Sondages

Baromètre Cluster17 / Le Point de Février 2024 : Gabriel Attal cède la première place à Marine Le Pen

Baromètre Cluster17 / Le Point de Février 2024 : Gabriel Attal cède la première place à Marine Le Pen

Le Premier ministre enregistre une légère baisse de sa popularité (-2 pts) moins d’un mois après sa nomination à Matignon. Avec 37% d’opinions positives (dont 13% de soutien politique), il cède la première place du classement général à Marine Le Pen. Signal faible inquiétant, il enregistre cette baisse dans les zones électorales les plus proches de l’électorat « macroniste ». Il perd ainsi 8 points chez les électeurs se positionnant « plutôt à gauche » et 6 points chez ceux « plutôt à droite  ».

La côte de popularité du Premier Ministre demeure toutefois bien supérieure à celle du Président de la République. Dans le « match » qui les oppose, Emmanuel Macron reçoit une note d’appréciation de son action de 3/10 de la part des sondés, quand son cadet atteint les 4/10. Deux notes en dessous de la moyenne.

La situation est préoccupante pour le Président qui recueille la moyenne dans l’unique cluster des Centristes (6,6/10). Gabriel Attal n’échappe pas complètement à la défiance qui touche l’exécutif. Signe d’un état de grâce qui n’aura duré que le temps des prémices, il récolte une note supérieure à la moyenne uniquement chez les Centristes (7,3) et les Libéraux (5,6).

La séquence agricole semble avoir plus coûté à l’exécutif qu’elle ne lui a rapporté.

A l’inverse, la séquence agricole semble avoir bénéficié au Rassemblement National. Marine Le Pen enregistre une hausse de 2 points de bonnes opinions. Et son dauphin, Jordan Bardella est lui aussi en hausse de 3 points. Surtout, ce sont les deux personnalités qui enregistrent le plus haut niveau de soutien politique, témoignant de la solidité de l’adhésion à leurs idées et à leur personnalité. Marine Le Pen est à 21% de soutien politique et Jordan Bardella 17%, loin devant Gabriel Attal ou François Ruffin qui récoltent respectivement 13% et 11% de soutien politique.

Leur pénétration au sein de l’électorat de la droite traditionnelle est impressionnante. Marine Le Pen est en tête dans les 6 clusters se situant à droite de notre segmentation. Elle et Jordan Bardella sont largement en tête chez les électeurs se positionnant « à droite » avec 80% et 72% d’opinions positives. Ils sont même 3e et 4e chez les électeurs se positionnant « plutot à droite » juste derrière Edouard Philippe et Gabriel Attal.

Nous assistons donc à une forme d’union des droites par le bas. Dans cet élan, le « match » se joue avec l’exécutif. Seuls Gabriel Attal et Edouard Philippe semblent en concurrence avec les figures du RN dans ces groupes décisifs.

Les récentes annonces politiques du gouvernement sur l’école, l’autorité, la démographie, l’agriculture, sont autant de signaux susceptibles de séduire cet électorat. Avec un risque majeur : quand l’exécutif déplace son curseur vers la droite, il subit des pertes de son électorat social-démocrate. A l’inverse, quand le RN se normalise et déplace son curseur vers le centre, il ne subit pour l’heure aucune perte dans la frange plus « radicale » de son électorat.

Le regard des Français sur le modèle agricole

Le regard des Français sur le modèle agricole

A l’issue d’une semaine de mobilisation intense dans la quasi-totalité du pays, le soutien des Français au mouvement ne faiblit pas. 85% des sondés soutiennent la mobilisation des agriculteurs. Un soutien transversal dans l’ensemble de l’opinion. Seuls les électeurs d’Emmanuel Macron et Yannick Jadot affichent un soutien plus relatif, avec respectivement 68% et 72% de soutien parmi leurs électeurs.

Dans le détail, les Français soutiennent majoritairement les manifestations (93%) et les blocages de routes (à 68%). Ils sont plus réticents sur la détérioration des bâtiments publics : les déversements de lisier et de déchet devant les préfectures sont tout de même approuvés par 57% des sondés. L’occupation de certains bâtiments publics par la force est quant à elle majoritairement rejetée par 56% des sondés.

Ce soutien considérable de l’opinion s’explique en partie par le regard porté par les Français sur les agriculteurs. Ceux-ci sont largement perçus comme les perdants d’un système qui les « exploite ». Ainsi, 93% des sondés estiment que les agriculteurs « sont victimes des lobbies de l’agrobusiness » et 94% de Français interrogés les considèrent également comme « victimes des industriels et de la grande distribution ».

Concernant les sujets qui crispent les agriculteurs, les sondés sont unanimes concernant l’exigence de réciprocité des normes : 97% des sondés estiment qu’il faut cesser d’importer des produits qui ne respectent pas les mêmes normes que celles imposées aux agriculteurs français. De même, l’augmentation du prix du Gazole Non Routier (GNR) est largement rejetée par 79% des Français.

D’autres mesures contestées par les agriculteurs font apparaître un clivage dans l’opinion entre défenseurs d’un modèle plus écologique et partisans d’un certain conservatisme.

L’augmentation des taxes sur les pesticides est réclamée par 60% de Français dont 82% des Electeurs Mélenchon et 93% des Electeurs Jadot contre 75% des Electeurs Zemmour et 52% des Electeurs Le Pen qui s’y opposent.

La réduction de moitié de l’utilisation des produits phytosanitaires chimiques est défendue par 78% des sondés. Toutefois, les Français estiment dans le même temps, à 48%, que les agriculteurs n’ont pas d’autres choix que d’utiliser ces produits pour assurer leur production.

Globalement, la majorité des Français souhaitent une agriculture plus écologique et durable : 68% des sondés souhaitent qu’on atteigne 25% de terres cultivées en agriculture biologique. Une évolution du modèle agricole logiquement souhaitée en premier lieu par les électeurs de gauche mais également par 70% des Electeurs Macron et 62% des Electeurs Le Pen. D’ailleurs, les Français estiment à 69% que les agriculteurs sont prêts à aller vers un modèle plus écologique et durable.

Dans quel cadre les Français souhaitent que ce changement de modèle se fasse ? Le moins que l’on puisse dire c’est que l’Union Européenne divise profondément. 54% des Français interrogés estiment qu’il faut sortir de la PAC et des traités européens qui concernent l’agriculture. Avec de très fortes disparités : 77% des Electeurs Macron et 66% des Electeurs Jadot sont contre cette sortie quand 87% des Electeurs Zemmour et 88% des Electeurs Le Pen soutiennent cette sortie de la PAC.

Baromètre Cluster17 / Le Point de Janvier 2024 : Effet Matignon pour Gabriel Attal

Baromètre Cluster17 / Le Point de Janvier 2024 : Effet Matignon pour Gabriel Attal

« Effet Matignon » pour Gabriel Attal qui devient la personnalité politique la plus populaire dans l’opinion ce mois-ci. Le nouveau Premier Ministre recueille 39% d’opinions favorables, dont 15% de soutien politique à ses idées. Il passe de la 2eme à la 1ere place, au détriment de Marine Le Pen qui demeure très bien placée, à la 3eme place avec 36% d’opinions favorables et un noyau dur de soutien qui s’élève à 18%, un score plus élevé que tous les autres concurrents.
Enfin, c’est François Ruffin qui complète le podium à la 2eme place du classement, avec 37% d’opinions favorables. Ce podium fait bien ressortir la « tripartition » de l’électorat, chacun des trois pôles ayant un représentant politique dans les trois premières places du classement.

Cependant, nous observons des changements de hiérarchie dans deux de ces trois pôles. Tout d’abord, dans l’électorat d’Emmanuel Macron 2022, Gabriel Attal est désormais en tête avec 86% de bonnes opinions dont 59% de soutien politique. Le Président de la République est 3eme à égalité avec Edouard Philippe, à 80% d’opinions favorables. Le succès de Gabriel Attal s’explique en grande partie par sa capacité à séduire les segments électoraux « historiques » du « macronisme ». Il est ainsi en tête chez les électeurs se positionnant « au centre » et chez ceux se positionnant « plutôt à droite ». Cependant, contrairement aux autres personnalités de l’exécutif, il séduit également chez les électeurs de centre-gauche : avec 43% d’opinions favorables dans ce segment de l’électorat il est le seul membre de la majorité dans le top 5, derrière Fabien Roussel, François Ruffin et Raphaël Glucksmann. Se trouvant maintenant au plus haut niveau de responsabilité, il lui faudra maintenir cet équilibre fragile pour séduire un socle électoral dont on a perçu récemment, avec la loi immigration, les divisions profondes.

A gauche, nous observons également un changement de hiérarchie dans l’électorat de Jean-Luc Mélenchon de 2022. François Ruffin devance d’une courte tête le leader insoumis, avec 77% d’opinions positives contre 73%. Ces deux personnalités puisent leur popularité chez les électeurs les plus à gauche. Mais c’est au sein des segments plus modérés de l’électorat de gauche que le député de la Somme devance le triple candidat à la présidentielle, avec 50% d’opinions positives pour le premier contre seulement 18% pour le second chez les électeurs « plutôt à gauche »

Du côté des droites, Marine Le Pen et plus largement le Rassemblement National s’imposent très largement. La leader du RN est en tête chez les électeurs se positionnant « à droite » avec 68% d’opinions favorables et chez ceux se positionnant « très à droite » avec 92% de bonnes opinions. Symbole de la progression des idées et de l’image du RN dans l’opinion, Jordan Bardella est 2eme dans chacun de ces segments de l’électorat. Arrivent ensuite deux autres personnalités issues de la droite identitaire : Marion Maréchal et Éric Zemmour. Les personnalités issues des Républicains peinent à émerger dans ce qui devrait pourtant être le cœur de leur électorat. Un constat d’autant plus difficile pour le parti d’Éric Ciotti que la seule personnalité de LR dans le top 10 de nos deux derniers baromètres est… Rachida Dati, tout juste nommée Ministre dans le gouvernement de Gabriel Attal. La pénétration du RN dans le cœur de l’électorat traditionnel de l’ex-UMP est continue depuis le 2nd tour de la présidentielle 2022. Les zones de concurrence directes qui existent entre Renaissance et le RN dans les clusters de droite traditionnelle pour capter l’ancien électorat UMP sont probablement une des clés du prochain scrutin européen.

Sondage Cluster17-Le Point: intentions de vote pour les élections européennes 2024 – vague du 15 janvier

Élections européennes : l’hypothèse Véran ne suscite pas d’enthousiasme

Pas d’effet remaniement ministériel, ni d’effet Olivier Véran (s’il devait conduire la liste Renaissance), sur les intentions de vote aux élections Européennes de 2024, c’est le principal enseignement que l’on peut retirer du sondage réalisé pour Le Point par l’Institut Cluster 17.

En effet, réalisé 2 jours après la nomination de Gabriel Attal à Matignon et le remaniement gouvernemental marqué, en particulier, par l’arrivée de Rachida Dati au ministère de la Culture, ce sondage nous apprend qu’une liste Renaissance conduite par Olivier Véran n’obtiendrait que 18% des suffrages. Ce score est largement inférieur à celui obtenu par La République en Marche lors du scrutin de 2019 (22,4%) et, plus encore, par rapport à celui d’Emmanuel Macron au premier tour de la dernière présidentielle (27,8%). La liste Renaissance ne parvient, en effet, à conserver que 6 électeurs sur 10 au sein de l’électorat présidentiel. Et ces pertes ne sont presque pas compensées, car la liste Renaissance n’attire dans pratiquement aucun autre électorat, si ce n’est une fraction des électeurs de Valérie Pécresse (25%). Quoi qu’il en soit, le camp présidentiel va devoir s’employer à reconquérir les électeurs, à commencer par ses propres électeurs. Sinon, Renaissance risque d’être largement distancée par le Rassemblement National : la liste conduite par Jordan Bardella, mesurée à 28,5 %, maintient, en effet, une avance considérable, de plus de 10 points à environ cinq mois de l’élection.

Du côté des droites, outre la position de leadership incontestée du RN, plusieurs tendances méritent d’être soulignées. La liste Reconquête conduite par Marion Maréchal, avec 7% des voix, parait en situation de rééditer le score obtenu par Éric Zemmour lors de la dernière présidentielle et ainsi de faire élire des députés au Parlement Européen.

Une liste Les Républicains obtiendrait, également 7% des suffrages, soit un score encore inférieur à celui qui était le sien lors des dernières Européennes (8,5%) et, plus encore, des dernières législatives (10,4%). L’entrée de personnalités politiques issues de ses rangs dans le gouvernement de Gabriel Attal et le remaniement présenté par de nombreux observateurs comme un tournant à droite du camp présidentiel compliquent encore l’équation que devront résoudre les Républicains pour conserver, voire renforcer leur base électorale.

Enfin, la gauche dans son ensemble reste stable par rapport aux récents scrutins. Alors que les scrutins intermédiaires, comme les Européennes, sont normalement favorables aux oppositions, elle ne connait aucune progression significative. Toutes listes confondues, elle obtiendrait 31% des suffrages, soit un score légèrement inférieur à celui qu’elle avait obtenu lors des dernières élections législatives (32%). Dans le cadre de la tripartition politique actuelle, elle ne parvient pas, pour l’instant, à dépasser ce plafond de verre et reste très largement distancée par les offres de droites identitaires, qui, au total (RN, Reconquête, Debout la France) réunissent 38,5 % des intentions de votes. A l’intérieur de la gauche, des évolutions sont néanmoins observables. La liste du Parti socialiste conduite par Raphaël Glucksmann connaît une certaine progression (11%) et, pour l’instant, devance de 3 points les Ecologistes (8%) qui eux-mêmes sont au coude-à-coude avec la liste de la France Insoumise (7,5%). Un tel résultat marquerait une forte progression des socialistes par rapport aux dernières Européennes (6,2%), sans même évoquer le score d’Anne Hidalgo lors de la dernière présidentielle (1,8%). Le score du PS s’explique en partie par la désaffection d’une partie de l’électorat social-démocrate vis-à-vis de la politique de l’exécutif. Dans ce contexte, près d’un électeur d’Emmanuel Macron sur six pourrait voter pour la liste conduite par Raphaël Glucksmann.

En résumé, la mission de Gabriel Attal semble double : à la fois réduire l’écart avec Jordan Bardella tout en évitant l’émergence d’une offre sociale-démocrate forte sur sa gauche.

Sondage exclusif pour Le Point : 37% des Français pensent que Gabriel Attal fera un bon Premier Ministre

37% des Français pensent que Gabriel Attal fera un bon Premier Ministre

Les Français attendent de voir pour y croire. Tel est l’enseignement de notre étude réalisée suite à la nomination de Gabriel Attal au poste de Premier Ministre.

35% des sondés estiment qu’Emmanuel Macron a fait le bon choix avec cette nomination. Et 37% des sondés considèrent que Gabriel Attal sera un bon Premier Ministre.

Un optimisme donc relatif, dans un contexte général d’effritement de la popularité de l’exécutif depuis l’élection présidentielle de 2022.

Sa nomination a toutefois le mérite de satisfaire l’électorat d’Emmanuel Macron, divisé ces derniers temps quant à l’adoption de la loi immigration et à propos des mots de soutien du Président envers Gérard Depardieu.

Ainsi, 71% des électeurs d’Emmanuel Macron en 2022 pensent que le Président de la République a fait le bon choix en nommant Gabriel Attal. De même, 76% estiment qu’il fera un bon Premier Ministre. Les électeurs de Valérie Pécresse et de
Yannick Jadot regardent également de façon plutôt positive cette nomination : 50% des électeurs de la candidate LR estiment qu’il fera un bon Premier Ministre et 53% des électeurs de l’écologiste sont également optimistes.

La défiance est à l’inverse logiquement très majoritaire dans les électorats de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon. Respectivement 60% et 76% de ces électeurs estiment qu’il ne fera pas un bon Premier Ministre.

Malgré son jeune âge, 55% des sondés estiment que Gabriel Attal est un homme politique compétent. Une qualité largement reconnue dans l’opinion, notamment chez les électeurs plus âgés : c’est le cas de 61% des 50-64 ans et de 65% des 65-74 ans.
En outre, 88% des électeurs Macron, 69% des électeurs Pécresse, 77% des électeurs Jadot et 62% des électeurs Zemmour estiment sa compétence.

Les Français sont plus dubitatifs sur ses capacités à mener les réformes nécessaires pour le pays : 34% des sondés pensent qu’il y parviendra. De même, 36% des Français interrogés considèrent le jeune Premier Ministre comme « étant proche des préoccupations des Français ».

Sondage pour Le Point : Emmanuel Macron en décalage avec l’opinion sur le cas Depardieu

Emmanuel Macron en décalage avec l’opinion sur le cas Depardieu

Nous avons interrogé les Français sur la polémique qui entoure les propos du Président de la République à propos des mots et du comportement de Gérard Depardieu dans un reportage de France 2.

Nous les avons interrogés plus largement sur le regard qu’ils portent à propos des violences sexistes ou sexuelles commises par des personnalités publiques.

Tout d’abord, les Français sont majoritairement en faveur d’un traitement « équitable » de ces affaires. Dans le cadre de ces affaires, 56% des sondés estiment qu’il faut à la fois soutenir les victimes mais aussi respecter la présomption d’innocence des accusés. 25% estiment qu’il faut « d’abord respecter la présomption d’innocence » et 18% estiment qu’il faut « d’abord soutenir les victimes ». Deux positionnements antagonistes dans l’opinion. Les électeurs se positionnant le plus à droite étant davantage favorables, environ 45%, à la primauté de la présomption d’innocence quand les électeurs les plus à gauche, 38%, se rangent d’abord du côté des victimes présumées.

Par ailleurs, les Français sont clivés sur le sort des personnalités publiques accusées de violences sexistes et sexuelles. 42% estiment qu’elles doivent être écartées de leur domaine d’activité professionnelle, tandis que 48% affirment le contraire. Les femmes sont 46% à le penser contre 37% des hommes. Les électeurs de gauche, sont près de 60% à estimer qu’il faut écarter les personnalités accusées contre environ 30% des électeurs de droite. Nous observons en outre un clivage dans le rapport aux élites. Les clusters les plus diplômés et les plus « élitaires » comme les Sociaux-Démocrates et les Centristes réfutent très majoritairement l’idée de démettre les accusés, malgré des valeurs se situant plutôt du côté de la gauche progressiste. A l’inverse, des groupes peu diplômés et anti-système partageant des valeurs plus conservatrices comme les Anti-Assistanat ou les Réfractaires sont majoritairement favorables à une démission ou un retrait des personnes accusées de violence.

En outre, il existe un large consensus dans l’opinion en ce qui concerne les personnalités condamnées pour violences sexistes et sexuelles. 82% des Français estiment que dans ce cas, le retrait de leur fonction est inévitable. Seuls les électeurs d’Eric Zemmour, à 69%, semblent plus réticents.

Enfin, concernant la polémique autour de Gérard Depardieu, 61% des sondés estiment qu’Emmanuel Macron a tort de considérer que Gérard Depardieu « rend fière la France » et est victime « d’une chasse à l’homme ». Les clusters de droite culturelle comme les Libéraux, les Sociaux-Patriotes et les Identitaires soutiennent toutefois majoritairement le Président de la République. Mais Emmanuel Macron clive une fois de plus son électorat : 55% de ses électeurs de 2022 ne sont pas d’accord avec son positionnement. Seuls les électeurs d’Eric Zemmour soutiennent majoritairement, à 75% la prise de position du Président de la République.

loi-immigration

Sondage pour Le Point : Les Français approuvent majoritairement le contenu de la loi immigration

Le contenu de la loi immigration est très majoritairement soutenu par les Français

La loi immigration est plébiscitée par les Français, davantage dans le détail des mesures que dans sa globalité. Son adoption au Parlement satisfait tout de même 50% des sondés, contre 38% qui se montrent « insatisfaits ». Une insatisfaction qui est évidemment très élevée, voire unanime, chez les électeurs de gauche. Notons que, pour des raisons diamétralement opposées, la loi ne fait pas « le plein » au sein des clusters de droite identitaire. Ainsi, les électeurs d’Eric Zemmour sont tout de même 26% à afficher leur insatisfaction.

Dans le détail, les mesures principales du texte recueillent toutes un soutien majeur à l’exception de la « caution étudiante » qui malgré 57% d’avis favorables, crispe la gauche mais aussi la moitié de l’électorat d’Emmanuel Macron.

L’interdiction de placer les enfants en centre de rétention est soutenue « seulement » par 51% des Français sondés, mais ici ce sont les électeurs de droite radicale qui affiche leur rejet de la mesure. 60% des Sociaux-Patriotes et des Identitaires sont contre cette interdiction.

D’autres mesures comme la déchéance de nationalité pour les binationaux auteurs d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité, la fin de l’automaticité du droit du sol, ou encore les conditions posées envers les étrangers qui ne travaillent pas pour accéder aux APL recueillent le soutien d’environ 3 Français sur 4.

Sur le plan politique, les Français donnent le point de la victoire au Rassemblement National. 54% des sondés estiment que le RN sort « renforcé » de la séquence, devant Les Républicains, 18%. La majorité des électorats et de la quasi-totalité des clusters octroie la victoire au RN. C’est principalement le cas à gauche, où les électeurs estiment que cette loi est directement inspirée de l’extrême droite.

Dans cet esprit, 63% des sondés estiment d’ailleurs que cette loi est « de droite » dont 27% estiment même qu’elle penche « très à droite ». Ce dernier constat est surtout partagé par les clusters de gauche : c’est le cas de 97% des Multiculturalistes mais aussi de groupes plus modérés. Il en est ainsi pour 48% des Sociaux-Démocrates et 57% des Progressistes, deux clusters plutôt favorables à Emmanuel Macron. Avec cette loi, le Président de la République fragilise encore un peu plus sa coalition électorale composée, rappelons-le, d’un cinquième d’électeurs provenant de la gauche. En effet, au sein de son électorat aussi, on estime largement que cette loi penche à droite. 20% de ses électeurs la trouvent même « très à droite » tandis que 19% seulement de ses électeurs la situent au centre ou en dehors du clivage gauche / droite.

Enfin, il convient de noter la normalisation toujours plus grande du Rassemblement National dans l’opinion. Même sur cette thématique, particulièrement clivante, la majorité des Français estiment que « c’est une bonne » chose que cette loi ait été adoptée avec les voix du RN, car « c’est un parti comme les autres ». Un tiers des sondés, composé très largement d’électeurs de gauche, estiment à l’inverse que c’est une « mauvaise chose » car « Le RN est un parti dangereux et xénophobe ». Notons à nouveau que sur cette question, l’électorat du Président est tout à fait bicéphale : 42% estiment que l’adoption de la loi avec les voix du RN est une bonne chose, tandis que 45% pensent l’inverse.

Dans la même optique, deux sondés sur trois ne comprennent pas pourquoi le Président a souhaité soustraire les voix du RN du vote final à l’Assemblée Nationale. Il n’est soutenu dans cette marche que par une fraction minoritaire de l’électorat de gauche, son électorat étant une nouvelle fois clivé en deux blocs.

france-ukraine

Sondage pour Le Point : le soutien timide des Français à l’Ukraine

Crédits image : Ukraine Presidency/Ukrainian / Zum aPress

Le sort de l’Ukraine continue de préoccuper les Français. Nous observons toutefois des signes de lassitude concernant le soutien à l’Ukraine. De même, son adhésion à l’Union Européenne ne fait pas consensus.

Les Français inquiets de l’issue de la guerre

L’inquiétude qui entoure l’issue de la guerre en Ukraine continue de préoccuper les Français. Ceux-ci mettent une note moyenne de 6,1 sur une échelle de 10 symbolisant leur niveau d’inquiétude concernant la fin de la guerre.

Les électeurs les plus « europhiles » se distinguent assez nettement avec une inquiétude dépassant 7/10 dans trois clusters très attachés à l’UE : les Sociaux-Démocrates, les Progressistes et les Centristes.

Des clusters qui se constituent le cœur du Macron et du vote Jadot, deux électorats dont on voit la préoccupation prégnante vis-à-vis du conflit, tandis que les électeurs Zemmour semblent être ceux qui s’en soucient le moins avec un note moyenne de 4,4/10.

Une ligne de clivage qu’on retrouve dans l’ensemble de l’étude.

1 Français sur 5 souhaite augmenter l’aide à l’Ukraine

Seuls 20% des sondés souhaitent que la France augmente son soutien militaire et stratégique à l’Ukraine. Au contraire, 39% souhaitent tendre vers une diminution ou un arrêt de ce soutien français. 26% pensent qu’il faut la maintenir au même niveau.

Les électeurs de droite radicale se distinguent par leur volonté de cesser le soutien à l’Ukraine. 47% des électeurs d’Eric Zemmour et 36% des électeurs de Marine Le Pen estiment qu’il faut « arrêter immédiatement » le soutien français à l’armée ukrainienne. A l’inverse, les électeurs d’Emmanuel Macron et de Yannick Jadot souhaitent majoritairement le maintien ou l’augmentation des aides françaises au gouvernement de Volodymyr Zelensky.

Enfin, les positions sont aux antipodes selon la catégorie socio-professionnelle : les électeurs ouvriers et employés sont quasiment 50% à souhaiter l’arrêt ou la diminution des aides à l’Ukraine, contre seulement 29% pour les cadres.

Les Français incertains sur l’issue de la guerre

Cette réticence de l’opinion à poursuivre les aides en faveur de l’Ukraine trouve peut-être son explication dans l’incertitude qu’éprouvent les Français quant à l’issue de la guerre. 34% des sondés estiment que le plus « probable » est une victoire de la Russie, 32% considèrent qu’il n’y aura pas de vainqueur et 20% des sondés estiment que l’Ukraine finira par l’emporter.
Le temps ne semble donc pas jouer en faveur de Volodymyr Zelensky qui doit convaincre les gouvernements alliés de poursuivre leur soutien militaire si l’Ukraine souhaite l’emporter. Toutefois, ceux-ci doivent aussi composer avec leur opinion publique, qui, nous le voyons peut éprouver une certaine lassitude à aider un Etat dont les chances de victoire sont très incertaines.

Cependant, lorsqu’on interroge les Français sur l’issue la plus « souhaitable » et non pas la plus probable, alors, le soutien à l’Ukraine demeure majoritaire dans l’opinion. 53% des sondés souhaitent que l’Ukraine l’emporte contre 16% en faveur d’une victoire russe. Un pan non négligeable des Français – 26% – souhaitent qu’il n’y ait « aucun vainqueur », ce qui peut être interprété comme la volonté pour ces sondés que la guerre s’arrête le plus vite possible.

Une fois encore, ce sont les électeurs d’Emmanuel Macron et de Yannick Jadot, suivis par ceux de Valérie Pécresse et Jean-Luc Mélenchon qui souhaitent le plus la victoire ukrainienne. 21% des électeurs de Marine Le Pen et 29% de ceux d’Eric Zemmour souhaitent une victoire russe. L’électorat populaire, ouvrier et employé se distingue très nettement des autres catégories socio-professionnelles. Seuls 33% des ouvriers souhaitent une victoire de l’Ukraine contre 63% des professions intermédiaires.

L’adhésion de l’Ukraine à l’UE clive et polarise l’électorat

Les Français sont partagés quant à l’entrée de l’Ukraine dans l’Union Européenne. 49% y sont favorables contre 43% de défavorables. Surtout, cette adhésion suscite une assez forte polarisation avec des avis tranchés : 20% des sondés s’estiment « très favorables » et 24% « très défavorables ».

L’électorat macroniste est logiquement le plus favorable à ce processus. Avec 70% d’avis favorables, ces électeurs sont aux antipodes de ceux d’Eric Zemmour et de Marine Le Pen qui sont environ 70% à s’y opposer.

Les autres électorats sont particulièrement clivés. Notons la difficulté pour la droite républicaine à se positionner sur ces sujets : les électeurs de Valérie Pécresse sont coupés en deux et le cluster phare de la droite traditionnelle, Les Libéraux, s’opposent à 66% à l’adhésion de l’Ukraine au sein de l’Union Européenne. Idem pour Jean-Luc Mélenchon qui dispose d’un électorat très hétérogène sur ce sujet, certains étant par humanisme et europhilie, tout à fait enclins à admettre l’adhésion ukrainienne quand une autre partie de son électorat, plus souverainiste, y semble tout à fait opposée.

Baromètre des personnalités Décembre 2023: Marine Le Pen en tête du classement 

Baromètre des personnalités Décembre 2023: Marine Le Pen en tête du classement 

Marine Le Pen est en tête de ce classement de décembre avec 37% d’opinions favorablesdont 17% soutiennent ses idées. Son noyau électoral n’a cessé de se consolider autour des clusters populaires qui ont porté sa candidature en 2022, tout en s’étendant à des clusters moins « rupturistes », démontrant les réussites de la stratégie de banalisation menée par le RN depuis la présidentielle.

Gabriel Attal est 2eme avec 36% d’opinions favorables. Il s’est imposé comme LA personnalité de la macronie. Il séduit largement l’électorat d’Emmanuel Macron de 2022, s’imposant en tête des clusters qui ont porté sa candidature. Le succès de Gabriel Attal s’explique en partie par sa capacité à fédérer « l’aile gauche » et « l’aile droite » de la macronie, un équilibre difficile que peinent à maintenir d’autres figures de l’exécutif comme Edouard Philippe ou Gérald Darmanin.

Enfin, François Ruffin est le 3eme homme de ce classement. Avec 36% d’opinions favorables, il attire principalement l’électorat de Jean-Luc Mélenchon 2022, un électorat en demande de rupture tant sur le plan économique que sur le plan institutionnel. Toutefois, à l’inverse du triple candidat à la présidentielle, l’élu de la Somme parvient à séduire une partie de l’électorat de gauche modérée s’imposant de fait comme la personnalité de gauche la plus populaire du classement.

Les Français favorables à davantage de décentralisation

Les Français favorables à davantage de pouvoir pour les régions

Attachés à leur région, les Français semblent souhaiter davantage de décentralisation selon notre étude réalisée pour Le Point.

73% des sondés considèrent que leur région possède une identité qui lui est propre. C’est dans les clusters les plus sensibles à l’identité française que l’on est aussi le plus sensible à l’identité régionale. 84% des Sociaux-Patriotes ou des Identitaires sont d’accord avec cette affirmation, 100% des Eurosceptiques ou encore 91% des Conservateurs. A l’inverse, les clusters moins sensibles aux questions d’identité sont moins affirmatifs. 65% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon reconnaissent une identité à leur région contre 91% des électeurs d’Eric Zemmour.

C’est au sein de la Corse, de l’Occitanie, de la Bretagne et de la Normandie que l’on est le plus sensibles à l’identité régionale : 90% à 100% des sondés vivant dans ces régions estiment que leur région a une identité propre. Pour les habitants d’Ile de France c’est « seulement » 54%.

42% des Français sont autant attachés à leur région qu’à la France. 31% demeurent plus attachés à la France qu’à leur région et enfin 13% des sondés vibrent davantage pour leur région que pour leur pays. 7% des interrogés ne sont attachés ni à l’un ni à l’autre.

Les électeurs d’Eric Zemmour et d’Emmanuel Macron sont les moins « régionalistes » : respectivement 3% et 6% font passer leur région avant la France. 17% des électeurs de Marine Le Pen et 18% de ceux de Yannick Jadot s’estiment plus attachés à leur région qu’à la France. Aussi, c’est logiquement dans les régions où les revendications régionalistes sont les plus présentes que cette affirmation trouve le plus d’écho. C’est le cas de 57% des sondés Corses, de 35% des Normands, de 30% des Bretons ou encore de 30% des habitants du Grand-Est.

La majorité des Français semblent prêts à donner plus de pouvoir et plus de liberté d’action aux régions : 58% des sondés considèrent qu’il faut donner « plus de pouvoir aux régions afin qu’elles choisissent leurs propres règles au plus près des besoins des individus ». A l’inverse, 42% des Français interrogés estiment que cela remettrait en cause « l’unité de la République et créerait des inégalités entre les Français ». C’est au sein des électorats de Valérie Pécresse et d’Eric Zemmour qu’on trouve le plus de sondés opposés à des nouveaux transferts de pouvoirs aux régions : 57% de leurs électeurs s’y opposent. A l’inverse, les électeurs de Marine Le Pen sont 75% à souhaiter davantage de décentralisation. Dans la même logique, 62% des sondés sont favorables au développement de l’enseignement des langues régionales dans les écoles publiques. C’est le cas de 86% des 18-24 ans, une catégorie de sondés qui dans l’ensemble de l’étude se montre une des plus favorables au « régionalisme ».

Enfin, alors que le Président de la République a annoncé qu’il était prêt à aller vers une modification de la Constitution consacrant l’autonomie de la Corse, 47% des Français interrogés se montrent favorables à cette réforme majeure. 42% des Français y sont opposés et 11% des sondés ne se prononcent pas. Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et Yannick Jadot sont près de 60% à approuver cette autonomie de la Corse. Les électeurs de Valérie Pécresse et Emmanuel Macron sont quant à eux majoritairement opposés à ce changement de Constitution.

Trouver mon Cluster