24 septembre 2026

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Les Français face au climat : consensus sur le diagnostic, débat sur les solutions

Réalisée auprès de 5 009 personnes, réparties en deux échantillons de 2 503 et 2 506 répondants, notre étude pour QuotaClimat et Droit à l’Info permet de croiser trois dimensions rarement analysées ensemble : le rapport au changement climatique et à la transition écologique, la réception des différents récits qui circulent dans le débat public et les environnements informationnels dans lesquels évoluent les Français.

Premier enseignement : la réalité et la gravité du changement climatique sont très largement reconnues, mais cette reconnaissance ne signifie pas un consensus sur la manière d’agir. 86% des Français considèrent le changement climatique comme une menace, dont 52% comme une menace « très grave ». Dans le même temps, 64% estiment que la transition écologique avance trop lentement, contre seulement 16% qui considèrent qu’elle va trop vite. Le diagnostic climatique apparaît donc largement installé dans l’opinion.

Cette apparente convergence masque toutefois de profondes différences dans le rapport au climat et dans sa place dans le débat public. Le traitement médiatique en fournit une bonne illustration : 38% des Français jugent que les médias parlent trop du changement climatique, tandis que 35% estiment au contraire qu’ils n’en parlent pas assez. Surtout, ce jugement varie spectaculairement avec l’âge : 70% des 18-34 ans considèrent que les médias n’en parlent pas assez, alors que 52% des 65 ans et plus estiment qu’ils en parlent trop.

Le deuxième enseignement, probablement le plus important, est que le centre de gravité de la controverse s’est déplacé. Les récits contestant directement les connaissances scientifiques restent relativement minoritaires : seuls 14% des répondants adhèrent à l’idée que les différences de réchauffement entre régions rendraient les données climatiques contradictoires, 19% expliquent essentiellement les évolutions actuelles par la variabilité naturelle du climat et 21% doutent du rôle principal des activités humaines. Face à ces affirmations, les contre-récits fondés sur l’état des connaissances scientifiques recueillent entre 72% et 84% d’adhésion.

En revanche, les récits mettant en cause l’efficacité, le coût ou l’utilité des politiques climatiques trouvent un écho beaucoup plus large. 73% approuvent par exemple l’idée selon laquelle « les efforts de la France pour réduire ses émissions n’ont presque aucun effet sur le climat mondial si les grands pays pollueurs ne font pas de même ». Près d’un Français sur deux adhère également à l’idée que les voitures électriques pollueraient davantage que les véhicules thermiques ou hybrides en raison notamment de la fabrication des batteries. Les ZFE, le coût des énergies renouvelables ou encore la crédibilité des politiques publiques font également partie des sujets sur lesquels les récits critiques rencontrent le plus de réceptivité. Autrement dit, la principale ligne de tension ne sépare plus seulement ceux qui croient ou non au changement climatique : elle porte désormais sur l’efficacité, l’équité et les conséquences concrètes de la transition.

Troisième enseignement : les Français ne raisonnent pas nécessairement en choisissant entre deux récits opposés. Plusieurs représentations peuvent coexister chez une même personne. Le nucléaire en fournit l’exemple le plus frappant : 78% approuvent l’idée que la France dispose, grâce au nucléaire, d’une électricité largement décarbonée, tandis que 73% reconnaissent parallèlement que cette électricité bas-carbone ne suffit pas à décarboner les transports, le chauffage et l’ensemble de l’économie. De même, 49% jugent les aides publiques aux énergies renouvelables trop coûteuses, tout en étant 78% à reconnaître le coût de la dépendance au pétrole et au gaz. Ces résultats invitent à sortir d’une lecture trop binaire opposant simplement « pro » et « anti »-transition.

La typologie climat issue de l’enquête confirme cette diversité. Près de quatre Français sur dix appartiennent à des profils déjà largement convaincus, tandis qu’environ un quart se situe dans les deux profils intermédiaires que constituent les techno-pragmatiques et les ambivalents pro-transition. Ces derniers reconnaissent l’enjeu climatique mais s’interrogent davantage sur les coûts, les contraintes, l’efficacité ou les modalités concrètes de la transition. À côté d’eux apparaissent des « relativistes défiants » et un ensemble plus nettement sceptique et opposé à la transition, qui compose 27% de l’échantillon.

Enfin, l’étude fait apparaître une association particulièrement forte entre attitudes climatiques et environnements informationnels. Six profils médias ont été distingués : un tiers des Français appartient à un univers dominé par les sources expertes et institutionnelles, 22% privilégient les grands médias généralistes, tandis que les autres segments se caractérisent par une consommation davantage plurielle, numérique, plus proche des médias d’opinion ou, au contraire, par une faible structuration en termes de pratiques informationnelles. Les convaincus sont très surreprésentés parmi les publics des sources expertes et institutionnelles tandis qu’à l’autre extrémité, 74% des personnes appartenant au profil « médias d’opinion et sources alternatives » sont classées parmi les « sceptiques anti-transition ».

Ce dernier résultat invite également à ne pas réduire la question de l’information climatique à une opposition entre médias traditionnels et réseaux sociaux. Les publics les plus favorables à la transition utilisent eux aussi les plateformes numériques. Ce qui différencie davantage les groupes semble être la nature des contenus consultés, les sources auxquelles ils accordent leur confiance et leurs pratiques de vérification. Les grands médias conservent par ailleurs une place centrale dans les pratiques déclarées, y compris parmi les publics intermédiaires.

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Présidentielle 2027 : Le Pen largement en tête, Mélenchon et Philippe au coude-à-coude

Marine Le Pen reste très nettement en tête du premier tour, entre 30% et 31% selon les trois hypothèses testées, soit un niveau proche de celui observé dans notre précédente enquête. Son électorat demeure particulièrement fidèle : 84-85% des électeurs RN des européennes de 2024 et plus de 80% de ses électeurs de 2022 déclarent de nouveau voter pour elle selon les scénarios. Son vote reste fortement structuré socialement : il atteint ses niveaux les plus élevés chez les moins diplômés, les ouvriers et les 50-64 ans, tandis qu’il est sensiblement plus faible chez les plus diplômés et les 18-34 ans.

Jean-Luc Mélenchon se situe désormais autour de 19-20% dans les trois scénarios. Son socle électoral est particulièrement solide : il recueille 96-97% parmi les électeurs LFI des européennes et autour de 80% de ses électeurs de 2022. Le profil de son électorat reste extrêmement marqué par l’âge : il atteint 47% chez les 18-34 ans dans les différentes configurations, contre seulement 6 à 8% chez les 65 ans et plus. Il réalise également des scores élevés parmi les revenus les plus modestes, tout en conservant une implantation significative chez les cadres.

L’écart entre Édouard Philippe et Gabriel Attal est particulièrement net. Edouard Philippe recueille 19% dans la première hypothèse et 19,5% dans la troisième, contre 13,5% pour Attal lorsqu’il représente le bloc central. Les transferts électoraux permettent de comprendre une partie de cet écart. Le Maire du Havre obtient le vote de 77% des électeurs Renaissance de 2024 et de 58% des électeurs Macron de 2022, contre respectivement 62% et 43% pour Gabriel Attal. Edouard Philippe attire également davantage l’électorat de droite : 32% des électeurs Pécresse de 2022 votent pour lui dans la première hypothèse, contre 19% pour Attal dans la seconde.

Raphaël Glucksmann progresse lui aussi et recueille entre 12% et 14%. Son score est le plus élevé dans l’hypothèse Attal : il atteint alors 14%, contre 12% face à Edouard Philippe. Il conserve une majorité très nette de l’électorat PS-Place publique des européennes (64 à 67%) mais parvient également à attirer une fraction des anciens électeurs de Yannick Jadot et d’Emmanuel Macron. À l’inverse, François Hollande, testé dans la troisième hypothèse à la place de Glucksmann, ne recueille que 7,5% d’intentions de vote, tandis que Jean-Luc Mélenchon et Edouard Philippe sont loin devant, à 19,5%.

Enfin, Bruno Retailleau reste très dépendant de la configuration de l’offre au centre et à droite : il obtient 7,5% face à Édouard Philippe, monte à 9,5% lorsque Gabriel Attal remplace Edouard Philippe, puis revient à 7,5% lorsque ce dernier et David Lisnard sont tous deux présents. Cette variation apparaît également dans les fidélités électorales : le Président des Républicains recueille 57% des intentions de vote parmi les électeurs LR des européennes face à Edouard Philippe, contre 67% face à Attal. David Lisnard obtient pour sa part la barre des 5% dans la troisième hypothèse, en l’absence de candidature d’Éric Zemmour.

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