Primaire PS/Place publique/GRS : un intérêt limité chez les Français et peu d’espoir de victoire

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La primaire organisée par le Parti socialiste, Place publique et la Gauche républicaine et socialiste suscite un intérêt limité : seuls 20% des Français déclarent s’y être intéressés. Elle mobilise avant tout son cœur de cible : 53% des électeurs PS/Place publique aux européennes disent avoir été intéressés, contre 39% des électeurs écologistes. Fait notable, les électeurs Ensemble/Renaissance sont deux fois plus nombreux que ceux de LFI à s’y être intéressés (30% contre 14%). Du côté des clusters, c’est clairement la frange la plus élitaire, aisée et modérée de la gauche qui s’intéresse à cette primaire : seuls les Sociaux-Démocrates sont majoritairement intéressés (53%), loin devant les Modérés (36%).

Un mode de désignation relativement accepté dans son camp

Le principe même de la primaire est davantage accepté que l’événement ne suscite d’intérêt : 32% considèrent qu’il s’agit d’un bon moyen de désigner le candidat socialiste, contre 43% qui pensent l’inverse. L’adhésion est plus forte chez les électeurs PS/Place publique (48%), mais aussi chez les électeurs Ensemble/Renaissance (44%) et écologistes (40%). À l’inverse, elle s’effondre chez les électeurs LFI (17%). La primaire apparaît donc relativement légitime dans un espace allant du centre à la gauche social-démocrate et écologiste, mais beaucoup moins au sein de la gauche mélenchoniste.

Une primaire qui ne crée aucun élan présidentiel

Le principal problème est ailleurs : seuls 15% des Français souhaitent que le vainqueur de cette primaire remporte l’élection présidentielle. Ce souhait n’est majoritaire que chez les Sociaux-Démocrates (59%) ; il atteint 57% parmi les électeurs PS/Place publique et 40% chez les écologistes. Là encore, les électeurs Ensemble/Renaissance sont plus nombreux à souhaiter sa victoire que ceux de LFI (14% contre 6%), même si les niveaux restent très faibles.

Surtout, presque personne ne croit réellement à la victoire du candidat désigné : 3% seulement la jugent probable, contre 88% improbable. Même dans le cœur électoral concerné, le scepticisme domine très largement : seuls 11% des électeurs PS/Place publique croient à une victoire. Les Sociaux-Démocrates sont eux-mêmes seulement 13% à la juger probable. Les électeurs Ensemble/Renaissance se montrent également légèrement plus optimistes (7%) que ceux de LFI (1%), sans que cela traduise pour autant une véritable croyance dans les chances de victoire.

Un important déficit de présidentialité

Aucun des candidats testés ne parvient à incarner une véritable stature présidentielle. Raphaël Glucksmann arrive en tête, mais avec seulement 22% estimant qu’il possède les qualités nécessaires pour exercer la fonction, devant Ségolène Royal (20%) et Olivier Faure (12%). Jérôme Guedj atteint 11% et Emmanuel Maurel 4%. Ces deux derniers pâtissent en outre d’un important déficit de notoriété, particulièrement marqué pour Emmanuel Maurel.

Le profil de Glucksmann confirme d’ailleurs le positionnement très spécifique de cette primaire : 55% des électeurs PS/Place publique lui reconnaissent des qualités présidentielles, mais également 42% des électeurs Ensemble/Renaissance, contre seulement 2% des électeurs LFI.

La stratégie pour 2027 : une gauche profondément divisée sur LFI

Enfin, aucune stratégie ne s’impose véritablement pour 2027 : 26% souhaitent une candidature commune de toute la gauche incluant LFI, 25% une alliance de gauche sans LFI, 15% préfèrent soutenir le candidat le mieux placé pour éviter un duel Mélenchon-Le Pen et seulement 13% souhaitent aller jusqu’au bout avec le vainqueur de la primaire.

Cette fragmentation traverse directement l’électorat de gauche. Les électeurs LFI (83%) et écologistes (53%) privilégient nettement l’union incluant LFI, tandis que les électeurs PS/Place publique sont exactement partagés : 34% pour une alliance avec LFI et 34% pour une alliance sans LFI.

Les électeurs Ensemble/Renaissance se situent à l’exact opposé : seuls 8% souhaitent une union de toute la gauche incluant LFI, tandis que 36% privilégient une alliance de gauche sans LFI et 40% le soutien au candidat le mieux placé pour éviter un second tour Mélenchon-Le Pen. Cette proximité sur plusieurs questions entre une partie de l’électorat socialiste et l’ancien électorat macroniste souligne l’existence d’un espace politique concurrent de celui de l’union de la gauche.

Le clivage apparaît également au sein des clusters : même chez les Sociaux-Démocrates, pourtant plus modérés, l’option d’une union incluant LFI arrive en tête à 35%, devant l’union sans LFI (27%). Elle recueille également 34% chez les Modérés. La place à accorder à LFI apparaît ainsi comme le principal facteur de division stratégique du camp socialiste et, plus largement, de l’électorat de gauche.

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