Antisémitisme

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Sondage pour Marianne sur les écrits antisémites attribués à Jordan Bardella : une affaire qui fragilise l’image du président du RN sans ébranler son socle électoral

L’étude, réalisée par Cluster17 du 7 au 9 octobre 2026 auprès de 1 271 Français, montre d’abord que l’affaire des messages privés attribués par Mediapart à Jordan Bardella a bénéficié d’une très forte visibilité : 91% des personnes interrogées déclarent en avoir entendu parler et 78% disent voir précisément de quoi il s’agit. La notoriété de l’affaire atteint même 98% chez les 18-34 ans, contre 84% chez les 65 ans et plus.

Les Français sont une majorité à juger la version de Mediapart plus crédible

Interrogés sur les deux versions qui s’opposent, 56% des Français accordent davantage de crédibilité à Mediapart, dont 40% qui jugent sa version « nettement plus crédible ». À l’inverse, seuls 18% considèrent la version de Jordan Bardella comme la plus crédible.

Ce jugement est cependant extrêmement dépendant des préférences politiques. La version de Mediapart est jugée la plus crédible par 97% des électeurs LFI des européennes, 86% des électeurs écologistes, 83% de ceux du PS/Place publique et encore 67% de ceux de Renaissance-MoDem-Horizons. À l’inverse, 63% des électeurs RN accordent davantage de crédit à Jordan Bardella, tout comme 54% de ceux de Reconquête. Les électeurs LR se distinguent par une position beaucoup plus indécise : 28% privilégient Mediapart et 14% Bardella, une part importante estimant ne pas disposer de suffisamment d’éléments pour trancher.

L’âge de Jordan Bardella au moment des faits ne constitue pas une excuse pour une courte majorité

Dans l’hypothèse où les messages seraient authentiques, 50% des Français considèrent que le fait que Jordan Bardella ait eu 17 ans à l’époque ne constitue pas une excuse, contre 46% qui jugent au contraire que cela en est une.

Ici encore, les appartenances politiques structurent presque entièrement les réponses. 87% des électeurs RN et 88% des électeurs de Reconquête considèrent son âge comme une excuse, contre seulement 15% des électeurs LFI, 18% de l’électorat écologiste et 21% des électeurs PS/Place publique. Les électeurs Renaissance sont davantage partagés, avec 38% qui estiment que son âge constitue une excuse contre 57% qui pensent l’inverse.

Une image du RN qui reste fortement associée au racisme et à l’antisémitisme

Au-delà du cas personnel de Jordan Bardella, l’enquête met en évidence la persistance d’une image négative du Rassemblement national sur ces enjeux. Près des deux tiers des Français (64%) considèrent que le RN véhicule des idées racistes et 57% estiment qu’il véhicule des idées antisémites. À l’inverse, seuls 42% jugent que le parti s’est éloigné des idées antisémites qui ont pu être associées au Front national par le passé et 29% considèrent qu’il lutte aujourd’hui de manière crédible contre l’antisémitisme.

Une affaire qui renforce surtout des opinions déjà constituées

L’un des principaux enseignements du sondage tient au faible nombre de Français déclarant avoir directement changé d’opinion sur Jordan Bardella. Pour 49%, l’affaire vient avant tout confirmer l’opinion négative qu’ils avaient déjà de lui. 22% affirment qu’elle ne change rien à leur jugement et 12% désapprouvent les propos attribués au président du RN sans pour autant modifier réellement l’opinion qu’ils ont de lui. Seulement 3% disent que l’affaire dégrade directement leur image de Jordan Bardella.

Cette logique est particulièrement visible parmi ses soutiens. Chez les électeurs RN des européennes de 2024, 46% déclarent que l’affaire ne change pas leur opinion de Jordan Bardella, 19% désapprouvent les propos sans changer vraiment d’avis sur lui, tandis que 28% disent même qu’elle améliore ou renforce leur opinion positive.

Une majorité considère néanmoins que l’affaire pourrait empêcher sa nomination à Matignon

Les conséquences potentielles apparaissent plus importantes lorsque les Français sont interrogés sur l’éventuel exercice du pouvoir par le Président du RN. 62% considèrent que l’affaire serait suffisamment grave pour que Jordan Bardella ne soit pas nommé Premier ministre si le Rassemblement national accédait au pouvoir, contre 30% qui pensent le contraire.

Cette opinion atteint 93% chez les électeurs LFI, 86% chez ceux des Écologistes et du PS/Place publique et 84% parmi les électeurs Ensemble. Elle ne rassemble en revanche que 13% des électeurs RN et 7% de ceux de Reconquête. Les électeurs LR sont à nouveau beaucoup plus partagés : 40% jugent l’affaire suffisamment grave pour empêcher une nomination à Matignon, contre 44% qui ne le pensent pas.

Peu d’impact électoral au sein du cœur de l’électorat RN

Enfin, malgré l’ampleur de l’affaire, son impact potentiel sur le vote apparaît limité. Pour 69% des Français, elle ne change rien à la probabilité qu’ils votent à l’avenir pour un candidat du Rassemblement national. Elle rend ce vote moins probable pour un Français sur cinq (20%).

Surtout, le socle électoral du RN apparaît très peu déstabilisé : parmi ses électeurs aux européennes de 2024, 68% déclarent que l’affaire ne change rien à leur propension à voter pour un candidat du parti et 27% affirment même qu’elle rend ce vote plus probable, tandis que seulement 4% répondent qu’il devient moins probable.

Retrouvez l’ensemble des résultats :

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