Cluster-17

Baromètres personnalités

Baromètre des personnalités Le Point / Cluster17 – Août 2026 : Sébastien Lecornu s’installe sur le podium

Marine Le Pen conserve la première place de notre baromètre, mais elle la partage désormais avec Jordan Bardella. La présidente du groupe RN à l’Assemblée cède deux points de popularité pour s’établir à 37 % (-2), dont 21 % de soutien, quand le président du RN se maintient à 37 % (=), dont 21 % de soutien également. L’écart de deux points qui les séparait en juillet a disparu, et les deux figures perdent chacune du terrain sur leur socle dur, deux et trois points de soutien en un mois.

Ce resserrement se lit aussi dans leur propre électorat, où leur position reste hégémonique mais recule légèrement : Jordan Bardella y recueille 89 % d’opinions positives contre 88 % pour Marine Le Pen, alors que les deux dépassaient 94 % le mois dernier. Pour la première fois depuis plusieurs mois, c’est le président du RN qui devance la candidate de 2022 chez les électeurs de 2022.

Le fait marquant du mois se joue toutefois derrière eux. Le haut du classement, jusqu’ici largement occupé par la droite radicale et l’extrême droite, s’ouvre au bloc central. C’est d’abord le cas du Premier ministre, qui accède au podium. Sébastien Lecornu gagne trois points et atteint 29 % de popularité, dont 9 % de soutien : il devient la personnalité la mieux classée hors Rassemblement national. Il est surtout la personnalité préférée des électeurs d’Emmanuel Macron en 2022, avec 72 % d’opinions favorables dont 34 % de soutien, devant Édouard Philippe (68 %) et le chef de l’État lui-même (66 %). La note donnée à son action progresse à 3,3 sur 10 (+0,2), son meilleur niveau.

Deux autres figures du bloc central l’accompagnent dans cette remontée. Édouard Philippe gagne quatre places (5e, 26 %, +2) et Gérald Darmanin sept (6e, 25 %, +3), soit, avec le Premier ministre, les trois plus fortes progressions du baromètre. Le mouvement inverse touche l’aile la plus droitière du classement : Sarah Knafo perd sept places (12e, 23 %, -2), Éric Ciotti cinq (13e, 23 %, -1) et Marion Maréchal une (4e, 26 %, -1). Seul Jean-Philippe Tanguy se maintient dans le haut du tableau (8e, 24 %, =).

Le quatrième nom de ce top 8 est aussi la première personnalité de gauche du classement. Jean-Luc Mélenchon reste stable à 24 % de popularité, en septième position, et conserve le troisième meilleur score de soutien du baromètre (16 %), derrière Marine Le Pen et Jordan Bardella. Son niveau de rejet demeure le plus élevé de la gauche (61 %), ce qui confirme son profil de personnalité fortement soutenue dans son camp — 79 % d’opinions positives chez ses électeurs de 2022, dont 66 % de soutien — mais clivante dans l’ensemble de l’opinion.

On retrouve juste derrière d’autres candidats officiels ou pressentis à l’élection présidentielle de 2027. Bruno Retailleau (9e), François Ruffin (10e) et Dominique de Villepin (11e) sont ex aequo avec 24 % d’opinions positives. Le président des Républicains devance sur le score de soutien (8 %) le député de la Somme (5 %), tandis que l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac ne dépasse pas les 3 % — mais conserve un profil singulier, puisqu’il est la quatrième personnalité la plus appréciée des électeurs de Jean-Luc Mélenchon en 2022 (43 %).

Deuxième à gauche, François Ruffin (24 %, +1) devance Raphaël Glucksmann (14e, 23 %, +2), qui signe la meilleure progression de son camp, puis Bernard Cazeneuve (15e, 22 %) et Fabien Roussel (16e, 22 %). Manuel Bompard recule d’un rang (21e, 19 %, -1).

Le Président de la République, enfin, se stabilise après le rebond de juillet. Sa popularité reste à 18 %, dont 8 % de soutien, mais la note donnée à son action recule à 2,4 sur 10 (-0,1). Il demeure la troisième personnalité la plus rejetée du baromètre, avec 67 %, derrière Sandrine Rousseau (71 %) et Laurent Wauquiez (70 %)

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2027 : la gauche divisée sur son candidat, résignée sur ses chances

Nous avons interrogé les Français sur l’élection présidentielle de 2027 : sur la personnalité qu’ils souhaitent voir accéder à la présidence de la République, et sur les chances qu’ils accordent à la gauche d’y parvenir. Sur le souhait de victoire, Marine Le Pen arrive en tête avec 22 %, devant Jean-Luc Mélenchon (16 %) et Édouard Philippe (11 %). Les scores sont dans l’ensemble modestes, ce qui tient à la formulation de la question : contrairement à une intention de vote de premier tour, on interroge ici sur un souhait de victoire finale. C’est aussi ce qui explique que 16 % des interrogés ne se prononcent pas. Les deux candidatures de rupture s’appuient sur des électorats nettement plus consolidés. 86 % des électeurs de La France insoumise aux européennes de 2024 désignent Jean-Luc Mélenchon, et seuls 3 % d’entre eux ne se prononcent pas. 66 % des électeurs du Rassemblement national désignent Marine Le Pen. Aucune candidature du bloc central ou de la droite parlementaire n’atteint ce degré de concentration : Édouard Philippe réunit 52 % des électeurs Renaissance, Bruno Retailleau 45 % des électeurs LR.

Concernant les chances de victoire de la gauche, un paradoxe apparaît. 40 % des Français souhaitent qu’un candidat de gauche remporte l’élection, mais seuls 22 % jugent la chose probable. Cet écart traverse l’électorat de gauche lui-même, à une exception près. Les électeurs insoumis y croient encore : 98 % souhaitent une victoire de la gauche et 80 % l’estiment probable. Chez les écologistes, l’écart devient béant : 92 % la souhaitent, 26 % seulement la jugent probable. Chez les électeurs socialistes, il l’est plus encore : 89 % contre 21%.

Jean-Luc Mélenchon est, pour 24 % des Français, la personnalité la mieux placée pour représenter la gauche. Vient ensuite un match à trois pour incarner l’autre pôle : Raphaël Glucksmann (14 %) devance Bernard Cazeneuve (10 %) et François Hollande (8 %). Cette polarisation entre une offre radicale et une offre modérée marginalise les autres candidatures. Ni François Ruffin (4%), ni Marine Tondelier (1%), ni Olivier Faure (1%) ne semblent aujourd’hui en mesure de peser sur ce duel.

La polarisation se lit aussi dans la réponse à l’affirmation « Le Parti socialiste et La France insoumise appartiennent aujourd’hui au même camp politique » : 58 % des Français la rejettent. Et le refus vient d’abord des intéressés eux-mêmes : 74 % des électeurs insoumis et 67 % des électeurs socialistes. Les deux forces sont donc renvoyées à des espaces distincts par leurs propres électorats. Le parallèle avec la droite est instructif. 56 % des Français estiment que Les Républicains et le Rassemblement national appartiennent au même camp. Alors que les électeurs LR se divisent exactement en deux (49 % contre 50 %), 64 %  des électeurs RN l’acceptent. Ainsi, à droite, l’assimilation est au moins acceptée par l’un des deux électorats concernés, alors qu’à gauche les deux la refusent ensemble.

Bernard Cazeneuve, enfin, se distingue par une stature présidentielle que 31 % des Français lui reconnaissent — le meilleur score des personnalités testées, devant Jean-Luc Mélenchon (25 %) et François Hollande (24 %). Cette reconnaissance culmine au centre-gauche, où 52 % la lui accordent, et au centre, où elle atteint 55 %. Elle contraste avec l’étroitesse de son socle : seuls 10 % des Français le jugent le mieux placé pour représenter la gauche. La compétence perçue et la capacité à incarner un camp, pour l’heure, ne se recouvrent pas.

En somme, à huit mois du premier tour, la gauche se présente ainsi divisée sur son incarnation, lucide sur ses chances et sans candidature capable de rassembler ses deux pôles, un diagnostic que ses propres électeurs formulent avant tous les autres.

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Baromètre des personnalités Le Point / Cluster17 – Juillet 2026 : Marine Le Pen reprend la première place à Jordan Bardella

Alors qu’elle vient d’être condamnée par la Cour d’appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens, Marine Le Pen semble bénéficier d’un regain dans l’opinion ; elle reprend la première place de notre baromètre à Jordan Bardella pour la première fois depuis juillet 2025. Habituée à la deuxième place ces derniers mois, Marine Le Pen obtient ce mois-ci 39% de popularité (+2), dont 24% de soutien. C’est légèrement supérieur aux scores affichés par le président du RN, qui obtient 37% d’opinions favorables (-1) dont 23% de soutien

Ce changement en tête du classement ne bouleverse toutefois pas la structure générale du baromètre. Les deux principales figures du Rassemblement national continuent de dominer très nettement, avec un niveau de soutien très supérieur à celui des autres personnalités testées. Elles conservent également une position hégémonique dans leur propre électorat : Marine Le Pen recueille 95% d’opinions positives chez ses électeurs de 2022, contre 94% pour Jordan Bardella.

Le reste du haut du classement confirme le poids des personnalités issues de la droite radicale et de l’extrême droite. Marion Maréchal complète le podium avec 27% d’opinions positives (+1). Sarah Knafo arrive cinquième (25%, =), Jean-Philippe Tanguy septième (24%, =) et Éric Ciotti huitième (24%, -2). Seules deux personnalités n’appartenant pas à cet espace politique parviennent à se glisser dans le top 8.

C’est d’abord le cas du Premier ministre, qui se place au pied du podium. Sébastien Lecornu gagne deux points depuis le mois de juin et atteint les 26% de popularité, dont 8% de soutien. Il est par ailleurs la deuxième personnalité la plus populaire chez les électeurs d’Emmanuel Macron en 2022, avec 66% d’opinions favorables dont 28% de soutien. La note donnée à son action est stable à 3,1/10.

Arrive ensuite, en sixième position, la première personnalité de gauche du classement. Jean-Luc Mélenchon, stable à 24% de popularité, gagne une place par rapport au mois dernier. Il bénéficie toujours d’un score de soutien important (15%), soit le troisième meilleur du classement derrière Marine Le Pen et Jordan Bardella. Son niveau de rejet demeure toutefois élevé (61%), ce qui confirme son profil de personnalité fortement soutenue dans son camp, mais clivante dans l’ensemble de l’opinion.

On retrouve après la huitième place d’autres candidats officiels ou pressentis à l’élection présidentielle de 2027. Edouard Philippe (9e), Bruno Retailleau (10e) et Dominique de Villepin (11e) sont ex-aequo avec 24% d’opinions positives. Le maire du Havre jouit néanmoins d’un score de soutien (8%) légèrement supérieur à celui du Président des Républicains (7%), tandis que l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac ne dépasse pas les 3%.

Lui aussi candidat, François Ruffin arrive douzième avec 23% de popularité (dont 5% de soutien), ce qui le place deuxième à gauche. Dans cet espace, il devance Bernard Cazeneuve (15e, 22%), Raphaël Glucksmann (17e, 21%) et Manuel Bompard (18e, 20%).

Le Président de la République connait une légère amélioration depuis le mois de juin. Il gagne 2 points de popularité pour atteindre les 18%, dont 8% de soutien. La note donnée à son action augmente elle aussi pour atteindre 2,5 sur 10 (+0,2). Il reste toutefois la troisième personnalité la plus rejetée du baromètre, avec 67%.

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Les espaces politiques français en 2026 : Cartographie électorale, priorités politiques et perceptions des enjeux

Cette étude, réalisée auprès de 5 087 Français représentatifs de la population âgée de 18 ans et plus, propose une cartographie originale des espaces politiques français à partir des potentiels de vote. Au-delà des seuls rapports de force électoraux, elle permet d’identifier les espaces de concurrence entre les principales offres partisanes, de mesurer le degré de structuration politique des électeurs et d’analyser leurs priorités ainsi que leurs perceptions des grands enjeux contemporains. L’étude met en évidence cinq principaux enseignements.

Une société politiquement beaucoup plus structurée qu’il n’y paraît

Le premier résultat de cette enquête est le décalage entre le niveau élevé de défiance à l’égard de l’offre politique et la solidité des appartenances partisanes. Près des deux tiers des Français (65 %) déclarent ne pas se sentir bien représentés par l’offre politique actuelle. Pourtant, cette insatisfaction ne signifie nullement une disparition des repères politiques. Au contraire, 92 % des répondants estiment que les partis politiques ne se valent pas tous, 86 % déclarent se sentir proches d’au moins une famille politique et 84 % adhèrent à l’idée qu’ils pourraient changer de vote, mais uniquement à l’intérieur d’un nombre limité d’options politiques, certains camps étant d’emblée exclus de leurs choix possibles.

Ces résultats montrent que la défiance s’exerce davantage à l’égard de l’offre politique existante que des grands repères idéologiques. Les appartenances politiques demeurent fortement structurées et les électeurs continuent de distinguer clairement les différents espaces de concurrence.Pour rendre compte de cette structuration, l’étude construit une typologie électorale à partir des potentiels de vote exprimés pour les principales offres politiques. Chaque répondant évalue sur une échelle de 0 à 10 la probabilité qu’il puisse voter un jour pour chacune des principales formations. Un score supérieur ou égal à 6 est considéré comme révélant un potentiel de vote réel. Les formations Renaissance, MoDem et Horizons, dont les potentiels de vote sont très fortement corrélés, sont regroupées dans un même espace centriste.

Les répondants sont ensuite classés selon le nombre d’espaces politiques pour lesquels ils présentent un potentiel de vote élevé. Les électeurs ouverts à un seul espace constituent les segments « exclusifs ». Ceux qui présentent un potentiel pour deux espaces sont classés parmi les « hésitants » et correspondent aux principales zones de concurrence électorale. Les répondants ouverts à trois espaces ou davantage forment les segments « multi-hésitants ». Enfin, les individus n’exprimant de potentiel élevé pour aucun espace politique sont répartis entre segments « hors système » et « non structurés », selon leur rapport au système politique puis leur identification partisane.

Cette procédure conduit à une typologie exhaustive de 22 segments électoraux, chacun correspondant à une position spécifique dans l’espace politique. La cartographie obtenue met immédiatement en évidence deux résultats majeurs.

Le premier est que les espaces politiques apparaissent plus solides que les partis qui les composent. Le plus important des noyaux électoraux est celui des « RN exclusifs », qui représente à lui seul 17 % de la population. Viennent ensuite les « RN hésitants droite » (10 %), la « Gauche radicale exclusive (LFI) » (9 %) et le segment « Gauche modérée cœur (PS ↔ Écologistes) » (8 %). À l’exception du Rassemblement national, les différentes formations disposent de noyaux exclusifs relativement réduits et s’appuient largement sur des électeurs hésitants entre plusieurs offres proches.

Le second résultat est que les espaces de concurrence sont très largement localisés. Les hésitations observées concernent principalement des formations appartenant à un même ensemble politique : entre le Parti socialiste et les Écologistes, entre le Parti socialiste et le centre, entre le centre et Les Républicains ou encore entre Les Républicains et le Rassemblement national. À l’inverse, les hésitations directes entre la gauche radicale et le centre, entre la gauche et le Rassemblement national ou entre le centre et le Rassemblement national apparaissent très limitées.

Cette cartographie permet ainsi de dépasser la photographie fournie par les seules intentions de vote. Elle montre que les principales recompositions électorales se jouent moins entre les grands blocs qu’à l’intérieur de chacun d’entre eux, dans des espaces de concurrence relativement bien délimités. Elle permet ainsi de raisonner non plus seulement en termes d’électorats socles, mais en termes d’espaces de coalition possibles, en révélant les proximités et les lignes de fracture qui structurent les recompositions politiques selon les enjeux.

Les enjeux les plus consensuels ne sont pas ceux qui structurent le plus les choix électoraux

L’analyse des priorités politiques fait apparaître un deuxième enseignement important. Les sujets recueillant les niveaux d’adhésion les plus élevés sont la protection de la santé, jugée déterminante ou très importante par 78 % des Français, et la protection des enfants (70 %). Viennent ensuite le sentiment d’être respecté (58 %) et la sécurité (57 %), devant le changement climatique (46 %), l’immigration (44 %), la situation personnelle et financière (41 %) et l’accès au logement (40 %).

Cette hiérarchie générale ne doit cependant pas masquer une distinction essentielle. Les enjeux qui rassemblent le plus largement les Français ne sont pas ceux qui différencient le plus les espaces politiques. La santé ou la protection des enfants apparaissent prioritaires dans l’ensemble des familles politiques. Elles constituent des attentes largement consensuelles, auxquelles aucune offre politique ne peut se soustraire, mais elles contribuent relativement peu à distinguer les électorats.

À l’inverse, les sujets qui structurent aujourd’hui le plus fortement les choix électoraux sont ceux qui combinent une importance élevée et une forte capacité de différenciation. La sécurité, l’immigration et le changement climatique répondent précisément à cette double caractéristique. Le changement climatique est considéré comme déterminant ou très important par près de neuf électeurs sur dix dans plusieurs segments des gauches, contre seulement 12 % parmi les « RN exclusifs ». À l’inverse, l’immigration est jugée déterminante ou très importante par plus de neuf électeurs sur dix dans les segments du Rassemblement national alors qu’elle demeure marginale dans les segments de gauche radicale.

Ces résultats montrent que les principaux clivages contemporains s’organisent moins autour des sujets faisant consensus que des enjeux qui différencient profondément les différents espaces politiques.

Les enjeux ne dessinent pas tous les mêmes espaces de concurrence

L’un des principaux enseignements de cette enquête est que les différents enjeux ne produisent pas les mêmes configurations politiques. Les lignes de fracture varient selon les sujets abordés et les coalitions potentielles ne sont pas identiques d’un enjeu à l’autre. Les questions relatives à la sécurité et à l’immigration rapprochent fortement les différentes composantes de l’espace conservateur. Les électeurs des Républicains, les électeurs hésitant entre Les Républicains et le Rassemblement national ainsi que les électeurs durablement ancrés au RN présentent des niveaux de priorité très proches sur ces deux enjeux. Ces thèmes constituent ainsi les principaux facteurs de cohésion de cet espace politique.

Le changement climatique dessine une configuration inverse. Il apparaît comme une priorité largement partagée dans les différentes composantes de la gauche, qu’il s’agisse de la gauche radicale, des écologistes ou des sociaux-démocrates. L’espace modéré occupe une position intermédiaire, tandis que les segments de droite et du Rassemblement national lui accordent une importance nettement plus faible.

L’étude montre également que les sujets économiques ne reproduisent pas exactement ces mêmes lignes de fracture. Les différentes formes « d’injustice » ne dessinent pas les mêmes coalitions. La fraude aux aides sociales suscite une forte réprobation dans la quasi-totalité des segments situés du centre jusqu’au Rassemblement national. La gauche apparaît davantage partagée sur cette question, notamment dans ses composantes les plus radicales. À l’inverse, l’optimisation fiscale des grandes entreprises et des ménages les plus aisés oppose principalement les différents segments de gauche au reste de l’espace politique. Le centre apparaît ici sensiblement plus proche des segments de droite que des segments de gauche.

Ces résultats montrent qu’il n’existe pas une seule géographie des clivages politiques. Les rapprochements entre espaces électoraux varient selon les enjeux considérés.

Néanmoins, si les sensibilités diffèrent selon les orientations politiques, une forte convergence apparaît. Plus de 64 % des Français qui considèrent que les très riches profitent très injustement du système fiscal estiment également que la fraude aux aides sociales est très injuste. Symétriquement, plus de 63 % de ceux qui jugent très injuste la fraude aux aides sociales considèrent aussi très injuste l’optimisation fiscale des plus riches. Autrement dit, loin de s’exclure, ces deux préoccupations tendent à se renforcer mutuellement dans une partie de l’opinion.

L’analyse des questions internationales – qui constituent l’un des principaux sujets de préoccupation des citoyens –  confirme cette observation. La perception de Donald Trump dessine une configuration spécifique, rapprochant les différentes composantes de la gauche et de l’espace modéré autour d’un anti-trumpisme fédérateur. À l’inverse, le cœur de l’électorat RN ne se caractérise pas par une adhésion tout à fait homogène à Donald Trump : 62 % estiment qu’il ne constitue pas une menace pour la France, dessinant ainsi un segment que l’on peut qualifier de « trumpiste ».  

L’ensemble de ces résultats souligne que les coalitions potentielles dépendent étroitement des sujets mis au cœur du débat public. Les différents enjeux ne mobilisent pas les mêmes électeurs et ne produisent pas les mêmes rapports de force.

Les enfants et le numérique : un domaine marqué par de larges consensus

La seconde partie de l’étude porte sur les préoccupations des parents concernant les enfants, les réseaux sociaux et les usages numériques. Les résultats mettent en évidence une inquiétude réelle, mais sans sentiment généralisé de perte de contrôle.

Les parents attribuent une note moyenne de 5,6 sur 10 à leur inquiétude concernant l’usage des réseaux sociaux par leurs enfants, contre 4,3 sur 10 à leur sentiment d’être eux-mêmes dépassés par ces usages. Ils déclarent en revanche se sentir relativement peu soutenus dans leur rôle éducatif, avec une note moyenne de 3,9 sur 10. Les principales inquiétudes concernent le harcèlement en ligne (24 %), l’addiction aux écrans (18 %) et l’exposition à des contenus extrémistes ou complotistes (16 %). Les contenus pornographiques, les escroqueries ou les risques liés à la santé mentale sont également cités, mais à des niveaux plus faibles. Interrogés sur les responsabilités, les répondants désignent d’abord les parents eux-mêmes comme principaux acteurs de la protection des enfants. Les plateformes numériques arrivent en deuxième position, devant les pouvoirs publics et l’école.

Les différentes mesures proposées recueillent par ailleurs des niveaux d’approbation très élevés. Les dispositifs d’accompagnement des parents sont approuvés par 87 % des répondants. Le renforcement des obligations de modération imposées aux plateformes recueille 82 % d’avis favorables. L’interdiction des réseaux sociaux avant quinze ans est soutenue par 81 % des personnes interrogées, tandis que les restrictions concernant l’usage du téléphone portable à l’école ou au lycée bénéficient également d’une majorité très nette.

Ces résultats mettent en évidence un domaine où les clivages politiques apparaissent beaucoup moins marqués que sur les questions de sécurité, d’immigration ou de climat. Les différences existent, mais elles demeurent limitées au regard des fortes convergences observées sur l’ensemble de ces mesures.

Le logement demeure une préoccupation importante, mais socialement différenciée

L’accès au logement constitue un autre enseignement important de l’étude. Au total, 7 % des Français déclarent rencontrer actuellement des difficultés pour se loger et 24 % indiquent en avoir connu par le passé. Les écarts générationnels apparaissent particulièrement marqués : les difficultés concernent beaucoup plus fréquemment les jeunes adultes que les générations les plus âgées. L’inquiétude moyenne concernant le logement atteint 5,4 sur 10 dans l’ensemble de la population et 61 % des répondants considèrent que l’accès au logement constitue un problème important dans leur territoire.

Cette préoccupation est particulièrement présente parmi les segments de gauche, notamment ceux composés d’électeurs plus jeunes et plus fréquemment locataires. À l’inverse, elle apparaît moins centrale dans les segments de droite et du Rassemblement national, dont les profils résidentiels diffèrent davantage. Ces résultats illustrent le caractère fortement socialisé de cet enjeu. Contrairement à la santé ou à la protection des enfants, le logement ne constitue pas une préoccupation homogène dans l’ensemble de la population. Son importance varie sensiblement selon les trajectoires résidentielles, les générations et les espaces politiques.

Conclusion

Cette étude met en évidence une société politiquement plus structurée que ne pourrait le laisser penser le niveau élevé de défiance envers l’offre politique. Les Français continuent de distinguer clairement les grandes familles politiques et les espaces de concurrence apparaissent largement circonscrits entre formations voisines.

L’analyse des priorités montre également que les enjeux les plus consensuels ne sont pas nécessairement ceux qui structurent le plus fortement les comportements électoraux. La protection de la santé ou celle des enfants constituent des attentes largement partagées, tandis que la sécurité, l’immigration et le changement climatique demeurent les principaux facteurs de différenciation entre les espaces politiques.

Enfin, les différents thèmes abordés par l’enquête (numérique, monoparentalité, épandages de pesticides, retrait-gonflement des argiles et fissures du bâti, perception vis-à-vis de Donald Trump, etc.) montrent que les lignes de fracture varient selon les sujets considérés. Les coalitions d’opinion ne sont pas identiques d’un enjeu à l’autre et les rapprochements entre segments électoraux dépendent étroitement des questions mises au cœur du débat public.

En proposant une cartographie fondée sur les potentiels de vote plutôt que sur les seules intentions de vote, cette étude offre ainsi une lecture complémentaire des rapports de force électoraux. Elle permet d’identifier non seulement les noyaux électoraux les plus stabilisés, mais aussi les principaux espaces de concurrence et les zones de circulation potentielles entre les différentes offres politiques. À ce titre, elle constitue un outil d’analyse des recompositions de l’espace politique français au-delà de la seule photographie des intentions de vote à un instant donné

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Baromètre des personnalités Le Point / Cluster17 – Juin 2026 : Jean-Luc Mélenchon se replace

Après de longs mois dans le ventre mou du classement, Jean-Luc Mélenchon signe la meilleure progression du mois (+3). A deux points du podium, il vire en tête à gauche (24%), devant François Ruffin et Raphaël Glucksmann. S’il bénéficie du troisième meilleur score de soutien du classement (16%), il n’atteint toutefois que la septième position du baromètre, à 13 points de la deuxième place. Il souffre également d’un taux de rejet notable (61%), ce qui en fait la personnalité la plus rejetée parmi les dix-huit premières.

Comme depuis plusieurs mois et malgré une légère baisse (-1), le classement est dominé par le duo Jordan Bardella et Marine Le Pen, respectivement à 38% et 37% de popularité. Si leurs scores généraux sont assez proches, le président du Rassemblement national semble distancer la triple candidate à l’élection présidentielle au niveau du soutien (26% contre 21%), et ce y compris au sein même de l’électorat Le Pen de 2022 (87% contre 80%). Celui qui n’était à l’origine que la « doublure » de Marine Le Pen semble donc bénéficier à l’heure actuelle d’un meilleur soutien que cette dernière dans l’opinion.

Le reste du haut du classement confirme le poids des personnalités issues de la droite nationale ou de ses espaces alliés. Stable à 26% d’opinions favorables depuis son élection à la mairie de Nice en mars dernier, Eric Ciotti s’arroge la troisième place du podium ce mois-ci. Il est suivi de près par Marion Maréchal (26%, -2) et Sarah Knafo (25%, -2).

Dominique de Villepin, malgré un recul de 3 points, reste dans le haut du baromètre à 25%. Son profil demeure cependant très atypique : son niveau d’opinions favorables repose presque entièrement sur l’appréciation (23%) et très peu sur le soutien (2%), avec une part élevée de personnes sans avis ou ne le connaissant pas (35%). Il apparaît donc davantage comme une figure appréciée ou respectée que comme une personnalité déjà dotée d’un socle politique mobilisé.

Trois figures de la course présidentielle à venir se retrouvent ex-aequo à 24% d’opinions positives, en 9e, 10e et 11e positions. Il s’agit, dans l’ordre, d’Edouard Philippe (+1), de Bruno Retailleau (-2) et de Gabriel Attal (=). Parmi les trois, le maire du Havre est celui qui possède le meilleur score de soutien (10%). Il est également la deuxième personnalité préférée des électeurs d’Emmanuel Macron en 2022 (61%), juste derrière Sébastien Lecornu.

Le Premier ministre arrive douzième, obtenant lui aussi 24% de popularité (=). La note donnée à son action augmente légèrement (+0,1), pour atteindre 3,1 sur 10, soit une note proche de celle obtenue lors de son entrée dans le baromètre en octobre 2025, après son arrivée à Matignon (3,2). Comme tous les mois depuis, il devance Emmanuel Macron tant au niveau de la note qu’en termes de popularité. Le Président de la République obtient 16% d’opinions favorables (-1) et une note de 2,3 (+0,1).

En 13e et 14e position suivent deux personnalités de gauche candidates, plus ou moins officiellement, à l’élection présidentielle de 2027. François Ruffin obtient 23% d’opinions positives (-1) contre 22% pour Raphaël Glucksmann (+1). Le député de la Somme chute parmi l’électorat de Jean-Luc Mélenchon en 2022 (30%, -15), tandis que l’eurodéputé Place publique devient, grâce à une belle hausse de 9 points, la cinquième personnalité préférée parmi l’électorat d’Emmanuel Macron (51%).

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Baromètre des personnalités Le Point / Cluster17 – Avril 2026 : Les droites dominent le classement, Sarah Knafo fait son entrée dans le top 5

Pour son entrée dans le baromètre Le Point/Cluster17 en avril, Sarah Knafo vient directement se placer en cinquième position, avec 27% de popularité et le troisième meilleur score de soutien du classement (14%). Preuve de sa notoriété et de son caractère clivant, seuls 21% des sondés déclarent ne pas la connaitre ou ne pas avoir d’avis sur elle. La récente candidate aux élections municipales à Paris obtient notamment 54% d’opinions positives au sein de l’électorat de Marine Le Pen en 2022.

Depuis juillet 2025, l’ordre varie parfois mais le duo de tête du baromètre est fixe. Jordan Bardella et Marine Le Pen continuent de surplomber leurs concurrents avec une popularité respective de 39% et 38%, soit précisément leurs scores du mois dernier. Les deux têtes du RN bénéficient aussi, comme à l’accoutumée, des deux meilleurs scores de soutien : 26% pour le Président du parti, 23% pour la multiple candidate à l’élection présidentielle. Ils sont suivis (d’assez loin) au classement par Marion Maréchal (28%), qui fait son retour sur le podium après l’avoir quitté temporairement en mars.

On retrouve ensuite un candidat potentiel à l’élection présidentielle : Dominique de Villepin (-1) prend la quatrième place, ex-aequo avec Marion Maréchal au global (28%) mais jouissant d’un faible score de soutien, dans la lignée de ces derniers mois (5% contre 12% pour la nièce de Marine Le Pen). Un autre candidat à la magistrature suprême, officiel celui-ci depuis le vote des adhérents de son parti il y a quelques jours, se situe trois places en-dessous. Bruno Retailleau (+2), septième, affiche une popularité de 26%, dont 9% de soutien.

Un constat net s’impose ce mois-ci : la première personnalité de gauche n’arrive qu’en dixième position. Il s’agit de François Ruffin et de ses 24% d’opinions favorables (-1), dont un taux de soutien de seulement 7%. Le député de la Somme, généralement en concurrence avec Raphaël Glucksmann et Fabien Roussel pour être le premier à gauche dans le baromètre, semble assez seul en avril. En effet, le député européen Place publique descend à la 16e place avec 21% d’opinions positives (-2), tandis que le secrétaire national du Parti communiste chute en 19e position (21%, -2). Même score de popularité de 21% pour Jean-Luc Mélenchon (+1), qui se place toutefois 14e grâce au quatrième meilleur score de soutien du classement (13%).

Du côté de l’exécutif, Emmanuel Macron est stable à 17% d’opinions favorables, bien que la note donnée à son action baisse de 0,2 point depuis le mois dernier (2,2/10). Il est toujours très rejeté ; son score de rejet de 70% est le deuxième plus élevé du classement, derrière celui de son ancien Premier ministre François Bayrou (71%), lanterne rouge du classement avec 9% de popularité. L’actuel chef du gouvernement, Sébastien Lecornu est en léger recul (-2) et affiche 24% d’opinions positives. Cette baisse se retrouve dans la note que les Français donnent à son action : 3/10 (-0,1).

En ce qui concerne le bloc central, trois de ses quatre principales figures se suivent aux 11e, 12e et 13e places : Gabriel Attal (24%, +1), Sébastien Lecornu, déjà cité, et Edouard Philippe (23%, -4). Gérald Darmanin se détache légèrement en prenant la 8e place, avec 25% de popularité (=). Dans l’électorat d’Emmanuel Macron en 2022, le même trio compose cette fois-ci le podium. Edouard Philippe et Gabriel Attal obtiennent tous deux 64% d’opinions favorables, mais le maire du Havre possède un meilleur soutien (33% contre 25%). Ils sont suivis de près par Sébastien Lecornu (63%). Gérald Darmanin est moins consensuel dans cet électorat puisqu’il arrive seulement 5e (51%). 

Baromètres personnalités

Baromètre des personnalités Le Point / Cluster17 – Mars 2026 : Le RN creuse l’écart, Philippe repart à la hausse

Le baromètre de mars confirme un double mouvement : une consolidation du RN à un niveau très élevé et des ajustements dans le reste du classement, marqués par plusieurs baisses en tête et la remontée marquée d’Edouard Philippe.

Jordan Bardella (39%, +2) et Marine Le Pen (38%, +1) occupent de nouveau les deux premières places et creusent l’écart avec leurs poursuivants. Ils restent les seuls à évoluer à des niveaux proches de 40% et s’appuient sur des socles de soutien très élevés (23% et 21%), très au-dessus du reste des personnalités testées. Cette position dominante repose aussi sur une cohésion électorale exceptionnelle : Marine Le Pen atteint 98% d’opinions favorables auprès de ses électeurs de 2022, Jordan Bardella 97%.

Derrière ce duo, Dominique de Villepin accède à la troisième place avec 29% d’opinions favorables (+3). S’il est en progression, ce positionnement tient aussi au recul de plusieurs figures du haut du classement. Il enregistre l’un des niveaux de rejet les plus modérés du classement (41%) et conserve une part importante de « sans avis » (30%), ce qui traduit une image relativement peu clivante et encore extensible.

Édouard Philippe signe pour sa part la progression la plus marquée du mois (+7, 27%) et remonte à la quatrième place. Cette remontée est particulièrement nette dans l’électorat macroniste, où il atteint 62% d’opinions favorables (+3), au même niveau que Gabriel Attal et juste derrière Sébastien Lecornu. Après plusieurs mois de recul, cette progression marque un retournement de tendance, qui peut notamment s’inscrire dans la séquence des élections municipales et sa victoire au Havre.

Plus largement, plusieurs évolutions du classement peuvent être lues à l’aune de cette actualité électorale. Éric Ciotti progresse nettement (26%, +4) et se hisse à la 5e place de notre baromètre après sa victoire à la mairie de Nice. A l’inverse, Rachida Dati recule (16%, -3) tout comme François Bayrou (8%, -2), traduisant des effets différenciés selon les situations locales et la dynamique propre à chaque campagne. Réalisé dans la foulée du second tour, le baromètre semble ainsi capter une partie de ces effets conjoncturels liés à la séquence municipale.

À gauche, les niveaux restent sensiblement plus faibles et peu dynamiques. François Ruffin (25%, -2) demeure la personnalité la mieux positionnée, mais sans progression. Raphaël Glucksmann (23%, -2) et Fabien Roussel (23%, -4) s’inscrivent en retrait, tandis que Jean-Luc Mélenchon recule à 20% (-2), pénalisé par un niveau de rejet très élevé (65%). Il conserve toutefois un socle solide dans son propre électorat (74%), très supérieur à celui de ses concurrents à gauche, mais qui ne suffit pas à élargir son audience. Aucun leader ne parvient à émerger durablement au-delà du seuil des 25%, confirmant la fragmentation et la faiblesse relative de cet espace dans l’opinion.

Enfin, l’exécutif demeure à des niveaux faibles. Emmanuel Macron stagne à 17% d’opinions favorables et reste relégué en milieu de classement (20e), avec un rejet toujours très élevé (65%). La note attribuée à son action progresse légèrement, passant de 2,3 à 2,4 sur 10. Le Premier ministre Sébastien Lecornu (26%, -1) conserve pour sa part une évaluation plus favorable, bien qu’en léger recul, avec une note de 3,1 sur 10 (contre 3,3 en février). Au sein de l’électorat Macron à la l’élection présidentielle de 2022, il reste la personnalité la mieux perçue (64% d’opinions favorables, -11), devant Édouard Philippe et Gabriel Attal (62%).

Ce baromètre de mars confirme la domination du RN à un niveau élevé, mais met surtout en évidence une phase de réajustement dans le reste du classement. Dans le sillage des élections municipales, plusieurs figures bénéficient d’une dynamique ponctuelle liée à leur exposition ou à leurs résultats locaux, tandis que d’autres reculent, contribuant à redistribuer partiellement les positions. Ces évolutions restent toutefois limitées et ne remettent pas en cause les équilibres de fond, toujours structurés par un RN dominant, un bloc central en recomposition et une gauche fragmentée.

Brussels,,Belgium, ,08,04,2023:,The,European,Parliament,Headquarters

Sondage dans 6 pays européens pour Politico : Vers une recomposition des perceptions géopolitiques et stratégiques en Europe ?

Cluster17 publie une nouvelle enquête réalisée pour POLITICO et beBartlet auprès de 6 698 citoyens dans 6 pays européens (France, Allemagne, Italie, Espagne, Pologne et Belgique).

Les résultats mettent en évidence une évolution profonde des perceptions géopolitiques des Européens. Si la Russie demeure très largement identifiée comme la principale menace (70 %), les États-Unis apparaissent désormais comme une source d’inquiétude majeure : 36 % des répondants les considèrent comme une menace, contre 29 % pour la Chine. Dans quatre pays sur six (Espagne, Italie, Belgique, Allemagne), les États-Unis sont même perçus comme une menace plus importante que la Chine, marquant un basculement inédit dans l’ordre des représentations stratégiques.

Ce déplacement des perceptions s’accompagne d’un soutien massif au renforcement de la souveraineté européenne en matière de défense. 86 % des répondants estiment que l’Europe doit développer ses propres capacités de défense, et 69 % se déclarent favorables à la création d’une armée européenne commune. De même, le principe de solidarité militaire reste largement partagé : 76 % des Européens soutiennent l’idée d’intervenir pour défendre un allié de l’OTAN, et 81 % pour défendre un État membre de l’Union européenne.

Cependant, cette adhésion de principe se heurte à une réticence nette dès lors que l’engagement devient personnel. Seuls 19 % des répondants se disent prêts à prendre les armes en cas d’attaque de leur pays, tandis que 47 % privilégieraient des formes d’engagement non combattantes. Ce décalage souligne les tensions auxquelles sont confrontés les gouvernements européens dans la montée en puissance des politiques de défense.

Les opinions apparaissent également fragmentées sur les moyens à mobiliser. Sur les dépenses militaires, les Européens se répartissent de manière équilibrée : 37 % jugent les dépenses actuelles suffisantes, 37 % les estiment insuffisantes et 22 % les jugent excessives, avec de fortes disparités nationales. Les divergences sont tout aussi marquées concernant le soutien à l’Ukraine : 34 % considèrent que l’Europe n’en fait pas assez, 31 % jugent le niveau actuel approprié et 30 % estiment qu’elle en fait trop.

Enfin, les résultats mettent en lumière des clivages persistants sur des sujets structurants comme le service militaire obligatoire, soutenu par 78 % des répondants en Allemagne et 76 % en Belgique, mais rejeté par une majorité en Espagne.

Au total, cette enquête dessine une opinion européenne à la fois plus lucide sur les menaces extérieures et plus favorable à une autonomie stratégique, mais profondément traversée par des contradictions dès lors qu’il s’agit d’en assumer les coûts politiques, économiques ou personnels.

Retrouvez une analyse de ces résultats dans l’article de Politico : https://www.politico.eu/article/poll-eu-countries-us-bigger-threat-than-china/

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Cluster17 se félicite du travail réalisé à l’occasion des élections municipales 2026

À l’occasion des élections municipales 2026, Cluster17 se félicite du travail réalisé, tant par le volume de ses enquêtes que par la qualité de ses analyses.

Avec un nombre particulièrement élevé de sondages publiés au premier comme au second tour, Cluster17 s’est imposé comme l’un des instituts les plus présents tout au long de la séquence électorale, offrant un suivi régulier et approfondi des dynamiques locales.

Au-delà de cette mobilisation, les résultats observés confirment la solidité de notre approche méthodologique et de nos outils d’analyse. Dans plusieurs grandes villes, nos enquêtes ont permis de saisir avec justesse les rapports de force et leurs évolutions.

Les seconds tours publiés au Havre et à Marseille ont été particulièrement précis. Et à Paris, nous avions identifié une dynamique conduisant à un écart net entre Emmanuel Grégoire et Rachida Dati, lecture confirmée par les résultats. À Lyon, dès le premier tour, nous faisions partie des rares instituts à mettre en évidence la progression de Grégory Doucet et le resserrement de l’écart avec Jean-Michel Aulas, anticipant ainsi la configuration finale du scrutin.

Cluster17 poursuivra dans les prochains mois ses travaux de recherche afin de continuer à proposer une lecture fine, exigeante et innovante de l’opinion publique.

Le détail des performances réalisées est disponible ci-dessous.

Baromètres personnalités

Baromètre des personnalités Le Point / Cluster17 – Février 2026 : Le duo RN domine, Lecornu s’installe, Macron reste fragilisé

Le duo du Rassemblement national conserve la tête de notre baromètre en février. Jordan Bardella et Marine Le Pen sont de nouveau ex aequo à 37% d’opinions favorables (–1 point chacun). Si la dynamique est légèrement moins ascendante que ces derniers mois, la hiérarchie ne bouge pas : le RN continue de dominer nettement le classement, porté par un socle de soutien très élevé (24% pour Bardella, 22% pour Le Pen). Cette domination repose d’abord sur une très forte cohésion électorale. Parmi les électeurs de Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle 2022, Marine Le Pen recueille 98% d’opinions favorables (dont 81% de soutien) et Jordan Bardella 96% (83% de soutien).

Derrière le duo RN, la hiérarchie évolue. Marion Maréchal complète le podium avec 27% d’opinions favorables (–1), suivie par Bruno Retailleau (27%, stable). Mais l’un des principaux enseignements du mois réside dans l’installation de Sébastien Lecornu dans le haut du classement. Avec 27% d’opinions positives (+2), le Premier ministre progresse à la 5e place et affiche une dynamique favorable. La note donnée à son action progresse également : 3,3 sur 10 contre 3,1en janvier. Ce niveau demeure modeste mais place néanmoins le chef du gouvernement sensiblement au-dessus du Président de la République.

Emmanuel Macron reste en effet durablement affaibli. Il ne recueille que 17% d’opinions favorables (+2), et demeure relégué en 26e position sur 36. Son taux de rejet atteint 70%, l’un des plus élevés du baromètre. La note attribuée à son action s’établit à 2,3 sur 10, en légère hausse par rapport à janvier (2,1), mais toujours extrêmement basse.

Dans l’électorat d’Emmanuel Macron en 2022, Sébastien Lecornu occupe désormais la première place avec 75% d’opinions favorables (+17), dont 36% de soutien. Il devance Emmanuel Macron lui-même (65%, +6), Gabriel Attal (65%) et Édouard Philippe (59%). Le Premier ministre s’impose ainsi comme la figure centrale du bloc macroniste.

Gérald Darmanin recule légèrement (26%, –2) mais conserve un positionnement transversal. Dominique de Villepin (26%, –1) maintient un profil singulier : un niveau de rejet relativement modéré (45%) et une part importante de « sans avis » (29%), traduisant une image moins clivante que la plupart des figures partisanes.

À gauche, la hiérarchie reste stable mais à des niveaux plus modestes. François Ruffin (27%, +2) et Fabien Roussel (27%, +3) atteignent les meilleurs scores de l’espace progressiste ce mois-ci. Raphaël Glucksmann demeure à 25%. Jean-Luc Mélenchon recueille 22% d’opinions favorables au global, mais conserve un socle très puissant dans son électorat de 2022 : 78% d’opinions favorables, dont 52% de soutien. En revanche, il est très massivement rejeté chez les électeurs de Marine Le Pen (94%) et d’Emmanuel Macron (81%).

En février, le paysage demeure donc structuré par une domination persistante du RN en tête, une stabilisation du Premier ministre à un niveau intéressant mais encore fragile et une présidence durablement impopulaire. Le macronisme se réorganise autour de Sébastien Lecornu, devenu l’une des figures les plus solides de son camp. L’absence de réelle dynamique à gauche comme au centre confirme un rapport de forces plutôt figé, dans lequel seules quelques variations marginales viennent animer un classement globalement dominé par les mêmes figures depuis plusieurs mois.

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