Cluster-17

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Baromètre présidentiel d’octobre pour Politico (Vague 2) : Marine Le Pen jugée favorite, l’opposition à l’arrivée de LFI au pouvoir domine

À quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, la volonté de faire obstacle à certains camps politiques constitue une dimension importante des rapports de force électoraux. Dans cette nouvelle vague du baromètre Cluster17 pour POLITICO, réalisée du 19 au 22 octobre auprès de 3 000 personnes, les Français étaient notamment invités à désigner le camp politique dont ils souhaiteraient en priorité empêcher l’arrivée au pouvoir. 43% veulent en priorité éviter l’arrivée au pouvoir d’un camp dominé par La France insoumise et ses alliés, contre 30% un camp dominé par le Rassemblement national et 14% le maintien au pouvoir du camp central issu du macronisme.

Cette opposition à l’arrivée au pouvoir de LFI dépasse largement les électorats de droite. Elle constitue la première préoccupation de 79% des électeurs LR des européennes de 2024, de 74% des électeurs RN, mais aussi de 56% des électeurs Renaissance. À l’inverse, empêcher l’arrivée au pouvoir du RN reste l’objectif prioritaire de 79% des électeurs LFI, de 81% des électeurs écologistes et de 67% des électeurs PS-Place publique. Ces résultats font également apparaître des divisions au sein des espaces politiques : parmi les électeurs PS-Place publique, 20% privilégient l’opposition à LFI, tandis que 35% des électeurs Renaissance considèrent que la priorité est d’empêcher l’arrivée au pouvoir du RN.

Marine Le Pen s’impose très nettement comme la personnalité dont la victoire apparaît la plus probable en 2027. Indépendamment de leurs préférences personnelles, 49% des Français estiment qu’elle a aujourd’hui le plus de chances d’être élue présidente de la République, soit une progression de 3 points en un mois. Jean-Luc Mélenchon arrive très loin derrière (11%), suivi d’Édouard Philippe (10%), qui recule de 6 points. Cette anticipation d’une victoire de Marine Le Pen dépasse très largement son propre électorat : elle est considérée comme la candidate la plus susceptible de l’emporter par 49% des électeurs Renaissance des européennes de 2024, 41% des électeurs PS-Place publique et 58% des électeurs LR. Même parmi les électeurs qui envisagent de voter pour Édouard Philippe au premier tour, 51% anticipent une victoire de Marine Le Pen, contre seulement 27% qui pronostiquent celle du maire du Havre.

Le vote totalement exclu concerne une majorité de Français pour chacune des douze personnalités testées. Marine Tondelier et Éric Zemmour arrivent à égalité en tête de cet indicateur : 71% des Français excluent totalement l’éventualité de voter un jour pour eux lors d’une élection présidentielle. Jean-Luc Mélenchon suit de près, avec 69%. Par rapport à septembre, la proportion de Français excluant catégoriquement un vote en faveur de Marine Tondelier et de Jean-Luc Mélenchon augmente de 3 points. Éric Zemmour, nouvellement testé sur cet indicateur, se situe donc d’emblée au niveau le plus élevé. À l’inverse, Marine Le Pen et Raphaël Glucksmann présentent les proportions de vote totalement exclu les plus faibles parmi les douze personnalités, à 52%. Cette proportion diminue notamment de 4 points pour Marine Le Pen, comme pour Bruno Retailleau (54%, -4 points).

Les questions d’image confirment toutefois la défiance générale envers les principales personnalités politiques. Aucune des six personnalités évaluées ne dépasse la note moyenne de 3/10 concernant sa capacité à « rassembler les Français ». Marine Le Pen obtient néanmoins les meilleures évaluations sur plusieurs dimensions importantes : l’étoffe nécessaire pour exercer la fonction présidentielle (4,3/10), la compréhension de la vie quotidienne des Français (4,0/10), la capacité à améliorer la situation du pays (3,6/10) et le pouvoir d’achat (3,6/10). Elle demeure cependant associée à un risque de dérive autoritaire élevé (5,7/10), derrière Jean-Luc Mélenchon (6,6/10). Ce dernier obtient également les notes les plus faibles sur la capacité à rassembler les Français (1,7/10) et le respect des institutions démocratiques (2,5/10). Sur cette dernière dimension, Raphaël Glucksmann (5,8/10) et Édouard Philippe (5,3/10) sont les mieux évalués.

Les attentes des Français envers le prochain président connaissent par ailleurs des évolutions importantes, marquées notamment par la progression des préoccupations sécuritaires. La maîtrise des finances publiques et de la dette et la sécurité dans le pays arrivent désormais à égalité en tête des priorités, citées chacune parmi les trois attentes principales par 31% des répondants. La sécurité intérieure enregistre la plus forte progression du mois (+8 points), tandis que la sécurité de la France face aux menaces extérieures atteint 20% (+4 points). À l’inverse, le pouvoir d’achat recule de 5 points, à 28%, tout en demeurant la troisième attente la plus citée. La maîtrise de l’immigration arrive ensuite à 25%, devant l’amélioration du système éducatif (22%).

Cette évolution s’accompagne d’un recul de plusieurs préoccupations sociales et environnementales. L’amélioration du système de santé passe à 18% (-5 points), tandis que la protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique reculent également de 5 points, à 17%. La réduction des inégalités sociales reste relativement stable à 19%. Les finances publiques occupent une place particulière dans la hiérarchie des attentes : avec 14% des citations en premier choix, il s’agit de l’objectif le plus souvent placé au premier rang, devant le pouvoir d’achat (11%), la sécurité intérieure (10%) et l’immigration (10%).

Les priorités demeurent cependant fortement différenciées selon les électorats. Parmi les électeurs LFI des européennes de 2024, la réduction des inégalités sociales (57%) arrive nettement en tête, devant la protection de l’environnement (43%) et le pouvoir d’achat (41%). Les électeurs écologistes privilégient l’environnement (56%) et les inégalités (47%). À l’inverse, les finances publiques constituent la première priorité des électeurs Renaissance (52%), devant la sécurité face aux menaces extérieures (35%). Les électeurs LR accordent une importance particulièrement forte à la sécurité intérieure (49%) et aux finances publiques (45%), tandis que la maîtrise de l’immigration domine chez les électeurs RN (53%) et Reconquête (60%).

Enfin, les clivages générationnels restent très marqués dans les attentes envers le prochain président. Parmi les 18-24 ans, la protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique (39%) et la réduction des inégalités sociales (38%) figurent parmi les premières priorités. Ces deux attentes ne recueillent respectivement que 13% et 14% chez les 75 ans et plus. Le pouvoir d’achat constitue également une préoccupation particulièrement importante chez les 25-34 ans (38%), contre 14% parmi les 75 ans et plus. À l’inverse, les préoccupations de sécurité et d’immigration occupent une place plus importante parmi les générations intermédiaires et les plus âgées, notamment les 50-64 ans.

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Présidentielle 2027 : Marine Le Pen conforte son avance, Jean-Luc Mélenchon devance désormais Edouard Philippe

Marine Le Pen conforte sa première place dans les intentions de vote, avec des scores compris entre 30,5% et 33% selon les trois hypothèses testées. Dans le scénario principal, elle atteint 33%, soit une progression de 2 points par rapport à septembre. Son électorat reste particulièrement solide : elle conserve 90% de ses électeurs de 2022 et 85% des électeurs RN des européennes de 2024. Son vote demeure fortement structuré par le niveau de diplôme et par l’âge : elle recueille 47% des intentions de vote parmi les personnes n’ayant pas le baccalauréat, contre seulement 18% chez les titulaires d’un bac+5 ou plus. Elle réalise également ses meilleurs scores parmi les 50-74 ans, tandis qu’elle reste nettement plus faible chez les moins de 35 ans.

Jean-Luc Mélenchon confirme sa position de principal concurrent de Marine Le Pen pour l’accès au second tour. Avec des intentions de vote comprises entre 18,5% et 19,5% selon les scénarios, il est en très légère baisse par rapport à septembre, mais bénéficie du recul d’Édouard Philippe pour occuper désormais nettement la deuxième place. Son socle électoral demeure particulièrement fidèle : il rassemble 95 à 96% des électeurs LFI des européennes de 2024 et plus de 80% de ses électeurs de 2022. Il conserve également une implantation très forte chez les jeunes, avec 43% des intentions de vote parmi les 18-24 ans et 41% chez les 25-34 ans dans l’hypothèse principale, contre seulement 10 à 12% chez les 65 ans et plus. Son vote reste également élevé chez les ménages les plus modestes et les plus diplômés.

Le principal enseignement de cette nouvelle vague est le recul d’Édouard Philippe, qui perd 3 points en un mois, passant de 19% à 16%. Désormais distancé de 2,5 points par Jean-Luc Mélenchon, le maire du Havre voit également son avance sur Raphaël Glucksmann se réduire à 3 points. Cette baisse s’accompagne d’un affaiblissement de ses soutiens dans son propre espace électoral. Il ne recueille plus que 49% des intentions de vote parmi les électeurs d’Emmanuel Macron en 2022, contre 58% en septembre, et 64% parmi les électeurs Renaissance des européennes de 2024, contre 77% précédemment. Il recule également parmi les anciens électeurs de Valérie Pécresse, passant de 32% à 18%. Gabriel Attal ne constitue pas, à ce stade, une alternative plus compétitive : testé à la place d’Édouard Philippe, il recueille 12% des intentions de vote, en baisse de 1,5 point, et n’arrive qu’en quatrième position derrière Raphaël Glucksmann (14%).

Raphaël Glucksmann est en légère progression. Il bénéficie de la concurrence avec le bloc central. Il atteint 13% dans l’hypothèse Édouard Philippe (+1 point) et 14% dans celle avec Gabriel Attal. Il conserve une majorité des électeurs PS-Place publique des européennes de 2024 (62 à 64%), mais attire également une fraction importante d’électeurs issus du macronisme : 29% des électeurs d’Emmanuel Macron en 2022 déclarent voter pour lui dans l’hypothèse principale, contre 49% pour Édouard Philippe. Il bénéficie ainsi de la porosité entre les électorats sociaux-démocrates et une partie de l’ancien bloc présidentiel. À l’inverse, François Hollande, testé dans la troisième hypothèse à la place de Raphaël Glucksmann, ne recueille que 6,5% des intentions de vote. Il ne conserve que 39% des électeurs PS-Place publique de 2024, dont 21% se reporteraient alors sur Édouard Philippe et autant sur Jean-Luc Mélenchon.

À droite, Bruno Retailleau reste en difficulté et doit désormais composer avec la concurrence de David Lisnard. Le président des Républicains obtient entre 7% et 10% selon les scénarios, son meilleur résultat étant enregistré face à Gabriel Attal. Dans la troisième hypothèse, David Lisnard atteint 8% des intentions de vote et devance Bruno Retailleau (7%). Cette concurrence se retrouve particulièrement dans l’électorat LR des européennes de 2024 : 36% choisissent Bruno Retailleau et 31% David Lisnard, tandis que 13% se tournent vers Édouard Philippe. Le maire de Cannes parvient également à attirer des électeurs venus d’autres composantes de la droite : 9% des électeurs RN de 2024 et 12% des électeurs d’Éric Zemmour de 2022. Ces résultats témoignent de l’existence d’un espace électoral pour David Lisnard, tout en confirmant la fragmentation persistante des droites hors Rassemblement national.

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Sondage sur la mobilisation lycéenne pour l’Opinion (2e vague) : Après le 17 octobre, entre soutien au mouvement et exigence d’ordre

Après les violences du 17 octobre, le soutien aux revendications résiste, mais la demande de retour à l’ordre progresse fortement. L’enquête réalisée par Cluster17 pour l’Opinion du 19 au 22 octobre 2026, auprès de 3 000 Français, révèle une condamnation quasi unanime de la gestion gouvernementale des manifestations et des blocages. 89% des Français jugent cette gestion inadaptée, soit une progression de 15 points depuis les 7 et 8 octobre. Cette appréciation dépasse largement les clivages partisans : elle est partagée par 99% des électeurs de La France insoumise, 92% de ceux du Rassemblement national et même 70% de ceux du bloc présidentiel aux européennes de 2024. La réponse apportée aux revendications est également très largement désapprouvée, avec 82% de jugements négatifs (+4 points).

Les Français établissent toutefois une distinction très nette entre les responsabilités dans les violences du 17 octobre. Si 80% attribuent une responsabilité importante au gouvernement dans les débordements, 97% mettent également en cause les groupes violents venus provoquer des affrontements ou commettre des dégradations. Surtout, lorsqu’il leur est demandé de désigner un responsable principal, 81% citent les casseurs et les pillards sans lien avec les manifestants, contre 14% le gouvernement et seulement 2% les manifestants. Cette distinction témoigne d’une volonté largement partagée de ne pas assimiler l’ensemble du mouvement aux violences commises en marge des mobilisations.

Le soutien à la mobilisation demeure majoritaire, mais s’érode depuis le début du mois. 53% des Français déclarent soutenir le mouvement lycéen et étudiant, en recul de 4 points, contre 31% qui s’y opposent. Le soutien affirmé recule plus nettement encore, passant de 33% à 22%. Parallèlement, 54% des Français jugent les revendications légitimes, en leur attribuant une note comprise entre 7 et 10. Cependant, 59% souhaitent désormais que le mouvement s’arrête rapidement (+6 points), tandis que 24% seulement souhaitent qu’il s’étende et se renforce (−12 points). Ces résultats montrent une opinion encore réceptive aux revendications sociales, mais de plus en plus préoccupée par la poursuite de la mobilisation et ses conséquences.

La question du maintien de l’ordre révèle une polarisation politique particulièrement forte. Parmi les répondants qui ne jugent pas adaptée la gestion des manifestations, ou ne savent pas se prononcer sur celle-ci, 60% considèrent désormais la réponse des pouvoirs publics insuffisamment ferme (+25 points), contre 29% qui la jugent trop ferme (−22 points). Les différences entre électorats sont considérables : 91% des électeurs LFI interrogés dans ce sous-échantillon dénoncent une réponse trop ferme, tandis que 90% des électeurs LR et 87% des électeurs RN la jugent insuffisamment ferme. Cette évolution se retrouve dans les priorités assignées au gouvernement : 42% des Français privilégient désormais le rétablissement de l’ordre ou la fin des blocages, soit une progression cumulée de 15 points pour ces deux réponses. Les concessions rapides aux revendications demeurent néanmoins la première réponse individuellement citée, à 37%.

Enfin, l’enquête met en évidence un profond sentiment d’injustice générationnelle qui contribue à éclairer le soutien à la mobilisation. Parmi les 18-34 ans, 74% estiment appartenir à une génération ayant eu moins de chances de réussir que les précédentes, contre seulement 7% des 65 ans et plus. De même, 78% des jeunes adultes considèrent que les politiques publiques bénéficient davantage aux seniors qu’aux jeunes. Cette perception d’un déséquilibre générationnel s’accompagne d’un soutien particulièrement élevé à la mobilisation chez les 18-34 ans (68%). Au-delà de la crise actuelle et de la question du maintien de l’ordre, ces résultats soulignent l’importance des frustrations et des inquiétudes qui traversent les jeunes générations.

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Présidentielle 2027 : David Lisnard s’installe face à Bruno Retailleau, mais Edouard Philippe conserve l’avantage

Notre dernier sondage pour Le Point, réalisé les 14 et 15 octobre 2026 auprès de 1 263 personnes, confirme l’émergence de David Lisnard dans la compétition à droite. Dans l’hypothèse où Édouard Philippe, Bruno Retailleau et David Lisnard sont tous les trois candidats, le maire de Cannes recueille 7% des intentions de vote, soit autant que Bruno Retailleau. Édouard Philippe reste nettement devant, à 17%, tandis que Marine Le Pen domine le premier tour avec 31%, devant Jean-Luc Mélenchon à 18%.

L’égalité entre David Lisnard et Bruno Retailleau recouvre cependant deux dynamiques assez différentes. Le président des Républicains conserve un avantage dans le cœur de l’électorat LR : 36% des électeurs de la liste LR aux européennes de 2024 votent pour lui, contre 23% pour David Lisnard. Mais ce dernier semble davantage capable de sortir de ce périmètre : il recueille notamment 11% des électeurs RN et 15% de ceux de Reconquête, contre respectivement 5% et 8% pour Bruno Retailleau. Chez les électeurs de Valérie Pécresse de 2022, les deux hommes sont à égalité, à 27%.

Les priorités de ces deux électorats permettent de mieux comprendre ce qui distingue aujourd’hui les deux candidatures. La réduction de l’immigration arrive en tête dans les deux cas, citée par 54% des électeurs Lisnard et 63% des électeurs Retailleau. Mais les électeurs de Bruno Retailleau mettent ensuite l’accent sur la lutte contre l’insécurité (44%), tandis que ceux de David Lisnard placent la baisse des cotisations en deuxième position (38%). Son électorat dessine ainsi une droite plus nettement libérale sur le plan économique, quand celui de Bruno Retailleau reste davantage structuré par les enjeux régaliens.

Cette singularité apparaît également dans les références internationales. Giorgia Meloni rassemble très largement les deux électorats, avec 89% de bonnes opinions parmi les électeurs Lisnard et 83% chez ceux de Retailleau. Mais Javier Milei constitue un marqueur beaucoup plus distinctif : 59% des électeurs de David Lisnard en ont une bonne opinion, contre 38% de ceux de Bruno Retailleau et seulement 13% des électeurs d’Édouard Philippe. À l’inverse, Volodymyr Zelensky bénéficie d’une image positive auprès de 91% des électeurs Philippe, 66% des électeurs Retailleau et seulement 49% des électeurs Lisnard. Ce dernier électorat apparaît donc à la fois plus libéral économiquement et sensiblement plus distant du centre sur les questions internationales.

Le principal handicap de David Lisnard reste néanmoins sa notoriété et, plus largement, sa stature présidentielle. 22% des Français disent ne pas suffisamment le connaître pour se prononcer sur ses qualités présidentielles, une proportion sans commune mesure avec celle observée pour Bruno Retailleau. Au total, 20% des Français considèrent que David Lisnard possède les qualités nécessaires pour exercer la fonction de président de la République, contre 34% pour Bruno Retailleau et 39% pour Édouard Philippe.

Le test du candidat unique montre justement à la fois le potentiel et les limites actuelles de David Lisnard. Lorsqu’il est présenté comme seul candidat du bloc central et de LR, il obtient 17%, quasiment autant que Bruno Retailleau (17,5%) et le même score que Gabriel Attal (17%), mais il reste derrière Édouard Philippe, qui atteint 20%. Aucun de ces scénarios ne permet toutefois de retrouver les 31% que Philippe, Retailleau et Lisnard cumulent lorsqu’ils sont tous les trois candidats. Marine Le Pen monte alors à 34,5%-35,5% et Jean-Luc Mélenchon se situe autour de 20%. Seul Édouard Philippe fait jeu égal avec lui pour la deuxième place.

David Lisnard présente néanmoins un profil de rassemblement intermédiaire entre Philippe et Retailleau. Sur 100 électeurs ayant choisi l’un des trois hommes dans l’offre ouverte, Édouard Philippe en conserve 65 lorsqu’il devient candidat unique, David Lisnard 57, contre seulement 48 pour Bruno Retailleau ou Gabriel Attal. Avec Lisnard, les pertes sont davantage réparties entre la droite, la gauche et l’abstention ; avec Retailleau, la fuite s’effectue surtout vers la gauche, tandis qu’avec Philippe elle se produit principalement vers Marine Le Pen, Éric Zemmour ou Nicolas Dupont-Aignan.

C’est toute la difficulté d’une éventuelle union du bloc central et de la droite : les électorats ne sont pas interchangeables. Lorsque Philippe est le candidat unique, seuls 23% des électeurs Retailleau et 26% des électeurs Lisnard le suivent, tandis que respectivement 60% et 53% partent vers Le Pen, Zemmour ou Dupont-Aignan. Entre Lisnard et Retailleau, les transferts sont plus importants : 49% des électeurs Retailleau suivent David Lisnard lorsqu’il est candidat unique, et 42% des électeurs Lisnard choisissent Bruno Retailleau dans la configuration inverse. Cela confirme l’existence d’un espace électoral commun à droite, mais aussi les difficultés à y agréger sans perte l’électorat central.

David Lisnard apparaît donc désormais comme un acteur réel de la compétition présidentielle, sans avoir encore franchi le seuil qui ferait de lui le principal candidat du centre et de la droite. Son niveau de 7% dans une offre très concurrentielle le place à hauteur de Bruno Retailleau alors même qu’il demeure beaucoup moins connu. Son électorat présente en outre une identité propre : plus actif, plus indépendant et davantage marqué par le libéralisme économique. Il paraît capable de circuler entre la droite LR, une partie de l’électorat central et certains électeurs venus de l’extrême droite. Mais Édouard Philippe conserve à ce stade un double avantage : une stature présidentielle nettement plus installée et une meilleure capacité à atteindre le niveau nécessaire pour disputer la qualification à Jean-Luc Mélenchon.

Résultats complets ci-dessous :

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Sondage pour Marianne sur les écrits antisémites attribués à Jordan Bardella : une affaire qui fragilise l’image du président du RN sans ébranler son socle électoral

L’étude, réalisée par Cluster17 du 7 au 9 octobre 2026 auprès de 1 271 Français, montre d’abord que l’affaire des messages privés attribués par Mediapart à Jordan Bardella a bénéficié d’une très forte visibilité : 91% des personnes interrogées déclarent en avoir entendu parler et 78% disent voir précisément de quoi il s’agit. La notoriété de l’affaire atteint même 98% chez les 18-34 ans, contre 84% chez les 65 ans et plus.

Les Français sont une majorité à juger la version de Mediapart plus crédible

Interrogés sur les deux versions qui s’opposent, 56% des Français accordent davantage de crédibilité à Mediapart, dont 40% qui jugent sa version « nettement plus crédible ». À l’inverse, seuls 18% considèrent la version de Jordan Bardella comme la plus crédible.

Ce jugement est cependant extrêmement dépendant des préférences politiques. La version de Mediapart est jugée la plus crédible par 97% des électeurs LFI des européennes, 86% des électeurs écologistes, 83% de ceux du PS/Place publique et encore 67% de ceux de Renaissance-MoDem-Horizons. À l’inverse, 63% des électeurs RN accordent davantage de crédit à Jordan Bardella, tout comme 54% de ceux de Reconquête. Les électeurs LR se distinguent par une position beaucoup plus indécise : 28% privilégient Mediapart et 14% Bardella, une part importante estimant ne pas disposer de suffisamment d’éléments pour trancher.

L’âge de Jordan Bardella au moment des faits ne constitue pas une excuse pour une courte majorité

Dans l’hypothèse où les messages seraient authentiques, 50% des Français considèrent que le fait que Jordan Bardella ait eu 17 ans à l’époque ne constitue pas une excuse, contre 46% qui jugent au contraire que cela en est une.

Ici encore, les appartenances politiques structurent presque entièrement les réponses. 87% des électeurs RN et 88% des électeurs de Reconquête considèrent son âge comme une excuse, contre seulement 15% des électeurs LFI, 18% de l’électorat écologiste et 21% des électeurs PS/Place publique. Les électeurs Renaissance sont davantage partagés, avec 38% qui estiment que son âge constitue une excuse contre 57% qui pensent l’inverse.

Une image du RN qui reste fortement associée au racisme et à l’antisémitisme

Au-delà du cas personnel de Jordan Bardella, l’enquête met en évidence la persistance d’une image négative du Rassemblement national sur ces enjeux. Près des deux tiers des Français (64%) considèrent que le RN véhicule des idées racistes et 57% estiment qu’il véhicule des idées antisémites. À l’inverse, seuls 42% jugent que le parti s’est éloigné des idées antisémites qui ont pu être associées au Front national par le passé et 29% considèrent qu’il lutte aujourd’hui de manière crédible contre l’antisémitisme.

Une affaire qui renforce surtout des opinions déjà constituées

L’un des principaux enseignements du sondage tient au faible nombre de Français déclarant avoir directement changé d’opinion sur Jordan Bardella. Pour 49%, l’affaire vient avant tout confirmer l’opinion négative qu’ils avaient déjà de lui. 22% affirment qu’elle ne change rien à leur jugement et 12% désapprouvent les propos attribués au président du RN sans pour autant modifier réellement l’opinion qu’ils ont de lui. Seulement 3% disent que l’affaire dégrade directement leur image de Jordan Bardella.

Cette logique est particulièrement visible parmi ses soutiens. Chez les électeurs RN des européennes de 2024, 46% déclarent que l’affaire ne change pas leur opinion de Jordan Bardella, 19% désapprouvent les propos sans changer vraiment d’avis sur lui, tandis que 28% disent même qu’elle améliore ou renforce leur opinion positive.

Une majorité considère néanmoins que l’affaire pourrait empêcher sa nomination à Matignon

Les conséquences potentielles apparaissent plus importantes lorsque les Français sont interrogés sur l’éventuel exercice du pouvoir par le Président du RN. 62% considèrent que l’affaire serait suffisamment grave pour que Jordan Bardella ne soit pas nommé Premier ministre si le Rassemblement national accédait au pouvoir, contre 30% qui pensent le contraire.

Cette opinion atteint 93% chez les électeurs LFI, 86% chez ceux des Écologistes et du PS/Place publique et 84% parmi les électeurs Ensemble. Elle ne rassemble en revanche que 13% des électeurs RN et 7% de ceux de Reconquête. Les électeurs LR sont à nouveau beaucoup plus partagés : 40% jugent l’affaire suffisamment grave pour empêcher une nomination à Matignon, contre 44% qui ne le pensent pas.

Peu d’impact électoral au sein du cœur de l’électorat RN

Enfin, malgré l’ampleur de l’affaire, son impact potentiel sur le vote apparaît limité. Pour 69% des Français, elle ne change rien à la probabilité qu’ils votent à l’avenir pour un candidat du Rassemblement national. Elle rend ce vote moins probable pour un Français sur cinq (20%).

Surtout, le socle électoral du RN apparaît très peu déstabilisé : parmi ses électeurs aux européennes de 2024, 68% déclarent que l’affaire ne change rien à leur propension à voter pour un candidat du parti et 27% affirment même qu’elle rend ce vote plus probable, tandis que seulement 4% répondent qu’il devient moins probable.

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Sondage sur la mobilisation lycéenne pour l’Opinion : un mouvement majoritairement soutenu par les Français, mais des clivages politiques et générationnels profonds

Cluster17 a réalisé pour le journal L’Opinion une enquête sur le mouvement lycéen. L’échantillon est de 1 271 personnes, interrogées entre le 7 et le 9 octobre 2026. Voici les principaux éléments à en retenir :

La mobilisation lycéenne est très largement connue des Français : 92% en ont entendu parler, dont 86% disent voir très bien de quoi il s’agit. Elle bénéficie surtout d’un soutien majoritaire : 57% des Français déclarent soutenir le mouvement, contre 33% qui s’y opposent. Un tiers (33%) le soutient même « tout à fait ».

Ce soutien est profondément clivé politiquement. Il atteint 98% chez les électeurs LFI aux européennes, 88% chez les écologistes et 74% parmi les électeurs PS/Place publique. À l’inverse, il devient minoritaire chez les électeurs Renaissance/MoDem/Horizons (29%), LR (24%), RN (33%) et Reconquête (11%). La fracture est également générationnelle. Le mouvement est soutenu par 72% des 18-34 ans, contre 56% des 35-49 ans, 52% des 50-64 ans et 49% des 65 ans et plus. Surtout, 57% des 18-34 ans le soutiennent « tout à fait », contre seulement 24% des seniors.

Le jugement porté sur l’action du gouvernement est, lui, particulièrement sévère : 78% des Français considèrent que sa réponse aux revendications n’est pas adaptée, dont 53% « pas du tout ». De même, 74% jugent inadaptée la manière dont sont gérés les manifestations et les blocages.

Mais cette désapprobation repose sur deux critiques opposées. Parmi ceux qui jugent la gestion inadaptée, 52% la trouvent trop ferme quand 35% ne l’estiment pas assez ferme. Les électeurs LFI (86%), écologistes (78%) et PS/Place publique (67%) dénoncent principalement un excès de fermeté ; à l’inverse, les électeurs LR (81%), RN (78%) et Reconquête (90%) souhaitent davantage de fermeté.

Le principal paradoxe du sondage tient cependant au devenir de la mobilisation : si 57% des Français la soutiennent, 53% souhaitent désormais qu’elle s’arrête le plus vite possible, contre 35% qui souhaitent qu’elle s’étende et se renforce. Le soutien aux revendications ne signifie donc pas nécessairement une volonté de voir la contestation se prolonger.

Cette question fait apparaître une différence particulièrement nette au sein même de la gauche. 92% des électeurs LFI souhaitent que le mouvement s’étende, ainsi que 58% des électeurs écologistes. Les électeurs PS/Place publique sont beaucoup plus réservés : seuls 35% souhaitent son renforcement, contre 45% qui préfèrent qu’il s’arrête, alors même que 74% déclaraient soutenir le mouvement.

Face à la crise, 40% des Français souhaitent en priorité que le gouvernement réponde rapidement à une partie des revendications des lycéens, et 22% qu’il ouvre une négociation. Les options principalement sécuritaires arrivent derrière : 16% souhaitent d’abord rétablir l’ordre et 11% mettre fin aux blocages, y compris en utilisant davantage les forces de l’ordre.

Au-delà de la mobilisation, l’enquête révèle aussi un profond sentiment d’injustice générationnelle. 53% des Français estiment que les politiques publiques bénéficient davantage aux seniors qu’aux jeunes. Ce sentiment atteint 83% chez les 18-34 ans, contre seulement 32% chez les 65 ans et plus. De même, 79% des 18-34 ans estiment appartenir à une génération ayant eu moins de chances de réussir que les précédentes, quand 58% des seniors considèrent au contraire que leur génération a eu davantage de chances.

Enfin, une partie des revendications concrètes des lycéens sont largement approuvées : 70% jugent juste la réduction du nombre d’élèves par classe, 67% la rénovation des collèges et lycées et 65% le recrutement de personnels scolaires. La réforme de Parcoursup est également majoritairement soutenue (54%), tandis que l’allègement des journées des lycéens convainc moins (36%).

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Primaire PS/Place publique/GRS : un intérêt limité chez les Français et peu d’espoir de victoire

La primaire organisée par le Parti socialiste, Place publique et la Gauche républicaine et socialiste suscite un intérêt limité : seuls 20% des Français déclarent s’y être intéressés. Elle mobilise avant tout son cœur de cible : 53% des électeurs PS/Place publique aux européennes disent avoir été intéressés, contre 39% des électeurs écologistes. Fait notable, les électeurs Ensemble/Renaissance sont deux fois plus nombreux que ceux de LFI à s’y être intéressés (30% contre 14%). Du côté des clusters, c’est clairement la frange la plus élitaire, aisée et modérée de la gauche qui s’intéresse à cette primaire : seuls les Sociaux-Démocrates sont majoritairement intéressés (53%), loin devant les Modérés (36%).

Un mode de désignation relativement accepté dans son camp

Le principe même de la primaire est davantage accepté que l’événement ne suscite d’intérêt : 32% considèrent qu’il s’agit d’un bon moyen de désigner le candidat socialiste, contre 43% qui pensent l’inverse. L’adhésion est plus forte chez les électeurs PS/Place publique (48%), mais aussi chez les électeurs Ensemble/Renaissance (44%) et écologistes (40%). À l’inverse, elle s’effondre chez les électeurs LFI (17%). La primaire apparaît donc relativement légitime dans un espace allant du centre à la gauche social-démocrate et écologiste, mais beaucoup moins au sein de la gauche mélenchoniste.

Une primaire qui ne crée aucun élan présidentiel

Le principal problème est ailleurs : seuls 15% des Français souhaitent que le vainqueur de cette primaire remporte l’élection présidentielle. Ce souhait n’est majoritaire que chez les Sociaux-Démocrates (59%) ; il atteint 57% parmi les électeurs PS/Place publique et 40% chez les écologistes. Là encore, les électeurs Ensemble/Renaissance sont plus nombreux à souhaiter sa victoire que ceux de LFI (14% contre 6%), même si les niveaux restent très faibles.

Surtout, presque personne ne croit réellement à la victoire du candidat désigné : 3% seulement la jugent probable, contre 88% improbable. Même dans le cœur électoral concerné, le scepticisme domine très largement : seuls 11% des électeurs PS/Place publique croient à une victoire. Les Sociaux-Démocrates sont eux-mêmes seulement 13% à la juger probable. Les électeurs Ensemble/Renaissance se montrent également légèrement plus optimistes (7%) que ceux de LFI (1%), sans que cela traduise pour autant une véritable croyance dans les chances de victoire.

Un important déficit de présidentialité

Aucun des candidats testés ne parvient à incarner une véritable stature présidentielle. Raphaël Glucksmann arrive en tête, mais avec seulement 22% estimant qu’il possède les qualités nécessaires pour exercer la fonction, devant Ségolène Royal (20%) et Olivier Faure (12%). Jérôme Guedj atteint 11% et Emmanuel Maurel 4%. Ces deux derniers pâtissent en outre d’un important déficit de notoriété, particulièrement marqué pour Emmanuel Maurel.

Le profil de Glucksmann confirme d’ailleurs le positionnement très spécifique de cette primaire : 55% des électeurs PS/Place publique lui reconnaissent des qualités présidentielles, mais également 42% des électeurs Ensemble/Renaissance, contre seulement 2% des électeurs LFI.

La stratégie pour 2027 : une gauche profondément divisée sur LFI

Enfin, aucune stratégie ne s’impose véritablement pour 2027 : 26% souhaitent une candidature commune de toute la gauche incluant LFI, 25% une alliance de gauche sans LFI, 15% préfèrent soutenir le candidat le mieux placé pour éviter un duel Mélenchon-Le Pen et seulement 13% souhaitent aller jusqu’au bout avec le vainqueur de la primaire.

Cette fragmentation traverse directement l’électorat de gauche. Les électeurs LFI (83%) et écologistes (53%) privilégient nettement l’union incluant LFI, tandis que les électeurs PS/Place publique sont exactement partagés : 34% pour une alliance avec LFI et 34% pour une alliance sans LFI.

Les électeurs Ensemble/Renaissance se situent à l’exact opposé : seuls 8% souhaitent une union de toute la gauche incluant LFI, tandis que 36% privilégient une alliance de gauche sans LFI et 40% le soutien au candidat le mieux placé pour éviter un second tour Mélenchon-Le Pen. Cette proximité sur plusieurs questions entre une partie de l’électorat socialiste et l’ancien électorat macroniste souligne l’existence d’un espace politique concurrent de celui de l’union de la gauche.

Le clivage apparaît également au sein des clusters : même chez les Sociaux-Démocrates, pourtant plus modérés, l’option d’une union incluant LFI arrive en tête à 35%, devant l’union sans LFI (27%). Elle recueille également 34% chez les Modérés. La place à accorder à LFI apparaît ainsi comme le principal facteur de division stratégique du camp socialiste et, plus largement, de l’électorat de gauche.

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Baromètres personnalités

Baromètre des personnalités Le Point / Cluster17 – Octobre 2026 : Un net recul pour Jordan Bardella et Marine Le Pen

En ce mois d’octobre, beaucoup de personnalités subissent une baisse de popularité. Jordan Bardella est l’un de ceux pour qui le désaveu est le plus fort : le président du Rassemblement National passe de 35% à 30% de popularité par rapport à septembre, soit une baisse de 5 points, ce qui ne l’empêche pas de conserver sa deuxième place. Avec 34% d’opinions positives, Marine Le Pen, qui garde la tête du classement, chute également de 4 points.

Jordan Bardella recule dans son propre électorat aux élections européennes de 2024 (-4 points), mais il perd surtout chez LR (-16) et Reconquête (-9), et dans une moindre mesure chez les électeurs Renaissance (-5). Marine Le Pen paraît mieux résister que celui-ci dans son cœur électoral : elle conserve 94% de popularité parmi ses électeurs de 2022, contre 85% pour Jordan Bardella. Ce dernier y perd 8 points sur un mois, contre 3 seulement pour la candidate du RN à l’élection présidentielle.

Du fait de la baisse de ses concurrents, Jean-Luc Mélenchon (26%), stable par rapport au mois dernier, se hisse sur le podium. Cette troisième place s’inscrit dans une tendance à la hausse du candidat de LFI à l’élection présidentielle ces derniers mois. Comme souvent, Jean-Luc Mélenchon obtient le troisième meilleur score de soutien (17%) du classement, derrière Marine Le Pen (21%) et Jordan Bardella (19%).

Sébastien Lecornu, lui aussi stable à 26%, passe de la 6e à la 4e place. Il se place derrière Jean-Luc Mélenchon du fait d’un moindre score de soutien (9%). Le Premier ministre obtient 3,1/10 comme note donnée à son action, en légère baisse de 0,1 point par rapport à septembre. Loin derrière dans le classement, Emmanuel Macron est également stable par rapport au mois dernier, avec seulement 17% d’opinions favorables. La note donnée à son action reste elle aussi inchangée à 2,4/10. Le Président de la République est la troisième personnalité la plus rejetée du classement, avec 67% des Français qui déclarent ne pas l’apprécier.

En cinquième position, François Ruffin, lui aussi stable depuis septembre, suscite une opinion favorable d’un quart des Français (25%, dont 5% de soutien). Profitant lui aussi de la baisse généralisée des personnalités testées, il progresse de deux places. Avec la 3e place de Jean-Luc Mélenchon et la 5e de François Ruffin, la gauche place deux personnalités dans le top 5 du classement, ce qui n’était pas arrivé depuis de nombreux mois.

Concernant le bloc central, Edouard Philippe et Gabriel Attal reculent tous deux de 5 points. Les conséquences sur leur classement sont particulièrement importantes : Édouard Philippe recule de la 3e à la 12e place, tandis que Gabriel Attal passe de la 9e à la 20e place.

Edouard Philippe baisse surtout auprès des électeurs LR (-19 points) aux européennes de 2024. Gabriel Attal connaît surtout une forte baisse auprès de l’électorat Renaissance (-15), ainsi que chez PS/Place publique (-10). En parallèle, Gabriel Attal perd 9 points parmi les électeurs d’Emmanuel Macron de 2022. Il est, avec 59% de popularité, la troisième personnalité la plus populaire auprès de cet électorat, nettement derrière Édouard Philippe (69%) et Sébastien Lecornu (67%).

Dans le reste du classement, Dominique de Villepin recule de 2 points et passe de la 4e à la 6e place, Raphaël Glucksmann perd 3 points et tombe de la 8e à la 14e position, tandis que Gérald Darmanin recule de 4 points et se retrouve 21e. À l’inverse, Sarah Knafo est l’une des rares personnalités à progresser, avec +1 point ; elle atteint la 7e place.

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Intentions de vote pour les élections législatives italiennes : Fratelli d’Italia reste largement en tête, mais l’émergence de Futuro Nazionale rebat les cartes à droite

Cluster17 a mené pour le média italien Il Fatto Quotidiano un sondage d’intentions de vote pour les élections législatives italiennes auprès d’un échantillon de 1 580 personnes. Avec 25,9% des intentions de vote, Fratelli d’Italia reste très nettement le premier parti italien, devant le Parti Démocrate (19,1%) et le Mouvement 5 étoiles (13,6%). Ce trio demeure au cœur du système partisan, mais le principal fait nouveau est la percée de Futuro Nazionale.

Le parti fondé par Roberto Vannacci atteint déjà 9,2% des intentions de vote, devant AVS (7,5%), Forza Italia (7%) et la Lega (4,5%). Il s’installe ainsi immédiatement comme une force de premier plan et modifie surtout la hiérarchie interne à la droite italienne. Cette percée se fait très largement au détriment de la Lega : 48% de ses électeurs des européennes de 2024 déclarent désormais vouloir voter Futuro Nazionale. La Lega ne conserve plus que 31% de cet électorat et en cède encore 17% à Fratelli d’Italia. Futuro Nazionale attire également 14% des électeurs de FdI : la concurrence portée par Vannacci se déploie donc presque entièrement à l’intérieur de la droite.

Le principal enseignement de cette enquête : un rapport de forces ouvert entre les blocs, mais profondément recomposé

Le front progressiste rassemblant PD, M5S, AVS, +Europa et Italia Viva atteint 44,2%, soit 5,5 points de plus que la coalition de centre-droit actuellement au pouvoir, qui totalise 38,7% avec Fratelli d’Italia, Forza Italia, la Lega et Noi Moderati.

Ce résultat traduit aussi un rééquilibrage interne à gauche : le M5S et AVS cumulent 21,1%, davantage que le seul PD (19,1%). Le Parti Démocrate reste la première force du camp progressiste, mais il n’en constitue plus à lui seul le centre de gravité incontestable.

L’équilibre s’inverse en revanche si Futuro Nazionale rejoint le centre-droit : cet ensemble atteindrait alors 47,9%, contre 44,2% pour le front progressiste. Avec Azione à 4,5% en dehors des deux principaux blocs, la place de Futuro Nazionale devient donc décisive pour l’issue d’une future compétition électorale.

Des fidélités électorales très contrastées

Le Mouvement 5 étoiles apparaît comme la force la plus solide électoralement : 95% de ses électeurs des européennes de 2024 déclarent vouloir à nouveau voter pour lui. À l’inverse, le PD conserve 69% de son électorat européen et en perd notamment 8% vers AVS, 6% vers le M5S et 6% vers Azione. AVS ne conserve pour sa part que 59% de ses électeurs de 2024 et en voit 23% se reporter vers le M5S.

Fratelli d’Italia conserve une fidélité élevée mais moins massive : 73% de ses électeurs des européennes de 2024 restent fidèles au parti de Giorgia Meloni. Le contraste avec la Lega est particulièrement net : entre la concurrence de FdI et l’essor de Futuro Nazionale, le parti de Matteo Salvini apparaît comme le principal perdant de la recomposition actuelle.

Une photographie sociale des électorats particulièrement contrastée

Le M5S conserve un ancrage populaire très marqué. Il atteint 45% parmi les niveaux de diplôme les plus faibles et 30% chez les personnes disposant de moins de 1 000 € de revenus mensuels. Dans cette catégorie de revenus, il fait jeu égal avec Fratelli d’Italia, également à 30%. Le M5S est aussi extrêmement dominant chez les « Rivoltati » (Révoltés), à 82%, et atteint 29% chez les « Euroscettici » (Eurosceptiques).

Fratelli d’Italia présente de son côté un électorat à la fois populaire et relativement transversal. Le parti atteint 33% chez les ouvriers, 30% chez les retraités et 38% parmi les personnes déclarant entre 1 000 et 1 500 € de revenus mensuels. Il reste néanmoins compétitif dans toutes les catégories de revenus : même au-dessus de 5 000 € mensuels, il recueille encore 18%. Dans la typologie Cluster17, FdI domine très nettement les Identitaires (59%), les Conservateurs modérés (50%) et les Nationaux-populaires (47%).

Le Parti Démocrate se distingue par un profil plus féminin et plus diplômé. Il recueille 22% chez les femmes contre 16% chez les hommes et atteint 24% parmi les titulaires d’un master ou d’un doctorat. Il est en revanche nettement plus faible parmi les catégories les plus modestes : seulement 6% chez les personnes disposant de moins de 1 000 € de revenus mensuels. Dans la typologie Cluster17, son principal bastion reste celui des Social-démocrates, où il atteint 53%.

Futuro Nazionale possède un profil beaucoup plus typé. Le parti recueille 12% chez les hommes contre 6% chez les femmes, atteint 42% chez les travailleurs indépendants et 34% chez les « Autoritari » (Autoritaires). Il obtient également 11% parmi les diplômés du supérieur, ce qui montre que son électorat ne se réduit pas aux catégories populaires ou aux anciens électeurs de la Lega.

Le clivage générationnel est enfin particulièrement marqué. Chez les 18-34 ans, les forces progressistes totalisent 53% des intentions de vote, soit plus du double de la coalition de centre-droit actuelle (26%). Futuro Nazionale atteint néanmoins déjà 11% chez les plus jeunes. À mesure que l’âge augmente, le rapport de forces se rapproche du niveau national et Fratelli d’Italia atteint son meilleur score chez les 65 ans et plus, à 28%.

Lien vers l’article d’Il Fatto Quotidiano : https://www.ilfattoquotidiano.it/in-edicola/articoli/2026/10/05/il-sondaggio-cluster-17-per-il-fatto-il-campo-largo-puo-vincere-la-destra-sempre-ostaggio-dei-voti-di-vannacci/8527450/

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Le regard des Français sur l’autorisation et la réévaluation des pesticides

Cluster17 a mené en septembre une étude auprès d’un échantillon de 2 045 personnes sur le rapport des Français aux pesticides. Les résultats font apparaître un large attachement au principe de réévaluation scientifique périodique des pesticides. 83% des Français souhaitent maintenir ce principe, contre seulement 7% qui préféreraient permettre à certaines substances de rester autorisées sans réévaluation systématique ; 10% ne se prononcent pas.

Ce consensus est toutefois plus ou moins marqué selon les sensibilités politiques. Le maintien d’une réévaluation périodique atteint 96% parmi les électeurs LFI et 100% parmi ceux des Écologistes aux dernières élections européennes, contre 76% chez les électeurs LR, 69% chez ceux du RN et 70% chez ceux de Reconquête. Le même gradient apparaît en fonction du vote présidentiel de 2022 : 97% des électeurs de Yannick Jadot et 91% de ceux de Jean-Luc Mélenchon défendent la réévaluation périodique, contre 71% des électeurs de Marine Le Pen et 69% de ceux d’Éric Zemmour.

Sur les deux substances testées, une majorité absolue se prononce pour l’interdiction : 54% pour le glyphosate comme pour l’acétamipride. Une part importante des Français privilégie toutefois leur maintien sous condition d’une réévaluation scientifique régulière : 31% pour le glyphosate et 28% pour l’acétamipride. À l’inverse, l’autorisation sans échéance systématique de réévaluation ne rassemble que 3% dans les deux cas. Les résultats concernant les deux substances sont donc remarquablement proches.

C’est sur cette question de l’interdiction que les clivages politiques deviennent particulièrement nets. Pour le glyphosate, l’interdiction est souhaitée par 92% des électeurs écologistes et 91% des électeurs LFI, puis 72% des électeurs PS-Place publique. Elle tombe à 43% chez les électeurs Renaissance, 33% au RN et 26% chez LR comme chez Reconquête. L’acétamipride produit une structure quasiment identique : 94% des électeurs LFI et 89% des électeurs écologistes souhaitent son interdiction, contre 39% chez Renaissance, 33% au RN, 27% chez Reconquête et 26% chez LR.

L’âge joue également davantage sur l’interdiction des substances que sur le principe général de réévaluation. Les 18-34 ans sont les plus favorables à une interdiction : 61% pour le glyphosate et 65% pour l’acétamipride, contre environ 50% parmi les 65 ans et plus.

Le sondage révèle donc un consensus très large sur la nécessité de conserver un contrôle scientifique périodique des pesticides, tandis que la question de leur interdiction est beaucoup plus politiquement clivée. Les Français se montrent néanmoins très peu nombreux à défendre une autorisation durable sans réévaluation régulière, quelle que soit la substance considérée.

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