27 octobre 2026

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Baromètre présidentiel d’octobre pour Politico (Vague 2) : Marine Le Pen jugée favorite, l’opposition à l’arrivée de LFI au pouvoir domine

À quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, la volonté de faire obstacle à certains camps politiques constitue une dimension importante des rapports de force électoraux. Dans cette nouvelle vague du baromètre Cluster17 pour POLITICO, réalisée du 19 au 22 octobre auprès de 3 000 personnes, les Français étaient notamment invités à désigner le camp politique dont ils souhaiteraient en priorité empêcher l’arrivée au pouvoir. 43% veulent en priorité éviter l’arrivée au pouvoir d’un camp dominé par La France insoumise et ses alliés, contre 30% un camp dominé par le Rassemblement national et 14% le maintien au pouvoir du camp central issu du macronisme.

Cette opposition à l’arrivée au pouvoir de LFI dépasse largement les électorats de droite. Elle constitue la première préoccupation de 79% des électeurs LR des européennes de 2024, de 74% des électeurs RN, mais aussi de 56% des électeurs Renaissance. À l’inverse, empêcher l’arrivée au pouvoir du RN reste l’objectif prioritaire de 79% des électeurs LFI, de 81% des électeurs écologistes et de 67% des électeurs PS-Place publique. Ces résultats font également apparaître des divisions au sein des espaces politiques : parmi les électeurs PS-Place publique, 20% privilégient l’opposition à LFI, tandis que 35% des électeurs Renaissance considèrent que la priorité est d’empêcher l’arrivée au pouvoir du RN.

Marine Le Pen s’impose très nettement comme la personnalité dont la victoire apparaît la plus probable en 2027. Indépendamment de leurs préférences personnelles, 49% des Français estiment qu’elle a aujourd’hui le plus de chances d’être élue présidente de la République, soit une progression de 3 points en un mois. Jean-Luc Mélenchon arrive très loin derrière (11%), suivi d’Édouard Philippe (10%), qui recule de 6 points. Cette anticipation d’une victoire de Marine Le Pen dépasse très largement son propre électorat : elle est considérée comme la candidate la plus susceptible de l’emporter par 49% des électeurs Renaissance des européennes de 2024, 41% des électeurs PS-Place publique et 58% des électeurs LR. Même parmi les électeurs qui envisagent de voter pour Édouard Philippe au premier tour, 51% anticipent une victoire de Marine Le Pen, contre seulement 27% qui pronostiquent celle du maire du Havre.

Le vote totalement exclu concerne une majorité de Français pour chacune des douze personnalités testées. Marine Tondelier et Éric Zemmour arrivent à égalité en tête de cet indicateur : 71% des Français excluent totalement l’éventualité de voter un jour pour eux lors d’une élection présidentielle. Jean-Luc Mélenchon suit de près, avec 69%. Par rapport à septembre, la proportion de Français excluant catégoriquement un vote en faveur de Marine Tondelier et de Jean-Luc Mélenchon augmente de 3 points. Éric Zemmour, nouvellement testé sur cet indicateur, se situe donc d’emblée au niveau le plus élevé. À l’inverse, Marine Le Pen et Raphaël Glucksmann présentent les proportions de vote totalement exclu les plus faibles parmi les douze personnalités, à 52%. Cette proportion diminue notamment de 4 points pour Marine Le Pen, comme pour Bruno Retailleau (54%, -4 points).

Les questions d’image confirment toutefois la défiance générale envers les principales personnalités politiques. Aucune des six personnalités évaluées ne dépasse la note moyenne de 3/10 concernant sa capacité à « rassembler les Français ». Marine Le Pen obtient néanmoins les meilleures évaluations sur plusieurs dimensions importantes : l’étoffe nécessaire pour exercer la fonction présidentielle (4,3/10), la compréhension de la vie quotidienne des Français (4,0/10), la capacité à améliorer la situation du pays (3,6/10) et le pouvoir d’achat (3,6/10). Elle demeure cependant associée à un risque de dérive autoritaire élevé (5,7/10), derrière Jean-Luc Mélenchon (6,6/10). Ce dernier obtient également les notes les plus faibles sur la capacité à rassembler les Français (1,7/10) et le respect des institutions démocratiques (2,5/10). Sur cette dernière dimension, Raphaël Glucksmann (5,8/10) et Édouard Philippe (5,3/10) sont les mieux évalués.

Les attentes des Français envers le prochain président connaissent par ailleurs des évolutions importantes, marquées notamment par la progression des préoccupations sécuritaires. La maîtrise des finances publiques et de la dette et la sécurité dans le pays arrivent désormais à égalité en tête des priorités, citées chacune parmi les trois attentes principales par 31% des répondants. La sécurité intérieure enregistre la plus forte progression du mois (+8 points), tandis que la sécurité de la France face aux menaces extérieures atteint 20% (+4 points). À l’inverse, le pouvoir d’achat recule de 5 points, à 28%, tout en demeurant la troisième attente la plus citée. La maîtrise de l’immigration arrive ensuite à 25%, devant l’amélioration du système éducatif (22%).

Cette évolution s’accompagne d’un recul de plusieurs préoccupations sociales et environnementales. L’amélioration du système de santé passe à 18% (-5 points), tandis que la protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique reculent également de 5 points, à 17%. La réduction des inégalités sociales reste relativement stable à 19%. Les finances publiques occupent une place particulière dans la hiérarchie des attentes : avec 14% des citations en premier choix, il s’agit de l’objectif le plus souvent placé au premier rang, devant le pouvoir d’achat (11%), la sécurité intérieure (10%) et l’immigration (10%).

Les priorités demeurent cependant fortement différenciées selon les électorats. Parmi les électeurs LFI des européennes de 2024, la réduction des inégalités sociales (57%) arrive nettement en tête, devant la protection de l’environnement (43%) et le pouvoir d’achat (41%). Les électeurs écologistes privilégient l’environnement (56%) et les inégalités (47%). À l’inverse, les finances publiques constituent la première priorité des électeurs Renaissance (52%), devant la sécurité face aux menaces extérieures (35%). Les électeurs LR accordent une importance particulièrement forte à la sécurité intérieure (49%) et aux finances publiques (45%), tandis que la maîtrise de l’immigration domine chez les électeurs RN (53%) et Reconquête (60%).

Enfin, les clivages générationnels restent très marqués dans les attentes envers le prochain président. Parmi les 18-24 ans, la protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique (39%) et la réduction des inégalités sociales (38%) figurent parmi les premières priorités. Ces deux attentes ne recueillent respectivement que 13% et 14% chez les 75 ans et plus. Le pouvoir d’achat constitue également une préoccupation particulièrement importante chez les 25-34 ans (38%), contre 14% parmi les 75 ans et plus. À l’inverse, les préoccupations de sécurité et d’immigration occupent une place plus importante parmi les générations intermédiaires et les plus âgées, notamment les 50-64 ans.

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