Deux jours après le jugement de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants du FN au Parlement européen, 61% des Français considèrent justifiée sa condamnation à quatre ans de prison dont deux années fermes et cinq ans d’inéligibilité avec application immédiate, dont 43% tout à fait justifiée.
A ce sujet, une séparation nette se crée entre l’électorat de gauche et du centre d’une part, et celui de droite et d’extrême droite d’autre part. En ce qui concerne les élections européennes de 2024, la condamnation est jugée justifiée par plus de 9 sondés sur 10 parmi l’électorat LFI, écologiste, PS/PP et Renaissance (de 91% à 98%). A l’inverse, les électeurs LR sont une majorité à trouver la condamnation injustifiée (50% contre 41%), chiffre qui monte à 82% dans l’électorat RN et 86% dans l’électorat Reconquête.
Les Français sont davantage tiraillés concernant la sévérité de la peine. Une majorité relative de 48% estime que la peine prononcée à l’encontre de Marine Le Pen est proportionnée, mais 34% des Français sont plus mitigés et considèrent que, bien que la cheffe de file du RN mérite d’être condamnée, la peine est disproportionnée. 13% pensent même que Marine Le Pen n’aurait pas dû être condamnée. Là encore, l’opinion des Français semble être fortement corrélée au clivage gauche-droite. Les six clusters les plus progressistes, des Multiculturalistes aux Modérés, sont une très forte majorité (entre 70% et 95%) à estimer que la peine est proportionnée. A l’opposé du spectre, les sept clusters les plus conservateurs se montrent très critiques envers le verdict des juges : 72% des Traditionalistes et 62% des Anti-Assistanat le considèrent disproportionné, quand 43% des Identitaires et 37% des Sociaux-Patriotes pensent que Marine Le Pen n’aurait pas dû être condamnée.
Les sondés sont également une majorité (52%) à juger normal que Marine Le Pen ne puisse pas se présenter à la prochaine élection présidentielle. 43% des Français ne trouvent à l’inverse pas cela normal. Comme pour les questions précédentes, un clivage très marqué sépare les Français en deux groupes. Si l’on prend en compte le vote au premier tour de l’élection présidentielle de 2022, les électeurs de Jean-Luc Mélenchon (85%), Yannick Jadot (80%) et, dans une moindre mesure, d’Emmanuel Macron (69%), sont une forte majorité à trouver normal que Marine Le Pen ne puisse pas être candidate en 2027. De manière quasiment symétrique, l’électorat de Valérie Pécresse (66%), Marine Le Pen (87%) et Eric Zemmour (87%) juge dans des proportions presque parfaitement identiques qu’il est anormal que la Présidente du groupe RN à l’Assemblée ne puisse pas se présenter en 2027.
Cette condamnation a enfin provoqué des sentiments variés chez les Français. La majorité d’entre eux éprouve de la satisfaction (33%). C’est notamment le sentiment fortement prédominant (plus de 70%) au sein des trois clusters les plus progressistes. Dans un autre registre, le deuxième sentiment le plus ressenti est la colère, avec 28% des sondés. Largement majoritaire au sein des sept clusters les plus conservateurs, il est particulièrement présent chez les Identitaires (83%). En troisième position arrive l’indifférence (22%), qui touche principalement les Révoltés (63%) et les clusters les plus modérés. La tristesse (9%) et le soulagement (8%) sont des sentiments moins répandus dans la population et dont la répartition correspond globalement respectivement à celle de la colère et de la satisfaction.
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