Sondage Cluster 17 – RTL Belgium : Défiance politique, réforme de l’État et protection sociale, ce que veulent les Belges francophones

Sondage RTL Belgium Cluster 17

Réalisé par Cluster17 pour RTL Belgium auprès de 1 064 personnes, ce sondage met en évidence une opinion belge francophone à la fois attachée au cadre fédéral actuel, très critique à l’égard du personnel politique et largement favorable à plusieurs mesures de réforme économique et institutionnelle.

Sur le plan institutionnel, 53% souhaitent maintenir le système fédéral actuel, contre 18% qui voudraient renforcer l’autonomie des Régions, 10% passer à un système confédéral et seulement 7% aller jusqu’à la séparation de la Belgique. Le statu quo est particulièrement soutenu par les électeurs Ecolo (70%), PS (61%), MR et Les Engagés (60%). Il existe également un net gradient social : le maintien du système actuel passe de 38% parmi les revenus inférieurs à 1 000 euros à 68% parmi ceux supérieurs à 5 000 euros.

La volonté de Bart De Wever de réformer en profondeur le fonctionnement de l’État partage en revanche presque exactement l’opinion : 50% la soutiennent et 47% s’y opposent. Le clivage est fortement politique : 74% des électeurs MR soutiennent cette orientation, contre 35% des électeurs PS, 31% du PTB et 23% d’Ecolo. Mais la confiance personnelle accordée au Premier ministre est sensiblement plus faible : seuls 37% lui font confiance pour mener à bien les réformes, contre 58% qui ne lui font pas confiance. Elle atteint 71% chez les électeurs MR mais seulement 12% chez ceux du PS et 8% chez ceux d’Ecolo.

Sur la réduction du déficit, certaines mesures recueillent de très larges majorités. 72% sont favorables à une hausse de la fiscalité sur les revenus les plus élevés, 74% à un encadrement plus strict de l’accès aux aides et allocations sociales et 69% à la suppression du niveau provincial. Les mesures touchant directement à la protection sociale sont davantage rejetées : 77% s’opposent à une limitation du remboursement de certains médicaments.

Ces arbitrages sont très politisés. La hausse de la fiscalité sur les hauts revenus est soutenue par 98% des électeurs Ecolo et 92% de ceux du PS et du PTB, contre 49% de ceux du MR. À l’inverse, l’encadrement des aides sociales est approuvé par 89% des électeurs MR, contre 61% au PS, 53% au PTB et seulement 39% chez Ecolo. Le plafonnement des allocations de chômage à un an est également très clivant : 65% de soutien au MR, contre 20% au PS et au PTB et 23% chez Ecolo.

Sur les grands arbitrages sociaux, l’attachement au modèle belge reste très fort : 83% souhaitent maintenir l’indexation automatique des salaires, tandis que 78% refusent que les Belges soient contraints de travailler au-delà de 67 ans. La hausse de la TVA destinée à alléger les impôts sur le travail est rejetée par 54%. Un résultat intéressant tient à la formulation sur le chômage : 62% approuvent le principe de la limitation dans le temps telle qu’elle est actuellement mise en place, alors qu’ils ne sont que 43% à soutenir explicitement un plafonnement à un an.

Le sondage révèle enfin une crise de confiance politique particulièrement profonde : seulement 28% des répondants déclarent faire confiance aux responsables politiques belges, contre 71% qui ne leur font pas confiance. Cette défiance atteint 92% chez les électeurs du PTB et 82% chez les 25-34 ans ; elle est également particulièrement forte chez les ouvriers (79%). Les principales raisons avancées sont le sentiment que les responsables politiques privilégient leur parti ou leur carrière personnelle (58%), qu’ils sont trop éloignés des préoccupations quotidiennes (51%) et qu’ils ne parviennent pas à résoudre les problèmes du pays (35%).

Cette défiance se retrouve dans l’évaluation de la gestion des crises : 57% jugent mauvaise la gestion publique de la canicule et des incendies de l’été 2025, contre 33% qui la jugent bonne. L’appréciation est là encore très partisane : 58% des électeurs MR jugent cette gestion positivement, contre seulement 27% au PS, 16% chez Ecolo et 10% au PTB.

Dans l’ensemble, le sondage dessine donc une opinion qui demande des réformes et accepte certains efforts budgétaires, mais reste très attachée aux mécanismes centraux de protection sociale et profondément méfiante à l’égard de ceux qui sont chargés de conduire ces réformes.

Le sondage complet est à retrouver ci-dessous.

Les commentaires sont désactivés

Trouver mon Cluster