
Etude pour Terra Nova : La structure de l’électorat français, à neuf mois de l’élection présidentielle
À neuf mois de 2027, l’électorat français est-il devenu totalement volatil ?
L’érosion des fidélités partisanes est réelle. Mais elle n’a pas produit une « évaporation » de la demande électorale. Sur la base d’une étude Cluster17 qui interroge un panel de Français sur leurs probabilités de vote, Jean-Yves Dormagen publie avec le laboratoire d’idées Terra Nova, une cartographie des préférences politiques qui fait apparaître un électorat beaucoup plus structuré qu’on ne le décrit souvent.
1️⃣ Les fidélités exclusives reculent, mais les électeurs restent très largement orientés.
81% des électeurs peuvent encore être rattachés à un univers partisan identifiable. Parmi eux, seuls 30% n’envisagent qu’une seule offre, tandis que 47% pourraient en soutenir plusieurs. L’électorat est donc moins captif, mais il n’est pas pour autant désorienté.
2️⃣ La mobilité électorale ne se distribue absolument pas au hasard.
Les électeurs qui hésitent le font presque toujours entre des offres voisines : LFI et les Écologistes, les Écologistes et le PS, le PS et le centre, le centre et LR, etc. Les passages directs entre des espaces très éloignés restent marginaux. Les électeurs changent plus facilement de parti que d’univers politique.
3️⃣ Cinq grands bassins électoraux structurent aujourd’hui la compétition.
La gauche radicale, la gauche sociale-écologiste, le centre, la droite libérale-conservatrice et la droite nationaliste. La droite nationaliste est aujourd’hui le bassin le plus vaste, avec 27% de l’électorat.
5️⃣ Derrière cette géographie électorale, on retrouve une géographie des valeurs.
Deux grands clivages structurent les préférences : d’un côté, l’opposition entre progressisme-cosmopolitisme VS conservatisme ethno-traditionaliste ; de l’autre, celle entre demande de stabilité VS demande de rupture. Les appartenances partisanes peuvent s’affaiblir, mais ces systèmes de valeurs continuent d’organiser fortement les choix possibles.
6️⃣ Les candidats comptent, mais ils ne peuvent pas se déplacer librement dans cet espace.
Même dans une présidentielle très personnalisée, les candidatures restent largement inscrites dans ces bassins préexistants. Leur enjeu est d’abord de convertir leur bassin naturel en votes, puis de gagner les zones de concurrence situées à leurs frontières. Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ont déjà fortement concentré leurs bassins ; les espaces intermédiaires restent beaucoup plus ouverts et donc plus sensibles aux dynamiques de campagne et au vote utile.
La note complète est à retrouver sur le site du laboratoire d’idées Terra Nova.
Clusters français
Clusters españoles
Clusters belges
Clusters italiani
Deutsche Cluster
Clusters foot