9 septembre 2025

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Sondage élections législatives anticipées Cluster17 pour Le Point : Le RN en tête mais en recul, le bloc central en grande difficulté

Alors que l’Assemblée nationale vient de refuser la confiance à François Bayrou, entrainant sa démission et celle de son gouvernement, notre sondage Cluster17 pour Le Point révèle plusieurs grandes tendances en cas de dissolution et d’élections législatives anticipées.

Avec 29% dans toutes les hypothèses, le RN (associé à l’UDR, le parti d’Eric Ciotti) trône en tête des intentions de vote, mais apparaît tout de même en recul. Le Rassemblement national et l’UDR avaient en effet obtenu à eux deux plus de 33% des voix au premier tour des élections législatives anticipées de 2024. En l’état, l’extrême droite perdrait donc plus de 4 points, partagés entre Reconquête, qui obtient entre 4 et 4,5% d’intentions de vote contre moins de 1% des voix en 2024, et Les Républicains.

La droite semble en effet être la seule force politique à tirer profit de la situation actuelle. Avec un score compris entre 12 et 13% selon les hypothèses, le parti dirigé par Bruno Retailleau doublerait presque son résultat de juin 2024 (6,6%). Comme mentionné ci-dessus, Les Républicains récupèrent des voix sur leur droite, au sein de l’électorat Rassemblement national des dernières élections législatives anticipées, mais aussi sur leur gauche, auprès des anciens électeurs d’Ensemble.

La coalition centriste (Renaissance, Modem, Horizons) est la principale perdante de la recomposition politique qui ressort de ce sondage. Selon les hypothèses, le bloc central obtient ainsi de 12,5% à 14% des intentions de vote, loin des 20% reçus au soir du 1er tour des dernières élections législatives anticipées. Cette forte baisse pourrait s’avérer lourde de conséquences en termes de nombre de sièges, en cas de scrutin organisé dans les prochaines semaines.

La gauche ne semble toutefois pas profiter de cette chute de la « macronie ». Dans l’hypothèse où les partis de gauche s’allient, sur le principe du NFP, ils n’obtiennent que 25% d’intentions de vote, soit 3 points de moins qu’en juin 2024. Cette baisse profite aux candidats divers gauche, qui obtiennent 5,5% d’intentions de vote en cas de reconstitution du NFP.

En partant fragmentée, la gauche améliore légèrement son score global. Une union entre le Parti Socialiste, le Parti Communiste, les Ecologistes et Place Publique est annoncée à 16% d’intentions de vote, contre 11% pour La France Insoumise seule, pour un total de 27%. En cas de duopole LFI-Les Ecologistes (14%) d’une part et Parti Socialiste, Parti Communiste et Place Publique d’autre part (14%), la gauche obtient son meilleur total (28%), mais reste derrière le RN et l’UDR. Dans ces deux hypothèses d’une gauche divisée, les candidats divers gauche obtiennent 3% d’intentions de vote, témoignant de l’hostilité croissante de l’électorat de gauche envers les principaux partis du NFP.

Brussels,,Belgium, ,08,04,2023:,The,European,Parliament,Headquarters

Sondage dans 5 pays européens avec Le Grand Continent : Ursula von der Leyen et l’accord commercial UE-Etats-Unis sous le feu des critiques

Après un été marqué par des négociations commerciales ardues entre l’Union européenne et les Etats-Unis, et dans le contexte du discours d’Ursula von der Leyen sur l’Etat de l’Union du mercredi 10 septembre, Cluster17 et le Grand Continent réalisent une grande enquête auprès de 5 302 Européens issus des 5 pays les plus peuplés du continent (Allemagne, France, Italie, Espagne et Pologne). 

Les Européens se montrent d’abord très critiques envers l’accord commercial UE-Etats-Unis : 77% estiment qu’il profite surtout à l’économie américaine et plus d’un sur deux (52%) a ressenti de « l’humiliation » en prenant connaissance de l’accord, chiffre qui atteint même 65% chez les répondants français. Plus des deux tiers des sondés (68%) jugent également que la forte augmentation d’achats d’équipements militaires et de défense aux Etats-Unis prévue par l’accord aura « des conséquences négatives pour l’Europe », tandis que plus de trois Européens sur quatre (76%) estiment qu’il faut s’opposer aux investissements et à l’achat d’énergie américaine demandés par l’administration Trump.

L’image d’Ursula von der Leyen apparait aussi nettement atteinte au lendemain de la signature de cet accord. Les trois quarts des répondants (75%) considèrent qu’elle a mal défendu les intérêts européens dans le cadre des négociations et 72% déclarent ne pas lui faire confiance pour défendre les intérêts économiques européens. Une majorité (60%) se montre même favorable à sa démission en tant que Présidente de la Commission européenne. C’est d’ailleurs l’organe tout entier qui est visé par les critiques des citoyens, puisque 61% des sondés voient dans la Commission européenne le principal responsable de l’accord côté européen. 

Un troisième aspect central de ce sondage concerne la perception des Européens vis-à-vis de Donald Trump et des relations entre l’Union européenne et les Etats-Unis en général. Seuls 10% des répondants considèrent Donald Trump comme un ami de l’Europe, quand plus de quatre fois plus le voient comme un ennemi (44%). Près d’un Européen sur deux (47%) estime que le Président américain a « une tendance autoritaire » et 36% jugent même qu’il se comporte en dictateur. Les Européens sont toutefois divisés sur la manière de se comporter vis-à-vis de l’allié historique : 50% souhaitent que l’Union européenne ait une attitude de compromis, quand 39% préfèrent une stratégie d’opposition. Cette attitude combative se retrouve sur la question de l’accord commercial, 70% des répondants déclarant qu’ils seraient prêts à boycotter les produits américains

Retrouvez l’analyse et les résultats complets dans l’article du Grand Continent : https://legrandcontinent.eu/fr/2025/09/09/10-points-eurobazooka/

Baromètres personnalités

Baromètre des personnalités Le Point / Cluster17 – Août 2025 : Record d’impopularité pour l’exécutif

Le podium du mois d’août est composé des trois mêmes personnalités qu’au mois dernier mais son ordre est modifié.

En effet, bien qu’à égalité avec Marine Le Pen avec une popularité de 35%, Jordan Bardella bénéficie d’une hausse de 3 points de soutien (18%) et réussit donc pour la première fois à se hisser devant l’ex Présidente du Rassemblement National (16% de soutien) et à la tête de notre classement par la même occasion. En revanche, Marine Le Pen reste la personnalité préférée de son électorat de 2022 avec l’impressionant score de 97% de popularité, contre 92% pour Jordan Bardella, dont 75% de soutien pour les deux. Le binôme RN convainc même au-delà de son simple électorat puisqu’ils sont également les deux personnalités préférées de l’électorat de Reconquête, avec 88% et 85% d’avis favorables pour Jordan Bardella et Marine Le Pen respectivement.

Le podium est complété par le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau qui, après avoir trôné en tête du classement pendant deux mois suite à son élection à la tête des Républicains en mai, conserve sa troisième place avec 32% (+1) d’avis favorables. Parallèlement, il obtient le troisième meilleur score de soutien derrière Jordan Bardella et Marine Le Pen avec 13%.

En légère hausse (+1), Fabien Roussel vient se placer au pied du podium avec un niveau de popularité à 29% tout en enregistrant le taux de soutien le plus bas du top 25 du classement à seulement 2%. Le candidat du Parti Communiste jouit d’une hausse de popularité à travers tous les électorats et vient notamment se positionner comme la personnalité de gauche préférée de l’électorat Le Pen de 2022.

En cinquième position et avec 27% de popularité, nous retrouvons Dominique de Villepin, qui obtient de nouveau son score le plus bas depuis son entrée dans le baromètre en février. Toujours peu soutenu (4%), il semble également reculer en popularité à gauche, notamment chez les électeurs de la France Insoumise aux dernières élections européennes, où il passe de la 4ème à la 5ème personnalité préférée, accusant un recul de 11 points en un mois.

Du côté de l’exécutif, la tendance est clairement négative. Bien que le Président de la République reste stable avec une popularité de 17%, dont 6% de soutien, et profite du recul plus important d’autres personnalités pour remonter de trois places dans le classement, ses 71% de rejet de la part des Français constituent un record d’impopularité pour ce baromètre. Cette hostilité très marquée se reflète dans la note que les Français attribuent à son action : 2,4 sur 10, soit une baisse de 0,2 sur le mois.

François Bayrou quant à lui stagne, à la fois dans le bas du classement et dans l’évaluation que les Français font de son action : il se maintient à la 35ème place avec 12% d’avis positifs, dont seulement 2% de soutien, et obtient la note de 2,3 sur 10, comme le mois dernier. En bas du classement pour le troisième mois consécutif, le Premier Ministre reste très impopulaire (66% de rejet), ce qui explique que son score ne soit pas affecté outre mesure par sa décision du 25 août d’engager la responsabilité de son gouvernement à l’occasion d’un vote de confiance de l’Assemblée nationale sur l’état des finances publiques*.

*Le sondage a été réalisé du 29 août au 1er septembre, soit une semaine avant le discours de politique générale de François Bayrou.

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