À sept mois de l’élection présidentielle, le bloc central apparaît en situation de fragilité dans l’ensemble de l’opinion. Seuls 24% des Français souhaitent qu’une personnalité de cet espace remporte l’élection et 29% seulement considèrent une telle victoire comme probable. Cette perception est loin d’être limitée aux électeurs extérieurs au bloc : parmi les électeurs Renaissance des européennes de 2024, 59% jugent une victoire probable, mais 34% la considèrent improbable. Chez les électeurs LR, le pessimisme est majoritaire : 37% seulement croient à une victoire du bloc central, contre 57% qui la jugent improbable.
Cette fragilité nourrit une forte demande d’unification parmi les électeurs directement concernés. Dans l’ensemble de la population, 32% sont favorables à ce que Renaissance, le Modem, Horizons, l’UDI et Les Républicains présentent un candidat commun. Mais ce soutien atteint 84% chez les électeurs Renaissance et 52% chez les électeurs LR. Le même phénomène apparaît lorsqu’on teste l’organisation d’une primaire : 75% des électeurs Renaissance l’approuvent, tout comme 52% de ceux de LR. Autrement dit, la candidature commune et la primaire restent minoritaires dans l’ensemble de l’opinion, mais elles sont très largement soutenues dans le cœur électoral du bloc central et recueillent également une majorité parmi les électeurs de la droite traditionnelle.
Les frontières de ce rassemblement restent cependant discutées. L’intégration de Reconquête à une éventuelle primaire est rejetée par 57% des Français. Surtout, elle met en évidence une nette différence entre les électorats Renaissance et LR : 84% des électeurs Renaissance y sont opposés, tandis que les électeurs LR sont beaucoup plus partagés, avec 49% favorables à l’intégration de Reconquête et 44% opposés. La perspective d’une coalition allant du centre jusqu’à la droite radicale ne constitue donc pas un prolongement naturel de l’union entre le centre et la droite classique.
Dans cette configuration, Édouard Philippe dispose d’une certaine avance pour incarner le bloc central. 26% des Français le jugent le mieux placé pour le représenter à la présidentielle, contre 11% pour Gabriel Attal, 7% pour Thierry Breton et 5% pour Sébastien Lecornu. Mais son avantage apparaît surtout lorsqu’on observe les électorats concernés : il est cité par 45% des électeurs Renaissance et par 34% des électeurs LR. Parmi les électeurs d’Emmanuel Macron de 2022, il recueille 41%, devant Gabriel Attal à 26%. Et chez les électeurs de Valérie Pécresse, il atteint 45%, alors qu’Attal n’en recueille que 2%. Édouard Philippe apparaît ainsi comme la personnalité qui dispose aujourd’hui de l’assise la plus transversale entre le centre macroniste et la droite traditionnelle.
Cette position se retrouve dans l’évaluation de ses qualités présidentielles. 44% des Français considèrent qu’Édouard Philippe possède les qualités nécessaires pour exercer la fonction de président de la République, devant Sébastien Lecornu (32%), Gabriel Attal et Thierry Breton autour d’un quart. Surtout, Philippe obtient 92% d’opinions positives chez les électeurs Renaissance et 61% chez les électeurs LR. Gabriel Attal atteint 78% chez Renaissance mais seulement 28% chez LR ; Sébastien Lecornu respectivement 73% et 44%. Le différentiel confirme que l’ancien Premier ministre est aujourd’hui celui qui parvient le mieux à dépasser le seul électorat macroniste.
Le sondage met enfin en évidence la difficulté particulière de l’héritage macroniste. Si Emmanuel Macron soutenait explicitement un candidat en 2027, 43% des Français déclarent que cela leur donnerait moins envie de voter pour lui, contre seulement 3% davantage envie. Même parmi les électeurs LR, 45% indiquent qu’un soutien présidentiel aurait un effet négatif, contre aucun effet positif mesurable ; chez les électeurs Renaissance, en revanche, 16% y verraient un encouragement et 71% déclarent que cela ne changerait pas leur choix.
Le sondage dessine donc un espace central et de droite conscient de sa fragilité et largement favorable à une réduction du nombre de candidatures. Mais derrière ce consensus sur l’unité apparaissent deux difficultés : la définition du périmètre de cette union, notamment vis-à-vis de Reconquête, et le choix de son incarnation. Sur ce second point, Édouard Philippe dispose aujourd’hui d’un avantage net, en particulier par sa capacité à réunir des soutiens à la fois dans l’électorat macroniste et dans celui de la droite traditionnelle.
Retrouvez l’ensemble des résultats :
Clusters français
Clusters españoles
Clusters belges
Clusters italiani
Deutsche Cluster
Clusters foot
