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Baromètre des personnalités Le Point / Cluster17 – Juillet 2026 : Marine Le Pen reprend la première place à Jordan Bardella

Alors qu’elle vient d’être condamnée par la Cour d’appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens, Marine Le Pen semble bénéficier d’un regain dans l’opinion ; elle reprend la première place de notre baromètre à Jordan Bardella pour la première fois depuis juillet 2025. Habituée à la deuxième place ces derniers mois, Marine Le Pen obtient ce mois-ci 39% de popularité (+2), dont 24% de soutien. C’est légèrement supérieur aux scores affichés par le président du RN, qui obtient 37% d’opinions favorables (-1) dont 23% de soutien

Ce changement en tête du classement ne bouleverse toutefois pas la structure générale du baromètre. Les deux principales figures du Rassemblement national continuent de dominer très nettement, avec un niveau de soutien très supérieur à celui des autres personnalités testées. Elles conservent également une position hégémonique dans leur propre électorat : Marine Le Pen recueille 95% d’opinions positives chez ses électeurs de 2022, contre 94% pour Jordan Bardella.

Le reste du haut du classement confirme le poids des personnalités issues de la droite radicale et de l’extrême droite. Marion Maréchal complète le podium avec 27% d’opinions positives (+1). Sarah Knafo arrive cinquième (25%, =), Jean-Philippe Tanguy septième (24%, =) et Éric Ciotti huitième (24%, -2). Seules deux personnalités n’appartenant pas à cet espace politique parviennent à se glisser dans le top 8.

C’est d’abord le cas du Premier ministre, qui se place au pied du podium. Sébastien Lecornu gagne deux points depuis le mois de juin et atteint les 26% de popularité, dont 8% de soutien. Il est par ailleurs la deuxième personnalité la plus populaire chez les électeurs d’Emmanuel Macron en 2022, avec 66% d’opinions favorables dont 28% de soutien. La note donnée à son action est stable à 3,1/10.

Arrive ensuite, en sixième position, la première personnalité de gauche du classement. Jean-Luc Mélenchon, stable à 24% de popularité, gagne une place par rapport au mois dernier. Il bénéficie toujours d’un score de soutien important (15%), soit le troisième meilleur du classement derrière Marine Le Pen et Jordan Bardella. Son niveau de rejet demeure toutefois élevé (61%), ce qui confirme son profil de personnalité fortement soutenue dans son camp, mais clivante dans l’ensemble de l’opinion.

On retrouve après la huitième place d’autres candidats officiels ou pressentis à l’élection présidentielle de 2027. Edouard Philippe (9e), Bruno Retailleau (10e) et Dominique de Villepin (11e) sont ex-aequo avec 24% d’opinions positives. Le maire du Havre jouit néanmoins d’un score de soutien (8%) légèrement supérieur à celui du Président des Républicains (7%), tandis que l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac ne dépasse pas les 3%.

Lui aussi candidat, François Ruffin arrive douzième avec 23% de popularité (dont 5% de soutien), ce qui le place deuxième à gauche. Dans cet espace, il devance Bernard Cazeneuve (15e, 22%), Raphaël Glucksmann (17e, 21%) et Manuel Bompard (18e, 20%).

Le Président de la République connait une légère amélioration depuis le mois de juin. Il gagne 2 points de popularité pour atteindre les 18%, dont 8% de soutien. La note donnée à son action augmente elle aussi pour atteindre 2,5 sur 10 (+0,2). Il reste toutefois la troisième personnalité la plus rejetée du baromètre, avec 67%.

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Les espaces politiques français en 2026 : Cartographie électorale, priorités politiques et perceptions des enjeux

Cette étude, réalisée auprès de 5 087 Français représentatifs de la population âgée de 18 ans et plus, propose une cartographie originale des espaces politiques français à partir des potentiels de vote. Au-delà des seuls rapports de force électoraux, elle permet d’identifier les espaces de concurrence entre les principales offres partisanes, de mesurer le degré de structuration politique des électeurs et d’analyser leurs priorités ainsi que leurs perceptions des grands enjeux contemporains. L’étude met en évidence cinq principaux enseignements.

Une société politiquement beaucoup plus structurée qu’il n’y paraît

Le premier résultat de cette enquête est le décalage entre le niveau élevé de défiance à l’égard de l’offre politique et la solidité des appartenances partisanes. Près des deux tiers des Français (65 %) déclarent ne pas se sentir bien représentés par l’offre politique actuelle. Pourtant, cette insatisfaction ne signifie nullement une disparition des repères politiques. Au contraire, 92 % des répondants estiment que les partis politiques ne se valent pas tous, 86 % déclarent se sentir proches d’au moins une famille politique et 84 % adhèrent à l’idée qu’ils pourraient changer de vote, mais uniquement à l’intérieur d’un nombre limité d’options politiques, certains camps étant d’emblée exclus de leurs choix possibles.

Ces résultats montrent que la défiance s’exerce davantage à l’égard de l’offre politique existante que des grands repères idéologiques. Les appartenances politiques demeurent fortement structurées et les électeurs continuent de distinguer clairement les différents espaces de concurrence.Pour rendre compte de cette structuration, l’étude construit une typologie électorale à partir des potentiels de vote exprimés pour les principales offres politiques. Chaque répondant évalue sur une échelle de 0 à 10 la probabilité qu’il puisse voter un jour pour chacune des principales formations. Un score supérieur ou égal à 6 est considéré comme révélant un potentiel de vote réel. Les formations Renaissance, MoDem et Horizons, dont les potentiels de vote sont très fortement corrélés, sont regroupées dans un même espace centriste.

Les répondants sont ensuite classés selon le nombre d’espaces politiques pour lesquels ils présentent un potentiel de vote élevé. Les électeurs ouverts à un seul espace constituent les segments « exclusifs ». Ceux qui présentent un potentiel pour deux espaces sont classés parmi les « hésitants » et correspondent aux principales zones de concurrence électorale. Les répondants ouverts à trois espaces ou davantage forment les segments « multi-hésitants ». Enfin, les individus n’exprimant de potentiel élevé pour aucun espace politique sont répartis entre segments « hors système » et « non structurés », selon leur rapport au système politique puis leur identification partisane.

Cette procédure conduit à une typologie exhaustive de 22 segments électoraux, chacun correspondant à une position spécifique dans l’espace politique. La cartographie obtenue met immédiatement en évidence deux résultats majeurs.

Le premier est que les espaces politiques apparaissent plus solides que les partis qui les composent. Le plus important des noyaux électoraux est celui des « RN exclusifs », qui représente à lui seul 17 % de la population. Viennent ensuite les « RN hésitants droite » (10 %), la « Gauche radicale exclusive (LFI) » (9 %) et le segment « Gauche modérée cœur (PS ↔ Écologistes) » (8 %). À l’exception du Rassemblement national, les différentes formations disposent de noyaux exclusifs relativement réduits et s’appuient largement sur des électeurs hésitants entre plusieurs offres proches.

Le second résultat est que les espaces de concurrence sont très largement localisés. Les hésitations observées concernent principalement des formations appartenant à un même ensemble politique : entre le Parti socialiste et les Écologistes, entre le Parti socialiste et le centre, entre le centre et Les Républicains ou encore entre Les Républicains et le Rassemblement national. À l’inverse, les hésitations directes entre la gauche radicale et le centre, entre la gauche et le Rassemblement national ou entre le centre et le Rassemblement national apparaissent très limitées.

Cette cartographie permet ainsi de dépasser la photographie fournie par les seules intentions de vote. Elle montre que les principales recompositions électorales se jouent moins entre les grands blocs qu’à l’intérieur de chacun d’entre eux, dans des espaces de concurrence relativement bien délimités. Elle permet ainsi de raisonner non plus seulement en termes d’électorats socles, mais en termes d’espaces de coalition possibles, en révélant les proximités et les lignes de fracture qui structurent les recompositions politiques selon les enjeux.

Les enjeux les plus consensuels ne sont pas ceux qui structurent le plus les choix électoraux

L’analyse des priorités politiques fait apparaître un deuxième enseignement important. Les sujets recueillant les niveaux d’adhésion les plus élevés sont la protection de la santé, jugée déterminante ou très importante par 78 % des Français, et la protection des enfants (70 %). Viennent ensuite le sentiment d’être respecté (58 %) et la sécurité (57 %), devant le changement climatique (46 %), l’immigration (44 %), la situation personnelle et financière (41 %) et l’accès au logement (40 %).

Cette hiérarchie générale ne doit cependant pas masquer une distinction essentielle. Les enjeux qui rassemblent le plus largement les Français ne sont pas ceux qui différencient le plus les espaces politiques. La santé ou la protection des enfants apparaissent prioritaires dans l’ensemble des familles politiques. Elles constituent des attentes largement consensuelles, auxquelles aucune offre politique ne peut se soustraire, mais elles contribuent relativement peu à distinguer les électorats.

À l’inverse, les sujets qui structurent aujourd’hui le plus fortement les choix électoraux sont ceux qui combinent une importance élevée et une forte capacité de différenciation. La sécurité, l’immigration et le changement climatique répondent précisément à cette double caractéristique. Le changement climatique est considéré comme déterminant ou très important par près de neuf électeurs sur dix dans plusieurs segments des gauches, contre seulement 12 % parmi les « RN exclusifs ». À l’inverse, l’immigration est jugée déterminante ou très importante par plus de neuf électeurs sur dix dans les segments du Rassemblement national alors qu’elle demeure marginale dans les segments de gauche radicale.

Ces résultats montrent que les principaux clivages contemporains s’organisent moins autour des sujets faisant consensus que des enjeux qui différencient profondément les différents espaces politiques.

Les enjeux ne dessinent pas tous les mêmes espaces de concurrence

L’un des principaux enseignements de cette enquête est que les différents enjeux ne produisent pas les mêmes configurations politiques. Les lignes de fracture varient selon les sujets abordés et les coalitions potentielles ne sont pas identiques d’un enjeu à l’autre. Les questions relatives à la sécurité et à l’immigration rapprochent fortement les différentes composantes de l’espace conservateur. Les électeurs des Républicains, les électeurs hésitant entre Les Républicains et le Rassemblement national ainsi que les électeurs durablement ancrés au RN présentent des niveaux de priorité très proches sur ces deux enjeux. Ces thèmes constituent ainsi les principaux facteurs de cohésion de cet espace politique.

Le changement climatique dessine une configuration inverse. Il apparaît comme une priorité largement partagée dans les différentes composantes de la gauche, qu’il s’agisse de la gauche radicale, des écologistes ou des sociaux-démocrates. L’espace modéré occupe une position intermédiaire, tandis que les segments de droite et du Rassemblement national lui accordent une importance nettement plus faible.

L’étude montre également que les sujets économiques ne reproduisent pas exactement ces mêmes lignes de fracture. Les différentes formes « d’injustice » ne dessinent pas les mêmes coalitions. La fraude aux aides sociales suscite une forte réprobation dans la quasi-totalité des segments situés du centre jusqu’au Rassemblement national. La gauche apparaît davantage partagée sur cette question, notamment dans ses composantes les plus radicales. À l’inverse, l’optimisation fiscale des grandes entreprises et des ménages les plus aisés oppose principalement les différents segments de gauche au reste de l’espace politique. Le centre apparaît ici sensiblement plus proche des segments de droite que des segments de gauche.

Ces résultats montrent qu’il n’existe pas une seule géographie des clivages politiques. Les rapprochements entre espaces électoraux varient selon les enjeux considérés.

Néanmoins, si les sensibilités diffèrent selon les orientations politiques, une forte convergence apparaît. Plus de 64 % des Français qui considèrent que les très riches profitent très injustement du système fiscal estiment également que la fraude aux aides sociales est très injuste. Symétriquement, plus de 63 % de ceux qui jugent très injuste la fraude aux aides sociales considèrent aussi très injuste l’optimisation fiscale des plus riches. Autrement dit, loin de s’exclure, ces deux préoccupations tendent à se renforcer mutuellement dans une partie de l’opinion.

L’analyse des questions internationales – qui constituent l’un des principaux sujets de préoccupation des citoyens –  confirme cette observation. La perception de Donald Trump dessine une configuration spécifique, rapprochant les différentes composantes de la gauche et de l’espace modéré autour d’un anti-trumpisme fédérateur. À l’inverse, le cœur de l’électorat RN ne se caractérise pas par une adhésion tout à fait homogène à Donald Trump : 62 % estiment qu’il ne constitue pas une menace pour la France, dessinant ainsi un segment que l’on peut qualifier de « trumpiste ».  

L’ensemble de ces résultats souligne que les coalitions potentielles dépendent étroitement des sujets mis au cœur du débat public. Les différents enjeux ne mobilisent pas les mêmes électeurs et ne produisent pas les mêmes rapports de force.

Les enfants et le numérique : un domaine marqué par de larges consensus

La seconde partie de l’étude porte sur les préoccupations des parents concernant les enfants, les réseaux sociaux et les usages numériques. Les résultats mettent en évidence une inquiétude réelle, mais sans sentiment généralisé de perte de contrôle.

Les parents attribuent une note moyenne de 5,6 sur 10 à leur inquiétude concernant l’usage des réseaux sociaux par leurs enfants, contre 4,3 sur 10 à leur sentiment d’être eux-mêmes dépassés par ces usages. Ils déclarent en revanche se sentir relativement peu soutenus dans leur rôle éducatif, avec une note moyenne de 3,9 sur 10. Les principales inquiétudes concernent le harcèlement en ligne (24 %), l’addiction aux écrans (18 %) et l’exposition à des contenus extrémistes ou complotistes (16 %). Les contenus pornographiques, les escroqueries ou les risques liés à la santé mentale sont également cités, mais à des niveaux plus faibles. Interrogés sur les responsabilités, les répondants désignent d’abord les parents eux-mêmes comme principaux acteurs de la protection des enfants. Les plateformes numériques arrivent en deuxième position, devant les pouvoirs publics et l’école.

Les différentes mesures proposées recueillent par ailleurs des niveaux d’approbation très élevés. Les dispositifs d’accompagnement des parents sont approuvés par 87 % des répondants. Le renforcement des obligations de modération imposées aux plateformes recueille 82 % d’avis favorables. L’interdiction des réseaux sociaux avant quinze ans est soutenue par 81 % des personnes interrogées, tandis que les restrictions concernant l’usage du téléphone portable à l’école ou au lycée bénéficient également d’une majorité très nette.

Ces résultats mettent en évidence un domaine où les clivages politiques apparaissent beaucoup moins marqués que sur les questions de sécurité, d’immigration ou de climat. Les différences existent, mais elles demeurent limitées au regard des fortes convergences observées sur l’ensemble de ces mesures.

Le logement demeure une préoccupation importante, mais socialement différenciée

L’accès au logement constitue un autre enseignement important de l’étude. Au total, 7 % des Français déclarent rencontrer actuellement des difficultés pour se loger et 24 % indiquent en avoir connu par le passé. Les écarts générationnels apparaissent particulièrement marqués : les difficultés concernent beaucoup plus fréquemment les jeunes adultes que les générations les plus âgées. L’inquiétude moyenne concernant le logement atteint 5,4 sur 10 dans l’ensemble de la population et 61 % des répondants considèrent que l’accès au logement constitue un problème important dans leur territoire.

Cette préoccupation est particulièrement présente parmi les segments de gauche, notamment ceux composés d’électeurs plus jeunes et plus fréquemment locataires. À l’inverse, elle apparaît moins centrale dans les segments de droite et du Rassemblement national, dont les profils résidentiels diffèrent davantage. Ces résultats illustrent le caractère fortement socialisé de cet enjeu. Contrairement à la santé ou à la protection des enfants, le logement ne constitue pas une préoccupation homogène dans l’ensemble de la population. Son importance varie sensiblement selon les trajectoires résidentielles, les générations et les espaces politiques.

Conclusion

Cette étude met en évidence une société politiquement plus structurée que ne pourrait le laisser penser le niveau élevé de défiance envers l’offre politique. Les Français continuent de distinguer clairement les grandes familles politiques et les espaces de concurrence apparaissent largement circonscrits entre formations voisines.

L’analyse des priorités montre également que les enjeux les plus consensuels ne sont pas nécessairement ceux qui structurent le plus fortement les comportements électoraux. La protection de la santé ou celle des enfants constituent des attentes largement partagées, tandis que la sécurité, l’immigration et le changement climatique demeurent les principaux facteurs de différenciation entre les espaces politiques.

Enfin, les différents thèmes abordés par l’enquête (numérique, monoparentalité, épandages de pesticides, retrait-gonflement des argiles et fissures du bâti, perception vis-à-vis de Donald Trump, etc.) montrent que les lignes de fracture varient selon les sujets considérés. Les coalitions d’opinion ne sont pas identiques d’un enjeu à l’autre et les rapprochements entre segments électoraux dépendent étroitement des questions mises au cœur du débat public.

En proposant une cartographie fondée sur les potentiels de vote plutôt que sur les seules intentions de vote, cette étude offre ainsi une lecture complémentaire des rapports de force électoraux. Elle permet d’identifier non seulement les noyaux électoraux les plus stabilisés, mais aussi les principaux espaces de concurrence et les zones de circulation potentielles entre les différentes offres politiques. À ce titre, elle constitue un outil d’analyse des recompositions de l’espace politique français au-delà de la seule photographie des intentions de vote à un instant donné

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Baromètre des personnalités Le Point / Cluster17 – Juin 2026 : Jean-Luc Mélenchon se replace

Après de longs mois dans le ventre mou du classement, Jean-Luc Mélenchon signe la meilleure progression du mois (+3). A deux points du podium, il vire en tête à gauche (24%), devant François Ruffin et Raphaël Glucksmann. S’il bénéficie du troisième meilleur score de soutien du classement (16%), il n’atteint toutefois que la septième position du baromètre, à 13 points de la deuxième place. Il souffre également d’un taux de rejet notable (61%), ce qui en fait la personnalité la plus rejetée parmi les dix-huit premières.

Comme depuis plusieurs mois et malgré une légère baisse (-1), le classement est dominé par le duo Jordan Bardella et Marine Le Pen, respectivement à 38% et 37% de popularité. Si leurs scores généraux sont assez proches, le président du Rassemblement national semble distancer la triple candidate à l’élection présidentielle au niveau du soutien (26% contre 21%), et ce y compris au sein même de l’électorat Le Pen de 2022 (87% contre 80%). Celui qui n’était à l’origine que la « doublure » de Marine Le Pen semble donc bénéficier à l’heure actuelle d’un meilleur soutien que cette dernière dans l’opinion.

Le reste du haut du classement confirme le poids des personnalités issues de la droite nationale ou de ses espaces alliés. Stable à 26% d’opinions favorables depuis son élection à la mairie de Nice en mars dernier, Eric Ciotti s’arroge la troisième place du podium ce mois-ci. Il est suivi de près par Marion Maréchal (26%, -2) et Sarah Knafo (25%, -2).

Dominique de Villepin, malgré un recul de 3 points, reste dans le haut du baromètre à 25%. Son profil demeure cependant très atypique : son niveau d’opinions favorables repose presque entièrement sur l’appréciation (23%) et très peu sur le soutien (2%), avec une part élevée de personnes sans avis ou ne le connaissant pas (35%). Il apparaît donc davantage comme une figure appréciée ou respectée que comme une personnalité déjà dotée d’un socle politique mobilisé.

Trois figures de la course présidentielle à venir se retrouvent ex-aequo à 24% d’opinions positives, en 9e, 10e et 11e positions. Il s’agit, dans l’ordre, d’Edouard Philippe (+1), de Bruno Retailleau (-2) et de Gabriel Attal (=). Parmi les trois, le maire du Havre est celui qui possède le meilleur score de soutien (10%). Il est également la deuxième personnalité préférée des électeurs d’Emmanuel Macron en 2022 (61%), juste derrière Sébastien Lecornu.

Le Premier ministre arrive douzième, obtenant lui aussi 24% de popularité (=). La note donnée à son action augmente légèrement (+0,1), pour atteindre 3,1 sur 10, soit une note proche de celle obtenue lors de son entrée dans le baromètre en octobre 2025, après son arrivée à Matignon (3,2). Comme tous les mois depuis, il devance Emmanuel Macron tant au niveau de la note qu’en termes de popularité. Le Président de la République obtient 16% d’opinions favorables (-1) et une note de 2,3 (+0,1).

En 13e et 14e position suivent deux personnalités de gauche candidates, plus ou moins officiellement, à l’élection présidentielle de 2027. François Ruffin obtient 23% d’opinions positives (-1) contre 22% pour Raphaël Glucksmann (+1). Le député de la Somme chute parmi l’électorat de Jean-Luc Mélenchon en 2022 (30%, -15), tandis que l’eurodéputé Place publique devient, grâce à une belle hausse de 9 points, la cinquième personnalité préférée parmi l’électorat d’Emmanuel Macron (51%).

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Baromètre des personnalités Le Point / Cluster17 – Avril 2026 : Les droites dominent le classement, Sarah Knafo fait son entrée dans le top 5

Pour son entrée dans le baromètre Le Point/Cluster17 en avril, Sarah Knafo vient directement se placer en cinquième position, avec 27% de popularité et le troisième meilleur score de soutien du classement (14%). Preuve de sa notoriété et de son caractère clivant, seuls 21% des sondés déclarent ne pas la connaitre ou ne pas avoir d’avis sur elle. La récente candidate aux élections municipales à Paris obtient notamment 54% d’opinions positives au sein de l’électorat de Marine Le Pen en 2022.

Depuis juillet 2025, l’ordre varie parfois mais le duo de tête du baromètre est fixe. Jordan Bardella et Marine Le Pen continuent de surplomber leurs concurrents avec une popularité respective de 39% et 38%, soit précisément leurs scores du mois dernier. Les deux têtes du RN bénéficient aussi, comme à l’accoutumée, des deux meilleurs scores de soutien : 26% pour le Président du parti, 23% pour la multiple candidate à l’élection présidentielle. Ils sont suivis (d’assez loin) au classement par Marion Maréchal (28%), qui fait son retour sur le podium après l’avoir quitté temporairement en mars.

On retrouve ensuite un candidat potentiel à l’élection présidentielle : Dominique de Villepin (-1) prend la quatrième place, ex-aequo avec Marion Maréchal au global (28%) mais jouissant d’un faible score de soutien, dans la lignée de ces derniers mois (5% contre 12% pour la nièce de Marine Le Pen). Un autre candidat à la magistrature suprême, officiel celui-ci depuis le vote des adhérents de son parti il y a quelques jours, se situe trois places en-dessous. Bruno Retailleau (+2), septième, affiche une popularité de 26%, dont 9% de soutien.

Un constat net s’impose ce mois-ci : la première personnalité de gauche n’arrive qu’en dixième position. Il s’agit de François Ruffin et de ses 24% d’opinions favorables (-1), dont un taux de soutien de seulement 7%. Le député de la Somme, généralement en concurrence avec Raphaël Glucksmann et Fabien Roussel pour être le premier à gauche dans le baromètre, semble assez seul en avril. En effet, le député européen Place publique descend à la 16e place avec 21% d’opinions positives (-2), tandis que le secrétaire national du Parti communiste chute en 19e position (21%, -2). Même score de popularité de 21% pour Jean-Luc Mélenchon (+1), qui se place toutefois 14e grâce au quatrième meilleur score de soutien du classement (13%).

Du côté de l’exécutif, Emmanuel Macron est stable à 17% d’opinions favorables, bien que la note donnée à son action baisse de 0,2 point depuis le mois dernier (2,2/10). Il est toujours très rejeté ; son score de rejet de 70% est le deuxième plus élevé du classement, derrière celui de son ancien Premier ministre François Bayrou (71%), lanterne rouge du classement avec 9% de popularité. L’actuel chef du gouvernement, Sébastien Lecornu est en léger recul (-2) et affiche 24% d’opinions positives. Cette baisse se retrouve dans la note que les Français donnent à son action : 3/10 (-0,1).

En ce qui concerne le bloc central, trois de ses quatre principales figures se suivent aux 11e, 12e et 13e places : Gabriel Attal (24%, +1), Sébastien Lecornu, déjà cité, et Edouard Philippe (23%, -4). Gérald Darmanin se détache légèrement en prenant la 8e place, avec 25% de popularité (=). Dans l’électorat d’Emmanuel Macron en 2022, le même trio compose cette fois-ci le podium. Edouard Philippe et Gabriel Attal obtiennent tous deux 64% d’opinions favorables, mais le maire du Havre possède un meilleur soutien (33% contre 25%). Ils sont suivis de près par Sébastien Lecornu (63%). Gérald Darmanin est moins consensuel dans cet électorat puisqu’il arrive seulement 5e (51%). 

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Baromètre des personnalités Le Point / Cluster17 – Mars 2026 : Le RN creuse l’écart, Philippe repart à la hausse

Le baromètre de mars confirme un double mouvement : une consolidation du RN à un niveau très élevé et des ajustements dans le reste du classement, marqués par plusieurs baisses en tête et la remontée marquée d’Edouard Philippe.

Jordan Bardella (39%, +2) et Marine Le Pen (38%, +1) occupent de nouveau les deux premières places et creusent l’écart avec leurs poursuivants. Ils restent les seuls à évoluer à des niveaux proches de 40% et s’appuient sur des socles de soutien très élevés (23% et 21%), très au-dessus du reste des personnalités testées. Cette position dominante repose aussi sur une cohésion électorale exceptionnelle : Marine Le Pen atteint 98% d’opinions favorables auprès de ses électeurs de 2022, Jordan Bardella 97%.

Derrière ce duo, Dominique de Villepin accède à la troisième place avec 29% d’opinions favorables (+3). S’il est en progression, ce positionnement tient aussi au recul de plusieurs figures du haut du classement. Il enregistre l’un des niveaux de rejet les plus modérés du classement (41%) et conserve une part importante de « sans avis » (30%), ce qui traduit une image relativement peu clivante et encore extensible.

Édouard Philippe signe pour sa part la progression la plus marquée du mois (+7, 27%) et remonte à la quatrième place. Cette remontée est particulièrement nette dans l’électorat macroniste, où il atteint 62% d’opinions favorables (+3), au même niveau que Gabriel Attal et juste derrière Sébastien Lecornu. Après plusieurs mois de recul, cette progression marque un retournement de tendance, qui peut notamment s’inscrire dans la séquence des élections municipales et sa victoire au Havre.

Plus largement, plusieurs évolutions du classement peuvent être lues à l’aune de cette actualité électorale. Éric Ciotti progresse nettement (26%, +4) et se hisse à la 5e place de notre baromètre après sa victoire à la mairie de Nice. A l’inverse, Rachida Dati recule (16%, -3) tout comme François Bayrou (8%, -2), traduisant des effets différenciés selon les situations locales et la dynamique propre à chaque campagne. Réalisé dans la foulée du second tour, le baromètre semble ainsi capter une partie de ces effets conjoncturels liés à la séquence municipale.

À gauche, les niveaux restent sensiblement plus faibles et peu dynamiques. François Ruffin (25%, -2) demeure la personnalité la mieux positionnée, mais sans progression. Raphaël Glucksmann (23%, -2) et Fabien Roussel (23%, -4) s’inscrivent en retrait, tandis que Jean-Luc Mélenchon recule à 20% (-2), pénalisé par un niveau de rejet très élevé (65%). Il conserve toutefois un socle solide dans son propre électorat (74%), très supérieur à celui de ses concurrents à gauche, mais qui ne suffit pas à élargir son audience. Aucun leader ne parvient à émerger durablement au-delà du seuil des 25%, confirmant la fragmentation et la faiblesse relative de cet espace dans l’opinion.

Enfin, l’exécutif demeure à des niveaux faibles. Emmanuel Macron stagne à 17% d’opinions favorables et reste relégué en milieu de classement (20e), avec un rejet toujours très élevé (65%). La note attribuée à son action progresse légèrement, passant de 2,3 à 2,4 sur 10. Le Premier ministre Sébastien Lecornu (26%, -1) conserve pour sa part une évaluation plus favorable, bien qu’en léger recul, avec une note de 3,1 sur 10 (contre 3,3 en février). Au sein de l’électorat Macron à la l’élection présidentielle de 2022, il reste la personnalité la mieux perçue (64% d’opinions favorables, -11), devant Édouard Philippe et Gabriel Attal (62%).

Ce baromètre de mars confirme la domination du RN à un niveau élevé, mais met surtout en évidence une phase de réajustement dans le reste du classement. Dans le sillage des élections municipales, plusieurs figures bénéficient d’une dynamique ponctuelle liée à leur exposition ou à leurs résultats locaux, tandis que d’autres reculent, contribuant à redistribuer partiellement les positions. Ces évolutions restent toutefois limitées et ne remettent pas en cause les équilibres de fond, toujours structurés par un RN dominant, un bloc central en recomposition et une gauche fragmentée.

Brussels,,Belgium, ,08,04,2023:,The,European,Parliament,Headquarters

Sondage dans 6 pays européens pour Politico : Vers une recomposition des perceptions géopolitiques et stratégiques en Europe ?

Cluster17 publie une nouvelle enquête réalisée pour POLITICO et beBartlet auprès de 6 698 citoyens dans 6 pays européens (France, Allemagne, Italie, Espagne, Pologne et Belgique).

Les résultats mettent en évidence une évolution profonde des perceptions géopolitiques des Européens. Si la Russie demeure très largement identifiée comme la principale menace (70 %), les États-Unis apparaissent désormais comme une source d’inquiétude majeure : 36 % des répondants les considèrent comme une menace, contre 29 % pour la Chine. Dans quatre pays sur six (Espagne, Italie, Belgique, Allemagne), les États-Unis sont même perçus comme une menace plus importante que la Chine, marquant un basculement inédit dans l’ordre des représentations stratégiques.

Ce déplacement des perceptions s’accompagne d’un soutien massif au renforcement de la souveraineté européenne en matière de défense. 86 % des répondants estiment que l’Europe doit développer ses propres capacités de défense, et 69 % se déclarent favorables à la création d’une armée européenne commune. De même, le principe de solidarité militaire reste largement partagé : 76 % des Européens soutiennent l’idée d’intervenir pour défendre un allié de l’OTAN, et 81 % pour défendre un État membre de l’Union européenne.

Cependant, cette adhésion de principe se heurte à une réticence nette dès lors que l’engagement devient personnel. Seuls 19 % des répondants se disent prêts à prendre les armes en cas d’attaque de leur pays, tandis que 47 % privilégieraient des formes d’engagement non combattantes. Ce décalage souligne les tensions auxquelles sont confrontés les gouvernements européens dans la montée en puissance des politiques de défense.

Les opinions apparaissent également fragmentées sur les moyens à mobiliser. Sur les dépenses militaires, les Européens se répartissent de manière équilibrée : 37 % jugent les dépenses actuelles suffisantes, 37 % les estiment insuffisantes et 22 % les jugent excessives, avec de fortes disparités nationales. Les divergences sont tout aussi marquées concernant le soutien à l’Ukraine : 34 % considèrent que l’Europe n’en fait pas assez, 31 % jugent le niveau actuel approprié et 30 % estiment qu’elle en fait trop.

Enfin, les résultats mettent en lumière des clivages persistants sur des sujets structurants comme le service militaire obligatoire, soutenu par 78 % des répondants en Allemagne et 76 % en Belgique, mais rejeté par une majorité en Espagne.

Au total, cette enquête dessine une opinion européenne à la fois plus lucide sur les menaces extérieures et plus favorable à une autonomie stratégique, mais profondément traversée par des contradictions dès lors qu’il s’agit d’en assumer les coûts politiques, économiques ou personnels.

Retrouvez une analyse de ces résultats dans l’article de Politico : https://www.politico.eu/article/poll-eu-countries-us-bigger-threat-than-china/

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Baromètre des personnalités Le Point / Cluster17 – Février 2026 : Le duo RN domine, Lecornu s’installe, Macron reste fragilisé

Le duo du Rassemblement national conserve la tête de notre baromètre en février. Jordan Bardella et Marine Le Pen sont de nouveau ex aequo à 37% d’opinions favorables (–1 point chacun). Si la dynamique est légèrement moins ascendante que ces derniers mois, la hiérarchie ne bouge pas : le RN continue de dominer nettement le classement, porté par un socle de soutien très élevé (24% pour Bardella, 22% pour Le Pen). Cette domination repose d’abord sur une très forte cohésion électorale. Parmi les électeurs de Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle 2022, Marine Le Pen recueille 98% d’opinions favorables (dont 81% de soutien) et Jordan Bardella 96% (83% de soutien).

Derrière le duo RN, la hiérarchie évolue. Marion Maréchal complète le podium avec 27% d’opinions favorables (–1), suivie par Bruno Retailleau (27%, stable). Mais l’un des principaux enseignements du mois réside dans l’installation de Sébastien Lecornu dans le haut du classement. Avec 27% d’opinions positives (+2), le Premier ministre progresse à la 5e place et affiche une dynamique favorable. La note donnée à son action progresse également : 3,3 sur 10 contre 3,1en janvier. Ce niveau demeure modeste mais place néanmoins le chef du gouvernement sensiblement au-dessus du Président de la République.

Emmanuel Macron reste en effet durablement affaibli. Il ne recueille que 17% d’opinions favorables (+2), et demeure relégué en 26e position sur 36. Son taux de rejet atteint 70%, l’un des plus élevés du baromètre. La note attribuée à son action s’établit à 2,3 sur 10, en légère hausse par rapport à janvier (2,1), mais toujours extrêmement basse.

Dans l’électorat d’Emmanuel Macron en 2022, Sébastien Lecornu occupe désormais la première place avec 75% d’opinions favorables (+17), dont 36% de soutien. Il devance Emmanuel Macron lui-même (65%, +6), Gabriel Attal (65%) et Édouard Philippe (59%). Le Premier ministre s’impose ainsi comme la figure centrale du bloc macroniste.

Gérald Darmanin recule légèrement (26%, –2) mais conserve un positionnement transversal. Dominique de Villepin (26%, –1) maintient un profil singulier : un niveau de rejet relativement modéré (45%) et une part importante de « sans avis » (29%), traduisant une image moins clivante que la plupart des figures partisanes.

À gauche, la hiérarchie reste stable mais à des niveaux plus modestes. François Ruffin (27%, +2) et Fabien Roussel (27%, +3) atteignent les meilleurs scores de l’espace progressiste ce mois-ci. Raphaël Glucksmann demeure à 25%. Jean-Luc Mélenchon recueille 22% d’opinions favorables au global, mais conserve un socle très puissant dans son électorat de 2022 : 78% d’opinions favorables, dont 52% de soutien. En revanche, il est très massivement rejeté chez les électeurs de Marine Le Pen (94%) et d’Emmanuel Macron (81%).

En février, le paysage demeure donc structuré par une domination persistante du RN en tête, une stabilisation du Premier ministre à un niveau intéressant mais encore fragile et une présidence durablement impopulaire. Le macronisme se réorganise autour de Sébastien Lecornu, devenu l’une des figures les plus solides de son camp. L’absence de réelle dynamique à gauche comme au centre confirme un rapport de forces plutôt figé, dans lequel seules quelques variations marginales viennent animer un classement globalement dominé par les mêmes figures depuis plusieurs mois.

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Sondage Cluster17 pour Le Point : Les Français et la démocratie

Les résultats de notre sondage pour Le Point sur le rapport des Français à la démocratie dessinent d’abord un constat simple : les Français restent très attachés à la démocratie. 91% considèrent que, malgré ses défauts, c’est « le meilleur système politique possible », contre 6% en désaccord et 3% qui ne se prononcent pas. Sur la manière de gouverner, une majorité (52%) préfère préserver le fonctionnement démocratique, même si cela ralentit les décisions ; 20% privilégient au contraire la rapidité et l’efficacité, quitte à limiter ce fonctionnement (27% répondent « cela dépend / aucune des deux »). Enfin, quand on demande comment la France devrait fonctionner, 50% souhaitent davantage de référendums, 21% privilégient le système représentatif actuel, 17% davantage de conventions citoyennes, et 6% un gouvernement beaucoup plus fort (5% “cela dépend”, 1% NSP).

Derrière cette adhésion générale, les écarts sont nets selon le vote aux Européennes 2024. L’idée que la démocratie reste le meilleur système est quasi unanime chez les électeurs de gauche et du centre (96% LFI, 99% PS/Place publique, 100% EELV et Renaissance). Elle recule chez les électeurs du RN (85%) et de Reconquête (88%), qui sont aussi les plus nombreux à exprimer un désaccord (10% RN, 9% Reconquête). Le contraste se renforce lorsqu’on oppose démocratie et efficacité : les électeurs de gauche choisissent massivement la préservation des règles démocratiques (82% LFI, 84% EELV, 78% PS/PP), tandis que les électeurs RN (37%) et Reconquête (45%) sont les plus nombreux à préférer pouvoir décider vite, même si cela réduit certaines garanties démocratiques. Les électeurs LR sont beaucoup plus partagés (38% pour préserver la démocratie, 33% pour l’efficacité, 28% « cela dépend »).

Ces différences se retrouvent dans les modèles de fonctionnement souhaités. Le recours accru aux référendums, majoritaire dans l’ensemble (50%), est plébiscité à l’extrême droite (76% RN, 62% Reconquête) et chez LR (52%). À gauche, la demande de changement se porte davantage vers des dispositifs de délibération citoyenne (47% des électeurs LFI et 42% EELV souhaitent plus de conventions citoyennes). De leur côté, les électeurs Renaissance (58%) et PS/PP (40%) restent les plus attachés au système représentatif actuel. Enfin, l’idée d’un gouvernement « beaucoup plus fort » reste minoritaire (6% au total), mais elle monte à 17% chez Reconquête et 10% chez le RN, contre 0 à 1% à gauche.

Brussels,,Belgium, ,08,04,2023:,The,European,Parliament,Headquarters

Baromètre de l’opinion publique européenne pour Le Grand Continent (vague 5) : Trump et le nouveau clivage géopolitique en Europe

Cluster17 publie la 5e vague de son Baromètre de l’Opinion publique européenne, menée auprès de 7 498 Européens issus de 7 pays de l’Union européenne (Allemagne, France, Italie, Espagne, Pologne, Belgique et Danemark). Après avoir proposé une analyse des points essentiels à retenir du baromètre à l’échelle des pays, les tris croisés par pays en France, en Italie et en Allemagne révèlent comment Donald Trump restructure l’espace politique européen, en unissant contre lui les progressistes et en divisant les droites conservatrices.

En un an d’administration Trump, les représentations géopolitiques des Européens connaissent un basculement net : les États-Unis, longtemps perçus comme un allié structurel, peuvent désormais aussi être envisagés comme une source de menace. 81 % des Européens considèrent qu’une intervention militaire américaine au Groenland constituerait un « acte de guerre contre l’Europe », et 63 % se déclarent favorables à l’envoi de troupes européennes en posture défensive. Plus encore, 21 % jugent désormais qu’une guerre directe avec les États-Unis est probable dans les années à venir, un niveau supérieur à celui observé pour la Chine ou l’Iran, et qui a doublé en quelques semaines.

Cette séquence ouvre la possibilité d’un nouveau clivage politique structurant en Europe, centré sur la relation à l’Amérique de Trump. Dans les trois pays étudiés (France, Italie, Allemagne), le Président américain est majoritairement perçu comme un « ennemi de l’Europe » : en France, 55 % des répondants le qualifient ainsi, contre 7 % seulement qui le voient comme un « ami ». Mais surtout, l’analyse par électorats montre une différence décisive : les espaces progressistes et modérés convergent massivement, tandis que les droites se fragmentent.

Du côté des gauches et du centre, le consensus hostile est extrêmement solide : en France, entre 85 % et 95 % des électeurs de LFI, des écologistes, du PS et de Renaissance qualifient Trump d’ennemi de l’Europe. À l’inverse, les électorats de droite sont désaccordés : l’électorat RN apparaît quasi tripartite, avec environ 25 % qui qualifient Trump d’ennemi, 20 % qui le voient comme un ami, et plus de la moitié qui refuse de trancher. Chez LR, 41 % le qualifient d’ennemi, mais une part presque équivalente hésite encore. Des divisions analogues sont observées en Italie et en Allemagne chez les droites radicales.

La question démocratique approfondit ce clivage : en France, moins de 2 % des électeurs de gauche et du centre estiment que Trump respecte les principes démocratiques. En Italie, quasiment aucun électeur d’AVS, du PD ou du M5S ne le qualifie de démocrate ; en Allemagne, les électeurs de Die Linke, du SPD et des Grünen sont autour de 80 % à estimer qu’il se comporte comme un dictateur.

Le cadrage de la politique extérieure américaine se restructure lui aussi : chez les progressistes et modérés, l’interprétation d’une politique de « recolonisation et prédation des ressources mondiales » devient largement dominante. Elle est retenue en Allemagne par 96 % des électeurs de Die Linke, 89 % des Grünen et 85 % du SPD ; en France, par 94 % des électeurs LFI, 92 % des écologistes, 90 % des socialistes et 83 % des électeurs Renaissance. Cette vision est partagée, en Italie, par 94 % des électeurs M5S, 90 % d’AVS et 86 % du PD.

Les droites radicales restent l’espace où une lecture « légitime » de la politique américaine demeure possible, mais au prix de divisions nettes. En France, 45 % des électeurs RN et 64 % de Reconquête la jugent « légitime » (contre 40 % et 25 % qui parlent de prédation) ; en Allemagne, l’AfD est presque partagée (43 % « légitime », 40 % prédatrice) ; en Italie, 50 % des électeurs Fratelli d’Italia et 55 % de la Lega retiennent la lecture « légitime », tandis qu’environ un tiers y voit une politique prédatrice.

Sur l’arrestation de Nicolás Maduro, plus de 90 % des électeurs de gauche et du centre, en Italie et en Allemagne, jugent l’action américaine illégale et contraire au droit international. En France, cette vision est surtout réservée à la gauche, les électeurs Renaissance n’étant « que » 73 % à la partager. Sur ce sujet aussi, les électorats conservateurs se montrent davantage divisés, entre ceux qui jugent l’action américaine légitime et ceux qui l’estiment illégale. Les électeurs LR sont par exemple 47 % à opter pour la première vision, contre 36 % pour la seconde et 17 % qui déclarent ne pas prendre position.

Enfin, à l’échelle agrégée, le soutien à l’envoi de troupes européennes au Groenland est majoritaire (66 % en Allemagne, 62 % en France, 61 % en Italie), et on remarque un certain consensus sur le sujet parmi les électorats de gauche et du centre, dans les trois pays étudiés. A l’inverse, les droites radicales sont profondément fracturées (FdI : 42 % favorables, 47 % opposés ; RN : 37 % favorables, 51 % opposés), rendant toute position coûteuse pour leurs leaders.

Retrouvez l’analyse et les résultats complets dans l’article du Grand Continent : https://legrandcontinent.eu/fr/2026/01/28/eurobazooka-trump-clivage-geopolitique/

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Baromètre de l’opinion publique européenne pour Le Grand Continent (vague 5) – 7 pays : Le moment Groenland, un tournant dans la perception européenne de Trump et des Etats-Unis

Cluster17 publie la 5e vague de son Baromètre de l’Opinion publique européenne, menée auprès de 7 498 Européens issus de 7 pays de l’Union européenne (Allemagne, France, Italie, Espagne, Pologne, Belgique et Danemark). 

La vague 5 du Baromètre de l’opinion publique européenne met en évidence un « moment Groenland ». Il ressort en effet de cette étude que 21 % des Européens estiment élevé le risque d’une guerre ouverte avec les États-Unis dans les prochaines années, un chiffre qui a doublé en un mois. Cette évolution contraste fortement avec la stabilité observée pour les autres menaces géopolitiques, et signale un changement de statut inédit des États-Unis dans l’opinion européenne.

L’épisode du Groenland joue un rôle central dans ce basculement. La quasi-totalité des Européens interrogés déclarent avoir entendu parler des prises de position de Donald Trump sur ce territoire (99 %), et 84 % jugent ces déclarations graves, dont 63 % très graves. Ce niveau de sévérité est exceptionnel pour un sujet de politique internationale et s’observe de manière remarquablement homogène dans l’ensemble des pays sondés.

Ce seuil est franchi de manière encore plus nette lorsqu’il s’agit de qualifier une éventuelle intervention militaire américaine au Groenland. 81 % des Européens estiment qu’une telle intervention constituerait un acte de guerre contre l’Europe, dont 53 % “tout à fait”. Ce jugement majoritaire montre que les déclarations répétées de Donald Trump sont désormais interprétées dans le registre explicite du conflit armé, y compris lorsqu’elles émanent d’un allié historique.

Au-delà du seul Groenland, ces perceptions s’inscrivent dans une relecture plus globale de la politique extérieure américaine. 64 % des Européens la qualifient avant tout de politique de « recolonisation et de prédation des ressources », contre seulement 19 % qui y voient une défense légitime des intérêts américains. Cette grille de lecture est également mobilisée pour juger d’autres actions internationales : 63 % estiment par exemple que l’opération américaine au Venezuela constitue une violation du droit international, et 59 % jugent que l’action internationale de Donald Trump fragilise l’Occident.

D’un point de vue plus personnel, Donald Trump est logiquement et particulièrement critiqué dans l’opinion européenne. Plus d’un Européen sur deux (51 %) le considère comme un ennemi de l’Europe, quand seuls 8 % le voient comme un ami du Vieux continent. 44% des sondés estiment qu’il se comporte comme un dictateur et la même proportion juge qu’il a une tendance autoritaire. Seul un Européen sur dix (10 %) considère qu’il respecte les principes démocratiques.

Dans ce contexte, les États-Unis apparaissent comme le seul acteur dont la perception évolue réellement. Les menaces associées au terrorisme (68 %) et à la Russie demeurent élevées mais stables d’une vague à l’autre, tandis que les États-Unis entrent pour la première fois, dans la hiérarchie des risques perçus, devant la Chine (11 %) et l’Iran (18 %). Si 35 % des Européens estiment encore qu’il n’existe aucun risque de guerre avec Washington, cette proportion recule nettement, signe d’une diffusion progressive de l’hypothèse conflictuelle.

Cette requalification se traduit par un soutien massif à une réponse européenne plus affirmée. 63 % des Européens se déclarent favorables à l’envoi de troupes européennes au Groenland en posture défensive, contre 28 % opposés, et un très faible niveau d’indécision (9 %). Ce soutien atteint 84 % au Danemark, mais demeure majoritaire dans l’ensemble des pays sondés, traduisant une acceptation croissante de l’idée d’un rapport de force assumé pour défendre la souveraineté européenne.

Enfin, l’ensemble des résultats dessine un diagnostic stratégique largement partagé. 83 % des Européens estiment que la relation entre l’Union européenne et les États-Unis se dégrade, et 73 % considèrent désormais que l’UE doit assurer sa défense sans compter sur le soutien américain. Cette prise de distance ne s’accompagne ni d’un alignement alternatif — seuls 4 % souhaitent se rapprocher de la Chine — ni d’un repli isolationniste, mais d’une volonté majoritaire de maintenir une autonomie stratégique.

Retrouvez l’analyse et les résultats complets dans l’article du Grand Continent : https://legrandcontinent.eu/fr/2026/01/23/eurobazooka-geopolitique-trump-groenland/

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