Sondages

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Le regard des Français sur l’autorisation et la réévaluation des pesticides

Cluster17 a mené en septembre une étude auprès d’un échantillon de 2 045 personnes sur le rapport des Français aux pesticides. Les résultats font apparaître un large attachement au principe de réévaluation scientifique périodique des pesticides. 83% des Français souhaitent maintenir ce principe, contre seulement 7% qui préféreraient permettre à certaines substances de rester autorisées sans réévaluation systématique ; 10% ne se prononcent pas.

Ce consensus est toutefois plus ou moins marqué selon les sensibilités politiques. Le maintien d’une réévaluation périodique atteint 96% parmi les électeurs LFI et 100% parmi ceux des Écologistes aux dernières élections européennes, contre 76% chez les électeurs LR, 69% chez ceux du RN et 70% chez ceux de Reconquête. Le même gradient apparaît en fonction du vote présidentiel de 2022 : 97% des électeurs de Yannick Jadot et 91% de ceux de Jean-Luc Mélenchon défendent la réévaluation périodique, contre 71% des électeurs de Marine Le Pen et 69% de ceux d’Éric Zemmour.

Sur les deux substances testées, une majorité absolue se prononce pour l’interdiction : 54% pour le glyphosate comme pour l’acétamipride. Une part importante des Français privilégie toutefois leur maintien sous condition d’une réévaluation scientifique régulière : 31% pour le glyphosate et 28% pour l’acétamipride. À l’inverse, l’autorisation sans échéance systématique de réévaluation ne rassemble que 3% dans les deux cas. Les résultats concernant les deux substances sont donc remarquablement proches.

C’est sur cette question de l’interdiction que les clivages politiques deviennent particulièrement nets. Pour le glyphosate, l’interdiction est souhaitée par 92% des électeurs écologistes et 91% des électeurs LFI, puis 72% des électeurs PS-Place publique. Elle tombe à 43% chez les électeurs Renaissance, 33% au RN et 26% chez LR comme chez Reconquête. L’acétamipride produit une structure quasiment identique : 94% des électeurs LFI et 89% des électeurs écologistes souhaitent son interdiction, contre 39% chez Renaissance, 33% au RN, 27% chez Reconquête et 26% chez LR.

L’âge joue également davantage sur l’interdiction des substances que sur le principe général de réévaluation. Les 18-34 ans sont les plus favorables à une interdiction : 61% pour le glyphosate et 65% pour l’acétamipride, contre environ 50% parmi les 65 ans et plus.

Le sondage révèle donc un consensus très large sur la nécessité de conserver un contrôle scientifique périodique des pesticides, tandis que la question de leur interdiction est beaucoup plus politiquement clivée. Les Français se montrent néanmoins très peu nombreux à défendre une autorisation durable sans réévaluation régulière, quelle que soit la substance considérée.

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Baromètre du rejet en vue de 2027 (Vague 1) : Marine Le Pen moins rejetée que ses concurrents

À quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, le rejet constitue une dimension importante du rapport des Français aux principales personnalités susceptibles de concourir. Dans ce nouveau baromètre réalisé par Cluster17 pour POLITICO, les répondants étaient notamment invités à évaluer, sur une échelle de 0 à 10, la probabilité qu’ils votent un jour pour chacune des personnalités testées. L’enquête a été menée les 15 et 16 septembre auprès de 2 045 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus.

Marine Tondelier et Jean-Luc Mélenchon sont les deux personnalités pour lesquelles la probabilité de vote apparaît la plus faible dans l’ensemble de la population. 81% des répondants situent entre 0 et 3 leur probabilité de voter un jour pour Marine Tondelier, contre 73% pour Jean-Luc Mélenchon. Viennent ensuite Gabriel Attal et Dominique de Villepin, à 72%, Bruno Retailleau à 69%, Édouard Philippe à 68% et Raphaël Glucksmann à 66%. Marine Le Pen présente, sur cet indicateur, le niveau le plus bas parmi les huit personnalités testées, avec 62%. Elle est également celle pour laquelle la proportion déclarant une probabilité forte ou très forte de vote est la plus importante, à 30%, devant Jean-Luc Mélenchon (19%) et Édouard Philippe (18%).

Ce résultat masque toutefois des configurations très différentes selon les candidats. Marine Tondelier dispose d’un potentiel de vote relativement limité dans l’ensemble de l’échantillon ; seuls 9% des répondants situent leur probabilité de vote entre 7 et 10. Elle concentre également un rejet particulièrement élevé dans les clusters situés à droite ou dans l’espace conservateur. À l’inverse, Jean-Luc Mélenchon combine lui aussi un rejet très important, mais avec un socle d’adhésion nettement plus conséquent : 19% des Français déclarent une forte ou très forte probabilité de voter pour lui, une proportion qui atteint 85% chez les Multiculturalistes et 83% chez les Solidaires.

Édouard Philippe, Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Dominique de Villepin et Bruno Retailleau enregistrent tous entre 66% et 72% de probabilités faibles ou nulles de vote. Leurs soutiens apparaissent en outre fortement concentrés dans leurs espaces politiques respectifs : Édouard Philippe atteint par exemple 78% de probabilité forte ou très forte chez les électeurs Renaissance des européennes de 2024, tandis que Bruno Retailleau atteint 68% chez les électeurs LR. Le baromètre décrit ainsi des personnalités disposant de points d’appui solides dans certains segments de l’électorat, mais rencontrant de fortes résistances au-delà de leur espace politique.

Les questions d’image confirment la difficulté générale à apparaître comme une personnalité capable de dépasser les frontières partisanes. Sur une échelle de 0 à 10, aucune des six personnalités évaluées sur cette dimension ne dépasse la note de 3 concernant la capacité à « rassembler les Français » : Raphaël Glucksmann et Édouard Philippe obtiennent 3,0, Marine Le Pen 2,7, Gabriel Attal 2,5, Bruno Retailleau 2,4 et Jean-Luc Mélenchon 1,8.

Les traits d’image diffèrent néanmoins nettement. Marine Le Pen obtient les notes les plus élevées sur la proximité avec la vie quotidienne des Français (3,7/10), devant Jean-Luc Mélenchon (2,8/10), ainsi que sur la capacité perçue à améliorer leur pouvoir d’achat (3,3/10), là encore devant Jean-Luc Mélenchon (2,8/10). Ce dernier se distingue pour sa part par une perception beaucoup plus forte du « risque de dérive autoritaire », avec une moyenne de 6,7/10, devant Marine Le Pen à 5,6 et Bruno Retailleau à 4,1.

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Les Français face au climat : consensus sur le diagnostic, débat sur les solutions

Réalisée auprès de 5 009 personnes, réparties en deux échantillons de 2 503 et 2 506 répondants, notre étude pour QuotaClimat et Droit à l’Info permet de croiser trois dimensions rarement analysées ensemble : le rapport au changement climatique et à la transition écologique, la réception des différents récits qui circulent dans le débat public et les environnements informationnels dans lesquels évoluent les Français.

Premier enseignement : la réalité et la gravité du changement climatique sont très largement reconnues, mais cette reconnaissance ne signifie pas un consensus sur la manière d’agir. 86% des Français considèrent le changement climatique comme une menace, dont 52% comme une menace « très grave ». Dans le même temps, 64% estiment que la transition écologique avance trop lentement, contre seulement 16% qui considèrent qu’elle va trop vite. Le diagnostic climatique apparaît donc largement installé dans l’opinion.

Cette apparente convergence masque toutefois de profondes différences dans le rapport au climat et dans sa place dans le débat public. Le traitement médiatique en fournit une bonne illustration : 38% des Français jugent que les médias parlent trop du changement climatique, tandis que 35% estiment au contraire qu’ils n’en parlent pas assez. Surtout, ce jugement varie spectaculairement avec l’âge : 70% des 18-34 ans considèrent que les médias n’en parlent pas assez, alors que 52% des 65 ans et plus estiment qu’ils en parlent trop.

Le deuxième enseignement, probablement le plus important, est que le centre de gravité de la controverse s’est déplacé. Les récits contestant directement les connaissances scientifiques restent relativement minoritaires : seuls 14% des répondants adhèrent à l’idée que les différences de réchauffement entre régions rendraient les données climatiques contradictoires, 19% expliquent essentiellement les évolutions actuelles par la variabilité naturelle du climat et 21% doutent du rôle principal des activités humaines. Face à ces affirmations, les contre-récits fondés sur l’état des connaissances scientifiques recueillent entre 72% et 84% d’adhésion.

En revanche, les récits mettant en cause l’efficacité, le coût ou l’utilité des politiques climatiques trouvent un écho beaucoup plus large. 73% approuvent par exemple l’idée selon laquelle « les efforts de la France pour réduire ses émissions n’ont presque aucun effet sur le climat mondial si les grands pays pollueurs ne font pas de même ». Près d’un Français sur deux adhère également à l’idée que les voitures électriques pollueraient davantage que les véhicules thermiques ou hybrides en raison notamment de la fabrication des batteries. Les ZFE, le coût des énergies renouvelables ou encore la crédibilité des politiques publiques font également partie des sujets sur lesquels les récits critiques rencontrent le plus de réceptivité. Autrement dit, la principale ligne de tension ne sépare plus seulement ceux qui croient ou non au changement climatique : elle porte désormais sur l’efficacité, l’équité et les conséquences concrètes de la transition.

Troisième enseignement : les Français ne raisonnent pas nécessairement en choisissant entre deux récits opposés. Plusieurs représentations peuvent coexister chez une même personne. Le nucléaire en fournit l’exemple le plus frappant : 78% approuvent l’idée que la France dispose, grâce au nucléaire, d’une électricité largement décarbonée, tandis que 73% reconnaissent parallèlement que cette électricité bas-carbone ne suffit pas à décarboner les transports, le chauffage et l’ensemble de l’économie. De même, 49% jugent les aides publiques aux énergies renouvelables trop coûteuses, tout en étant 78% à reconnaître le coût de la dépendance au pétrole et au gaz. Ces résultats invitent à sortir d’une lecture trop binaire opposant simplement « pro » et « anti »-transition.

La typologie climat issue de l’enquête confirme cette diversité. Près de quatre Français sur dix appartiennent à des profils déjà largement convaincus, tandis qu’environ un quart se situe dans les deux profils intermédiaires que constituent les techno-pragmatiques et les ambivalents pro-transition. Ces derniers reconnaissent l’enjeu climatique mais s’interrogent davantage sur les coûts, les contraintes, l’efficacité ou les modalités concrètes de la transition. À côté d’eux apparaissent des « relativistes défiants » et un ensemble plus nettement sceptique et opposé à la transition, qui compose 27% de l’échantillon.

Enfin, l’étude fait apparaître une association particulièrement forte entre attitudes climatiques et environnements informationnels. Six profils médias ont été distingués : un tiers des Français appartient à un univers dominé par les sources expertes et institutionnelles, 22% privilégient les grands médias généralistes, tandis que les autres segments se caractérisent par une consommation davantage plurielle, numérique, plus proche des médias d’opinion ou, au contraire, par une faible structuration en termes de pratiques informationnelles. Les convaincus sont très surreprésentés parmi les publics des sources expertes et institutionnelles tandis qu’à l’autre extrémité, 74% des personnes appartenant au profil « médias d’opinion et sources alternatives » sont classées parmi les « sceptiques anti-transition ».

Ce dernier résultat invite également à ne pas réduire la question de l’information climatique à une opposition entre médias traditionnels et réseaux sociaux. Les publics les plus favorables à la transition utilisent eux aussi les plateformes numériques. Ce qui différencie davantage les groupes semble être la nature des contenus consultés, les sources auxquelles ils accordent leur confiance et leurs pratiques de vérification. Les grands médias conservent par ailleurs une place centrale dans les pratiques déclarées, y compris parmi les publics intermédiaires.

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Présidentielle 2027 : Le Pen largement en tête, Mélenchon et Philippe au coude-à-coude

Marine Le Pen reste très nettement en tête du premier tour, entre 30% et 31% selon les trois hypothèses testées, soit un niveau proche de celui observé dans notre précédente enquête. Son électorat demeure particulièrement fidèle : 84-85% des électeurs RN des européennes de 2024 et plus de 80% de ses électeurs de 2022 déclarent de nouveau voter pour elle selon les scénarios. Son vote reste fortement structuré socialement : il atteint ses niveaux les plus élevés chez les moins diplômés, les ouvriers et les 50-64 ans, tandis qu’il est sensiblement plus faible chez les plus diplômés et les 18-34 ans.

Jean-Luc Mélenchon se situe désormais autour de 19-20% dans les trois scénarios. Son socle électoral est particulièrement solide : il recueille 96-97% parmi les électeurs LFI des européennes et autour de 80% de ses électeurs de 2022. Le profil de son électorat reste extrêmement marqué par l’âge : il atteint 47% chez les 18-34 ans dans les différentes configurations, contre seulement 6 à 8% chez les 65 ans et plus. Il réalise également des scores élevés parmi les revenus les plus modestes, tout en conservant une implantation significative chez les cadres.

L’écart entre Édouard Philippe et Gabriel Attal est particulièrement net. Edouard Philippe recueille 19% dans la première hypothèse et 19,5% dans la troisième, contre 13,5% pour Attal lorsqu’il représente le bloc central. Les transferts électoraux permettent de comprendre une partie de cet écart. Le Maire du Havre obtient le vote de 77% des électeurs Renaissance de 2024 et de 58% des électeurs Macron de 2022, contre respectivement 62% et 43% pour Gabriel Attal. Edouard Philippe attire également davantage l’électorat de droite : 32% des électeurs Pécresse de 2022 votent pour lui dans la première hypothèse, contre 19% pour Attal dans la seconde.

Raphaël Glucksmann progresse lui aussi et recueille entre 12% et 14%. Son score est le plus élevé dans l’hypothèse Attal : il atteint alors 14%, contre 12% face à Edouard Philippe. Il conserve une majorité très nette de l’électorat PS-Place publique des européennes (64 à 67%) mais parvient également à attirer une fraction des anciens électeurs de Yannick Jadot et d’Emmanuel Macron. À l’inverse, François Hollande, testé dans la troisième hypothèse à la place de Glucksmann, ne recueille que 7,5% d’intentions de vote, tandis que Jean-Luc Mélenchon et Edouard Philippe sont loin devant, à 19,5%.

Enfin, Bruno Retailleau reste très dépendant de la configuration de l’offre au centre et à droite : il obtient 7,5% face à Édouard Philippe, monte à 9,5% lorsque Gabriel Attal remplace Edouard Philippe, puis revient à 7,5% lorsque ce dernier et David Lisnard sont tous deux présents. Cette variation apparaît également dans les fidélités électorales : le Président des Républicains recueille 57% des intentions de vote parmi les électeurs LR des européennes face à Edouard Philippe, contre 67% face à Attal. David Lisnard obtient pour sa part la barre des 5% dans la troisième hypothèse, en l’absence de candidature d’Éric Zemmour.

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Etude pour Terra Nova : La structure de l’électorat français, à neuf mois de l’élection présidentielle

À neuf mois de 2027, l’électorat français est-il devenu totalement volatil ?

L’érosion des fidélités partisanes est réelle. Mais elle n’a pas produit une « évaporation » de la demande électorale. Sur la base d’une étude Cluster17 qui interroge un panel de Français sur leurs probabilités de vote, Jean-Yves Dormagen publie avec le laboratoire d’idées Terra Nova, une cartographie des préférences politiques qui fait apparaître un électorat beaucoup plus structuré qu’on ne le décrit souvent.

1️⃣ Les fidélités exclusives reculent, mais les électeurs restent très largement orientés.
81% des électeurs peuvent encore être rattachés à un univers partisan identifiable. Parmi eux, seuls 30% n’envisagent qu’une seule offre, tandis que 47% pourraient en soutenir plusieurs. L’électorat est donc moins captif, mais il n’est pas pour autant désorienté.

2️⃣ La mobilité électorale ne se distribue absolument pas au hasard.
Les électeurs qui hésitent le font presque toujours entre des offres voisines : LFI et les Écologistes, les Écologistes et le PS, le PS et le centre, le centre et LR, etc. Les passages directs entre des espaces très éloignés restent marginaux. Les électeurs changent plus facilement de parti que d’univers politique.

3️⃣ Cinq grands bassins électoraux structurent aujourd’hui la compétition.
La gauche radicale, la gauche sociale-écologiste, le centre, la droite libérale-conservatrice et la droite nationaliste. La droite nationaliste est aujourd’hui le bassin le plus vaste, avec 27% de l’électorat.

5️⃣ Derrière cette géographie électorale, on retrouve une géographie des valeurs.
Deux grands clivages structurent les préférences : d’un côté, l’opposition entre progressisme-cosmopolitisme VS conservatisme ethno-traditionaliste ; de l’autre, celle entre demande de stabilité VS demande de rupture. Les appartenances partisanes peuvent s’affaiblir, mais ces systèmes de valeurs continuent d’organiser fortement les choix possibles.

6️⃣ Les candidats comptent, mais ils ne peuvent pas se déplacer librement dans cet espace.
Même dans une présidentielle très personnalisée, les candidatures restent largement inscrites dans ces bassins préexistants. Leur enjeu est d’abord de convertir leur bassin naturel en votes, puis de gagner les zones de concurrence situées à leurs frontières. Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ont déjà fortement concentré leurs bassins ; les espaces intermédiaires restent beaucoup plus ouverts et donc plus sensibles aux dynamiques de campagne et au vote utile.

La note complète est à retrouver sur le site du laboratoire d’idées Terra Nova.

Baromètres personnalités

Baromètre des personnalités Le Point / Cluster17 – Septembre 2026 : Marine Le Pen creuse l’écart avec Jordan Bardella

Marine Le Pen et Jordan Bardella occupent une nouvelle fois les deux premières places de notre baromètre, confirmant la position de force du Rassemblement national. Marine Le Pen prend toutefois l’ascendant ce mois-ci avec 38% de popularité, contre 35% pour Jordan Bardella. Elle progresse d’un point, tandis que le président du RN recule de deux points. Auprès des électeurs de Marine Le Pen à la présidentielle de 2022, elle atteint 97% de popularité (+9), devant Jordan Bardella à 93% (+4). Cette domination contraste cependant avec le recul de plusieurs autres personnalités de cet espace politique : Marion Maréchal (-3), Jean-Philippe Tanguy (-2) et Sarah Knafo (-1) se placent respectivement aux 11e, 14e et 15e places du classement général.


Derrière eux, Édouard Philippe et Dominique de Villepin sont au coude-à-coude à 27%, occupant respectivement les troisième et quatrième places. Dominique de Villepin présente néanmoins un profil particulier, puisque 23% des Français déclarent l’apprécier mais seulement 4% le soutenir. Jean-Luc Mélenchon et Sébastien Lecornu suivent à 26%, devant François Ruffin (25%), puis Raphaël Glucksmann et Gabriel Attal (24%). Ce dernier enregistre l’une des principales progressions du mois : il gagne trois points et huit places, passant de la 17e à la 9e position. À l’inverse, Sébastien Lecornu perd trois points et recule de la 3e à la 6e place. Bruno Retailleau suit avec 23%.

La personnalité la plus populaire à gauche reste Jean-Luc Mélenchon, avec 26%, devant François Ruffin (25%) et Raphaël Glucksmann (24%). Le leader de La France insoumise reste très largement dominant dans son propre électorat : il est populaire auprès de 83% de ses électeurs de la présidentielle de 2022 et de 98% des électeurs LFI aux européennes de 2024. Il arrive également en tête parmi les électeurs écologistes, avec 64% de popularité, devant Marine Tondelier à 55%. Néanmoins, Jean-Luc Mélenchon demeure une figure profondément clivante : 59% des répondants déclarent ne pas l’apprécier.


Dans la gauche sociale-démocrate, et dans un contexte de multiplication des candidatures et de perspective d’une primaire socialiste, Raphaël Glucksmann domine nettement auprès des électeurs PS-Place publique des européennes de 2024, avec 73% de popularité, devant François Hollande (53%) et Bernard Cazeneuve (51%). François Ruffin atteint également 45% auprès de cet électorat. Olivier Faure, pourtant premier secrétaire du Parti socialiste, ne parvient pas à s’immiscer dans le top 10.


Enfin, la cote de popularité d’Emmanuel Macron recule à 17% (-1), dont 7% de soutien. Avec 69% de rejet, le président de la République est la deuxième personnalité la plus rejetée du baromètre, derrière Laurent Wauquiez. La note donnée à son action reste stable à 2,4/10. Le Premier ministre Sébastien Lecornu obtient quant à lui 3,2/10, en baisse de 0,1 point, parallèlement à son recul dans le classement de popularité.

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2027 : Édouard Philippe domine un bloc central en quête d’unité

À sept mois de l’élection présidentielle, le bloc central apparaît en situation de fragilité dans l’ensemble de l’opinion. Seuls 24% des Français souhaitent qu’une personnalité de cet espace remporte l’élection et 29% seulement considèrent une telle victoire comme probable. Cette perception est loin d’être limitée aux électeurs extérieurs au bloc : parmi les électeurs Renaissance des européennes de 2024, 59% jugent une victoire probable, mais 34% la considèrent improbable. Chez les électeurs LR, le pessimisme est majoritaire : 37% seulement croient à une victoire du bloc central, contre 57% qui la jugent improbable.

Cette fragilité nourrit une forte demande d’unification parmi les électeurs directement concernés. Dans l’ensemble de la population, 32% sont favorables à ce que Renaissance, le Modem, Horizons, l’UDI et Les Républicains présentent un candidat commun. Mais ce soutien atteint 84% chez les électeurs Renaissance et 52% chez les électeurs LR. Le même phénomène apparaît lorsqu’on teste l’organisation d’une primaire : 75% des électeurs Renaissance l’approuvent, tout comme 52% de ceux de LR. Autrement dit, la candidature commune et la primaire restent minoritaires dans l’ensemble de l’opinion, mais elles sont très largement soutenues dans le cœur électoral du bloc central et recueillent également une majorité parmi les électeurs de la droite traditionnelle.

Les frontières de ce rassemblement restent cependant discutées. L’intégration de Reconquête à une éventuelle primaire est rejetée par 57% des Français. Surtout, elle met en évidence une nette différence entre les électorats Renaissance et LR : 84% des électeurs Renaissance y sont opposés, tandis que les électeurs LR sont beaucoup plus partagés, avec 49% favorables à l’intégration de Reconquête et 44% opposés. La perspective d’une coalition allant du centre jusqu’à la droite radicale ne constitue donc pas un prolongement naturel de l’union entre le centre et la droite classique.

Dans cette configuration, Édouard Philippe dispose d’une certaine avance pour incarner le bloc central. 26% des Français le jugent le mieux placé pour le représenter à la présidentielle, contre 11% pour Gabriel Attal, 7% pour Thierry Breton et 5% pour Sébastien Lecornu. Mais son avantage apparaît surtout lorsqu’on observe les électorats concernés : il est cité par 45% des électeurs Renaissance et par 34% des électeurs LR. Parmi les électeurs d’Emmanuel Macron de 2022, il recueille 41%, devant Gabriel Attal à 26%. Et chez les électeurs de Valérie Pécresse, il atteint 45%, alors qu’Attal n’en recueille que 2%. Édouard Philippe apparaît ainsi comme la personnalité qui dispose aujourd’hui de l’assise la plus transversale entre le centre macroniste et la droite traditionnelle.

Cette position se retrouve dans l’évaluation de ses qualités présidentielles. 44% des Français considèrent qu’Édouard Philippe possède les qualités nécessaires pour exercer la fonction de président de la République, devant Sébastien Lecornu (32%), Gabriel Attal et Thierry Breton autour d’un quart. Surtout, Philippe obtient 92% d’opinions positives chez les électeurs Renaissance et 61% chez les électeurs LR. Gabriel Attal atteint 78% chez Renaissance mais seulement 28% chez LR ; Sébastien Lecornu respectivement 73% et 44%. Le différentiel confirme que l’ancien Premier ministre est aujourd’hui celui qui parvient le mieux à dépasser le seul électorat macroniste.

Le sondage met enfin en évidence la difficulté particulière de l’héritage macroniste. Si Emmanuel Macron soutenait explicitement un candidat en 2027, 43% des Français déclarent que cela leur donnerait moins envie de voter pour lui, contre seulement 3% davantage envie. Même parmi les électeurs LR, 45% indiquent qu’un soutien présidentiel aurait un effet négatif, contre aucun effet positif mesurable ; chez les électeurs Renaissance, en revanche, 16% y verraient un encouragement et 71% déclarent que cela ne changerait pas leur choix.

Le sondage dessine donc un espace central et de droite conscient de sa fragilité et largement favorable à une réduction du nombre de candidatures. Mais derrière ce consensus sur l’unité apparaissent deux difficultés : la définition du périmètre de cette union, notamment vis-à-vis de Reconquête, et le choix de son incarnation. Sur ce second point, Édouard Philippe dispose aujourd’hui d’un avantage net, en particulier par sa capacité à réunir des soutiens à la fois dans l’électorat macroniste et dans celui de la droite traditionnelle.

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Sondage Cluster Le Point

Sondage Présidentielle 2027 pour Le Point : Jean-Luc Mélenchon et Edouard Philippe au coude-à-coude

Marine Le Pen domine très nettement le premier tour, entre 29% et 31,5% selon les scénarios. Son électorat apparaît particulièrement consolidé : elle conserve l’immense majorité de ses électeurs de 2022 et de ceux de Jordan Bardella aux européennes de 2024. Son vote reste nettement plus fort dans les catégories populaires, chez les moins diplômés et les revenus modestes.

Jean-Luc Mélenchon reste solidement installé autour de 17-18% et apparaît donc en situation de qualification potentielle. Il bénéficie lui aussi d’une très forte fidélité de son électorat de 2022 et surtout de celui de LFI aux européennes. Son profil est très marqué par l’âge : il réalise ses meilleurs scores chez les jeunes, tout en conservant une forte implantation dans les catégories modestes. La présence de François Ruffin, testé à 4% dans une troisième hypothèse, ne l’affaiblit que marginalement.

La principale incertitude concerne le bloc central. Édouard Philippe atteint 17-18% et se situe au coude-à-coude avec Mélenchon, tandis que Gabriel Attal ne recueille que 13,5%. Philippe réussit mieux à conserver l’électorat Macron de 2022, mais surtout à attirer des électeurs venus de la droite traditionnelle. Attal séduit légèrement davantage le centre-gauche, sans que cela suffise à compenser cette faiblesse sur sa droite.

Raphaël Glucksmann est en légère progression autour de 11-11,5%. Son électorat est principalement celui de la social-démocratie, déçue par le macronisme et revenue à gauche lors des européennes de 2024, avec un profil plus diplômé et plus aisé que la moyenne. Il dispose donc d’un espace électoral bien identifié, mais reste encore assez loin de la qualification au second tour.

Enfin, Bruno Retailleau oscille entre 6,5% et 9%. Son score dépend fortement de l’offre concurrente : il progresse davantage face à Attal, tandis qu’Édouard Philippe et, dans une moindre mesure, David Lisnard lui disputent directement l’électorat de droite classique.

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Sondage RTL Belgium Cluster 17

Sondage Cluster 17 – RTL Belgium : Défiance politique, réforme de l’État et protection sociale, ce que veulent les Belges francophones

Réalisé par Cluster17 pour RTL Belgium auprès de 1 064 personnes, ce sondage met en évidence une opinion belge francophone à la fois attachée au cadre fédéral actuel, très critique à l’égard du personnel politique et largement favorable à plusieurs mesures de réforme économique et institutionnelle.

Sur le plan institutionnel, 53% souhaitent maintenir le système fédéral actuel, contre 18% qui voudraient renforcer l’autonomie des Régions, 10% passer à un système confédéral et seulement 7% aller jusqu’à la séparation de la Belgique. Le statu quo est particulièrement soutenu par les électeurs Ecolo (70%), PS (61%), MR et Les Engagés (60%). Il existe également un net gradient social : le maintien du système actuel passe de 38% parmi les revenus inférieurs à 1 000 euros à 68% parmi ceux supérieurs à 5 000 euros.

La volonté de Bart De Wever de réformer en profondeur le fonctionnement de l’État partage en revanche presque exactement l’opinion : 50% la soutiennent et 47% s’y opposent. Le clivage est fortement politique : 74% des électeurs MR soutiennent cette orientation, contre 35% des électeurs PS, 31% du PTB et 23% d’Ecolo. Mais la confiance personnelle accordée au Premier ministre est sensiblement plus faible : seuls 37% lui font confiance pour mener à bien les réformes, contre 58% qui ne lui font pas confiance. Elle atteint 71% chez les électeurs MR mais seulement 12% chez ceux du PS et 8% chez ceux d’Ecolo.

Sur la réduction du déficit, certaines mesures recueillent de très larges majorités. 72% sont favorables à une hausse de la fiscalité sur les revenus les plus élevés, 74% à un encadrement plus strict de l’accès aux aides et allocations sociales et 69% à la suppression du niveau provincial. Les mesures touchant directement à la protection sociale sont davantage rejetées : 77% s’opposent à une limitation du remboursement de certains médicaments.

Ces arbitrages sont très politisés. La hausse de la fiscalité sur les hauts revenus est soutenue par 98% des électeurs Ecolo et 92% de ceux du PS et du PTB, contre 49% de ceux du MR. À l’inverse, l’encadrement des aides sociales est approuvé par 89% des électeurs MR, contre 61% au PS, 53% au PTB et seulement 39% chez Ecolo. Le plafonnement des allocations de chômage à un an est également très clivant : 65% de soutien au MR, contre 20% au PS et au PTB et 23% chez Ecolo.

Sur les grands arbitrages sociaux, l’attachement au modèle belge reste très fort : 83% souhaitent maintenir l’indexation automatique des salaires, tandis que 78% refusent que les Belges soient contraints de travailler au-delà de 67 ans. La hausse de la TVA destinée à alléger les impôts sur le travail est rejetée par 54%. Un résultat intéressant tient à la formulation sur le chômage : 62% approuvent le principe de la limitation dans le temps telle qu’elle est actuellement mise en place, alors qu’ils ne sont que 43% à soutenir explicitement un plafonnement à un an.

Le sondage révèle enfin une crise de confiance politique particulièrement profonde : seulement 28% des répondants déclarent faire confiance aux responsables politiques belges, contre 71% qui ne leur font pas confiance. Cette défiance atteint 92% chez les électeurs du PTB et 82% chez les 25-34 ans ; elle est également particulièrement forte chez les ouvriers (79%). Les principales raisons avancées sont le sentiment que les responsables politiques privilégient leur parti ou leur carrière personnelle (58%), qu’ils sont trop éloignés des préoccupations quotidiennes (51%) et qu’ils ne parviennent pas à résoudre les problèmes du pays (35%).

Cette défiance se retrouve dans l’évaluation de la gestion des crises : 57% jugent mauvaise la gestion publique de la canicule et des incendies de l’été 2025, contre 33% qui la jugent bonne. L’appréciation est là encore très partisane : 58% des électeurs MR jugent cette gestion positivement, contre seulement 27% au PS, 16% chez Ecolo et 10% au PTB.

Dans l’ensemble, le sondage dessine donc une opinion qui demande des réformes et accepte certains efforts budgétaires, mais reste très attachée aux mécanismes centraux de protection sociale et profondément méfiante à l’égard de ceux qui sont chargés de conduire ces réformes.

Le sondage complet est à retrouver ci-dessous.

Marine Le Pen peut elle perdre l'élection présidentielle

Marine Le Pen peut-elle encore perdre l’élection présidentielle ?

Pour la première fois, Marine Le Pen aborde une présidentielle en position de favorite, au premier comme au second tour. Elle est donnée autour de 30% au premier tour, l’emporte face aux cinq adversaires testés et 43% des Français la considèrent désormais comme la personnalité ayant le plus de chances d’être élue en 2027.

Dans Le Grand Continent, Jean-Yves Dormagen analyse les raisons de cette nouvelle donne et les mécanismes qui pourraient encore la faire perdre.

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