Analyses

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Les espaces politiques français en 2026 : Cartographie électorale, priorités politiques et perceptions des enjeux

Cette étude, réalisée auprès de 5 087 Français représentatifs de la population âgée de 18 ans et plus, propose une cartographie originale des espaces politiques français à partir des potentiels de vote. Au-delà des seuls rapports de force électoraux, elle permet d’identifier les espaces de concurrence entre les principales offres partisanes, de mesurer le degré de structuration politique des électeurs et d’analyser leurs priorités ainsi que leurs perceptions des grands enjeux contemporains. L’étude met en évidence cinq principaux enseignements.

Une société politiquement beaucoup plus structurée qu’il n’y paraît

Le premier résultat de cette enquête est le décalage entre le niveau élevé de défiance à l’égard de l’offre politique et la solidité des appartenances partisanes. Près des deux tiers des Français (65 %) déclarent ne pas se sentir bien représentés par l’offre politique actuelle. Pourtant, cette insatisfaction ne signifie nullement une disparition des repères politiques. Au contraire, 92 % des répondants estiment que les partis politiques ne se valent pas tous, 86 % déclarent se sentir proches d’au moins une famille politique et 84 % adhèrent à l’idée qu’ils pourraient changer de vote, mais uniquement à l’intérieur d’un nombre limité d’options politiques, certains camps étant d’emblée exclus de leurs choix possibles.

Ces résultats montrent que la défiance s’exerce davantage à l’égard de l’offre politique existante que des grands repères idéologiques. Les appartenances politiques demeurent fortement structurées et les électeurs continuent de distinguer clairement les différents espaces de concurrence.Pour rendre compte de cette structuration, l’étude construit une typologie électorale à partir des potentiels de vote exprimés pour les principales offres politiques. Chaque répondant évalue sur une échelle de 0 à 10 la probabilité qu’il puisse voter un jour pour chacune des principales formations. Un score supérieur ou égal à 6 est considéré comme révélant un potentiel de vote réel. Les formations Renaissance, MoDem et Horizons, dont les potentiels de vote sont très fortement corrélés, sont regroupées dans un même espace centriste.

Les répondants sont ensuite classés selon le nombre d’espaces politiques pour lesquels ils présentent un potentiel de vote élevé. Les électeurs ouverts à un seul espace constituent les segments « exclusifs ». Ceux qui présentent un potentiel pour deux espaces sont classés parmi les « hésitants » et correspondent aux principales zones de concurrence électorale. Les répondants ouverts à trois espaces ou davantage forment les segments « multi-hésitants ». Enfin, les individus n’exprimant de potentiel élevé pour aucun espace politique sont répartis entre segments « hors système » et « non structurés », selon leur rapport au système politique puis leur identification partisane.

Cette procédure conduit à une typologie exhaustive de 22 segments électoraux, chacun correspondant à une position spécifique dans l’espace politique. La cartographie obtenue met immédiatement en évidence deux résultats majeurs.

Le premier est que les espaces politiques apparaissent plus solides que les partis qui les composent. Le plus important des noyaux électoraux est celui des « RN exclusifs », qui représente à lui seul 17 % de la population. Viennent ensuite les « RN hésitants droite » (10 %), la « Gauche radicale exclusive (LFI) » (9 %) et le segment « Gauche modérée cœur (PS ↔ Écologistes) » (8 %). À l’exception du Rassemblement national, les différentes formations disposent de noyaux exclusifs relativement réduits et s’appuient largement sur des électeurs hésitants entre plusieurs offres proches.

Le second résultat est que les espaces de concurrence sont très largement localisés. Les hésitations observées concernent principalement des formations appartenant à un même ensemble politique : entre le Parti socialiste et les Écologistes, entre le Parti socialiste et le centre, entre le centre et Les Républicains ou encore entre Les Républicains et le Rassemblement national. À l’inverse, les hésitations directes entre la gauche radicale et le centre, entre la gauche et le Rassemblement national ou entre le centre et le Rassemblement national apparaissent très limitées.

Cette cartographie permet ainsi de dépasser la photographie fournie par les seules intentions de vote. Elle montre que les principales recompositions électorales se jouent moins entre les grands blocs qu’à l’intérieur de chacun d’entre eux, dans des espaces de concurrence relativement bien délimités. Elle permet ainsi de raisonner non plus seulement en termes d’électorats socles, mais en termes d’espaces de coalition possibles, en révélant les proximités et les lignes de fracture qui structurent les recompositions politiques selon les enjeux.

Les enjeux les plus consensuels ne sont pas ceux qui structurent le plus les choix électoraux

L’analyse des priorités politiques fait apparaître un deuxième enseignement important. Les sujets recueillant les niveaux d’adhésion les plus élevés sont la protection de la santé, jugée déterminante ou très importante par 78 % des Français, et la protection des enfants (70 %). Viennent ensuite le sentiment d’être respecté (58 %) et la sécurité (57 %), devant le changement climatique (46 %), l’immigration (44 %), la situation personnelle et financière (41 %) et l’accès au logement (40 %).

Cette hiérarchie générale ne doit cependant pas masquer une distinction essentielle. Les enjeux qui rassemblent le plus largement les Français ne sont pas ceux qui différencient le plus les espaces politiques. La santé ou la protection des enfants apparaissent prioritaires dans l’ensemble des familles politiques. Elles constituent des attentes largement consensuelles, auxquelles aucune offre politique ne peut se soustraire, mais elles contribuent relativement peu à distinguer les électorats.

À l’inverse, les sujets qui structurent aujourd’hui le plus fortement les choix électoraux sont ceux qui combinent une importance élevée et une forte capacité de différenciation. La sécurité, l’immigration et le changement climatique répondent précisément à cette double caractéristique. Le changement climatique est considéré comme déterminant ou très important par près de neuf électeurs sur dix dans plusieurs segments des gauches, contre seulement 12 % parmi les « RN exclusifs ». À l’inverse, l’immigration est jugée déterminante ou très importante par plus de neuf électeurs sur dix dans les segments du Rassemblement national alors qu’elle demeure marginale dans les segments de gauche radicale.

Ces résultats montrent que les principaux clivages contemporains s’organisent moins autour des sujets faisant consensus que des enjeux qui différencient profondément les différents espaces politiques.

Les enjeux ne dessinent pas tous les mêmes espaces de concurrence

L’un des principaux enseignements de cette enquête est que les différents enjeux ne produisent pas les mêmes configurations politiques. Les lignes de fracture varient selon les sujets abordés et les coalitions potentielles ne sont pas identiques d’un enjeu à l’autre. Les questions relatives à la sécurité et à l’immigration rapprochent fortement les différentes composantes de l’espace conservateur. Les électeurs des Républicains, les électeurs hésitant entre Les Républicains et le Rassemblement national ainsi que les électeurs durablement ancrés au RN présentent des niveaux de priorité très proches sur ces deux enjeux. Ces thèmes constituent ainsi les principaux facteurs de cohésion de cet espace politique.

Le changement climatique dessine une configuration inverse. Il apparaît comme une priorité largement partagée dans les différentes composantes de la gauche, qu’il s’agisse de la gauche radicale, des écologistes ou des sociaux-démocrates. L’espace modéré occupe une position intermédiaire, tandis que les segments de droite et du Rassemblement national lui accordent une importance nettement plus faible.

L’étude montre également que les sujets économiques ne reproduisent pas exactement ces mêmes lignes de fracture. Les différentes formes « d’injustice » ne dessinent pas les mêmes coalitions. La fraude aux aides sociales suscite une forte réprobation dans la quasi-totalité des segments situés du centre jusqu’au Rassemblement national. La gauche apparaît davantage partagée sur cette question, notamment dans ses composantes les plus radicales. À l’inverse, l’optimisation fiscale des grandes entreprises et des ménages les plus aisés oppose principalement les différents segments de gauche au reste de l’espace politique. Le centre apparaît ici sensiblement plus proche des segments de droite que des segments de gauche.

Ces résultats montrent qu’il n’existe pas une seule géographie des clivages politiques. Les rapprochements entre espaces électoraux varient selon les enjeux considérés.

Néanmoins, si les sensibilités diffèrent selon les orientations politiques, une forte convergence apparaît. Plus de 64 % des Français qui considèrent que les très riches profitent très injustement du système fiscal estiment également que la fraude aux aides sociales est très injuste. Symétriquement, plus de 63 % de ceux qui jugent très injuste la fraude aux aides sociales considèrent aussi très injuste l’optimisation fiscale des plus riches. Autrement dit, loin de s’exclure, ces deux préoccupations tendent à se renforcer mutuellement dans une partie de l’opinion.

L’analyse des questions internationales – qui constituent l’un des principaux sujets de préoccupation des citoyens –  confirme cette observation. La perception de Donald Trump dessine une configuration spécifique, rapprochant les différentes composantes de la gauche et de l’espace modéré autour d’un anti-trumpisme fédérateur. À l’inverse, le cœur de l’électorat RN ne se caractérise pas par une adhésion tout à fait homogène à Donald Trump : 62 % estiment qu’il ne constitue pas une menace pour la France, dessinant ainsi un segment que l’on peut qualifier de « trumpiste ».  

L’ensemble de ces résultats souligne que les coalitions potentielles dépendent étroitement des sujets mis au cœur du débat public. Les différents enjeux ne mobilisent pas les mêmes électeurs et ne produisent pas les mêmes rapports de force.

Les enfants et le numérique : un domaine marqué par de larges consensus

La seconde partie de l’étude porte sur les préoccupations des parents concernant les enfants, les réseaux sociaux et les usages numériques. Les résultats mettent en évidence une inquiétude réelle, mais sans sentiment généralisé de perte de contrôle.

Les parents attribuent une note moyenne de 5,6 sur 10 à leur inquiétude concernant l’usage des réseaux sociaux par leurs enfants, contre 4,3 sur 10 à leur sentiment d’être eux-mêmes dépassés par ces usages. Ils déclarent en revanche se sentir relativement peu soutenus dans leur rôle éducatif, avec une note moyenne de 3,9 sur 10. Les principales inquiétudes concernent le harcèlement en ligne (24 %), l’addiction aux écrans (18 %) et l’exposition à des contenus extrémistes ou complotistes (16 %). Les contenus pornographiques, les escroqueries ou les risques liés à la santé mentale sont également cités, mais à des niveaux plus faibles. Interrogés sur les responsabilités, les répondants désignent d’abord les parents eux-mêmes comme principaux acteurs de la protection des enfants. Les plateformes numériques arrivent en deuxième position, devant les pouvoirs publics et l’école.

Les différentes mesures proposées recueillent par ailleurs des niveaux d’approbation très élevés. Les dispositifs d’accompagnement des parents sont approuvés par 87 % des répondants. Le renforcement des obligations de modération imposées aux plateformes recueille 82 % d’avis favorables. L’interdiction des réseaux sociaux avant quinze ans est soutenue par 81 % des personnes interrogées, tandis que les restrictions concernant l’usage du téléphone portable à l’école ou au lycée bénéficient également d’une majorité très nette.

Ces résultats mettent en évidence un domaine où les clivages politiques apparaissent beaucoup moins marqués que sur les questions de sécurité, d’immigration ou de climat. Les différences existent, mais elles demeurent limitées au regard des fortes convergences observées sur l’ensemble de ces mesures.

Le logement demeure une préoccupation importante, mais socialement différenciée

L’accès au logement constitue un autre enseignement important de l’étude. Au total, 7 % des Français déclarent rencontrer actuellement des difficultés pour se loger et 24 % indiquent en avoir connu par le passé. Les écarts générationnels apparaissent particulièrement marqués : les difficultés concernent beaucoup plus fréquemment les jeunes adultes que les générations les plus âgées. L’inquiétude moyenne concernant le logement atteint 5,4 sur 10 dans l’ensemble de la population et 61 % des répondants considèrent que l’accès au logement constitue un problème important dans leur territoire.

Cette préoccupation est particulièrement présente parmi les segments de gauche, notamment ceux composés d’électeurs plus jeunes et plus fréquemment locataires. À l’inverse, elle apparaît moins centrale dans les segments de droite et du Rassemblement national, dont les profils résidentiels diffèrent davantage. Ces résultats illustrent le caractère fortement socialisé de cet enjeu. Contrairement à la santé ou à la protection des enfants, le logement ne constitue pas une préoccupation homogène dans l’ensemble de la population. Son importance varie sensiblement selon les trajectoires résidentielles, les générations et les espaces politiques.

Conclusion

Cette étude met en évidence une société politiquement plus structurée que ne pourrait le laisser penser le niveau élevé de défiance envers l’offre politique. Les Français continuent de distinguer clairement les grandes familles politiques et les espaces de concurrence apparaissent largement circonscrits entre formations voisines.

L’analyse des priorités montre également que les enjeux les plus consensuels ne sont pas nécessairement ceux qui structurent le plus fortement les comportements électoraux. La protection de la santé ou celle des enfants constituent des attentes largement partagées, tandis que la sécurité, l’immigration et le changement climatique demeurent les principaux facteurs de différenciation entre les espaces politiques.

Enfin, les différents thèmes abordés par l’enquête (numérique, monoparentalité, épandages de pesticides, retrait-gonflement des argiles et fissures du bâti, perception vis-à-vis de Donald Trump, etc.) montrent que les lignes de fracture varient selon les sujets considérés. Les coalitions d’opinion ne sont pas identiques d’un enjeu à l’autre et les rapprochements entre segments électoraux dépendent étroitement des questions mises au cœur du débat public.

En proposant une cartographie fondée sur les potentiels de vote plutôt que sur les seules intentions de vote, cette étude offre ainsi une lecture complémentaire des rapports de force électoraux. Elle permet d’identifier non seulement les noyaux électoraux les plus stabilisés, mais aussi les principaux espaces de concurrence et les zones de circulation potentielles entre les différentes offres politiques. À ce titre, elle constitue un outil d’analyse des recompositions de l’espace politique français au-delà de la seule photographie des intentions de vote à un instant donné

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Sondage dans 6 pays européens pour Politico : Vers une recomposition des perceptions géopolitiques et stratégiques en Europe ?

Cluster17 publie une nouvelle enquête réalisée pour POLITICO et beBartlet auprès de 6 698 citoyens dans 6 pays européens (France, Allemagne, Italie, Espagne, Pologne et Belgique).

Les résultats mettent en évidence une évolution profonde des perceptions géopolitiques des Européens. Si la Russie demeure très largement identifiée comme la principale menace (70 %), les États-Unis apparaissent désormais comme une source d’inquiétude majeure : 36 % des répondants les considèrent comme une menace, contre 29 % pour la Chine. Dans quatre pays sur six (Espagne, Italie, Belgique, Allemagne), les États-Unis sont même perçus comme une menace plus importante que la Chine, marquant un basculement inédit dans l’ordre des représentations stratégiques.

Ce déplacement des perceptions s’accompagne d’un soutien massif au renforcement de la souveraineté européenne en matière de défense. 86 % des répondants estiment que l’Europe doit développer ses propres capacités de défense, et 69 % se déclarent favorables à la création d’une armée européenne commune. De même, le principe de solidarité militaire reste largement partagé : 76 % des Européens soutiennent l’idée d’intervenir pour défendre un allié de l’OTAN, et 81 % pour défendre un État membre de l’Union européenne.

Cependant, cette adhésion de principe se heurte à une réticence nette dès lors que l’engagement devient personnel. Seuls 19 % des répondants se disent prêts à prendre les armes en cas d’attaque de leur pays, tandis que 47 % privilégieraient des formes d’engagement non combattantes. Ce décalage souligne les tensions auxquelles sont confrontés les gouvernements européens dans la montée en puissance des politiques de défense.

Les opinions apparaissent également fragmentées sur les moyens à mobiliser. Sur les dépenses militaires, les Européens se répartissent de manière équilibrée : 37 % jugent les dépenses actuelles suffisantes, 37 % les estiment insuffisantes et 22 % les jugent excessives, avec de fortes disparités nationales. Les divergences sont tout aussi marquées concernant le soutien à l’Ukraine : 34 % considèrent que l’Europe n’en fait pas assez, 31 % jugent le niveau actuel approprié et 30 % estiment qu’elle en fait trop.

Enfin, les résultats mettent en lumière des clivages persistants sur des sujets structurants comme le service militaire obligatoire, soutenu par 78 % des répondants en Allemagne et 76 % en Belgique, mais rejeté par une majorité en Espagne.

Au total, cette enquête dessine une opinion européenne à la fois plus lucide sur les menaces extérieures et plus favorable à une autonomie stratégique, mais profondément traversée par des contradictions dès lors qu’il s’agit d’en assumer les coûts politiques, économiques ou personnels.

Retrouvez une analyse de ces résultats dans l’article de Politico : https://www.politico.eu/article/poll-eu-countries-us-bigger-threat-than-china/

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Cluster17 se félicite du travail réalisé à l’occasion des élections municipales 2026

À l’occasion des élections municipales 2026, Cluster17 se félicite du travail réalisé, tant par le volume de ses enquêtes que par la qualité de ses analyses.

Avec un nombre particulièrement élevé de sondages publiés au premier comme au second tour, Cluster17 s’est imposé comme l’un des instituts les plus présents tout au long de la séquence électorale, offrant un suivi régulier et approfondi des dynamiques locales.

Au-delà de cette mobilisation, les résultats observés confirment la solidité de notre approche méthodologique et de nos outils d’analyse. Dans plusieurs grandes villes, nos enquêtes ont permis de saisir avec justesse les rapports de force et leurs évolutions.

Les seconds tours publiés au Havre et à Marseille ont été particulièrement précis. Et à Paris, nous avions identifié une dynamique conduisant à un écart net entre Emmanuel Grégoire et Rachida Dati, lecture confirmée par les résultats. À Lyon, dès le premier tour, nous faisions partie des rares instituts à mettre en évidence la progression de Grégory Doucet et le resserrement de l’écart avec Jean-Michel Aulas, anticipant ainsi la configuration finale du scrutin.

Cluster17 poursuivra dans les prochains mois ses travaux de recherche afin de continuer à proposer une lecture fine, exigeante et innovante de l’opinion publique.

Le détail des performances réalisées est disponible ci-dessous.

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Baromètre de l’opinion publique européenne pour Le Grand Continent (vague 5) : Trump et le nouveau clivage géopolitique en Europe

Cluster17 publie la 5e vague de son Baromètre de l’Opinion publique européenne, menée auprès de 7 498 Européens issus de 7 pays de l’Union européenne (Allemagne, France, Italie, Espagne, Pologne, Belgique et Danemark). Après avoir proposé une analyse des points essentiels à retenir du baromètre à l’échelle des pays, les tris croisés par pays en France, en Italie et en Allemagne révèlent comment Donald Trump restructure l’espace politique européen, en unissant contre lui les progressistes et en divisant les droites conservatrices.

En un an d’administration Trump, les représentations géopolitiques des Européens connaissent un basculement net : les États-Unis, longtemps perçus comme un allié structurel, peuvent désormais aussi être envisagés comme une source de menace. 81 % des Européens considèrent qu’une intervention militaire américaine au Groenland constituerait un « acte de guerre contre l’Europe », et 63 % se déclarent favorables à l’envoi de troupes européennes en posture défensive. Plus encore, 21 % jugent désormais qu’une guerre directe avec les États-Unis est probable dans les années à venir, un niveau supérieur à celui observé pour la Chine ou l’Iran, et qui a doublé en quelques semaines.

Cette séquence ouvre la possibilité d’un nouveau clivage politique structurant en Europe, centré sur la relation à l’Amérique de Trump. Dans les trois pays étudiés (France, Italie, Allemagne), le Président américain est majoritairement perçu comme un « ennemi de l’Europe » : en France, 55 % des répondants le qualifient ainsi, contre 7 % seulement qui le voient comme un « ami ». Mais surtout, l’analyse par électorats montre une différence décisive : les espaces progressistes et modérés convergent massivement, tandis que les droites se fragmentent.

Du côté des gauches et du centre, le consensus hostile est extrêmement solide : en France, entre 85 % et 95 % des électeurs de LFI, des écologistes, du PS et de Renaissance qualifient Trump d’ennemi de l’Europe. À l’inverse, les électorats de droite sont désaccordés : l’électorat RN apparaît quasi tripartite, avec environ 25 % qui qualifient Trump d’ennemi, 20 % qui le voient comme un ami, et plus de la moitié qui refuse de trancher. Chez LR, 41 % le qualifient d’ennemi, mais une part presque équivalente hésite encore. Des divisions analogues sont observées en Italie et en Allemagne chez les droites radicales.

La question démocratique approfondit ce clivage : en France, moins de 2 % des électeurs de gauche et du centre estiment que Trump respecte les principes démocratiques. En Italie, quasiment aucun électeur d’AVS, du PD ou du M5S ne le qualifie de démocrate ; en Allemagne, les électeurs de Die Linke, du SPD et des Grünen sont autour de 80 % à estimer qu’il se comporte comme un dictateur.

Le cadrage de la politique extérieure américaine se restructure lui aussi : chez les progressistes et modérés, l’interprétation d’une politique de « recolonisation et prédation des ressources mondiales » devient largement dominante. Elle est retenue en Allemagne par 96 % des électeurs de Die Linke, 89 % des Grünen et 85 % du SPD ; en France, par 94 % des électeurs LFI, 92 % des écologistes, 90 % des socialistes et 83 % des électeurs Renaissance. Cette vision est partagée, en Italie, par 94 % des électeurs M5S, 90 % d’AVS et 86 % du PD.

Les droites radicales restent l’espace où une lecture « légitime » de la politique américaine demeure possible, mais au prix de divisions nettes. En France, 45 % des électeurs RN et 64 % de Reconquête la jugent « légitime » (contre 40 % et 25 % qui parlent de prédation) ; en Allemagne, l’AfD est presque partagée (43 % « légitime », 40 % prédatrice) ; en Italie, 50 % des électeurs Fratelli d’Italia et 55 % de la Lega retiennent la lecture « légitime », tandis qu’environ un tiers y voit une politique prédatrice.

Sur l’arrestation de Nicolás Maduro, plus de 90 % des électeurs de gauche et du centre, en Italie et en Allemagne, jugent l’action américaine illégale et contraire au droit international. En France, cette vision est surtout réservée à la gauche, les électeurs Renaissance n’étant « que » 73 % à la partager. Sur ce sujet aussi, les électorats conservateurs se montrent davantage divisés, entre ceux qui jugent l’action américaine légitime et ceux qui l’estiment illégale. Les électeurs LR sont par exemple 47 % à opter pour la première vision, contre 36 % pour la seconde et 17 % qui déclarent ne pas prendre position.

Enfin, à l’échelle agrégée, le soutien à l’envoi de troupes européennes au Groenland est majoritaire (66 % en Allemagne, 62 % en France, 61 % en Italie), et on remarque un certain consensus sur le sujet parmi les électorats de gauche et du centre, dans les trois pays étudiés. A l’inverse, les droites radicales sont profondément fracturées (FdI : 42 % favorables, 47 % opposés ; RN : 37 % favorables, 51 % opposés), rendant toute position coûteuse pour leurs leaders.

Retrouvez l’analyse et les résultats complets dans l’article du Grand Continent : https://legrandcontinent.eu/fr/2026/01/28/eurobazooka-trump-clivage-geopolitique/

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Baromètre de l’opinion publique européenne pour Le Grand Continent (vague 5) – 7 pays : Le moment Groenland, un tournant dans la perception européenne de Trump et des Etats-Unis

Cluster17 publie la 5e vague de son Baromètre de l’Opinion publique européenne, menée auprès de 7 498 Européens issus de 7 pays de l’Union européenne (Allemagne, France, Italie, Espagne, Pologne, Belgique et Danemark). 

La vague 5 du Baromètre de l’opinion publique européenne met en évidence un « moment Groenland ». Il ressort en effet de cette étude que 21 % des Européens estiment élevé le risque d’une guerre ouverte avec les États-Unis dans les prochaines années, un chiffre qui a doublé en un mois. Cette évolution contraste fortement avec la stabilité observée pour les autres menaces géopolitiques, et signale un changement de statut inédit des États-Unis dans l’opinion européenne.

L’épisode du Groenland joue un rôle central dans ce basculement. La quasi-totalité des Européens interrogés déclarent avoir entendu parler des prises de position de Donald Trump sur ce territoire (99 %), et 84 % jugent ces déclarations graves, dont 63 % très graves. Ce niveau de sévérité est exceptionnel pour un sujet de politique internationale et s’observe de manière remarquablement homogène dans l’ensemble des pays sondés.

Ce seuil est franchi de manière encore plus nette lorsqu’il s’agit de qualifier une éventuelle intervention militaire américaine au Groenland. 81 % des Européens estiment qu’une telle intervention constituerait un acte de guerre contre l’Europe, dont 53 % “tout à fait”. Ce jugement majoritaire montre que les déclarations répétées de Donald Trump sont désormais interprétées dans le registre explicite du conflit armé, y compris lorsqu’elles émanent d’un allié historique.

Au-delà du seul Groenland, ces perceptions s’inscrivent dans une relecture plus globale de la politique extérieure américaine. 64 % des Européens la qualifient avant tout de politique de « recolonisation et de prédation des ressources », contre seulement 19 % qui y voient une défense légitime des intérêts américains. Cette grille de lecture est également mobilisée pour juger d’autres actions internationales : 63 % estiment par exemple que l’opération américaine au Venezuela constitue une violation du droit international, et 59 % jugent que l’action internationale de Donald Trump fragilise l’Occident.

D’un point de vue plus personnel, Donald Trump est logiquement et particulièrement critiqué dans l’opinion européenne. Plus d’un Européen sur deux (51 %) le considère comme un ennemi de l’Europe, quand seuls 8 % le voient comme un ami du Vieux continent. 44% des sondés estiment qu’il se comporte comme un dictateur et la même proportion juge qu’il a une tendance autoritaire. Seul un Européen sur dix (10 %) considère qu’il respecte les principes démocratiques.

Dans ce contexte, les États-Unis apparaissent comme le seul acteur dont la perception évolue réellement. Les menaces associées au terrorisme (68 %) et à la Russie demeurent élevées mais stables d’une vague à l’autre, tandis que les États-Unis entrent pour la première fois, dans la hiérarchie des risques perçus, devant la Chine (11 %) et l’Iran (18 %). Si 35 % des Européens estiment encore qu’il n’existe aucun risque de guerre avec Washington, cette proportion recule nettement, signe d’une diffusion progressive de l’hypothèse conflictuelle.

Cette requalification se traduit par un soutien massif à une réponse européenne plus affirmée. 63 % des Européens se déclarent favorables à l’envoi de troupes européennes au Groenland en posture défensive, contre 28 % opposés, et un très faible niveau d’indécision (9 %). Ce soutien atteint 84 % au Danemark, mais demeure majoritaire dans l’ensemble des pays sondés, traduisant une acceptation croissante de l’idée d’un rapport de force assumé pour défendre la souveraineté européenne.

Enfin, l’ensemble des résultats dessine un diagnostic stratégique largement partagé. 83 % des Européens estiment que la relation entre l’Union européenne et les États-Unis se dégrade, et 73 % considèrent désormais que l’UE doit assurer sa défense sans compter sur le soutien américain. Cette prise de distance ne s’accompagne ni d’un alignement alternatif — seuls 4 % souhaitent se rapprocher de la Chine — ni d’un repli isolationniste, mais d’une volonté majoritaire de maintenir une autonomie stratégique.

Retrouvez l’analyse et les résultats complets dans l’article du Grand Continent : https://legrandcontinent.eu/fr/2026/01/23/eurobazooka-geopolitique-trump-groenland/

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Sondage exclusif pour Marianne : Panorama des personnalités politiques et focus sur le Rassemblement national en vue de l’élection présidentielle

Ce nouveau panorama confirme d’abord la domination très nette du duo Bardella–Le Pen, tant en termes d’appréciation que de potentiel électoral. Jordan Bardella arrive en tête de l’appréciation positive (30 % d’opinions favorables), devant Marine Le Pen (28 %). Ils subissent toutefois une baisse puisqu’ils obtenaient respectivement en décembre 36 % et 33 % d’appréciations positives.

Cette domination se retrouve dans le potentiel de vote présidentiel : Marine Le Pen et Jordan Bardella affichent tous deux 32 % de potentiel élevé ou certain, un score très proche de celui obtenu dans notre sondage de décembre (33 %), très loin devant l’ensemble des autres personnalités testées. Comme le mois dernier, aucun autre responsable politique ne dépasse les 14 %, ce qui souligne l’absence de figure alternative crédible à ce stade. Les personnalités issues du centre et de la gauche apparaissent durablement pénalisées par un rejet massif.

Le duel interne au RN reste largement indécis dans l’opinion générale. Lorsqu’on demande qui serait le meilleur candidat pour porter les couleurs du RN à la présidentielle, Marine Le Pen (25 %) et Jordan Bardella (23 %) sont au coude-à-coude, mais surtout, une majorité relative des Français (52 %) n’a pas d’opinion. Ce chiffre élevé traduit le fait que la question de l’incarnation du RN n’est pas encore pleinement tranchée dans l’opinion.

Sur les grands thèmes politiques, aucun des deux ne parvient à s’imposer nettement. Les Français jugent Jordan Bardella légèrement plus proche de leurs convictions sur l’économie, tandis que les deux figures du RN apparaissent à quasi-égalité sur l’immigration, l’Union européenne et les sujets sociaux. Là encore, le niveau très élevé de « pas d’opinion » (entre 49 % et 63 % selon les thèmes) montre que, pour une large partie de la population, les différences programmatiques entre les deux figures restent floues ou secondaires.

Malgré le fossé entre Jordan Bardella et Marine Le Pen d’une part et les autres personnalités politiques d’autre part, quelques figures tirent leur épingle du jeu et se disputent le statut de « premier concurrent ». Bruno Retailleau, avec 21 % d’appréciations favorables et 13 % de potentiel électoral élevé ou certain, fait partie de ceux-là. A gauche, Jean-Luc Mélenchon obtient le troisième meilleur score de potentiel électoral du classement (14%), mais pâtit d’un degré d’appréciation assez faible par rapport à ses adversaires (14 % d’opinions positives).

Au centre, plusieurs personnalités obtiennent des résultats proches. Edouard Philippe obtient un meilleur potentiel électoral (11 % de potentiel élevé ou certain) que Gérald Darmanin (10 %) et Gabriel Attal (9 %), mais l’actuel ministre de la Justice affiche un meilleur taux d’appréciation (14 %) que le maire du Havre (11 %).

Plus largement, ce panorama souligne la fragmentation du paysage politique, incapable pour l’instant de faire émerger une figure susceptible de concurrencer sérieusement le RN.

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Sondage exclusif pour Marianne : Panorama des personnalités politiques et focus sur Raphaël Glucksmann en vue de l’élection présidentielle

A 16 mois de l’élection présidentielle de 2027, Cluster17 a testé pour Marianne l’image et le potentiel de vote de quinze personnalités, candidats déclarés ou potentiels à la succession d’Emmanuel Macron.  

Comme le montrent les diverses enquêtes d’intentions de vote ainsi que nos baromètres mensuels des personnalités politiques, Jordan Bardella et Marine Le Pen se placent assez nettement au-dessus de leurs concurrents, à commencer par leur image. Ils sont respectivement appréciés par 36% et 33% des sondés, quand Bruno Retailleau, 3e, n’obtient que 22% d’opinions positives. Les deux figures du Rassemblement national sont au coude-à-coude en ce qui concerne le potentiel de vote, avec 33% chacun de potentiel élevé ou certain.

Derrière, Jean-Luc Mélenchon parvient à tirer son épingle du jeu avec un potentiel de vote élevé ou certain atteignant 14%, soit le troisième meilleur score. Malgré un taux de 72% de répondants qui déclarent ne pas l’apprécier (score le plus élevé des quinze personnalités testées), il est la cinquième personnalité du classement obtenant le plus d’appréciations positives (15%) à égalité avec Dominique de Villepin.  

Au centre, la bataille est indécise. Edouard Philippe est celui qui obtient le potentiel de vote le plus haut, avec 11% de répondants qui indiquent un potentiel de vote élevé ou certain. Il est suivi par Gabriel Attal (9% de potentiel élevé ou certain) et Gérald Darmanin (8%). Mais le ministre de la Justice obtient un meilleur score de potentiel moyen (22%) qu’Edouard Philippe (18%) et Gabriel Attal (16%). De plus, c’est l’ancien maire de Tourcoing qui est le plus apprécié des trois ; 14% des sondés l’apprécient beaucoup, contre 11% pour Edouard Philippe et 10% pour Gabriel Attal.

Le sondage propose également un focus sur Raphaël Glucksmann. Tant en termes d’image que de potentiel de vote, l’eurodéputé semble s’intercaler entre Jean-Luc Mélenchon d’une part et ses autres concurrents de gauche d’autre part. Il est ainsi fortement apprécié par 12% des sondés, contre 10% pour Marine Tondelier et François Ruffin et 6% pour Olivier Faure, mais reste derrière le leader de la France insoumise. En termes de potentiel de vote, Raphaël Glucksmann obtient un score de 9% de potentiel élevé ou certain, soit cinq points de moins que Jean-Luc Mélenchon mais un de plus que François Ruffin, deux de plus que Marine Tondelier et quatre de plus qu’Olivier Faure. Au niveau des clusters, le leader de Place publique obtient ses meilleurs scores chez les Sociaux-Démocrates (45% de potentiel élevé ou certain), les Modérés (30%) et les Sociaux-Républicains (27%).

Globalement, il ressort de ce sondage que Raphaël Glucksmann n’a pas encore l’image d’un candidat « présidentiable ». 27% des sondés estiment qu’il défend des idées proches des leurs sur les questions internationales, mais seuls 16% le jugent proche des préoccupations des Français et à peine 12% lui reconnaissent la stature d’un Président de la République. Autrement dit, il souffre d’un déficit de projection et d’incarnation nationale : même quand il est jugé plutôt cohérent sur l’international, cela ne se traduit pas en crédibilité présidentielle ni en proximité avec les enjeux du quotidien.

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Baromètre de l’opinion publique européenne pour Le Grand Continent (vague 4) – 9 pays : Entre attachement à l’Europe et craintes géopolitiques, technologiques et sociales

A l’occasion de la troisième édition du Sommet du Grand Continent, Cluster17 publie la 4e vague de son Baromètre de l’Opinion publique européenne, menée auprès de 9 553 Européens issus de 9 pays de l’Union européenne (Allemagne, France, Italie, Espagne, Pologne, Belgique, Portugal, Pays-Bas et Croatie). 

Dans les neuf pays sondés, un premier constat domine : les Européens ont pleinement conscience des bouleversements géopolitiques, technologiques et sociaux qui redessinent leur environnement. La guerre est revenue sur le continent, les rivalités de puissance se sont durcies, la révolution numérique inquiète, et les tensions politiques internes fragilisent la cohésion des sociétés. Ce baromètre offre une photographie précise de ces inquiétudes, mais aussi des contradictions qui structurent le climat européen.

L’attachement à l’Union européenne reste nettement majoritaire (74 % souhaitent y rester) mais il est inégal selon les pays. Là où l’Espagne et le Portugal affichent une adhésion massive, la France apparaît comme le maillon le plus fragile, avec 27 % favorables à une sortie. Le Brexit continue lui de jouer le rôle de repoussoir : près de deux Européens sur trois le jugent négatif pour le Royaume-Uni (63 %). Ces résultats dessinent une Europe encore solidement arrimée à l’UE, mais traversée par des poches de fragilité.

Face aux risques extérieurs, une double inquiétude domine. D’un côté, une courte majorité d’Européens estime désormais élevé le risque d’une guerre ouverte entre leur pays et la Russie (51 %), un renversement historique dans les perceptions. De l’autre, le terrorisme apparaît comme la menace la plus immédiate : 63 % jugent élevé le risque d’un conflit avec des organisations terroristes, un niveau qui atteint même 86 % en France. Pourtant, les Européens doutent de leur capacité militaire : seulement un quart pense que leur pays serait capable de se défendre seul face à la Russie (26 %).

Dans ce contexte, les Européens semblent refuser les logiques de blocs. Une très large majorité (71 %) souhaite que l’Europe garde ses distances vis-à-vis des États-Unis comme de la Chine, et affirme une aspiration nette à l’autonomie stratégique. Donald Trump est perçu par un Européen sur deux comme un ennemi de l’Europe (48 %), mais cela ne se traduit pas par une volonté d’affrontement : le compromis reste la ligne privilégiée vis-à-vis des États-Unis (48 %).

Les tensions internes occupent également une place centrale dans ce baromètre. Sur l’immigration, les opinions sont très polarisées : 46 % y voient une menace pour la cohésion nationale, mais 33 % la considèrent comme une nécessité démographique. L’antisémitisme est perçu en hausse par 61 % des Européens, un niveau particulièrement élevé en France (73 %) et en Allemagne (65 %). S’y ajoute une demande majoritaire de réduction forte des dépenses publiques (64 %) et un clivage profond sur le climat, 43 % jugeant que le changement climatique est exagéré ou instrumentalisé.

Le rapport à la modernité technologique est également marqué par l’ambivalence. Les Européens sont massivement inquiets des réseaux sociaux (73 %) et des effets sociétaux de l’IA, mais restent enthousiastes pour les robots (53 %) ou la conquête spatiale (64 %). Ce n’est pas tant la technologie en elle-même qui inquiète que ses conséquences sur la capacité des sociétés à produire du lien, du savoir et du jugement.

Enfin, lorsque l’on demande aux Européens ce qui fait la force de leur pays, la réponse est claire : ce ne sont ni l’économie ni la puissance militaire, mais la culture, les paysages, la qualité de vie et le système de santé. Le patrimoine historique est cité par 42 % des répondants, les paysages par 39 %, la qualité de vie par 27 %. À rebours des inquiétudes qui traversent l’enquête, les Européens continuent de se penser à travers des ressources culturelles, sociales et territoriales. Mais c’est précisément ce socle qu’ils sentent aujourd’hui fragilisé par les crises, externes comme internes.

Retrouvez l’analyse et les résultats complets dans l’article du Grand Continent : https://legrandcontinent.eu/fr/2025/12/04/ce-que-les-europeens-veulent-vraiment-le-dernier-eurobazooka/

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Sondage exclusif pour La Gazette des Communes : le regard des Français sur leurs maires et sur les élections municipales

Les élections municipales occupent une place singulière dans la vie démocratique française : elles sont à la fois locales, incarnées, fortement territorialisées, mais aussi traversées par des clivages politiques qui s’expriment différemment selon les territoires. À quatre mois du scrutin, notre étude conduite pour la Gazette des Communes révèle un paysage nuancé : une mobilisation pour l’instant modérée, une campagne encore très peu installée, un rapport positif mais contrasté aux maires, et une forte différenciation entre petites communes et grandes villes, où les perceptions sont plus politisées et les enjeux bien plus polarisés.

Une mobilisation encore hésitante à quatre mois du scrutin

L’intérêt pour les municipales reste modéré : seule une courte majorité de Français s’y intéressent réellement, et près d’un sur deux ne connaît pas encore les candidats de sa commune.
L’indicateur de participation — 51 % de répondants certains d’aller voter — suggère une mobilisation plutôt faible, dans la continuité du désengagement politique observé au niveau national

Des priorités très locales… mais fortement politisées

Le vote municipal demeure ancré dans le quotidien : qualité des services publics, bilan du maire, évolution du territoire restent centraux. Mais la hiérarchie des priorités révèle de fortes lignes idéologiques.

La sécurité s’impose comme la première préoccupation nationale (41 %), dominant dans toutes les strates de communes, sauf dans les grandes villes où son poids baisse (29 %). Dans les centres urbains, logement, mobilités et environnement prennent de l’importance. Les clivages politiques sont nets : la sécurité est prioritaire à droite et au RN ; l’environnement et le logement dominent à gauche (EELV, LFI). Les municipales ne sont donc pas un scrutin « apolitique » — les enjeux eux-mêmes sont façonnés par les orientations politiques et les réalités territoriales

Un rapport globalement positif aux maires, mais contrasté selon les territoires

54 % des Français sont satisfaits de leur maire, mais avec un gradient très fort : forte satisfaction dans les petites communes et jugements plus sévères dans les grandes villes, où la gestion municipale est plus visible et plus politisée. Dans les petites communes, la reconduction du maire sortant est majoritaire. Dans les grandes villes, le désir d’alternance domine (jusqu’à 63 % dans les métropoles).

Le maire : la figure politique la plus respectée

Les Français considèrent massivement que le rôle est difficile (plus de 80 %) et perçoivent les maires comme proches, engagés, et surtout dignes de confiance. 46 % accordent leur confiance en priorité au maire, très loin devant tous les autres responsables (intercommunalité, département, région). Le manque de moyens, les contraintes administratives et la pression citoyenne apparaissent comme les principales difficultés.

Finances locales : méconnaissance, mais réalisme fiscal

Bien que seuls 17 % déclarent connaître le budget de leur commune : 52 % souhaitent maintenir les impôts locaux pour préserver les services publics, 14 % accepteraient une légère hausse, et seulement 20 % demandent une baisse. La perception fiscale locale est donc pragmatique, loin des réflexes de rejet systématique.

Les autres échelons territoriaux largement méconnus

La différence est nette : Le maire est bien identifié par 77 % des habitants. À l’inverse, l’intercommunalité, le département et la région restent massivement méconnus et faiblement incarnés. La commune demeure de loin l’échelon le plus investi affectivement.

Une envie de simplification institutionnelle… sans solution évidente

Un Français sur trois supprimerait en priorité les agences de l’État. L’intercommunalité et les départements sont aussi cités, mais aucun consensus ne se dégage. La commune, elle, reste largement intouchable.

Retrouvez ici l’article de la Gazette des Communes sur ce sondage : https://www.lagazettedescommunes.com/1010886/sondage-exclusif-cluster-17-le-maire-une-valeur-refuge/

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    Sondage exclusif pour Marianne : le regard des Français sur « l’union des droites »

    Questionnés sur une éventuelle alliance entre Les Républicains, l’Union des droites pour la République et le Rassemblement national en vue des prochaines élections législatives, 37% des Français s’y déclarent favorables. Près d’un répondant sur deux (48%) se dit défavorable à une telle union. Les électeurs de droite et d’extrême droite se prononcent cependant bien davantage en faveur de ce rapprochement : 83% de l’électorat RN aux dernières élections européennes y est favorable et 55% de l’électorat LR à ces mêmes élections. On remarque aussi que l’électorat zemmouriste voit d’un bon œil cette union des droites, avec 88% de personnes favorables.

    Pourtant, les électorats de LR et du RN ne semblent pas aujourd’hui considérer que les opinions et idées défendues par ces deux partis soient particulièrement proches. Le « score de porosité » (0 signifiant que les opinions et idées défendues sont très éloignées et 10 très proches), qui atteint 5,7 dans l’ensemble du panel, est seulement de 5,8 en ce qui concerne l’électorat RN et baisse même à 5,5 parmi les électeurs LR. Avec une note de 6,5 chez les électeurs LFI et 6,2 chez les électeurs écologistes, ce sont les électeurs de gauche qui voient le plus de proximité entre Les Républicains et le Rassemblement national.

    La majorité des sondés considère qu’une alliance profiterait davantage au Rassemblement national (58%), contre 10% seulement qui pensent que cela serait davantage bénéfique aux Républicains. Près d’un répondant sur cinq (18%) estime que les deux partis profiteraient autant d’une telle union.

    Avec 17% de mentions, Jordan Bardella est selon les répondants la personnalité qui serait la plus à même d’incarner cette union des droites, devant Marine Le Pen et Bruno Retailleau, à égalité à 14%. Le président du Rassemblement national est logiquement particulièrement plébiscité dans son propre électorat aux élections européennes (35%), au sein duquel il devance même Marine Le Pen (26%). Parmi l’électorat LR, c’est Bruno Retailleau qui arrive en tête (31%), suivi de David Lisnard (20%), tandis que l’électorat Reconquête préfèrerait une union des droites conduite par Sarah Knafo (30%).

    Les Français sont profondément divisés sur la question de l’appartenance ou non du Rassemblement national à « l’arc républicain ». 48% répondent oui à cette question, quand 46% jugent que le RN n’en fait pas partie. Dans le détail, seuls les répondants de gauche et du centre sont une majorité à penser que le RN n’appartient pas à l’arc républicain. Ainsi, les électeurs LR sont près des 3/4 (74%) à considérer que le RN en fait partie, ce qui pourrait à l’avenir faciliter un rapprochement entre les deux partis.

    Lien vers l’article de Marianne sur notre sondage : https://www.marianne.net/politique/le-pen/union-des-droites-un-mariage-de-raison-pour-les-electeurs-du-rassemblement-national-et-des-republicains

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