23 janvier 2026

Brussels,,Belgium, ,08,04,2023:,The,European,Parliament,Headquarters

Baromètre de l’opinion publique européenne pour Le Grand Continent (vague 5) – 7 pays : Le moment Groenland, un tournant dans la perception européenne de Trump et des Etats-Unis

Cluster17 publie la 5e vague de son Baromètre de l’Opinion publique européenne, menée auprès de 7 498 Européens issus de 7 pays de l’Union européenne (Allemagne, France, Italie, Espagne, Pologne, Belgique et Danemark). 

La vague 5 du Baromètre de l’opinion publique européenne met en évidence un « moment Groenland ». Il ressort en effet de cette étude que 21 % des Européens estiment élevé le risque d’une guerre ouverte avec les États-Unis dans les prochaines années, un chiffre qui a doublé en un mois. Cette évolution contraste fortement avec la stabilité observée pour les autres menaces géopolitiques, et signale un changement de statut inédit des États-Unis dans l’opinion européenne.

L’épisode du Groenland joue un rôle central dans ce basculement. La quasi-totalité des Européens interrogés déclarent avoir entendu parler des prises de position de Donald Trump sur ce territoire (99 %), et 84 % jugent ces déclarations graves, dont 63 % très graves. Ce niveau de sévérité est exceptionnel pour un sujet de politique internationale et s’observe de manière remarquablement homogène dans l’ensemble des pays sondés.

Ce seuil est franchi de manière encore plus nette lorsqu’il s’agit de qualifier une éventuelle intervention militaire américaine au Groenland. 81 % des Européens estiment qu’une telle intervention constituerait un acte de guerre contre l’Europe, dont 53 % “tout à fait”. Ce jugement majoritaire montre que les déclarations répétées de Donald Trump sont désormais interprétées dans le registre explicite du conflit armé, y compris lorsqu’elles émanent d’un allié historique.

Au-delà du seul Groenland, ces perceptions s’inscrivent dans une relecture plus globale de la politique extérieure américaine. 64 % des Européens la qualifient avant tout de politique de « recolonisation et de prédation des ressources », contre seulement 19 % qui y voient une défense légitime des intérêts américains. Cette grille de lecture est également mobilisée pour juger d’autres actions internationales : 63 % estiment par exemple que l’opération américaine au Venezuela constitue une violation du droit international, et 59 % jugent que l’action internationale de Donald Trump fragilise l’Occident.

D’un point de vue plus personnel, Donald Trump est logiquement et particulièrement critiqué dans l’opinion européenne. Plus d’un Européen sur deux (51 %) le considère comme un ennemi de l’Europe, quand seuls 8 % le voient comme un ami du Vieux continent. 44% des sondés estiment qu’il se comporte comme un dictateur et la même proportion juge qu’il a une tendance autoritaire. Seul un Européen sur dix (10 %) considère qu’il respecte les principes démocratiques.

Dans ce contexte, les États-Unis apparaissent comme le seul acteur dont la perception évolue réellement. Les menaces associées au terrorisme (68 %) et à la Russie demeurent élevées mais stables d’une vague à l’autre, tandis que les États-Unis entrent pour la première fois, dans la hiérarchie des risques perçus, devant la Chine (11 %) et l’Iran (18 %). Si 35 % des Européens estiment encore qu’il n’existe aucun risque de guerre avec Washington, cette proportion recule nettement, signe d’une diffusion progressive de l’hypothèse conflictuelle.

Cette requalification se traduit par un soutien massif à une réponse européenne plus affirmée. 63 % des Européens se déclarent favorables à l’envoi de troupes européennes au Groenland en posture défensive, contre 28 % opposés, et un très faible niveau d’indécision (9 %). Ce soutien atteint 84 % au Danemark, mais demeure majoritaire dans l’ensemble des pays sondés, traduisant une acceptation croissante de l’idée d’un rapport de force assumé pour défendre la souveraineté européenne.

Enfin, l’ensemble des résultats dessine un diagnostic stratégique largement partagé. 83 % des Européens estiment que la relation entre l’Union européenne et les États-Unis se dégrade, et 73 % considèrent désormais que l’UE doit assurer sa défense sans compter sur le soutien américain. Cette prise de distance ne s’accompagne ni d’un alignement alternatif — seuls 4 % souhaitent se rapprocher de la Chine — ni d’un repli isolationniste, mais d’une volonté majoritaire de maintenir une autonomie stratégique.

Retrouvez l’analyse et les résultats complets dans l’article du Grand Continent : https://legrandcontinent.eu/fr/2026/01/23/eurobazooka-geopolitique-trump-groenland/

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