Analyses

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Sondage dans 6 pays européens pour Politico : Vers une recomposition des perceptions géopolitiques et stratégiques en Europe ?

Cluster17 publie une nouvelle enquête réalisée pour POLITICO et beBartlet auprès de 6 698 citoyens dans 6 pays européens (France, Allemagne, Italie, Espagne, Pologne et Belgique).

Les résultats mettent en évidence une évolution profonde des perceptions géopolitiques des Européens. Si la Russie demeure très largement identifiée comme la principale menace (70 %), les États-Unis apparaissent désormais comme une source d’inquiétude majeure : 36 % des répondants les considèrent comme une menace, contre 29 % pour la Chine. Dans quatre pays sur six (Espagne, Italie, Belgique, Allemagne), les États-Unis sont même perçus comme une menace plus importante que la Chine, marquant un basculement inédit dans l’ordre des représentations stratégiques.

Ce déplacement des perceptions s’accompagne d’un soutien massif au renforcement de la souveraineté européenne en matière de défense. 86 % des répondants estiment que l’Europe doit développer ses propres capacités de défense, et 69 % se déclarent favorables à la création d’une armée européenne commune. De même, le principe de solidarité militaire reste largement partagé : 76 % des Européens soutiennent l’idée d’intervenir pour défendre un allié de l’OTAN, et 81 % pour défendre un État membre de l’Union européenne.

Cependant, cette adhésion de principe se heurte à une réticence nette dès lors que l’engagement devient personnel. Seuls 19 % des répondants se disent prêts à prendre les armes en cas d’attaque de leur pays, tandis que 47 % privilégieraient des formes d’engagement non combattantes. Ce décalage souligne les tensions auxquelles sont confrontés les gouvernements européens dans la montée en puissance des politiques de défense.

Les opinions apparaissent également fragmentées sur les moyens à mobiliser. Sur les dépenses militaires, les Européens se répartissent de manière équilibrée : 37 % jugent les dépenses actuelles suffisantes, 37 % les estiment insuffisantes et 22 % les jugent excessives, avec de fortes disparités nationales. Les divergences sont tout aussi marquées concernant le soutien à l’Ukraine : 34 % considèrent que l’Europe n’en fait pas assez, 31 % jugent le niveau actuel approprié et 30 % estiment qu’elle en fait trop.

Enfin, les résultats mettent en lumière des clivages persistants sur des sujets structurants comme le service militaire obligatoire, soutenu par 78 % des répondants en Allemagne et 76 % en Belgique, mais rejeté par une majorité en Espagne.

Au total, cette enquête dessine une opinion européenne à la fois plus lucide sur les menaces extérieures et plus favorable à une autonomie stratégique, mais profondément traversée par des contradictions dès lors qu’il s’agit d’en assumer les coûts politiques, économiques ou personnels.

Retrouvez une analyse de ces résultats dans l’article de Politico : https://www.politico.eu/article/poll-eu-countries-us-bigger-threat-than-china/

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Cluster17 se félicite du travail réalisé à l’occasion des élections municipales 2026

À l’occasion des élections municipales 2026, Cluster17 se félicite du travail réalisé, tant par le volume de ses enquêtes que par la qualité de ses analyses.

Avec un nombre particulièrement élevé de sondages publiés au premier comme au second tour, Cluster17 s’est imposé comme l’un des instituts les plus présents tout au long de la séquence électorale, offrant un suivi régulier et approfondi des dynamiques locales.

Au-delà de cette mobilisation, les résultats observés confirment la solidité de notre approche méthodologique et de nos outils d’analyse. Dans plusieurs grandes villes, nos enquêtes ont permis de saisir avec justesse les rapports de force et leurs évolutions.

Les seconds tours publiés au Havre et à Marseille ont été particulièrement précis. Et à Paris, nous avions identifié une dynamique conduisant à un écart net entre Emmanuel Grégoire et Rachida Dati, lecture confirmée par les résultats. À Lyon, dès le premier tour, nous faisions partie des rares instituts à mettre en évidence la progression de Grégory Doucet et le resserrement de l’écart avec Jean-Michel Aulas, anticipant ainsi la configuration finale du scrutin.

Cluster17 poursuivra dans les prochains mois ses travaux de recherche afin de continuer à proposer une lecture fine, exigeante et innovante de l’opinion publique.

Le détail des performances réalisées est disponible ci-dessous.

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Baromètre de l’opinion publique européenne pour Le Grand Continent (vague 5) : Trump et le nouveau clivage géopolitique en Europe

Cluster17 publie la 5e vague de son Baromètre de l’Opinion publique européenne, menée auprès de 7 498 Européens issus de 7 pays de l’Union européenne (Allemagne, France, Italie, Espagne, Pologne, Belgique et Danemark). Après avoir proposé une analyse des points essentiels à retenir du baromètre à l’échelle des pays, les tris croisés par pays en France, en Italie et en Allemagne révèlent comment Donald Trump restructure l’espace politique européen, en unissant contre lui les progressistes et en divisant les droites conservatrices.

En un an d’administration Trump, les représentations géopolitiques des Européens connaissent un basculement net : les États-Unis, longtemps perçus comme un allié structurel, peuvent désormais aussi être envisagés comme une source de menace. 81 % des Européens considèrent qu’une intervention militaire américaine au Groenland constituerait un « acte de guerre contre l’Europe », et 63 % se déclarent favorables à l’envoi de troupes européennes en posture défensive. Plus encore, 21 % jugent désormais qu’une guerre directe avec les États-Unis est probable dans les années à venir, un niveau supérieur à celui observé pour la Chine ou l’Iran, et qui a doublé en quelques semaines.

Cette séquence ouvre la possibilité d’un nouveau clivage politique structurant en Europe, centré sur la relation à l’Amérique de Trump. Dans les trois pays étudiés (France, Italie, Allemagne), le Président américain est majoritairement perçu comme un « ennemi de l’Europe » : en France, 55 % des répondants le qualifient ainsi, contre 7 % seulement qui le voient comme un « ami ». Mais surtout, l’analyse par électorats montre une différence décisive : les espaces progressistes et modérés convergent massivement, tandis que les droites se fragmentent.

Du côté des gauches et du centre, le consensus hostile est extrêmement solide : en France, entre 85 % et 95 % des électeurs de LFI, des écologistes, du PS et de Renaissance qualifient Trump d’ennemi de l’Europe. À l’inverse, les électorats de droite sont désaccordés : l’électorat RN apparaît quasi tripartite, avec environ 25 % qui qualifient Trump d’ennemi, 20 % qui le voient comme un ami, et plus de la moitié qui refuse de trancher. Chez LR, 41 % le qualifient d’ennemi, mais une part presque équivalente hésite encore. Des divisions analogues sont observées en Italie et en Allemagne chez les droites radicales.

La question démocratique approfondit ce clivage : en France, moins de 2 % des électeurs de gauche et du centre estiment que Trump respecte les principes démocratiques. En Italie, quasiment aucun électeur d’AVS, du PD ou du M5S ne le qualifie de démocrate ; en Allemagne, les électeurs de Die Linke, du SPD et des Grünen sont autour de 80 % à estimer qu’il se comporte comme un dictateur.

Le cadrage de la politique extérieure américaine se restructure lui aussi : chez les progressistes et modérés, l’interprétation d’une politique de « recolonisation et prédation des ressources mondiales » devient largement dominante. Elle est retenue en Allemagne par 96 % des électeurs de Die Linke, 89 % des Grünen et 85 % du SPD ; en France, par 94 % des électeurs LFI, 92 % des écologistes, 90 % des socialistes et 83 % des électeurs Renaissance. Cette vision est partagée, en Italie, par 94 % des électeurs M5S, 90 % d’AVS et 86 % du PD.

Les droites radicales restent l’espace où une lecture « légitime » de la politique américaine demeure possible, mais au prix de divisions nettes. En France, 45 % des électeurs RN et 64 % de Reconquête la jugent « légitime » (contre 40 % et 25 % qui parlent de prédation) ; en Allemagne, l’AfD est presque partagée (43 % « légitime », 40 % prédatrice) ; en Italie, 50 % des électeurs Fratelli d’Italia et 55 % de la Lega retiennent la lecture « légitime », tandis qu’environ un tiers y voit une politique prédatrice.

Sur l’arrestation de Nicolás Maduro, plus de 90 % des électeurs de gauche et du centre, en Italie et en Allemagne, jugent l’action américaine illégale et contraire au droit international. En France, cette vision est surtout réservée à la gauche, les électeurs Renaissance n’étant « que » 73 % à la partager. Sur ce sujet aussi, les électorats conservateurs se montrent davantage divisés, entre ceux qui jugent l’action américaine légitime et ceux qui l’estiment illégale. Les électeurs LR sont par exemple 47 % à opter pour la première vision, contre 36 % pour la seconde et 17 % qui déclarent ne pas prendre position.

Enfin, à l’échelle agrégée, le soutien à l’envoi de troupes européennes au Groenland est majoritaire (66 % en Allemagne, 62 % en France, 61 % en Italie), et on remarque un certain consensus sur le sujet parmi les électorats de gauche et du centre, dans les trois pays étudiés. A l’inverse, les droites radicales sont profondément fracturées (FdI : 42 % favorables, 47 % opposés ; RN : 37 % favorables, 51 % opposés), rendant toute position coûteuse pour leurs leaders.

Retrouvez l’analyse et les résultats complets dans l’article du Grand Continent : https://legrandcontinent.eu/fr/2026/01/28/eurobazooka-trump-clivage-geopolitique/

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Baromètre de l’opinion publique européenne pour Le Grand Continent (vague 5) – 7 pays : Le moment Groenland, un tournant dans la perception européenne de Trump et des Etats-Unis

Cluster17 publie la 5e vague de son Baromètre de l’Opinion publique européenne, menée auprès de 7 498 Européens issus de 7 pays de l’Union européenne (Allemagne, France, Italie, Espagne, Pologne, Belgique et Danemark). 

La vague 5 du Baromètre de l’opinion publique européenne met en évidence un « moment Groenland ». Il ressort en effet de cette étude que 21 % des Européens estiment élevé le risque d’une guerre ouverte avec les États-Unis dans les prochaines années, un chiffre qui a doublé en un mois. Cette évolution contraste fortement avec la stabilité observée pour les autres menaces géopolitiques, et signale un changement de statut inédit des États-Unis dans l’opinion européenne.

L’épisode du Groenland joue un rôle central dans ce basculement. La quasi-totalité des Européens interrogés déclarent avoir entendu parler des prises de position de Donald Trump sur ce territoire (99 %), et 84 % jugent ces déclarations graves, dont 63 % très graves. Ce niveau de sévérité est exceptionnel pour un sujet de politique internationale et s’observe de manière remarquablement homogène dans l’ensemble des pays sondés.

Ce seuil est franchi de manière encore plus nette lorsqu’il s’agit de qualifier une éventuelle intervention militaire américaine au Groenland. 81 % des Européens estiment qu’une telle intervention constituerait un acte de guerre contre l’Europe, dont 53 % “tout à fait”. Ce jugement majoritaire montre que les déclarations répétées de Donald Trump sont désormais interprétées dans le registre explicite du conflit armé, y compris lorsqu’elles émanent d’un allié historique.

Au-delà du seul Groenland, ces perceptions s’inscrivent dans une relecture plus globale de la politique extérieure américaine. 64 % des Européens la qualifient avant tout de politique de « recolonisation et de prédation des ressources », contre seulement 19 % qui y voient une défense légitime des intérêts américains. Cette grille de lecture est également mobilisée pour juger d’autres actions internationales : 63 % estiment par exemple que l’opération américaine au Venezuela constitue une violation du droit international, et 59 % jugent que l’action internationale de Donald Trump fragilise l’Occident.

D’un point de vue plus personnel, Donald Trump est logiquement et particulièrement critiqué dans l’opinion européenne. Plus d’un Européen sur deux (51 %) le considère comme un ennemi de l’Europe, quand seuls 8 % le voient comme un ami du Vieux continent. 44% des sondés estiment qu’il se comporte comme un dictateur et la même proportion juge qu’il a une tendance autoritaire. Seul un Européen sur dix (10 %) considère qu’il respecte les principes démocratiques.

Dans ce contexte, les États-Unis apparaissent comme le seul acteur dont la perception évolue réellement. Les menaces associées au terrorisme (68 %) et à la Russie demeurent élevées mais stables d’une vague à l’autre, tandis que les États-Unis entrent pour la première fois, dans la hiérarchie des risques perçus, devant la Chine (11 %) et l’Iran (18 %). Si 35 % des Européens estiment encore qu’il n’existe aucun risque de guerre avec Washington, cette proportion recule nettement, signe d’une diffusion progressive de l’hypothèse conflictuelle.

Cette requalification se traduit par un soutien massif à une réponse européenne plus affirmée. 63 % des Européens se déclarent favorables à l’envoi de troupes européennes au Groenland en posture défensive, contre 28 % opposés, et un très faible niveau d’indécision (9 %). Ce soutien atteint 84 % au Danemark, mais demeure majoritaire dans l’ensemble des pays sondés, traduisant une acceptation croissante de l’idée d’un rapport de force assumé pour défendre la souveraineté européenne.

Enfin, l’ensemble des résultats dessine un diagnostic stratégique largement partagé. 83 % des Européens estiment que la relation entre l’Union européenne et les États-Unis se dégrade, et 73 % considèrent désormais que l’UE doit assurer sa défense sans compter sur le soutien américain. Cette prise de distance ne s’accompagne ni d’un alignement alternatif — seuls 4 % souhaitent se rapprocher de la Chine — ni d’un repli isolationniste, mais d’une volonté majoritaire de maintenir une autonomie stratégique.

Retrouvez l’analyse et les résultats complets dans l’article du Grand Continent : https://legrandcontinent.eu/fr/2026/01/23/eurobazooka-geopolitique-trump-groenland/

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Sondage exclusif pour Marianne : Panorama des personnalités politiques et focus sur le Rassemblement national en vue de l’élection présidentielle

Ce nouveau panorama confirme d’abord la domination très nette du duo Bardella–Le Pen, tant en termes d’appréciation que de potentiel électoral. Jordan Bardella arrive en tête de l’appréciation positive (30 % d’opinions favorables), devant Marine Le Pen (28 %). Ils subissent toutefois une baisse puisqu’ils obtenaient respectivement en décembre 36 % et 33 % d’appréciations positives.

Cette domination se retrouve dans le potentiel de vote présidentiel : Marine Le Pen et Jordan Bardella affichent tous deux 32 % de potentiel élevé ou certain, un score très proche de celui obtenu dans notre sondage de décembre (33 %), très loin devant l’ensemble des autres personnalités testées. Comme le mois dernier, aucun autre responsable politique ne dépasse les 14 %, ce qui souligne l’absence de figure alternative crédible à ce stade. Les personnalités issues du centre et de la gauche apparaissent durablement pénalisées par un rejet massif.

Le duel interne au RN reste largement indécis dans l’opinion générale. Lorsqu’on demande qui serait le meilleur candidat pour porter les couleurs du RN à la présidentielle, Marine Le Pen (25 %) et Jordan Bardella (23 %) sont au coude-à-coude, mais surtout, une majorité relative des Français (52 %) n’a pas d’opinion. Ce chiffre élevé traduit le fait que la question de l’incarnation du RN n’est pas encore pleinement tranchée dans l’opinion.

Sur les grands thèmes politiques, aucun des deux ne parvient à s’imposer nettement. Les Français jugent Jordan Bardella légèrement plus proche de leurs convictions sur l’économie, tandis que les deux figures du RN apparaissent à quasi-égalité sur l’immigration, l’Union européenne et les sujets sociaux. Là encore, le niveau très élevé de « pas d’opinion » (entre 49 % et 63 % selon les thèmes) montre que, pour une large partie de la population, les différences programmatiques entre les deux figures restent floues ou secondaires.

Malgré le fossé entre Jordan Bardella et Marine Le Pen d’une part et les autres personnalités politiques d’autre part, quelques figures tirent leur épingle du jeu et se disputent le statut de « premier concurrent ». Bruno Retailleau, avec 21 % d’appréciations favorables et 13 % de potentiel électoral élevé ou certain, fait partie de ceux-là. A gauche, Jean-Luc Mélenchon obtient le troisième meilleur score de potentiel électoral du classement (14%), mais pâtit d’un degré d’appréciation assez faible par rapport à ses adversaires (14 % d’opinions positives).

Au centre, plusieurs personnalités obtiennent des résultats proches. Edouard Philippe obtient un meilleur potentiel électoral (11 % de potentiel élevé ou certain) que Gérald Darmanin (10 %) et Gabriel Attal (9 %), mais l’actuel ministre de la Justice affiche un meilleur taux d’appréciation (14 %) que le maire du Havre (11 %).

Plus largement, ce panorama souligne la fragmentation du paysage politique, incapable pour l’instant de faire émerger une figure susceptible de concurrencer sérieusement le RN.

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Sondage exclusif pour Marianne : Panorama des personnalités politiques et focus sur Raphaël Glucksmann en vue de l’élection présidentielle

A 16 mois de l’élection présidentielle de 2027, Cluster17 a testé pour Marianne l’image et le potentiel de vote de quinze personnalités, candidats déclarés ou potentiels à la succession d’Emmanuel Macron.  

Comme le montrent les diverses enquêtes d’intentions de vote ainsi que nos baromètres mensuels des personnalités politiques, Jordan Bardella et Marine Le Pen se placent assez nettement au-dessus de leurs concurrents, à commencer par leur image. Ils sont respectivement appréciés par 36% et 33% des sondés, quand Bruno Retailleau, 3e, n’obtient que 22% d’opinions positives. Les deux figures du Rassemblement national sont au coude-à-coude en ce qui concerne le potentiel de vote, avec 33% chacun de potentiel élevé ou certain.

Derrière, Jean-Luc Mélenchon parvient à tirer son épingle du jeu avec un potentiel de vote élevé ou certain atteignant 14%, soit le troisième meilleur score. Malgré un taux de 72% de répondants qui déclarent ne pas l’apprécier (score le plus élevé des quinze personnalités testées), il est la cinquième personnalité du classement obtenant le plus d’appréciations positives (15%) à égalité avec Dominique de Villepin.  

Au centre, la bataille est indécise. Edouard Philippe est celui qui obtient le potentiel de vote le plus haut, avec 11% de répondants qui indiquent un potentiel de vote élevé ou certain. Il est suivi par Gabriel Attal (9% de potentiel élevé ou certain) et Gérald Darmanin (8%). Mais le ministre de la Justice obtient un meilleur score de potentiel moyen (22%) qu’Edouard Philippe (18%) et Gabriel Attal (16%). De plus, c’est l’ancien maire de Tourcoing qui est le plus apprécié des trois ; 14% des sondés l’apprécient beaucoup, contre 11% pour Edouard Philippe et 10% pour Gabriel Attal.

Le sondage propose également un focus sur Raphaël Glucksmann. Tant en termes d’image que de potentiel de vote, l’eurodéputé semble s’intercaler entre Jean-Luc Mélenchon d’une part et ses autres concurrents de gauche d’autre part. Il est ainsi fortement apprécié par 12% des sondés, contre 10% pour Marine Tondelier et François Ruffin et 6% pour Olivier Faure, mais reste derrière le leader de la France insoumise. En termes de potentiel de vote, Raphaël Glucksmann obtient un score de 9% de potentiel élevé ou certain, soit cinq points de moins que Jean-Luc Mélenchon mais un de plus que François Ruffin, deux de plus que Marine Tondelier et quatre de plus qu’Olivier Faure. Au niveau des clusters, le leader de Place publique obtient ses meilleurs scores chez les Sociaux-Démocrates (45% de potentiel élevé ou certain), les Modérés (30%) et les Sociaux-Républicains (27%).

Globalement, il ressort de ce sondage que Raphaël Glucksmann n’a pas encore l’image d’un candidat « présidentiable ». 27% des sondés estiment qu’il défend des idées proches des leurs sur les questions internationales, mais seuls 16% le jugent proche des préoccupations des Français et à peine 12% lui reconnaissent la stature d’un Président de la République. Autrement dit, il souffre d’un déficit de projection et d’incarnation nationale : même quand il est jugé plutôt cohérent sur l’international, cela ne se traduit pas en crédibilité présidentielle ni en proximité avec les enjeux du quotidien.

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Baromètre de l’opinion publique européenne pour Le Grand Continent (vague 4) – 9 pays : Entre attachement à l’Europe et craintes géopolitiques, technologiques et sociales

A l’occasion de la troisième édition du Sommet du Grand Continent, Cluster17 publie la 4e vague de son Baromètre de l’Opinion publique européenne, menée auprès de 9 553 Européens issus de 9 pays de l’Union européenne (Allemagne, France, Italie, Espagne, Pologne, Belgique, Portugal, Pays-Bas et Croatie). 

Dans les neuf pays sondés, un premier constat domine : les Européens ont pleinement conscience des bouleversements géopolitiques, technologiques et sociaux qui redessinent leur environnement. La guerre est revenue sur le continent, les rivalités de puissance se sont durcies, la révolution numérique inquiète, et les tensions politiques internes fragilisent la cohésion des sociétés. Ce baromètre offre une photographie précise de ces inquiétudes, mais aussi des contradictions qui structurent le climat européen.

L’attachement à l’Union européenne reste nettement majoritaire (74 % souhaitent y rester) mais il est inégal selon les pays. Là où l’Espagne et le Portugal affichent une adhésion massive, la France apparaît comme le maillon le plus fragile, avec 27 % favorables à une sortie. Le Brexit continue lui de jouer le rôle de repoussoir : près de deux Européens sur trois le jugent négatif pour le Royaume-Uni (63 %). Ces résultats dessinent une Europe encore solidement arrimée à l’UE, mais traversée par des poches de fragilité.

Face aux risques extérieurs, une double inquiétude domine. D’un côté, une courte majorité d’Européens estime désormais élevé le risque d’une guerre ouverte entre leur pays et la Russie (51 %), un renversement historique dans les perceptions. De l’autre, le terrorisme apparaît comme la menace la plus immédiate : 63 % jugent élevé le risque d’un conflit avec des organisations terroristes, un niveau qui atteint même 86 % en France. Pourtant, les Européens doutent de leur capacité militaire : seulement un quart pense que leur pays serait capable de se défendre seul face à la Russie (26 %).

Dans ce contexte, les Européens semblent refuser les logiques de blocs. Une très large majorité (71 %) souhaite que l’Europe garde ses distances vis-à-vis des États-Unis comme de la Chine, et affirme une aspiration nette à l’autonomie stratégique. Donald Trump est perçu par un Européen sur deux comme un ennemi de l’Europe (48 %), mais cela ne se traduit pas par une volonté d’affrontement : le compromis reste la ligne privilégiée vis-à-vis des États-Unis (48 %).

Les tensions internes occupent également une place centrale dans ce baromètre. Sur l’immigration, les opinions sont très polarisées : 46 % y voient une menace pour la cohésion nationale, mais 33 % la considèrent comme une nécessité démographique. L’antisémitisme est perçu en hausse par 61 % des Européens, un niveau particulièrement élevé en France (73 %) et en Allemagne (65 %). S’y ajoute une demande majoritaire de réduction forte des dépenses publiques (64 %) et un clivage profond sur le climat, 43 % jugeant que le changement climatique est exagéré ou instrumentalisé.

Le rapport à la modernité technologique est également marqué par l’ambivalence. Les Européens sont massivement inquiets des réseaux sociaux (73 %) et des effets sociétaux de l’IA, mais restent enthousiastes pour les robots (53 %) ou la conquête spatiale (64 %). Ce n’est pas tant la technologie en elle-même qui inquiète que ses conséquences sur la capacité des sociétés à produire du lien, du savoir et du jugement.

Enfin, lorsque l’on demande aux Européens ce qui fait la force de leur pays, la réponse est claire : ce ne sont ni l’économie ni la puissance militaire, mais la culture, les paysages, la qualité de vie et le système de santé. Le patrimoine historique est cité par 42 % des répondants, les paysages par 39 %, la qualité de vie par 27 %. À rebours des inquiétudes qui traversent l’enquête, les Européens continuent de se penser à travers des ressources culturelles, sociales et territoriales. Mais c’est précisément ce socle qu’ils sentent aujourd’hui fragilisé par les crises, externes comme internes.

Retrouvez l’analyse et les résultats complets dans l’article du Grand Continent : https://legrandcontinent.eu/fr/2025/12/04/ce-que-les-europeens-veulent-vraiment-le-dernier-eurobazooka/

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Sondage exclusif pour La Gazette des Communes : le regard des Français sur leurs maires et sur les élections municipales

Les élections municipales occupent une place singulière dans la vie démocratique française : elles sont à la fois locales, incarnées, fortement territorialisées, mais aussi traversées par des clivages politiques qui s’expriment différemment selon les territoires. À quatre mois du scrutin, notre étude conduite pour la Gazette des Communes révèle un paysage nuancé : une mobilisation pour l’instant modérée, une campagne encore très peu installée, un rapport positif mais contrasté aux maires, et une forte différenciation entre petites communes et grandes villes, où les perceptions sont plus politisées et les enjeux bien plus polarisés.

Une mobilisation encore hésitante à quatre mois du scrutin

L’intérêt pour les municipales reste modéré : seule une courte majorité de Français s’y intéressent réellement, et près d’un sur deux ne connaît pas encore les candidats de sa commune.
L’indicateur de participation — 51 % de répondants certains d’aller voter — suggère une mobilisation plutôt faible, dans la continuité du désengagement politique observé au niveau national

Des priorités très locales… mais fortement politisées

Le vote municipal demeure ancré dans le quotidien : qualité des services publics, bilan du maire, évolution du territoire restent centraux. Mais la hiérarchie des priorités révèle de fortes lignes idéologiques.

La sécurité s’impose comme la première préoccupation nationale (41 %), dominant dans toutes les strates de communes, sauf dans les grandes villes où son poids baisse (29 %). Dans les centres urbains, logement, mobilités et environnement prennent de l’importance. Les clivages politiques sont nets : la sécurité est prioritaire à droite et au RN ; l’environnement et le logement dominent à gauche (EELV, LFI). Les municipales ne sont donc pas un scrutin « apolitique » — les enjeux eux-mêmes sont façonnés par les orientations politiques et les réalités territoriales

Un rapport globalement positif aux maires, mais contrasté selon les territoires

54 % des Français sont satisfaits de leur maire, mais avec un gradient très fort : forte satisfaction dans les petites communes et jugements plus sévères dans les grandes villes, où la gestion municipale est plus visible et plus politisée. Dans les petites communes, la reconduction du maire sortant est majoritaire. Dans les grandes villes, le désir d’alternance domine (jusqu’à 63 % dans les métropoles).

Le maire : la figure politique la plus respectée

Les Français considèrent massivement que le rôle est difficile (plus de 80 %) et perçoivent les maires comme proches, engagés, et surtout dignes de confiance. 46 % accordent leur confiance en priorité au maire, très loin devant tous les autres responsables (intercommunalité, département, région). Le manque de moyens, les contraintes administratives et la pression citoyenne apparaissent comme les principales difficultés.

Finances locales : méconnaissance, mais réalisme fiscal

Bien que seuls 17 % déclarent connaître le budget de leur commune : 52 % souhaitent maintenir les impôts locaux pour préserver les services publics, 14 % accepteraient une légère hausse, et seulement 20 % demandent une baisse. La perception fiscale locale est donc pragmatique, loin des réflexes de rejet systématique.

Les autres échelons territoriaux largement méconnus

La différence est nette : Le maire est bien identifié par 77 % des habitants. À l’inverse, l’intercommunalité, le département et la région restent massivement méconnus et faiblement incarnés. La commune demeure de loin l’échelon le plus investi affectivement.

Une envie de simplification institutionnelle… sans solution évidente

Un Français sur trois supprimerait en priorité les agences de l’État. L’intercommunalité et les départements sont aussi cités, mais aucun consensus ne se dégage. La commune, elle, reste largement intouchable.

Retrouvez ici l’article de la Gazette des Communes sur ce sondage : https://www.lagazettedescommunes.com/1010886/sondage-exclusif-cluster-17-le-maire-une-valeur-refuge/

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    Sondage exclusif pour Marianne : le regard des Français sur « l’union des droites »

    Questionnés sur une éventuelle alliance entre Les Républicains, l’Union des droites pour la République et le Rassemblement national en vue des prochaines élections législatives, 37% des Français s’y déclarent favorables. Près d’un répondant sur deux (48%) se dit défavorable à une telle union. Les électeurs de droite et d’extrême droite se prononcent cependant bien davantage en faveur de ce rapprochement : 83% de l’électorat RN aux dernières élections européennes y est favorable et 55% de l’électorat LR à ces mêmes élections. On remarque aussi que l’électorat zemmouriste voit d’un bon œil cette union des droites, avec 88% de personnes favorables.

    Pourtant, les électorats de LR et du RN ne semblent pas aujourd’hui considérer que les opinions et idées défendues par ces deux partis soient particulièrement proches. Le « score de porosité » (0 signifiant que les opinions et idées défendues sont très éloignées et 10 très proches), qui atteint 5,7 dans l’ensemble du panel, est seulement de 5,8 en ce qui concerne l’électorat RN et baisse même à 5,5 parmi les électeurs LR. Avec une note de 6,5 chez les électeurs LFI et 6,2 chez les électeurs écologistes, ce sont les électeurs de gauche qui voient le plus de proximité entre Les Républicains et le Rassemblement national.

    La majorité des sondés considère qu’une alliance profiterait davantage au Rassemblement national (58%), contre 10% seulement qui pensent que cela serait davantage bénéfique aux Républicains. Près d’un répondant sur cinq (18%) estime que les deux partis profiteraient autant d’une telle union.

    Avec 17% de mentions, Jordan Bardella est selon les répondants la personnalité qui serait la plus à même d’incarner cette union des droites, devant Marine Le Pen et Bruno Retailleau, à égalité à 14%. Le président du Rassemblement national est logiquement particulièrement plébiscité dans son propre électorat aux élections européennes (35%), au sein duquel il devance même Marine Le Pen (26%). Parmi l’électorat LR, c’est Bruno Retailleau qui arrive en tête (31%), suivi de David Lisnard (20%), tandis que l’électorat Reconquête préfèrerait une union des droites conduite par Sarah Knafo (30%).

    Les Français sont profondément divisés sur la question de l’appartenance ou non du Rassemblement national à « l’arc républicain ». 48% répondent oui à cette question, quand 46% jugent que le RN n’en fait pas partie. Dans le détail, seuls les répondants de gauche et du centre sont une majorité à penser que le RN n’appartient pas à l’arc républicain. Ainsi, les électeurs LR sont près des 3/4 (74%) à considérer que le RN en fait partie, ce qui pourrait à l’avenir faciliter un rapprochement entre les deux partis.

    Lien vers l’article de Marianne sur notre sondage : https://www.marianne.net/politique/le-pen/union-des-droites-un-mariage-de-raison-pour-les-electeurs-du-rassemblement-national-et-des-republicains

    Brussels,,Belgium, ,08,04,2023:,The,European,Parliament,Headquarters

    Sondage dans 5 pays européens avec Le Grand Continent : Ursula von der Leyen et l’accord commercial UE-Etats-Unis sous le feu des critiques

    Après un été marqué par des négociations commerciales ardues entre l’Union européenne et les Etats-Unis, et dans le contexte du discours d’Ursula von der Leyen sur l’Etat de l’Union du mercredi 10 septembre, Cluster17 et le Grand Continent réalisent une grande enquête auprès de 5 302 Européens issus des 5 pays les plus peuplés du continent (Allemagne, France, Italie, Espagne et Pologne). 

    Les Européens se montrent d’abord très critiques envers l’accord commercial UE-Etats-Unis : 77% estiment qu’il profite surtout à l’économie américaine et plus d’un sur deux (52%) a ressenti de « l’humiliation » en prenant connaissance de l’accord, chiffre qui atteint même 65% chez les répondants français. Plus des deux tiers des sondés (68%) jugent également que la forte augmentation d’achats d’équipements militaires et de défense aux Etats-Unis prévue par l’accord aura « des conséquences négatives pour l’Europe », tandis que plus de trois Européens sur quatre (76%) estiment qu’il faut s’opposer aux investissements et à l’achat d’énergie américaine demandés par l’administration Trump.

    L’image d’Ursula von der Leyen apparait aussi nettement atteinte au lendemain de la signature de cet accord. Les trois quarts des répondants (75%) considèrent qu’elle a mal défendu les intérêts européens dans le cadre des négociations et 72% déclarent ne pas lui faire confiance pour défendre les intérêts économiques européens. Une majorité (60%) se montre même favorable à sa démission en tant que Présidente de la Commission européenne. C’est d’ailleurs l’organe tout entier qui est visé par les critiques des citoyens, puisque 61% des sondés voient dans la Commission européenne le principal responsable de l’accord côté européen. 

    Un troisième aspect central de ce sondage concerne la perception des Européens vis-à-vis de Donald Trump et des relations entre l’Union européenne et les Etats-Unis en général. Seuls 10% des répondants considèrent Donald Trump comme un ami de l’Europe, quand plus de quatre fois plus le voient comme un ennemi (44%). Près d’un Européen sur deux (47%) estime que le Président américain a « une tendance autoritaire » et 36% jugent même qu’il se comporte en dictateur. Les Européens sont toutefois divisés sur la manière de se comporter vis-à-vis de l’allié historique : 50% souhaitent que l’Union européenne ait une attitude de compromis, quand 39% préfèrent une stratégie d’opposition. Cette attitude combative se retrouve sur la question de l’accord commercial, 70% des répondants déclarant qu’ils seraient prêts à boycotter les produits américains

    Retrouvez l’analyse et les résultats complets dans l’article du Grand Continent : https://legrandcontinent.eu/fr/2025/09/09/10-points-eurobazooka/

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