7 août 2026

Baromètres personnalités

Baromètre des personnalités Le Point / Cluster17 – Août 2026 : Sébastien Lecornu s’installe sur le podium

Marine Le Pen conserve la première place de notre baromètre, mais elle la partage désormais avec Jordan Bardella. La présidente du groupe RN à l’Assemblée cède deux points de popularité pour s’établir à 37 % (-2), dont 21 % de soutien, quand le président du RN se maintient à 37 % (=), dont 21 % de soutien également. L’écart de deux points qui les séparait en juillet a disparu, et les deux figures perdent chacune du terrain sur leur socle dur, deux et trois points de soutien en un mois.

Ce resserrement se lit aussi dans leur propre électorat, où leur position reste hégémonique mais recule légèrement : Jordan Bardella y recueille 89 % d’opinions positives contre 88 % pour Marine Le Pen, alors que les deux dépassaient 94 % le mois dernier. Pour la première fois depuis plusieurs mois, c’est le président du RN qui devance la candidate de 2022 chez les électeurs de 2022.

Le fait marquant du mois se joue toutefois derrière eux. Le haut du classement, jusqu’ici largement occupé par la droite radicale et l’extrême droite, s’ouvre au bloc central. C’est d’abord le cas du Premier ministre, qui accède au podium. Sébastien Lecornu gagne trois points et atteint 29 % de popularité, dont 9 % de soutien : il devient la personnalité la mieux classée hors Rassemblement national. Il est surtout la personnalité préférée des électeurs d’Emmanuel Macron en 2022, avec 72 % d’opinions favorables dont 34 % de soutien, devant Édouard Philippe (68 %) et le chef de l’État lui-même (66 %). La note donnée à son action progresse à 3,3 sur 10 (+0,2), son meilleur niveau.

Deux autres figures du bloc central l’accompagnent dans cette remontée. Édouard Philippe gagne quatre places (5e, 26 %, +2) et Gérald Darmanin sept (6e, 25 %, +3), soit, avec le Premier ministre, les trois plus fortes progressions du baromètre. Le mouvement inverse touche l’aile la plus droitière du classement : Sarah Knafo perd sept places (12e, 23 %, -2), Éric Ciotti cinq (13e, 23 %, -1) et Marion Maréchal une (4e, 26 %, -1). Seul Jean-Philippe Tanguy se maintient dans le haut du tableau (8e, 24 %, =).

Le quatrième nom de ce top 8 est aussi la première personnalité de gauche du classement. Jean-Luc Mélenchon reste stable à 24 % de popularité, en septième position, et conserve le troisième meilleur score de soutien du baromètre (16 %), derrière Marine Le Pen et Jordan Bardella. Son niveau de rejet demeure le plus élevé de la gauche (61 %), ce qui confirme son profil de personnalité fortement soutenue dans son camp — 79 % d’opinions positives chez ses électeurs de 2022, dont 66 % de soutien — mais clivante dans l’ensemble de l’opinion.

On retrouve juste derrière d’autres candidats officiels ou pressentis à l’élection présidentielle de 2027. Bruno Retailleau (9e), François Ruffin (10e) et Dominique de Villepin (11e) sont ex aequo avec 24 % d’opinions positives. Le président des Républicains devance sur le score de soutien (8 %) le député de la Somme (5 %), tandis que l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac ne dépasse pas les 3 % — mais conserve un profil singulier, puisqu’il est la quatrième personnalité la plus appréciée des électeurs de Jean-Luc Mélenchon en 2022 (43 %).

Deuxième à gauche, François Ruffin (24 %, +1) devance Raphaël Glucksmann (14e, 23 %, +2), qui signe la meilleure progression de son camp, puis Bernard Cazeneuve (15e, 22 %) et Fabien Roussel (16e, 22 %). Manuel Bompard recule d’un rang (21e, 19 %, -1).

Le Président de la République, enfin, se stabilise après le rebond de juillet. Sa popularité reste à 18 %, dont 8 % de soutien, mais la note donnée à son action recule à 2,4 sur 10 (-0,1). Il demeure la troisième personnalité la plus rejetée du baromètre, avec 67 %, derrière Sandrine Rousseau (71 %) et Laurent Wauquiez (70 %)

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2027 : la gauche divisée sur son candidat, résignée sur ses chances

Nous avons interrogé les Français sur l’élection présidentielle de 2027 : sur la personnalité qu’ils souhaitent voir accéder à la présidence de la République, et sur les chances qu’ils accordent à la gauche d’y parvenir. Sur le souhait de victoire, Marine Le Pen arrive en tête avec 22 %, devant Jean-Luc Mélenchon (16 %) et Édouard Philippe (11 %). Les scores sont dans l’ensemble modestes, ce qui tient à la formulation de la question : contrairement à une intention de vote de premier tour, on interroge ici sur un souhait de victoire finale. C’est aussi ce qui explique que 16 % des interrogés ne se prononcent pas. Les deux candidatures de rupture s’appuient sur des électorats nettement plus consolidés. 86 % des électeurs de La France insoumise aux européennes de 2024 désignent Jean-Luc Mélenchon, et seuls 3 % d’entre eux ne se prononcent pas. 66 % des électeurs du Rassemblement national désignent Marine Le Pen. Aucune candidature du bloc central ou de la droite parlementaire n’atteint ce degré de concentration : Édouard Philippe réunit 52 % des électeurs Renaissance, Bruno Retailleau 45 % des électeurs LR.

Concernant les chances de victoire de la gauche, un paradoxe apparaît. 40 % des Français souhaitent qu’un candidat de gauche remporte l’élection, mais seuls 22 % jugent la chose probable. Cet écart traverse l’électorat de gauche lui-même, à une exception près. Les électeurs insoumis y croient encore : 98 % souhaitent une victoire de la gauche et 80 % l’estiment probable. Chez les écologistes, l’écart devient béant : 92 % la souhaitent, 26 % seulement la jugent probable. Chez les électeurs socialistes, il l’est plus encore : 89 % contre 21%.

Jean-Luc Mélenchon est, pour 24 % des Français, la personnalité la mieux placée pour représenter la gauche. Vient ensuite un match à trois pour incarner l’autre pôle : Raphaël Glucksmann (14 %) devance Bernard Cazeneuve (10 %) et François Hollande (8 %). Cette polarisation entre une offre radicale et une offre modérée marginalise les autres candidatures. Ni François Ruffin (4%), ni Marine Tondelier (1%), ni Olivier Faure (1%) ne semblent aujourd’hui en mesure de peser sur ce duel.

La polarisation se lit aussi dans la réponse à l’affirmation « Le Parti socialiste et La France insoumise appartiennent aujourd’hui au même camp politique » : 58 % des Français la rejettent. Et le refus vient d’abord des intéressés eux-mêmes : 74 % des électeurs insoumis et 67 % des électeurs socialistes. Les deux forces sont donc renvoyées à des espaces distincts par leurs propres électorats. Le parallèle avec la droite est instructif. 56 % des Français estiment que Les Républicains et le Rassemblement national appartiennent au même camp. Alors que les électeurs LR se divisent exactement en deux (49 % contre 50 %), 64 %  des électeurs RN l’acceptent. Ainsi, à droite, l’assimilation est au moins acceptée par l’un des deux électorats concernés, alors qu’à gauche les deux la refusent ensemble.

Bernard Cazeneuve, enfin, se distingue par une stature présidentielle que 31 % des Français lui reconnaissent — le meilleur score des personnalités testées, devant Jean-Luc Mélenchon (25 %) et François Hollande (24 %). Cette reconnaissance culmine au centre-gauche, où 52 % la lui accordent, et au centre, où elle atteint 55 %. Elle contraste avec l’étroitesse de son socle : seuls 10 % des Français le jugent le mieux placé pour représenter la gauche. La compétence perçue et la capacité à incarner un camp, pour l’heure, ne se recouvrent pas.

En somme, à huit mois du premier tour, la gauche se présente ainsi divisée sur son incarnation, lucide sur ses chances et sans candidature capable de rassembler ses deux pôles, un diagnostic que ses propres électeurs formulent avant tous les autres.

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