Cluster17 a réalisé pour le journal L’Opinion une enquête sur le mouvement lycéen. L’échantillon est de 1 271 personnes, interrogées entre le 7 et le 9 octobre 2026. Voici les principaux éléments à en retenir :
La mobilisation lycéenne est très largement connue des Français : 92% en ont entendu parler, dont 86% disent voir très bien de quoi il s’agit. Elle bénéficie surtout d’un soutien majoritaire : 57% des Français déclarent soutenir le mouvement, contre 33% qui s’y opposent. Un tiers (33%) le soutient même « tout à fait ».
Ce soutien est profondément clivé politiquement. Il atteint 98% chez les électeurs LFI aux européennes, 88% chez les écologistes et 74% parmi les électeurs PS/Place publique. À l’inverse, il devient minoritaire chez les électeurs Renaissance/MoDem/Horizons (29%), LR (24%), RN (33%) et Reconquête (11%). La fracture est également générationnelle. Le mouvement est soutenu par 72% des 18-34 ans, contre 56% des 35-49 ans, 52% des 50-64 ans et 49% des 65 ans et plus. Surtout, 57% des 18-34 ans le soutiennent « tout à fait », contre seulement 24% des seniors.
Le jugement porté sur l’action du gouvernement est, lui, particulièrement sévère : 78% des Français considèrent que sa réponse aux revendications n’est pas adaptée, dont 53% « pas du tout ». De même, 74% jugent inadaptée la manière dont sont gérés les manifestations et les blocages.
Mais cette désapprobation repose sur deux critiques opposées. Parmi ceux qui jugent la gestion inadaptée, 52% la trouvent trop ferme quand 35% ne l’estiment pas assez ferme. Les électeurs LFI (86%), écologistes (78%) et PS/Place publique (67%) dénoncent principalement un excès de fermeté ; à l’inverse, les électeurs LR (81%), RN (78%) et Reconquête (90%) souhaitent davantage de fermeté.
Le principal paradoxe du sondage tient cependant au devenir de la mobilisation : si 57% des Français la soutiennent, 53% souhaitent désormais qu’elle s’arrête le plus vite possible, contre 35% qui souhaitent qu’elle s’étende et se renforce. Le soutien aux revendications ne signifie donc pas nécessairement une volonté de voir la contestation se prolonger.
Cette question fait apparaître une différence particulièrement nette au sein même de la gauche. 92% des électeurs LFI souhaitent que le mouvement s’étende, ainsi que 58% des électeurs écologistes. Les électeurs PS/Place publique sont beaucoup plus réservés : seuls 35% souhaitent son renforcement, contre 45% qui préfèrent qu’il s’arrête, alors même que 74% déclaraient soutenir le mouvement.
Face à la crise, 40% des Français souhaitent en priorité que le gouvernement réponde rapidement à une partie des revendications des lycéens, et 22% qu’il ouvre une négociation. Les options principalement sécuritaires arrivent derrière : 16% souhaitent d’abord rétablir l’ordre et 11% mettre fin aux blocages, y compris en utilisant davantage les forces de l’ordre.
Au-delà de la mobilisation, l’enquête révèle aussi un profond sentiment d’injustice générationnelle. 53% des Français estiment que les politiques publiques bénéficient davantage aux seniors qu’aux jeunes. Ce sentiment atteint 83% chez les 18-34 ans, contre seulement 32% chez les 65 ans et plus. De même, 79% des 18-34 ans estiment appartenir à une génération ayant eu moins de chances de réussir que les précédentes, quand 58% des seniors considèrent au contraire que leur génération a eu davantage de chances.
Enfin, une partie des revendications concrètes des lycéens sont largement approuvées : 70% jugent juste la réduction du nombre d’élèves par classe, 67% la rénovation des collèges et lycées et 65% le recrutement de personnels scolaires. La réforme de Parcoursup est également majoritairement soutenue (54%), tandis que l’allègement des journées des lycéens convainc moins (36%).
Retrouvez l’ensemble des résultats :
Clusters français
Clusters españoles
Clusters belges
Clusters italiani
Deutsche Cluster
Clusters foot
