À quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, le rejet constitue une dimension importante du rapport des Français aux principales personnalités susceptibles de concourir. Dans ce nouveau baromètre réalisé par Cluster17 pour POLITICO, les répondants étaient notamment invités à évaluer, sur une échelle de 0 à 10, la probabilité qu’ils votent un jour pour chacune des personnalités testées. L’enquête a été menée les 15 et 16 septembre auprès de 2 045 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus.
Marine Tondelier et Jean-Luc Mélenchon sont les deux personnalités pour lesquelles la probabilité de vote apparaît la plus faible dans l’ensemble de la population. 81% des répondants situent entre 0 et 3 leur probabilité de voter un jour pour Marine Tondelier, contre 73% pour Jean-Luc Mélenchon. Viennent ensuite Gabriel Attal et Dominique de Villepin, à 72%, Bruno Retailleau à 69%, Édouard Philippe à 68% et Raphaël Glucksmann à 66%. Marine Le Pen présente, sur cet indicateur, le niveau le plus bas parmi les huit personnalités testées, avec 62%. Elle est également celle pour laquelle la proportion déclarant une probabilité forte ou très forte de vote est la plus importante, à 30%, devant Jean-Luc Mélenchon (19%) et Édouard Philippe (18%).
Ce résultat masque toutefois des configurations très différentes selon les candidats. Marine Tondelier dispose d’un potentiel de vote relativement limité dans l’ensemble de l’échantillon ; seuls 9% des répondants situent leur probabilité de vote entre 7 et 10. Elle concentre également un rejet particulièrement élevé dans les clusters situés à droite ou dans l’espace conservateur. À l’inverse, Jean-Luc Mélenchon combine lui aussi un rejet très important, mais avec un socle d’adhésion nettement plus conséquent : 19% des Français déclarent une forte ou très forte probabilité de voter pour lui, une proportion qui atteint 85% chez les Multiculturalistes et 83% chez les Solidaires.
Édouard Philippe, Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Dominique de Villepin et Bruno Retailleau enregistrent tous entre 66% et 72% de probabilités faibles ou nulles de vote. Leurs soutiens apparaissent en outre fortement concentrés dans leurs espaces politiques respectifs : Édouard Philippe atteint par exemple 78% de probabilité forte ou très forte chez les électeurs Renaissance des européennes de 2024, tandis que Bruno Retailleau atteint 68% chez les électeurs LR. Le baromètre décrit ainsi des personnalités disposant de points d’appui solides dans certains segments de l’électorat, mais rencontrant de fortes résistances au-delà de leur espace politique.
Les questions d’image confirment la difficulté générale à apparaître comme une personnalité capable de dépasser les frontières partisanes. Sur une échelle de 0 à 10, aucune des six personnalités évaluées sur cette dimension ne dépasse la note de 3 concernant la capacité à « rassembler les Français » : Raphaël Glucksmann et Édouard Philippe obtiennent 3,0, Marine Le Pen 2,7, Gabriel Attal 2,5, Bruno Retailleau 2,4 et Jean-Luc Mélenchon 1,8.
Les traits d’image diffèrent néanmoins nettement. Marine Le Pen obtient les notes les plus élevées sur la proximité avec la vie quotidienne des Français (3,7/10), devant Jean-Luc Mélenchon (2,8/10), ainsi que sur la capacité perçue à améliorer leur pouvoir d’achat (3,3/10), là encore devant Jean-Luc Mélenchon (2,8/10). Ce dernier se distingue pour sa part par une perception beaucoup plus forte du « risque de dérive autoritaire », avec une moyenne de 6,7/10, devant Marine Le Pen à 5,6 et Bruno Retailleau à 4,1.
Retrouvez l’ensemble des résultats :
Clusters français
Clusters españoles
Clusters belges
Clusters italiani
Deutsche Cluster
Clusters foot
