Cluster-17

Baromètres personnalités

Baromètre des personnalités Le Point / Cluster17 – Mars 2026 : Le RN creuse l’écart, Philippe repart à la hausse

Le baromètre de mars confirme un double mouvement : une consolidation du RN à un niveau très élevé et des ajustements dans le reste du classement, marqués par plusieurs baisses en tête et la remontée marquée d’Edouard Philippe.

Jordan Bardella (39%, +2) et Marine Le Pen (38%, +1) occupent de nouveau les deux premières places et creusent l’écart avec leurs poursuivants. Ils restent les seuls à évoluer à des niveaux proches de 40% et s’appuient sur des socles de soutien très élevés (23% et 21%), très au-dessus du reste des personnalités testées. Cette position dominante repose aussi sur une cohésion électorale exceptionnelle : Marine Le Pen atteint 98% d’opinions favorables auprès de ses électeurs de 2022, Jordan Bardella 97%.

Derrière ce duo, Dominique de Villepin accède à la troisième place avec 29% d’opinions favorables (+3). S’il est en progression, ce positionnement tient aussi au recul de plusieurs figures du haut du classement. Il enregistre l’un des niveaux de rejet les plus modérés du classement (41%) et conserve une part importante de « sans avis » (30%), ce qui traduit une image relativement peu clivante et encore extensible.

Édouard Philippe signe pour sa part la progression la plus marquée du mois (+7, 27%) et remonte à la quatrième place. Cette remontée est particulièrement nette dans l’électorat macroniste, où il atteint 62% d’opinions favorables (+3), au même niveau que Gabriel Attal et juste derrière Sébastien Lecornu. Après plusieurs mois de recul, cette progression marque un retournement de tendance, qui peut notamment s’inscrire dans la séquence des élections municipales et sa victoire au Havre.

Plus largement, plusieurs évolutions du classement peuvent être lues à l’aune de cette actualité électorale. Éric Ciotti progresse nettement (26%, +4) et se hisse à la 5e place de notre baromètre après sa victoire à la mairie de Nice. A l’inverse, Rachida Dati recule (16%, -3) tout comme François Bayrou (8%, -2), traduisant des effets différenciés selon les situations locales et la dynamique propre à chaque campagne. Réalisé dans la foulée du second tour, le baromètre semble ainsi capter une partie de ces effets conjoncturels liés à la séquence municipale.

À gauche, les niveaux restent sensiblement plus faibles et peu dynamiques. François Ruffin (25%, -2) demeure la personnalité la mieux positionnée, mais sans progression. Raphaël Glucksmann (23%, -2) et Fabien Roussel (23%, -4) s’inscrivent en retrait, tandis que Jean-Luc Mélenchon recule à 20% (-2), pénalisé par un niveau de rejet très élevé (65%). Il conserve toutefois un socle solide dans son propre électorat (74%), très supérieur à celui de ses concurrents à gauche, mais qui ne suffit pas à élargir son audience. Aucun leader ne parvient à émerger durablement au-delà du seuil des 25%, confirmant la fragmentation et la faiblesse relative de cet espace dans l’opinion.

Enfin, l’exécutif demeure à des niveaux faibles. Emmanuel Macron stagne à 17% d’opinions favorables et reste relégué en milieu de classement (20e), avec un rejet toujours très élevé (65%). La note attribuée à son action progresse légèrement, passant de 2,3 à 2,4 sur 10. Le Premier ministre Sébastien Lecornu (26%, -1) conserve pour sa part une évaluation plus favorable, bien qu’en léger recul, avec une note de 3,1 sur 10 (contre 3,3 en février). Au sein de l’électorat Macron à la l’élection présidentielle de 2022, il reste la personnalité la mieux perçue (64% d’opinions favorables, -11), devant Édouard Philippe et Gabriel Attal (62%).

Ce baromètre de mars confirme la domination du RN à un niveau élevé, mais met surtout en évidence une phase de réajustement dans le reste du classement. Dans le sillage des élections municipales, plusieurs figures bénéficient d’une dynamique ponctuelle liée à leur exposition ou à leurs résultats locaux, tandis que d’autres reculent, contribuant à redistribuer partiellement les positions. Ces évolutions restent toutefois limitées et ne remettent pas en cause les équilibres de fond, toujours structurés par un RN dominant, un bloc central en recomposition et une gauche fragmentée.

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Sondage dans 6 pays européens pour Politico : Vers une recomposition des perceptions géopolitiques et stratégiques en Europe ?

Cluster17 publie une nouvelle enquête réalisée pour POLITICO et beBartlet auprès de 6 698 citoyens dans 6 pays européens (France, Allemagne, Italie, Espagne, Pologne et Belgique).

Les résultats mettent en évidence une évolution profonde des perceptions géopolitiques des Européens. Si la Russie demeure très largement identifiée comme la principale menace (70 %), les États-Unis apparaissent désormais comme une source d’inquiétude majeure : 36 % des répondants les considèrent comme une menace, contre 29 % pour la Chine. Dans quatre pays sur six (Espagne, Italie, Belgique, Allemagne), les États-Unis sont même perçus comme une menace plus importante que la Chine, marquant un basculement inédit dans l’ordre des représentations stratégiques.

Ce déplacement des perceptions s’accompagne d’un soutien massif au renforcement de la souveraineté européenne en matière de défense. 86 % des répondants estiment que l’Europe doit développer ses propres capacités de défense, et 69 % se déclarent favorables à la création d’une armée européenne commune. De même, le principe de solidarité militaire reste largement partagé : 76 % des Européens soutiennent l’idée d’intervenir pour défendre un allié de l’OTAN, et 81 % pour défendre un État membre de l’Union européenne.

Cependant, cette adhésion de principe se heurte à une réticence nette dès lors que l’engagement devient personnel. Seuls 19 % des répondants se disent prêts à prendre les armes en cas d’attaque de leur pays, tandis que 47 % privilégieraient des formes d’engagement non combattantes. Ce décalage souligne les tensions auxquelles sont confrontés les gouvernements européens dans la montée en puissance des politiques de défense.

Les opinions apparaissent également fragmentées sur les moyens à mobiliser. Sur les dépenses militaires, les Européens se répartissent de manière équilibrée : 37 % jugent les dépenses actuelles suffisantes, 37 % les estiment insuffisantes et 22 % les jugent excessives, avec de fortes disparités nationales. Les divergences sont tout aussi marquées concernant le soutien à l’Ukraine : 34 % considèrent que l’Europe n’en fait pas assez, 31 % jugent le niveau actuel approprié et 30 % estiment qu’elle en fait trop.

Enfin, les résultats mettent en lumière des clivages persistants sur des sujets structurants comme le service militaire obligatoire, soutenu par 78 % des répondants en Allemagne et 76 % en Belgique, mais rejeté par une majorité en Espagne.

Au total, cette enquête dessine une opinion européenne à la fois plus lucide sur les menaces extérieures et plus favorable à une autonomie stratégique, mais profondément traversée par des contradictions dès lors qu’il s’agit d’en assumer les coûts politiques, économiques ou personnels.

Retrouvez une analyse de ces résultats dans l’article de Politico : https://www.politico.eu/article/poll-eu-countries-us-bigger-threat-than-china/

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Cluster17 se félicite du travail réalisé à l’occasion des élections municipales 2026

À l’occasion des élections municipales 2026, Cluster17 se félicite du travail réalisé, tant par le volume de ses enquêtes que par la qualité de ses analyses.

Avec un nombre particulièrement élevé de sondages publiés au premier comme au second tour, Cluster17 s’est imposé comme l’un des instituts les plus présents tout au long de la séquence électorale, offrant un suivi régulier et approfondi des dynamiques locales.

Au-delà de cette mobilisation, les résultats observés confirment la solidité de notre approche méthodologique et de nos outils d’analyse. Dans plusieurs grandes villes, nos enquêtes ont permis de saisir avec justesse les rapports de force et leurs évolutions.

Les seconds tours publiés au Havre et à Marseille ont été particulièrement précis. Et à Paris, nous avions identifié une dynamique conduisant à un écart net entre Emmanuel Grégoire et Rachida Dati, lecture confirmée par les résultats. À Lyon, dès le premier tour, nous faisions partie des rares instituts à mettre en évidence la progression de Grégory Doucet et le resserrement de l’écart avec Jean-Michel Aulas, anticipant ainsi la configuration finale du scrutin.

Cluster17 poursuivra dans les prochains mois ses travaux de recherche afin de continuer à proposer une lecture fine, exigeante et innovante de l’opinion publique.

Le détail des performances réalisées est disponible ci-dessous.

Baromètres personnalités

Baromètre des personnalités Le Point / Cluster17 – Février 2026 : Le duo RN domine, Lecornu s’installe, Macron reste fragilisé

Le duo du Rassemblement national conserve la tête de notre baromètre en février. Jordan Bardella et Marine Le Pen sont de nouveau ex aequo à 37% d’opinions favorables (–1 point chacun). Si la dynamique est légèrement moins ascendante que ces derniers mois, la hiérarchie ne bouge pas : le RN continue de dominer nettement le classement, porté par un socle de soutien très élevé (24% pour Bardella, 22% pour Le Pen). Cette domination repose d’abord sur une très forte cohésion électorale. Parmi les électeurs de Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle 2022, Marine Le Pen recueille 98% d’opinions favorables (dont 81% de soutien) et Jordan Bardella 96% (83% de soutien).

Derrière le duo RN, la hiérarchie évolue. Marion Maréchal complète le podium avec 27% d’opinions favorables (–1), suivie par Bruno Retailleau (27%, stable). Mais l’un des principaux enseignements du mois réside dans l’installation de Sébastien Lecornu dans le haut du classement. Avec 27% d’opinions positives (+2), le Premier ministre progresse à la 5e place et affiche une dynamique favorable. La note donnée à son action progresse également : 3,3 sur 10 contre 3,1en janvier. Ce niveau demeure modeste mais place néanmoins le chef du gouvernement sensiblement au-dessus du Président de la République.

Emmanuel Macron reste en effet durablement affaibli. Il ne recueille que 17% d’opinions favorables (+2), et demeure relégué en 26e position sur 36. Son taux de rejet atteint 70%, l’un des plus élevés du baromètre. La note attribuée à son action s’établit à 2,3 sur 10, en légère hausse par rapport à janvier (2,1), mais toujours extrêmement basse.

Dans l’électorat d’Emmanuel Macron en 2022, Sébastien Lecornu occupe désormais la première place avec 75% d’opinions favorables (+17), dont 36% de soutien. Il devance Emmanuel Macron lui-même (65%, +6), Gabriel Attal (65%) et Édouard Philippe (59%). Le Premier ministre s’impose ainsi comme la figure centrale du bloc macroniste.

Gérald Darmanin recule légèrement (26%, –2) mais conserve un positionnement transversal. Dominique de Villepin (26%, –1) maintient un profil singulier : un niveau de rejet relativement modéré (45%) et une part importante de « sans avis » (29%), traduisant une image moins clivante que la plupart des figures partisanes.

À gauche, la hiérarchie reste stable mais à des niveaux plus modestes. François Ruffin (27%, +2) et Fabien Roussel (27%, +3) atteignent les meilleurs scores de l’espace progressiste ce mois-ci. Raphaël Glucksmann demeure à 25%. Jean-Luc Mélenchon recueille 22% d’opinions favorables au global, mais conserve un socle très puissant dans son électorat de 2022 : 78% d’opinions favorables, dont 52% de soutien. En revanche, il est très massivement rejeté chez les électeurs de Marine Le Pen (94%) et d’Emmanuel Macron (81%).

En février, le paysage demeure donc structuré par une domination persistante du RN en tête, une stabilisation du Premier ministre à un niveau intéressant mais encore fragile et une présidence durablement impopulaire. Le macronisme se réorganise autour de Sébastien Lecornu, devenu l’une des figures les plus solides de son camp. L’absence de réelle dynamique à gauche comme au centre confirme un rapport de forces plutôt figé, dans lequel seules quelques variations marginales viennent animer un classement globalement dominé par les mêmes figures depuis plusieurs mois.

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Sondage Cluster17 pour Le Point : Les Français et la démocratie

Les résultats de notre sondage pour Le Point sur le rapport des Français à la démocratie dessinent d’abord un constat simple : les Français restent très attachés à la démocratie. 91% considèrent que, malgré ses défauts, c’est « le meilleur système politique possible », contre 6% en désaccord et 3% qui ne se prononcent pas. Sur la manière de gouverner, une majorité (52%) préfère préserver le fonctionnement démocratique, même si cela ralentit les décisions ; 20% privilégient au contraire la rapidité et l’efficacité, quitte à limiter ce fonctionnement (27% répondent « cela dépend / aucune des deux »). Enfin, quand on demande comment la France devrait fonctionner, 50% souhaitent davantage de référendums, 21% privilégient le système représentatif actuel, 17% davantage de conventions citoyennes, et 6% un gouvernement beaucoup plus fort (5% “cela dépend”, 1% NSP).

Derrière cette adhésion générale, les écarts sont nets selon le vote aux Européennes 2024. L’idée que la démocratie reste le meilleur système est quasi unanime chez les électeurs de gauche et du centre (96% LFI, 99% PS/Place publique, 100% EELV et Renaissance). Elle recule chez les électeurs du RN (85%) et de Reconquête (88%), qui sont aussi les plus nombreux à exprimer un désaccord (10% RN, 9% Reconquête). Le contraste se renforce lorsqu’on oppose démocratie et efficacité : les électeurs de gauche choisissent massivement la préservation des règles démocratiques (82% LFI, 84% EELV, 78% PS/PP), tandis que les électeurs RN (37%) et Reconquête (45%) sont les plus nombreux à préférer pouvoir décider vite, même si cela réduit certaines garanties démocratiques. Les électeurs LR sont beaucoup plus partagés (38% pour préserver la démocratie, 33% pour l’efficacité, 28% « cela dépend »).

Ces différences se retrouvent dans les modèles de fonctionnement souhaités. Le recours accru aux référendums, majoritaire dans l’ensemble (50%), est plébiscité à l’extrême droite (76% RN, 62% Reconquête) et chez LR (52%). À gauche, la demande de changement se porte davantage vers des dispositifs de délibération citoyenne (47% des électeurs LFI et 42% EELV souhaitent plus de conventions citoyennes). De leur côté, les électeurs Renaissance (58%) et PS/PP (40%) restent les plus attachés au système représentatif actuel. Enfin, l’idée d’un gouvernement « beaucoup plus fort » reste minoritaire (6% au total), mais elle monte à 17% chez Reconquête et 10% chez le RN, contre 0 à 1% à gauche.

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Baromètre de l’opinion publique européenne pour Le Grand Continent (vague 5) : Trump et le nouveau clivage géopolitique en Europe

Cluster17 publie la 5e vague de son Baromètre de l’Opinion publique européenne, menée auprès de 7 498 Européens issus de 7 pays de l’Union européenne (Allemagne, France, Italie, Espagne, Pologne, Belgique et Danemark). Après avoir proposé une analyse des points essentiels à retenir du baromètre à l’échelle des pays, les tris croisés par pays en France, en Italie et en Allemagne révèlent comment Donald Trump restructure l’espace politique européen, en unissant contre lui les progressistes et en divisant les droites conservatrices.

En un an d’administration Trump, les représentations géopolitiques des Européens connaissent un basculement net : les États-Unis, longtemps perçus comme un allié structurel, peuvent désormais aussi être envisagés comme une source de menace. 81 % des Européens considèrent qu’une intervention militaire américaine au Groenland constituerait un « acte de guerre contre l’Europe », et 63 % se déclarent favorables à l’envoi de troupes européennes en posture défensive. Plus encore, 21 % jugent désormais qu’une guerre directe avec les États-Unis est probable dans les années à venir, un niveau supérieur à celui observé pour la Chine ou l’Iran, et qui a doublé en quelques semaines.

Cette séquence ouvre la possibilité d’un nouveau clivage politique structurant en Europe, centré sur la relation à l’Amérique de Trump. Dans les trois pays étudiés (France, Italie, Allemagne), le Président américain est majoritairement perçu comme un « ennemi de l’Europe » : en France, 55 % des répondants le qualifient ainsi, contre 7 % seulement qui le voient comme un « ami ». Mais surtout, l’analyse par électorats montre une différence décisive : les espaces progressistes et modérés convergent massivement, tandis que les droites se fragmentent.

Du côté des gauches et du centre, le consensus hostile est extrêmement solide : en France, entre 85 % et 95 % des électeurs de LFI, des écologistes, du PS et de Renaissance qualifient Trump d’ennemi de l’Europe. À l’inverse, les électorats de droite sont désaccordés : l’électorat RN apparaît quasi tripartite, avec environ 25 % qui qualifient Trump d’ennemi, 20 % qui le voient comme un ami, et plus de la moitié qui refuse de trancher. Chez LR, 41 % le qualifient d’ennemi, mais une part presque équivalente hésite encore. Des divisions analogues sont observées en Italie et en Allemagne chez les droites radicales.

La question démocratique approfondit ce clivage : en France, moins de 2 % des électeurs de gauche et du centre estiment que Trump respecte les principes démocratiques. En Italie, quasiment aucun électeur d’AVS, du PD ou du M5S ne le qualifie de démocrate ; en Allemagne, les électeurs de Die Linke, du SPD et des Grünen sont autour de 80 % à estimer qu’il se comporte comme un dictateur.

Le cadrage de la politique extérieure américaine se restructure lui aussi : chez les progressistes et modérés, l’interprétation d’une politique de « recolonisation et prédation des ressources mondiales » devient largement dominante. Elle est retenue en Allemagne par 96 % des électeurs de Die Linke, 89 % des Grünen et 85 % du SPD ; en France, par 94 % des électeurs LFI, 92 % des écologistes, 90 % des socialistes et 83 % des électeurs Renaissance. Cette vision est partagée, en Italie, par 94 % des électeurs M5S, 90 % d’AVS et 86 % du PD.

Les droites radicales restent l’espace où une lecture « légitime » de la politique américaine demeure possible, mais au prix de divisions nettes. En France, 45 % des électeurs RN et 64 % de Reconquête la jugent « légitime » (contre 40 % et 25 % qui parlent de prédation) ; en Allemagne, l’AfD est presque partagée (43 % « légitime », 40 % prédatrice) ; en Italie, 50 % des électeurs Fratelli d’Italia et 55 % de la Lega retiennent la lecture « légitime », tandis qu’environ un tiers y voit une politique prédatrice.

Sur l’arrestation de Nicolás Maduro, plus de 90 % des électeurs de gauche et du centre, en Italie et en Allemagne, jugent l’action américaine illégale et contraire au droit international. En France, cette vision est surtout réservée à la gauche, les électeurs Renaissance n’étant « que » 73 % à la partager. Sur ce sujet aussi, les électorats conservateurs se montrent davantage divisés, entre ceux qui jugent l’action américaine légitime et ceux qui l’estiment illégale. Les électeurs LR sont par exemple 47 % à opter pour la première vision, contre 36 % pour la seconde et 17 % qui déclarent ne pas prendre position.

Enfin, à l’échelle agrégée, le soutien à l’envoi de troupes européennes au Groenland est majoritaire (66 % en Allemagne, 62 % en France, 61 % en Italie), et on remarque un certain consensus sur le sujet parmi les électorats de gauche et du centre, dans les trois pays étudiés. A l’inverse, les droites radicales sont profondément fracturées (FdI : 42 % favorables, 47 % opposés ; RN : 37 % favorables, 51 % opposés), rendant toute position coûteuse pour leurs leaders.

Retrouvez l’analyse et les résultats complets dans l’article du Grand Continent : https://legrandcontinent.eu/fr/2026/01/28/eurobazooka-trump-clivage-geopolitique/

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Baromètre de l’opinion publique européenne pour Le Grand Continent (vague 5) – 7 pays : Le moment Groenland, un tournant dans la perception européenne de Trump et des Etats-Unis

Cluster17 publie la 5e vague de son Baromètre de l’Opinion publique européenne, menée auprès de 7 498 Européens issus de 7 pays de l’Union européenne (Allemagne, France, Italie, Espagne, Pologne, Belgique et Danemark). 

La vague 5 du Baromètre de l’opinion publique européenne met en évidence un « moment Groenland ». Il ressort en effet de cette étude que 21 % des Européens estiment élevé le risque d’une guerre ouverte avec les États-Unis dans les prochaines années, un chiffre qui a doublé en un mois. Cette évolution contraste fortement avec la stabilité observée pour les autres menaces géopolitiques, et signale un changement de statut inédit des États-Unis dans l’opinion européenne.

L’épisode du Groenland joue un rôle central dans ce basculement. La quasi-totalité des Européens interrogés déclarent avoir entendu parler des prises de position de Donald Trump sur ce territoire (99 %), et 84 % jugent ces déclarations graves, dont 63 % très graves. Ce niveau de sévérité est exceptionnel pour un sujet de politique internationale et s’observe de manière remarquablement homogène dans l’ensemble des pays sondés.

Ce seuil est franchi de manière encore plus nette lorsqu’il s’agit de qualifier une éventuelle intervention militaire américaine au Groenland. 81 % des Européens estiment qu’une telle intervention constituerait un acte de guerre contre l’Europe, dont 53 % “tout à fait”. Ce jugement majoritaire montre que les déclarations répétées de Donald Trump sont désormais interprétées dans le registre explicite du conflit armé, y compris lorsqu’elles émanent d’un allié historique.

Au-delà du seul Groenland, ces perceptions s’inscrivent dans une relecture plus globale de la politique extérieure américaine. 64 % des Européens la qualifient avant tout de politique de « recolonisation et de prédation des ressources », contre seulement 19 % qui y voient une défense légitime des intérêts américains. Cette grille de lecture est également mobilisée pour juger d’autres actions internationales : 63 % estiment par exemple que l’opération américaine au Venezuela constitue une violation du droit international, et 59 % jugent que l’action internationale de Donald Trump fragilise l’Occident.

D’un point de vue plus personnel, Donald Trump est logiquement et particulièrement critiqué dans l’opinion européenne. Plus d’un Européen sur deux (51 %) le considère comme un ennemi de l’Europe, quand seuls 8 % le voient comme un ami du Vieux continent. 44% des sondés estiment qu’il se comporte comme un dictateur et la même proportion juge qu’il a une tendance autoritaire. Seul un Européen sur dix (10 %) considère qu’il respecte les principes démocratiques.

Dans ce contexte, les États-Unis apparaissent comme le seul acteur dont la perception évolue réellement. Les menaces associées au terrorisme (68 %) et à la Russie demeurent élevées mais stables d’une vague à l’autre, tandis que les États-Unis entrent pour la première fois, dans la hiérarchie des risques perçus, devant la Chine (11 %) et l’Iran (18 %). Si 35 % des Européens estiment encore qu’il n’existe aucun risque de guerre avec Washington, cette proportion recule nettement, signe d’une diffusion progressive de l’hypothèse conflictuelle.

Cette requalification se traduit par un soutien massif à une réponse européenne plus affirmée. 63 % des Européens se déclarent favorables à l’envoi de troupes européennes au Groenland en posture défensive, contre 28 % opposés, et un très faible niveau d’indécision (9 %). Ce soutien atteint 84 % au Danemark, mais demeure majoritaire dans l’ensemble des pays sondés, traduisant une acceptation croissante de l’idée d’un rapport de force assumé pour défendre la souveraineté européenne.

Enfin, l’ensemble des résultats dessine un diagnostic stratégique largement partagé. 83 % des Européens estiment que la relation entre l’Union européenne et les États-Unis se dégrade, et 73 % considèrent désormais que l’UE doit assurer sa défense sans compter sur le soutien américain. Cette prise de distance ne s’accompagne ni d’un alignement alternatif — seuls 4 % souhaitent se rapprocher de la Chine — ni d’un repli isolationniste, mais d’une volonté majoritaire de maintenir une autonomie stratégique.

Retrouvez l’analyse et les résultats complets dans l’article du Grand Continent : https://legrandcontinent.eu/fr/2026/01/23/eurobazooka-geopolitique-trump-groenland/

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Sondage exclusif pour Marianne : Panorama des personnalités politiques et focus sur le Rassemblement national en vue de l’élection présidentielle

Ce nouveau panorama confirme d’abord la domination très nette du duo Bardella–Le Pen, tant en termes d’appréciation que de potentiel électoral. Jordan Bardella arrive en tête de l’appréciation positive (30 % d’opinions favorables), devant Marine Le Pen (28 %). Ils subissent toutefois une baisse puisqu’ils obtenaient respectivement en décembre 36 % et 33 % d’appréciations positives.

Cette domination se retrouve dans le potentiel de vote présidentiel : Marine Le Pen et Jordan Bardella affichent tous deux 32 % de potentiel élevé ou certain, un score très proche de celui obtenu dans notre sondage de décembre (33 %), très loin devant l’ensemble des autres personnalités testées. Comme le mois dernier, aucun autre responsable politique ne dépasse les 14 %, ce qui souligne l’absence de figure alternative crédible à ce stade. Les personnalités issues du centre et de la gauche apparaissent durablement pénalisées par un rejet massif.

Le duel interne au RN reste largement indécis dans l’opinion générale. Lorsqu’on demande qui serait le meilleur candidat pour porter les couleurs du RN à la présidentielle, Marine Le Pen (25 %) et Jordan Bardella (23 %) sont au coude-à-coude, mais surtout, une majorité relative des Français (52 %) n’a pas d’opinion. Ce chiffre élevé traduit le fait que la question de l’incarnation du RN n’est pas encore pleinement tranchée dans l’opinion.

Sur les grands thèmes politiques, aucun des deux ne parvient à s’imposer nettement. Les Français jugent Jordan Bardella légèrement plus proche de leurs convictions sur l’économie, tandis que les deux figures du RN apparaissent à quasi-égalité sur l’immigration, l’Union européenne et les sujets sociaux. Là encore, le niveau très élevé de « pas d’opinion » (entre 49 % et 63 % selon les thèmes) montre que, pour une large partie de la population, les différences programmatiques entre les deux figures restent floues ou secondaires.

Malgré le fossé entre Jordan Bardella et Marine Le Pen d’une part et les autres personnalités politiques d’autre part, quelques figures tirent leur épingle du jeu et se disputent le statut de « premier concurrent ». Bruno Retailleau, avec 21 % d’appréciations favorables et 13 % de potentiel électoral élevé ou certain, fait partie de ceux-là. A gauche, Jean-Luc Mélenchon obtient le troisième meilleur score de potentiel électoral du classement (14%), mais pâtit d’un degré d’appréciation assez faible par rapport à ses adversaires (14 % d’opinions positives).

Au centre, plusieurs personnalités obtiennent des résultats proches. Edouard Philippe obtient un meilleur potentiel électoral (11 % de potentiel élevé ou certain) que Gérald Darmanin (10 %) et Gabriel Attal (9 %), mais l’actuel ministre de la Justice affiche un meilleur taux d’appréciation (14 %) que le maire du Havre (11 %).

Plus largement, ce panorama souligne la fragmentation du paysage politique, incapable pour l’instant de faire émerger une figure susceptible de concurrencer sérieusement le RN.

Baromètres personnalités

Baromètre des personnalités Le Point / Cluster17 – Janvier 2026 : Jordan Bardella et Marine Le Pen confirment, Edouard Philippe dévisse

A l’occasion de notre premier baromètre de l’année 2026, le duo Bardella-Le Pen reste solidement installé en tête de notre baromètre. Jordan Bardella conserve la première place malgré un léger tassement (38%, -1), porté par un socle de soutien très élevé (25%), de très loin le plus fort du classement. Marine Le Pen le suit à égalité de popularité (38%, stable), avec un haut niveau de soutien également (22%). La hiérarchie au sommet ne bouge pas : le RN domine toujours l’espace politique en popularité, et surtout en soutien. Symboles de l’essor du parti ces douze derniers mois, le président du Rassemblement national a gagné 9 points d’opinions favorables, tandis que Marine Le Pen s’est toujours maintenue au-delà des 30% et n’a pas perdu de points depuis avril 2025.

La période apparait bien plus difficile pour l’ancien Premier ministre Edouard Philippe. Avec une décevante 18e position, il perd trois places depuis notre dernier baromètre et descend à 20% seulement d’opinions favorables. Cette baisse s’inscrit dans une tendance plus générale qui voit l’image du maire du Havre s’écorner depuis plusieurs mois. Alors qu’il était régulièrement présent sur le podium, atteignant même une popularité de 34% en mars 2025, l’ex-Premier ministre a vu son score passer sous la barre des 30% en juin et continuer de baisser depuis lors.

A gauche, Raphaël Glucksmann (7e) et François Ruffin (9e) se partagent, comme souvent, les deux meilleures places, avec une popularité de 25% chacun, l’eurodéputé Place Publique bénéficiant d’un meilleur soutien (9%) que le député de la Somme (6%). Depuis un an, les deux hommes sont les personnalités de gauche bénéficiant de la meilleure image dans l’opinion, parfois concurrencés par Bernard Cazeneuve.

Si l’on s’intéresse cependant uniquement au taux de soutien, c’est Jean-Luc Mélenchon qui l’emporte à gauche, affichant depuis un an un score à deux chiffres tandis que Raphaël Glucksmann peine à se maintenir autour de 10% et que François Ruffin ne parvient pas à dépasser les 9%. Depuis octobre 2025, le leader de la France insoumise obtient même le troisième meilleur score de soutien (entre 11 et 13%) du baromètre.  

Malgré une légère augmentation de la note donnée à son action (de 2 à 2,1 sur 10), l’image d’Emmanuel Macron ne semble pas réellement s’améliorer en ce début d’année. Le Président de la République stagne à un niveau faible (15%, 29e position) et conserve un rejet très élevé (68%). La situation est nettement meilleure pour le Premier ministre : Sébastien Lecornu voit sa note augmenter de 2,9 à 3,1 sur 10, et gagne deux places au classement général, progressant d’1 point dans l’opinion pour atteindre 25% d’opinions positives.  

En troisième position du classement général, Marion Maréchal conserve la troisième place (28%, stable), mais c’est surtout la bataille des poursuivants qui structure ce mois-ci le haut du classement : Gérald Darmanin réalise une progression notable (28%, +2) et s’installe au pied du podium, confirmant un profil assez transversal. Il est apprécié tant dans l’électorat Renaissance (62%) que Les Républicains (58%), et bénéficie même d’une image relativement bonne chez les électeurs Reconquête (33%) et RN (38%). Le ministre de la Justice affiche toutefois un score de soutien plutôt faible (6%) qui le distingue des trois personnalités de tête.

Juste derrière, Bruno Retailleau et Dominique de Villepin sont à égalité à 27%. L’ancien premier ministre de Jacques Chirac affiche un profil singulier : un des scores de rejets les plus bas du tableau (40%) et une part importante de « sans avis » (33%), signe d’un certain potentiel dans l’opinion mais aussi d’un manque d’adhésion politique nette (5% de soutien seulement).

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Sondage exclusif pour Marianne : Panorama des personnalités politiques et focus sur Raphaël Glucksmann en vue de l’élection présidentielle

A 16 mois de l’élection présidentielle de 2027, Cluster17 a testé pour Marianne l’image et le potentiel de vote de quinze personnalités, candidats déclarés ou potentiels à la succession d’Emmanuel Macron.  

Comme le montrent les diverses enquêtes d’intentions de vote ainsi que nos baromètres mensuels des personnalités politiques, Jordan Bardella et Marine Le Pen se placent assez nettement au-dessus de leurs concurrents, à commencer par leur image. Ils sont respectivement appréciés par 36% et 33% des sondés, quand Bruno Retailleau, 3e, n’obtient que 22% d’opinions positives. Les deux figures du Rassemblement national sont au coude-à-coude en ce qui concerne le potentiel de vote, avec 33% chacun de potentiel élevé ou certain.

Derrière, Jean-Luc Mélenchon parvient à tirer son épingle du jeu avec un potentiel de vote élevé ou certain atteignant 14%, soit le troisième meilleur score. Malgré un taux de 72% de répondants qui déclarent ne pas l’apprécier (score le plus élevé des quinze personnalités testées), il est la cinquième personnalité du classement obtenant le plus d’appréciations positives (15%) à égalité avec Dominique de Villepin.  

Au centre, la bataille est indécise. Edouard Philippe est celui qui obtient le potentiel de vote le plus haut, avec 11% de répondants qui indiquent un potentiel de vote élevé ou certain. Il est suivi par Gabriel Attal (9% de potentiel élevé ou certain) et Gérald Darmanin (8%). Mais le ministre de la Justice obtient un meilleur score de potentiel moyen (22%) qu’Edouard Philippe (18%) et Gabriel Attal (16%). De plus, c’est l’ancien maire de Tourcoing qui est le plus apprécié des trois ; 14% des sondés l’apprécient beaucoup, contre 11% pour Edouard Philippe et 10% pour Gabriel Attal.

Le sondage propose également un focus sur Raphaël Glucksmann. Tant en termes d’image que de potentiel de vote, l’eurodéputé semble s’intercaler entre Jean-Luc Mélenchon d’une part et ses autres concurrents de gauche d’autre part. Il est ainsi fortement apprécié par 12% des sondés, contre 10% pour Marine Tondelier et François Ruffin et 6% pour Olivier Faure, mais reste derrière le leader de la France insoumise. En termes de potentiel de vote, Raphaël Glucksmann obtient un score de 9% de potentiel élevé ou certain, soit cinq points de moins que Jean-Luc Mélenchon mais un de plus que François Ruffin, deux de plus que Marine Tondelier et quatre de plus qu’Olivier Faure. Au niveau des clusters, le leader de Place publique obtient ses meilleurs scores chez les Sociaux-Démocrates (45% de potentiel élevé ou certain), les Modérés (30%) et les Sociaux-Républicains (27%).

Globalement, il ressort de ce sondage que Raphaël Glucksmann n’a pas encore l’image d’un candidat « présidentiable ». 27% des sondés estiment qu’il défend des idées proches des leurs sur les questions internationales, mais seuls 16% le jugent proche des préoccupations des Français et à peine 12% lui reconnaissent la stature d’un Président de la République. Autrement dit, il souffre d’un déficit de projection et d’incarnation nationale : même quand il est jugé plutôt cohérent sur l’international, cela ne se traduit pas en crédibilité présidentielle ni en proximité avec les enjeux du quotidien.

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