérir les anciens électeurs ouvriers, appartenant principalement aux clusters Réfractaires, Eurosceptiques et Sociaux-Patriotes. Ces électeurs en forte demande de protections économiques sont également les plus « dégagistes » et sont extrêmement défiants vis-à-vis de l’islam et de l’immigration. Ils habitent pour une bonne partie « La France Périphérique » et appartiennent aux franges les moins diplômés et les plus populaires du pays. Si jusqu’à l’élection de François Hollande, ils pouvaient encore voter à gauche au second tour, ils demeurent majoritairement fidèles soit à l’abstention soit au Rassemblement National, qu’ils ont placé largement en tête une fois de plus aux législatives. Au second tour, la NUPES, qui pouvait espérer profiter d’un report de voix favorable dans ces groupes très « anti-système » lors des duels l’opposant à la majorité présidentielle, n’a pu finalement compter que sur une très faible mobilisation de ces clusters en sa faveur. Ils n’ont donc pas joué ce rôle d’arbitre qui aurait permis à la gauche unie de conquérir plus de sièges.

Le RN, de la radicalité au parti de l’ordre : consécration de la dédiabolisation

Le Rassemblement National a été l’un des grands bénéficiaires de ces élections législatives. Comme pour la NUPES et même plus encore que la gauche unie, il a bénéficié d’un niveau d’attentes qui était bien plus faible que les résultat obtenus. Les 89 députés élus au soir du second tour ont constitué une heureuse surprise pour les responsables RN eux-mêmes. Cette réussite s’explique par la capacité du RN à se banaliser et à s’institutionnaliser. Déjà lors du second tour de l’élection présidentielle, Marine Le Pen avait amélioré son score, profitant non seulement de la fin du front républicain – donc de l’abstention d’une large part des clusters de gauche – mais également d’une progression dans des clusters de droite modérée, en particulier parmi les Conservateurs, un cluster composé en partie de petits retraités vivant en monde rural. Cette stratégie visant à rassurer notamment l’électorat âgé a fonctionné parce qu’elle n’a pas entamé la popularité de Marine Le Pen et du RN dans les clusters populaires. C’est cet équilibre pour l’instant réussi entre des clusters demandeurs d’ordre et des clusters demandeurs de transformations radicales qui permet au Rassemblement National de s’étendre. Marine Le Pen n’a plus besoin de défendre des positions clivantes pour séduire un électorat populaire : leur fidélité semble durablement acquise. Son positionnement légèrement moins social et « dégagiste » que par le passé aurait pu entamer son crédit dans cet électorat, mais les autres offres politiques ne sont pas concurrentielles : elle demeure la seule pour ces clusters à se poser à la fois comme opposée à l’économie mondialisée et opposée à l’immigration. Ni Éric Zemmour, trop « élitaire », ni Jean-Luc Mélenchon, trop « multiculturaliste », ne parviennent donc à la concurrencer sur ces segments où elle reste très nettement mieux-disante.

La stratégie du RN se révèle payante dès le premier tour, où il obtient de bons scores relativement aux élections législatives précédentes et malgré le très haut niveau d’abstention, grâce sans doute à l’élargissement de sa base à des publics qui votaient traditionnellement pour la droite. Cette « réussite » est encore plus manifeste au second tour, où pour la première fois le RN profite de reports de voix significatifs en provenance de la droite traditionnelle (Conservateurs et Libéraux). Il profite aussi de très bons reports en provenance de la « bourgeoisie nationale » pour reprendre la terminologie du leader de Reconquête : l’électorat Identitaire qui a, par exemple, massivement voté Reconquête dans le sud-est s’est très bien reporté sur le RN au second tour. Enfin, le RN profite de l’effondrement du « front républicain » : les clusters de gauche (Multiculturalistes, Solidaires, Révoltés) ne font plus barrage lorsqu’il s’agit d’arbitrer un duel entre la majorité présidentielle et le RN (cf. tableau ci-dessous). Quant aux anciens clusters de la coalition sarkozyste, certains se partagent désormais entre LREM et RN (Conservateurs), voire votent majoritairement pour le parti de Marine Le Pen (Anti-assistanat). C’est ce double phénomène d’affaissement du front républicain et de glissement vers le RN des clusters de droite qui explique l’élection de 89 députés RN à l’Assemblée.

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Une configuration instable

 La tripartition de l’espace politique rend aujourd’hui particulièrement difficile l’émergence d’une solide majorité électorale, d’autant plus que les institutions politiques, à commencer par les règles électorales ont été pensées pour réguler un ordre politique bipolaire. Cette structure tripartite se manifeste, entre autres, dans la base de soutien relativement réduite dont dispose chacun des trois leaders qui incarnent cette tripartition. Nous le mesurons chaque mois dans nos baromètres de personnalités. Qu’ils s’agissent d’Emmanuel Macron, de Jean-Luc Mélenchon ou de Marine Le Pen, chacune de ces personnalités fédère un noyau dur de soutien, mais suscite aussi un très large éventail de défiance. Aucun ne semble en mesure de fédérer les électeurs des autres pôles. C’est aussi le cas de leurs offres politiques respectives : bien identifiées par les électeurs, et très clivantes, elles sont trop éloignées les unes des autres pour pouvoir coaguler dans une même coalition. L’électorat de Jean-Luc Mélenchon peut se retrouver sur l’axe culturel avec l’électorat d’Emmanuel Macron mais s’en éloigne radicalement sur les axes économiques et sur l’axe « peuple VS élites ». A l’inverse, l’électorat de Marine Le Pen peut converger avec celui de Jean-Luc Mélenchon sur sa défiance vis-à-vis du « système » et sur les enjeux économiques et sociaux, mais le clivage est bien trop puissant sur l’axe culturel et identitaire. Pour toutes ces raisons, la configuration politique actuelle a peu de chances de durablement se stabiliser, faute de reposer sur un parti et même un bloc électoral majoritaire. Les cinq années à venir – à supposer que le calendrier institutionnel soit respecté – devraient être marquées par de profondes transformations tant le système politique français est loin aujourd’hui d’avoir retrouvé un point d’équilibre et une structuration un tant soit peu durable.

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